La Conférence Mennonite Mondiale, c’est toi, c’est moi, tous ensemble !

En vue du prochain Rassemblement de la Conférence Mennonite Mondiale en juillet 2015 en Pennsylanie, voici une présentation de cet organisme qui relie les mennonites du monde entier.

Pennsylvania 2015 a lieu du 21 au 26 juillet 2015 pour ce qui est de l'Assemblée réunie. Le Sommet mondial de la jeunesse se tient du 16 au 20 juillet 2015. Ces événements ont lieu à Harrisburg en Pennsylvanie.

Les participants sont encouragés à visiter des Eglises et des insitutions chrétiennes, avant ou après l'Assemblée réunie, ce que l'on appelle l'Assemblée dispersée.

Prédication de Fritz G. du 29 mars 2015


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Famille Moser- mars 2015

Circulaire de nouvelles N° 36  – mars 2015 – Famille Andreas et Patricia Moser

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« Jésus m’appelle… je veux le suivre dans les bons et mauvais jours. A toi pour mourir et vivre, à toi Jésus pour toujours».

Avez-vous aussi déjà chanté ce chant ?

Peut-être un dimanche matin qui n’avait pas bien commencé : un enfant a renversé son lait ou il a fallu gratter les

vitres de la voiture à cause du froid alors qu’il aurait déjà fallu être en route… on a l’impression que tout va de travers et on arrive à l’église, pas très à son affaire. Je chante, mais est-ce que je réfléchis aux paroles ? Suis-je conscient(e) de mes affirmations, de mon engagement ?

Pourquoi cette introduction ?

Notre collègue Helen Müller nous a rejoints au Tchad car elle ne pouvait pas continuer son travail dans le pays voisin à cause de la situation sécuritaire. Elle y est retournée pour quelques semaines pour différentes raisons.

À la fin d’une rencontre des responsables d’églises, ce chant a été chanté avec conviction.

Beaucoup de pasteurs du Nigéria ont été assassinés, leurs veuves et enfants se trouvent dans des conditions très précaires dans des camps de réfugiés.

Tout le monde craint ce qui pourrait arriver à leurs femmes et filles si les terroristes arrivent chez eux juste de l’autre côté de la frontière. Bref, ces gens sont conscients de ce qu’ils chantent et ils le font avec conviction…

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Agathe News mars/avril 2015

Mail de prière 2 – Mars/Avril 2015.

Josué alla combattre les Amalécites, tandis que Moïse, Aaron et Hour montèrent au sommet de la
colline. Or, lorsque Moïse élevait la main pour prier, Israël avait l’avantage dans la bataille, et lorsqu’il la
laissait retomber, Amalec l’emportait. Comme les bras de Moïse se fatiguaient, Aaron et Hour prirent
une pierre qu’ils placèrent sous lui pour le faire asseoir dessus, et ils lui soutinrent les bras, chacun d’un
côté ; ainsi ses bras tinrent fermes jusqu’au coucher du soleil, et Josué remporta la victoire sur les
Amalécites à la pointe de l’épée.
Exode 17.10-13

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J’aime le passage ci-dessus, car il nous rappelle que les combats de nos vies ne se gagnent pas forcément dans
les domaines que l’on pense… Au-delà du travail fourni, des compétences, de l’organisation, des moyens
financiers,… ce qui fait la différence, c’est la prière, une prière persévérante, qui n’abandonne pas, qui regarde
au-delà des circonstances, avec les yeux de la foi. Alors merci à vous qui êtes de ces Moïse, Aaron et Hour à
distance, dans le secret. C’est aussi en réponse à vos prières que des batailles sont gagnées sur le terrain…

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Claude Baecher signe deux DVD sur le Sermon sur la montagne

Claude Baecher, pasteur à l'Eglise évangélique de Villard à Lausanne et ancien professeur du Centre de Formation et de Rencontre du Bienenberg, a publié deux DVD sur le Sermon sur la montagne !

Familier et spécialiste de ce texte (Mt 5-7) depuis longtemps, Claude Baecher y présente une compréhension anabaptiste du Sermon sur la montagne : il s'agit de mettre en pratique, avec l'aide de l'Esprit Saint, les paroles de Jésus de manière communautaire, en écho au royaume de Dieu qui s'est approché en Jésus.

Les DVD, réalisés par Théomedia, se présentent sous la forme de 18 émissions d'une quinzaine de minutes à chaque fois. Dans chaque émission, Claude Baecher met en perspective les versets en question et les commente de manière stimulante et focalisée.

Ce matériel convient tout particulièrement pour l'animation de groupes de maison : les participants regardent l'émission, puis en discutent à l'aide de fiches d'animations toutes prêtes et réalisées par Serge Carrel et Claude Baecher.

Un excellent matériel recommandé sans réserve !

Prix et commande

Deux DVD Le Sermon sur la montagne : 29.90 CHF

A commander chez Théomedia

Pour aller plus loin...

John W. Miller, Heureux ! Le Sermon sur la montagne pour aujourd'hui, Editions Je Sème et Editions Mennonites, 2015

En Suisse, une Syrienne confectionne des quilts pour son pays d’origine

Un groupe de quilteuses en Suisse accueille une réfugiée syrienne pour participer à ses travaux. Récit.

Gulschin Ibrahim, à gauche, Margrit Amstutz, et Ute Wuest font partie de groupes suisses de confection de quilts en faveur de l’œuvre d’entraide du MCC. Ces groupes qui se réunissent dans des églises mennonites accueillent toutes les personnes intéressées.

Pour le choix des couleurs, les opinions diffèrent dans le groupe de confection de quilts de l’Église mennonite de Brügg en Suisse. Pour Gulschin Ibrahim, la tendance suisse à choisir des tons et des couleurs proches est un peu monotone. En Syrie, d’où Gulschin Ibrahim vient, les gens aiment des tons plus lumineux, et plus nombreux

« Elle nous dit que nous faisons faux avec les couleurs », explique Margrit Amstutz en riant. Elle est dans le même groupe de confection de quilts.

Bien entendu, le désaccord sur les couleurs est une plaisanterie – cela n’empêche pas le groupe de coudre et de donner des quilts (couvertures piquées) au Mennonite Central Committee, actif par ses partenaires en Syrie. En effet, c’est l’envoi de couvertures à la Syrie qui ont incité premièrement Gulschin Ibrahim, qui avait quitté ce pays avant la guerre, à rejoindre le groupe.

Même si elle ne fréquente pas l’Église mennonite, Ibrahim a été invitée à rejoindre les couturières après avoir rencontré Thérèse Broglie lors d’une manifestation en faveur des immigrants et des réfugiés sans papiers.

« Thérèse m’a dit qu’elles faisaient des choses pour la Syrie », a déclaré Gulschin Ibrahim. « La Syrie est mon pays et j’aimerais aider mon peuple. »

Ce groupe est l’un des trois en Suisse qui confectionne des quilts pour la Syrie, où plus de 7,5 millions de personnes sont déplacés à l’intérieur du pays et où plus de 12 millions ont besoin d’aide. Des Églises mennonites suisses ont collaboré avec des communautés de France pour envoyer un conteneur de matériel d’aide vers la Syrie en janvier 2013 par l’entremise du MCC. Cet envoi comprenait 1 500 trousses d’hygiène, 65 quilts faits main, 294 couvertures achetées, 791 trousses humanitaires et 144 paires de chaussettes tricotées à la main, ainsi que d’autres fournitures comme des serviettes et des draps. Elles rassemblent du matériel pour un prochain envoi.

Mais comme la confection de quilts n’est pas un artisanat traditionnel en Suisse, des personnes se sont demandées pourquoi le groupe utilisait des petits carrés pour la fabrication de ces couettes au lieu de se contenter de faire des couvertures plus simples. « Les gens pensaient que nous étions folles », dit Margrit Amstutz. D’autres ont dit qu’il suffisait de « prendre juste une housse de duvet ou une couverture de laine et l’assembler avec du tissu polaire, en assemblage grossier. »

Mais elle a répondu que les petits détails sont significatifs. « J’ai dit qu’il était important pour des personnes qui souffrent de la guerre que nous leur faisions de belles couvertures », déclare Margrit Amstutz. « C’est important qu’ils réalisent que c’est quelque chose de beau que des personnes ont fait pour eux. »

Durant tout le processus de couture, les couturières pensent souvent à la Syrie et à la raison pour laquelle ces couvertures sont nécessaires. Ces pensées demeurent avec Thérèse Broglie, même lorsqu’elle ne coupe pas de tissu ou qu’elle n’assemble pas de quilts. « Ce qui renforce particulièrement les pensées à ce sujet tout au long de la semaine est la présence de Gulschin dans notre groupe, elle qui vient de Syrie, et nous savons ce que signifie cette guerre pour cette famille et pour elle et, même à distance, nous constatons leur souffrance », dit-elle.

Faire des quilts est un moyen par lequel Thérèse Broglie peut manifester de la compassion pour ceux qui souffrent, même depuis son domicile en Suisse. « C’est une occasion de vivre ma foi. Ce n’est pas seulement une construction théorique, c’est quelque chose de pratique. Permettant de vivre l’amour dont nous parlons. »

Emily Loewen, Mennonite Central Committee

Thérèse Broglie, à gauche, Rosmarie Waelti, Irma Ruefenacht, et Helena Wiedmer confectionnent un quilt qui sera offert à l’œuvre d’entraide du MCC.

Prédication de Denis K. du 22 Mars 2015


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Le Bienenberg a ouvert un blog

Depuis le mois de novembre 2014, le Centre de Formation et de Rencontre du Bienenberg a ouvert un blog en français.

L'objectif est de publier des réflexions qui animent les enseignants du département francophone (Denis Kennel, Michel Sommer, Marie-Noëlle Yoder), et également d'intervenants réguliers et partenaires, comme Claude Baecher, Janie Blough, Neal Blough, Linda Oyer...

La fréquence est d'environ un article toutes les deux semaines, à quoi peuvent s'ajouter d'autres informations.

A découvrir ici !

Eve, mère de tous les vivants

Lorsqu’on lit la première phrase d’Eve prononcée après la chute, on se dit que tout n’est pas perdu. Elle dit en Genèse 4,1 : « J’ai formé un homme avec l’aide de l’Eternel. ». Nous voyons bien que Dieu assiste ses enfants dès le commencement. Ce qui peut nous intéresser ici c’est que Eve soit consciente qu’il y a Dieu alors qu’elle est dans le péché originel ([1]). Que j’aimerais maintenant que ce sentiment fût plus fort et plus grand en nous !

 

La saine raison et la foi nous montrent que tout nous vient de Dieu puisqu’Il nous aide en tout. Quel Dieu bon ! Quand on y pense, il nous laisse collaborer à la vie en ajoutant sa bonté à nos efforts. Eve procrée et le Père la porte dans ses bras. En fait, sur terre, rien ne nous appartient. Nous croyons tout faire par nous-mêmes alors que Dieu nous aide à accomplir ce qui est bon et juste pour nous. Il n’est pas certain que nous réalisions pleinement cette évidence.

 

C’est tout de même un formidable espoir que de savoir que nous sommes nés grâce au soutien du Seigneur. Je me demande, en considérant ma vie, si j’ai été à la hauteur de la reconnaissance qui lui est due. Il est certain qu’elle restera toujours en-dessous de son infinie bienveillance. Mais le Père, heureusement pour nous, se satisfait de peu de bonne volonté de notre part. J’éprouve en outre un grand soulagement quand en méditant je découvre dans la Bible que Dieu seul peut venir soutenir le faible comme le fort (2 Chroniques 14,10). Comme quoi, tout différent que nous sommes, le Père ne lèse personne dans ses dons. Puis, dans le psaume 79,8 on lit : Lui seul peut oublier nos iniquités passées, que ses compassions viennent en hâte au-devant de nous, malheureux. Oh, sûrement qu’Eve était bien malheureuse aussi sur terre. Malgré sa faute, Dieu l’a néanmoins rejointe, animé par sa compassion. Ailleurs, Marc nous assure que Dieu vient au secours de notre incrédulité (Mc. 9,24). Décidément, nous voyons avec quels ménagements le Père nous supporte dans tous les cas de figures.

 

Il est extrêmement significatif et important de remarquer que la première créature aidée de Dieu après la chute est la femme. Première épaulée, première à sentir la présence divine, première à être reconnaissante envers Yahvé. Tous ces faits et d’autres font de la femme un catalyseur de l’amour divin. Autrement dit, surtout quand elle aime Dieu, elle diffuse les lumières surnaturelles dans son foyer.

 

J’aimerais terminer avec un regard particulier sur la comparaison entre Yahvé, Eve, Adam et Dieu, Marie, Joseph. Adam comme Joseph reste silencieux quasi effacé. Eve, dans l’enfantement, reflète le secours de Dieu telle la lune réverbère les ondes lumineuses du soleil. Par contre, Marie a accouché du Verbe-Jésus-Christ. Marie a mis au monde le soleil de notre Salut avec l’aide du Père !

 

 

Merci à Denis pour sa participation.

 

Dilige et quod vis fac (« Aime et fais ce que tu veux ! » Saint-Augustin)

Richard JOSELET – Eglise de « la Ruche » – Saint-Louis



[1] —- Denis KENNEL —————————————————

Le péché originel rend-il l’homme totalement inconscient de Dieu ?

Les anabaptistes au XVIe siècle ont insisté sur le fait qu’il est demeuré en l’homme, malgré la chute, l’image de Dieu. Celle-ci, abimée, enténébrée, n’a pas été complètement éteinte. Elle est restée, certes sans force, mais non anéantie. Elle a alors permis le maintien d’une conscience (limitée) de Dieu, d’une aspiration vers le bien. Tout dans l’homme n’était pas devenu mauvais ! Eve a ainsi pu, même après la chute, rester consciente de Dieu. La pleine libération, bien sûr, serait à venir encore ; nous savons aujourd’hui que le Christ, par son œuvre, l’a rendue possible.

ON A TOUS QUELQUE CHOSE EN NOUS DE MIRACULEUX

Vous vous désolez de ce que votre vie soit  insignifiante. Et même, que la vie tout court ne vaille pas la peine d’être vécue ! Puis, vous vous alarmez de ne plus voir Dieu. Vous paniquez de ne plus l’entendre. Permettez-moi de m’insurger amicalement contre de telles pensées qui vous tyrannisent.

 

Nous allons évoquer quelques points généraux qui dissiperont, si l’Esprit de Dieu le veut, ces épaisses ténèbres. Car c’est dans l’état où vous vous tenez, sur fond de nuit de la foi, que la lumière se précise le mieux.

 

Tout d’abord, je vous renvoie au texte de Denis Kennel. Dans notre dernier article « Eve : mère de tous les vivants » il décrit très bien cette présence divine qui ne saurait nous faire défaut : « Le péché originel rend-il l’homme totalement inconscient de Dieu ? Les anabaptistes au XVIe siècle ont insisté sur le fait qu’il est demeuré en l’homme, malgré la chute, l’image de Dieu. Celle-ci, abîmée, enténébrée, n’a pas été complètement éteinte. Elle est restée, certes sans force, mais non anéantie. Elle a alors permis le maintien d’une conscience (limitée) de Dieu, d’une aspiration vers le bien. Tout dans l’homme n’était pas devenu mauvais ! Eve a ainsi pu, même après la chute, rester consciente de Dieu. La pleine libération, bien sûr, serait à venir encore ; nous savons aujourd’hui que le Christ, par son œuvre, l’a rendue possible. »

 

Dans un deuxième temps, rappelons-nous que Jésus nous mène avec une sagesse pleine de sollicitude. Or, cette sagesse n’a rien de commun avec celle des hommes. Convenez aussi avec moi que nous ne sommes plus sous le régime de l’ancienne alliance qui contenait la promesse du salut. Mais nous sommes aujourd’hui, par la croix, sous le régime de la nouvelle alliance qui est l’accomplissement de ce salut. Vous verrez alors que les épreuves auxquelles vous êtes soumis sont des écoles salutaires. Puisque sans la pression de celles-là il n’y a pas de véritable ferveur, pas de pure espérance, pas d’appel assez pathétique pour empoigner le Seigneur. C’est du moins mon avis.

 

D’une part, le Père vous travaille en vue de l’adorer en Esprit et en vérité comme son Fils nous l’a annoncé. La Cène est l’aurore et le présage de ce culte. Elle tient la place du sacrifice (non sanglant) dans nos églises. D’autre part, vous verrez comment Dieu mène le genre humain de  l’extérieur à l’intérieur. Tout se passe maintenant en nous, dans notre cœur. C’est là où vous en êtes, me semble-t-il.

 

Troisièmement, prenez par exemple le livre de l’Exode. Il est rempli d’épisodes extraordinaires. Il vaut la peine de remarquer que l’extraordinaire est l’ordinaire des fils d’Israël. L’Exode enchaîne des tableaux fabuleux : le buisson ardent, les dix plaies de l’Egypte, la colonne de feu, le passage de la mer Rouge, l’eau jaillissante d’un rocher, la manne tombée du ciel, les cailles, Dieu descendant sur la montagne tonnante et tremblante du Sinaï, les tablettes de pierre gravées par sa main, sa présence débordante du tabernacle, la nuée conduisant le peuple hébreu, etc. Quelle histoire ébouriffante ! Ce livre est digne du film spectaculaire les Dix commandements du réalisateur Cecil Blount DeMille avec l’acteur charismatique Charlton Heston dans le rôle de Moïse. Aujourd’hui, à l’inverse, c’est notre ordinaire qui contient l’extraordinaire. Toutefois, rien n’empêcherait Dieu d’agir comme il le fit dans ces temps-là. A Dieu, rien n’est impossible !

 

L’Eternel montrait en effet à la maison de Jacob qu’il n’était pas comme les autres dieux. Par des démonstrations grandioses, il prouvait qu’il était le Dieu des dieux. Plus tard, le prophète Elie prêcha aussi la puissance d’un Dieu au-dessus de tous les autres. En témoignent ses actions musclées contre les idolâtres de Baal (1 Rois 16,29 – 2 Rois 1,18). C’est ainsi que l’Eternel eut l’intention d’amener les Hébreux à l’adorer lui seul car il est incomparable !

 

Néanmoins, Dieu va changer sa manière d’agir avec le temps. Si bien que notre siècle peut paraître vide par rapport à ce passé prodigieux. Mais le Père ne nous a pas pour autant dépourvu de ses merveilles. Si avant il suffisait de lever la tête pour observer des miracles stupéfiants, aujourd’hui il faut nous incliner attentivement pour les remarquer. Je pense alors à l’humilité. Sans nul doute que le Père veut d’abord se distinguer du bruit des faux prophètes et de la publicité de leurs mauvaises doctrines.

 

Puis, nous laisserons à Pascal (mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français) le soin de nous expliquer l’idée nouvelle du Père : « l’extérieur ne sert à rien sans l’intérieur » (Pensées 498). Déjà, petits et grands prophètes annonçaient ce renversement de valeur. Joël prophétisa : « Déchirez [geste d’affliction] vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l’Eternel, votre Dieu… » (Joël 2,13 ; Esaïe 58). Et encore ce splendide petit résumé du parcours chrétien : « Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés. Lorsqu’ils traversent la vallée de Baca, ils la transforment en un lieu plein de sources, et la pluie la couvre aussi de bénédictions. Leur force augmente pendant la marche, et ils se présentent devant Dieu à Sion » (Psaume 84,6-8).

 

Et pourtant, le maître ne nous a-t-il pas dit : « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. » (Matthieu 17,20). Je ne vois pas dans ces paroles de la rhétorique ou du fantaisiste mais bien quelque chose de réel, de réalisable, de sérieux. La consultation de la vie des saints nous montre des faits exceptionnels. A cet égard, il faut souligner cependant un point capital à propos de ces derniers : le don des miracles qu’ils acquièrent se fait à la suite de pénitences extraordinaires, d’oraisons et d’extases. Leur corps devient alors le théâtre de phénomènes inexplicables. Or, dans le verset ci-dessus, le maître laisse visiblement entendre que le chrétien qui a la foi voit sa parole se réaliser à l’instant même. Et cela sans entraînement ascétique, sans exercice spirituel et sans autre pratique ritualiste.

 

En quelque sorte, la vie spirituelle jaillit du centre de notre cœur vers le dehors. Aussi, faut-il qu’elle soit discrète, à l’écart de la vanité du monde, jusqu’au terme de son éclosion publique ou pas. Jésus de Nazareth a donné le ton dans les Evangiles : ses journées eurent l’apparence des nôtres si les hommes l’avaient cru et reconnu. Ses miracles paraissent un plus pour encourager les non-croyants et ceux qui doutent. Il n’y a donc pas de tâches banales pour le serviteur de Dieu, il n’y a pas de routine quotidienne. Tout prend sa source et sa force dans l’infini renouveau du Royaume de Dieu au milieu de nous. Les disciples du Christ ne marchent pas aux miracles, ils marchent par la foi et non par la vue (2 Corinthiens 5,7). Dit autrement, C. H. Spurgeon (prédicateur baptiste réformé britannique) l’exprime ainsi : « Une foi mûrie ne demande pas des signes et des miracles, mais elle se confie résolument. » (« A quoi comparer la foi ? » du livre Tout par Grâce).

 

Jésus-Christ, lui le Fils unique de Dieu, voile l’éclat de sa majesté pour ne pas nous éblouir. Il taira souvent son statut divin afin de mener à bien sa mission. Esaïe prophétisera à son propos : « Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire » (Es. 53,2). Ce verset met en relief l’attitude du serviteur. Inconnu dans la foule, le monde ne le connait pas. Sur ce fond d’impopularité, la Parole de Dieu nous conseille toutefois la prudence : ne pas juger d’après les apparences. Qui nous dit que sous des haillons ne se tient pas un messager du Père ? Qui nous dit que derrière un souffreteux un disciple du Christ n’endure pas l’épreuve par amour pour nous à l’exemple du maître sur la croix ?

 

Dieu travaille dans la continuité. Ainsi, en changeant de méthode divine contre une autre, une visible extraordinaire contre une ordinaire invisible, nous nous rendons bien compte que l’une et l’autre ont le même message essentiel : aimer Dieu ! Au spirituel, c’est un grand bien quand on fait sien le verset : « Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20,29). Telle est l’expression souveraine de notre Seigneur, laquelle doit nous réconforter et nous réjouir.

 

Pour finir, il faut avoir de la patience avec soi-même. S’énerver contre soi-même par scrupule nous fait perdre nos forces et gaspiller le trésor intérieur. Nous avons donc à nous éduquer. Possédons nos âmes par notre patience ! a dit le maître (Luc 21, 19 – Darby).

Dilige et quod vis fac (« Aime et fais ce que tu veux ! » Saint-Augustin)