Pennsylvania 2015 – Une page se tourne

Aujourd'hui, dimanche 26 juillet, nous étions tous répartis dans les assemblées mennonites environnantes pour vivre avec un temps de culte avec elles. Une trame commune était proposée, que l’Église avec laquelle j'ai vécu ce culte, avec la liberté qui caractérise nos Églises, n'a bien sûr pas suivi.

Qu'est-ce que je retiens de ces quelques jours vite passés, mais denses ?

Ayant vécu des rassemblements mondiaux dans d'autres familles d'Églises, ce qui m'a frappé, c'est qu'il ne s'agissait pas d'une union d'Églises réunies autour d'une doctrine détaillée clairement partagée. Il y a bien sûr les « convictions communes », mais elles sont assez générales et ouvertes. Et dans divers pays, ce n'est pas une union d'Églises qui appartient à la Conférence Mennonite, mais plusieurs (par ex. les Mennonites, les Frères en Christ, les Églises de frères, ...). C'est donc un effort d'Églises qui se différencient sur certains points de doctrines de se retrouver malgré tout autour de certaines valeurs fondamentales, et principalement sur le fait de vouloir être des Églises de paix et de justice. Dans un monde qui se divise et se fracture et où les Églises ne sont pas les dernières à augmenter en nombre plutôt par division que par multiplication, ce point m'a réjoui.

Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les temps du matin où intervenaient les « jeunes anabaptistes ». Ces jeunes hommes et femmes, venus de tous les continents, apportaient un message vivant qui, sans être moralisateur, étaient percutant, parfois dérangeant, toujours édifiant.

Je suis reconnaissant aux organisateurs d'avoir fait confiance à ces jeunes pour nourrir notre foi. Et je me réjouis de voir une jeune génération porter avec sagesse et force les valeurs anabaptistes.

L'anabaptisme a un avenir, et j'ai espoir que les jeunes sauront porter son message pour nourrir le christianisme du XXIe siècle et défier les valeurs de ce monde en y apportant le message du Christ, son amour, sa paix et sa justice.

Thierry Seewald

Pennsylvania 2015 – Une page se tourne

Aujourd'hui, dimanche 26 juillet, nous étions tous répartis dans les assemblées mennonites environnantes pour vivre avec un temps de culte avec elles. Une trame commune était proposée, que l’Église avec laquelle j'ai vécu ce culte, avec la liberté qui caractérise nos Églises, n'a bien sûr pas suivi.

Qu'est-ce que je retiens de ces quelques jours vite passés, mais denses ?

Ayant vécu des rassemblements mondiaux dans d'autres familles d'Églises, ce qui m'a frappé, c'est qu'il ne s'agissait pas d'une union d'Églises réunies autour d'une doctrine détaillée clairement partagée. Il y a bien sûr les « convictions communes », mais elles sont assez générales et ouvertes. Et dans divers pays, ce n'est pas une union d'Églises qui appartient à la Conférence Mennonite, mais plusieurs (par ex. les Mennonites, les Frères en Christ, les Églises de frères, ...). C'est donc un effort d'Églises qui se différencient sur certains points de doctrines de se retrouver malgré tout autour de certaines valeurs fondamentales, et principalement sur le fait de vouloir être des Églises de paix et de justice. Dans un monde qui se divise et se fracture et où les Églises ne sont pas les dernières à augmenter en nombre plutôt par division que par multiplication, ce point m'a réjoui.

Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les temps du matin où intervenaient les « jeunes anabaptistes ». Ces jeunes hommes et femmes, venus de tous les continents, apportaient un message vivant qui, sans être moralisateur, étaient percutant, parfois dérangeant, toujours édifiant.

Je suis reconnaissant aux organisateurs d'avoir fait confiance à ces jeunes pour nourrir notre foi. Et je me réjouis de voir une jeune génération porter avec sagesse et force les valeurs anabaptistes.

L'anabaptisme a un avenir, et j'ai espoir que les jeunes sauront porter son message pour nourrir le christianisme du XXIe siècle et défier les valeurs de ce monde en y apportant le message du Christ, son amour, sa paix et sa justice.

Thierry Seewald

Pennsylvania 2015 – De belles possibilités de rencontres

La Conférence mennonite mondiale offre de belles possibilités de rencontres. Ce matin c'était avec un Africain. Il dénote dans le paysage de la conférence avec sa robe blanche et son calot arabe. Au Nord Soudan il est missionnaire dans son propre pays, hostile aux chrétiens.

Ou bien cet Américain âgé, grand et maigre qui se tient encore très droit: il a abordé ma voisine indienne en hindi puis a continué dans un autre dialecte indien. II était visiblement heureux, tout comme la femme. J'ai eu l'occasion de le retrouver dans les couloirs, j'étais curieuse. Il a tout simplement grandi en Inde avec des parents missionnaires et y a passé la plus grande partie de sa vie.
Ou ce pasteur mexicain de 4 églises d'environ 25 personnes chacune dans l’état du Chihuahua, content de ces petites églises qui permettent des liens forts entre ses membres. Je l'ai rencontré lors d'une excursion pour visiter les bureaux du MCC, ainsi que dans la conserverie mobile du MCC parquée sur le parking du centre de conférence. Nous y avons mis des haricots en boîte pour les plus démunis.
Ou ce pasteur du Honduras dont j'ai écouté l'histoire dans la tente du village mondial au sein de la conférence. Sa petite église a grandi énormément alors qu'il s'était senti poussé à accueillir les enfants des plus démunis. Ceux-ci restent autrement enfermés pendant que leurs parents travaillent.
Ou celle "du vieux mennonite " éthiopien comme il se nomme lui-même. Et comment la persécution a rendu l'église solide.
Ou des membres de la famille inconnus jusqu'ici comme ce grand jeune homme allemand du même patronyme que moi.
Mais aussi des barbus, de toutes sortes, des plus ou moins coquets et même un connu !

Christine Haldemann

Pennsylvania 2015 – De belles possibilités de rencontres

La Conférence mennonite mondiale offre de belles possibilités de rencontres. Ce matin c'était avec un Africain. Il dénote dans le paysage de la conférence avec sa robe blanche et son calot arabe. Au Nord Soudan il est missionnaire dans son propre pays, hostile aux chrétiens.

Ou bien cet Américain âgé, grand et maigre qui se tient encore très droit: il a abordé ma voisine indienne en hindi puis a continué dans un autre dialecte indien. II était visiblement heureux, tout comme la femme. J'ai eu l'occasion de le retrouver dans les couloirs, j'étais curieuse. Il a tout simplement grandi en Inde avec des parents missionnaires et y a passé la plus grande partie de sa vie.
Ou ce pasteur mexicain de 4 églises d'environ 25 personnes chacune dans l’état du Chihuahua, content de ces petites églises qui permettent des liens forts entre ses membres. Je l'ai rencontré lors d'une excursion pour visiter les bureaux du MCC, ainsi que dans la conserverie mobile du MCC parquée sur le parking du centre de conférence. Nous y avons mis des haricots en boîte pour les plus démunis.
Ou ce pasteur du Honduras dont j'ai écouté l'histoire dans la tente du village mondial au sein de la conférence. Sa petite église a grandi énormément alors qu'il s'était senti poussé à accueillir les enfants des plus démunis. Ceux-ci restent autrement enfermés pendant que leurs parents travaillent.
Ou celle "du vieux mennonite " éthiopien comme il se nomme lui-même. Et comment la persécution a rendu l'église solide.
Ou des membres de la famille inconnus jusqu'ici comme ce grand jeune homme allemand du même patronyme que moi.
Mais aussi des barbus, de toutes sortes, des plus ou moins coquets et même un connu !

Christine Haldemann

Prédication du 26 Juillet 2015 | Joël G. | « La mission dans l’église »


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Pennsylvania 2015 – Sommet mennonite de la santé

En amont de la conférence mennonite mondiale, diverses rencontres thématiques et rencontres de comités ont eu lieu. Parmi elles a eu lieu le Sommet Mennonite de la Santé. Une centaine de personnes venant de tous les continents y étaient présentes. Beaucoup venaient du monde médical, mais également du médico-social voire des responsables d'Eglises.

La France était représentée par Damaris, Silvie et Claude Hege et moi-même pour le médico-social et Marianne et Daniel Goldschmidt pour la mission.

Une première intervention a placé le cadre biblique, soulignant le lien entre foi et engagement pour la santé. Ce lien remonte à Jésus lui-même et son ministère de guérison, et traversant toute l'histoire de l’Église, en particulier des Eglises mennonites, Après cela il y a eu des interventions thématiques et techniques diverses (voire disparates), allant d'une conférence sur le thème des femmes et de la santé, soulignant que les femmes sont souvent discriminés, ici comme dans beaucoup d'autres domaines, à une conférence sur les Possibilités et les Défis de l’Utilisation de la Technologie dans les Services de Santé, en passant par des exemples concrets de travail mennonite innovant dans certains pays du Sud ou une réflexion sur la fin de vie.

Mais l'objet principal de cette rencontre était la réflexion autour de la mise en place d'un Réseau Mennonite Mondial de la Santé. Une équipe américaine nous a présenté un document de travail donnant une esquisse de ce que pourrait être ce réseau et son action puis nous en avons discuté la pertinence, l'objectif ou les limites. Une évaluation finale a indiqué un intérêt significatif des participants pour ce réseau. Les représentants des œuvres françaises en particulier trouvent enrichissantes les perspectives de partage d’expériences, de mise en commun d’outils et de soutien mutuel. Ils vont d’ailleurs prolonger leur séjour après la Conférence Mondiale par une visite de quelques œuvres médico-sociales en Virginie et Pennsylvanie, après une visite similaire en France de quelques Américains il y a plusieurs mois. Le travail de mise en place va donc être progressivement transféré à une équipe multiculturelle avec l'espoir de voir ce réseau fonctionner en lien avec la Conférence Mondiale dans les années à venir.

Thierry Seewald, aumônier de l'AEDE

Pennsylvania 2015 – Sommet mennonite de la santé

En amont de la conférence mennonite mondiale, diverses rencontres thématiques et rencontres de comités ont eu lieu. Parmi elles a eu lieu le Sommet Mennonite de la Santé. Une centaine de personnes venant de tous les continents y étaient présentes. Beaucoup venaient du monde médical, mais également du médico-social voire des responsables d'Eglises.

La France était représentée par Damaris, Silvie et Claude Hege et moi-même pour le médico-social et Marianne et Daniel Goldschmidt pour la mission.

Une première intervention a placé le cadre biblique, soulignant le lien entre foi et engagement pour la santé. Ce lien remonte à Jésus lui-même et son ministère de guérison, et traversant toute l'histoire de l’Église, en particulier des Eglises mennonites, Après cela il y a eu des interventions thématiques et techniques diverses (voire disparates), allant d'une conférence sur le thème des femmes et de la santé, soulignant que les femmes sont souvent discriminés, ici comme dans beaucoup d'autres domaines, à une conférence sur les Possibilités et les Défis de l’Utilisation de la Technologie dans les Services de Santé, en passant par des exemples concrets de travail mennonite innovant dans certains pays du Sud ou une réflexion sur la fin de vie.

Mais l'objet principal de cette rencontre était la réflexion autour de la mise en place d'un Réseau Mennonite Mondial de la Santé. Une équipe américaine nous a présenté un document de travail donnant une esquisse de ce que pourrait être ce réseau et son action puis nous en avons discuté la pertinence, l'objectif ou les limites. Une évaluation finale a indiqué un intérêt significatif des participants pour ce réseau. Les représentants des œuvres françaises en particulier trouvent enrichissantes les perspectives de partage d’expériences, de mise en commun d’outils et de soutien mutuel. Ils vont d’ailleurs prolonger leur séjour après la Conférence Mondiale par une visite de quelques œuvres médico-sociales en Virginie et Pennsylvanie, après une visite similaire en France de quelques Américains il y a plusieurs mois. Le travail de mise en place va donc être progressivement transféré à une équipe multiculturelle avec l'espoir de voir ce réseau fonctionner en lien avec la Conférence Mondiale dans les années à venir.

Thierry Seewald, aumônier de l'AEDE

Pennsylvania 2015 – Une conférence vécue entre ciel et terre.

Célébration de la Cène vendredi 24 juillet - photo Lionnel Santini

Cela fait trois jours qu’avec d’autres Français et des personnes venues du monde entier nous participons à la Conférence Mennonite Mondiale.

Ce qui nous frappe Nadia et moi, c'est le nombre de personnes qui composent cette conférence (6000) et la diversité nationale et culturelle qui lui donne un ton particulier. Elle est vraiment mondiale, c’est le Tout-Monde au sens de l’écrivain Édouard Glissant « Kay tout moun : la maison de tous ». Les langues indigènes sont « rachetées », car elles trouvent, elles aussi, leur place à coté des langues à statut privilégié et international comme le français, l’anglais et l’espagnol. Les chants dans les diverses langues du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest ainsi que la lecture de la parole de Dieu dans une nouvelle langue chaque soir donne à cette conférence un éclat extraordinaire.

Nous sommes aussi frappés par l’organisation où nous avons l’impression que rien n’a été négligé, mais le moindre détail est réfléchi pour le bien de tous. Cela nous conduit à dire que si les choses sont organisées avec un tel soin, cela signifie pour nous, que des compétences, des dons ont été mis à contribution. Nous imaginons que beaucoup de travail, de dialogue ont été nécessaires en amont. Nous imaginons aussi que du temps sans compter ainsi que de l’argent ont été investis. Nous imaginons encore que le temps consacré à la prière et à la réflexion pour trouver le thème et les intervenants n’a pas manqué. C’est peut-être tout cela qui nous donne cette belle démonstration d’unité dans la diversité et la mise en valeur de la diversité des dons dans le corps de Christ dans sa dimension mennonite internationale.

Ce rassemblement nous rappelle le monde de Babel et ses conséquences. Mais nous pensons aussi et surtout à Abraham qui laisse tout ce qui fait son identité racine-unique afin de devenir une identité-relation « toutes les nations de la terre seront bénies en ton nom ». Grace à l'action de l'Esprit de Dieu, des éléments hétérogènes se transforment pour former un corps articulant unité et diversité. Comme au jour de la Pentecôte chaque peuple chante les merveilles de Dieu dans sa langue maternelle que nous recevons ou accueillons grâce au don de la traduction.

Nous disons, dans l’Église la rencontre d’éléments hétérogènes ne produit pas forcément une société fragmentée, mais transformée par l’œuvre de l’Esprit et mis ensemble, ces éléments produisent une « Nouvelle région du monde », Uni-divers où les peuples dialoguent, c’est-à-dire qu’ils « échangent en échangeant, sans se perdre ni se dénaturer ».

Nous prenons en photo un frère habillé dans une tenue qui nous fait penser à la culture indienne, mais en termes d’exotismes. Nous sommes très vite repris par nous-mêmes... D'une certaine manière, il nous défie culturellement, pourtant lui aussi fait partie de cette diversité culturelle qui nous paraît « étrange ». C’est la réalité de la création de Dieu.

Au début nous avons envoyé des photos à nos amis en France et en Guadeloupe et mettant en objet de notre courriel, l'expression "avant-goût du ciel". Mais depuis hier, bien faisant figure de métaphore, l’expression ne nous parle plus. La théologie reprend ses « droits », car nous n'allons pas habiter le ciel, mais la terre recrée par Dieu dans son amour (Ap 21). C’est le monde créé par Dieu, frappé et défiguré par le péché à cause de la désobéissance de l'homme, mais racheté et renouvelé.

Le sixième continent, c'est le peuple de Dieu qui n'est pas un lieu, mais des lieux, une nouvelle région du monde implanté dans toutes les régions du monde. Pris dans ce sens, c’est un monde plus archipélique que continental. Pour nous, le monde mennonite ou encore le christianisme mennonite n'est pas seulement une polyphonie d'églises. C'est aussi une mosaïque de cultures qui chantent la symphonie de la grâce (Ap 5.9) et le défi du vivre ensemble en église.

Aujourd’hui, nous avons rencontré des frères africains et haïtiens, ainsi que des Français frustrés par des incompréhensions, le sentiment de ne pas être pris en considération par la culture américaine et nous nous sommes dit, « nous sommes toujours sur la terre ».

Jean-Claude et Nadia Girondin

Pennsylvania 2015 – Lenlen, c’est moi…

Photo Ruedy Nussbaumer

Le jour se lève.

Les quelque 50 personnes de France et de Suisse qui participent à la Conférence mennonite mondiale (CMM) sous les auspices de l'Association Joie et Vie prennent leur petit déjeuner. La première navette de 8h00 va emmener un premier groupe de l'hôtel au gigantesque complexe qui abrite le rassemblement. Les officiels se déplacent en trottinette amish pour rejoindre les différentes salles du centre d'exposition (la surface du complexe représente 24 terrains de football dont 10 sont sous toit, donc sous forme de halles et de maisons).

Le 23 juillet, même déroulement que les autres jours mais avec des accents différents. Début à 9h30 (ceux qui dorment plus longtemps peuvent prendre la navette de 9h00) avec un temps de chants de louange mené par un ensemble de chanteurs et de musiciens international. Certains chants sont devenus des «hits», la salle est en ébullition, frissons, larmes de joie, le ciel n'est plus très loin, quelle joie d'être ensemble dans la présence du Seigneur.

Chaque matin, chaque soir dans les assemblées plénières des salutations œcuméniques sont adressées de la part d'autres groupes d'Églises. Aujourd'hui, ce sont les Églises moraves, pentecôtistes, luthériennes et adventistes ainsi que le Conseil œcuménique des Églises qui expriment leurs vœux au rassemblement mennonite. Ensuite, Nancy Heisey des États-Unis, membre du Comité de la Paix nous apporte la prédication. Chaque matin, la prédication est donnée par une personne issue des 4 Comités de la Conférence (Foi et Vie, Paix, Diaconie et Mission). Le thème de la CMM est «En route avec Dieu», des sous-thèmes sont proposés quotidiennement en fonction des accents représentés par les 4 Comités de la CMM.

Le 23 juillet, le sous-thème est «En marche dans le conflit et la réconciliation» . L'oratrice reprend les paroles de l'apôtre Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens 5, 5-9 :

«Vous tous, en effet, vous dépendez de la lumière, vous appartenez au jour. Nous ne dépendons ni de la nuit ni de l'obscurité. Ainsi, ne dormons pas comme les autres; mais restons éveillés, sobres. Les dormeurs, c'est la nuit qu'ils dorment, et les buveurs, c'est la nuit qu'ils s'enivrent. Mais nous, qui appartenons au jour, nous devons être sobres. Prenons la foi et l'amour comme cuirasse, et l'espérance du salut comme casque. En effet, Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ».

Où en sommes-nous ? Sommes-nous entrain de dormir ou avons-nous revêtu la cuirasse de la foi et de l'amour, le casque comme espérance du salut ?

Remilyn Mondez des Philippines répond à Nancy Heisey. Les jeunes mennonites des différents continents adressent chaque jour une réponse à la prédication du matin. Ramilyn raconte l'histoire bouleversante de Lenlen, une jeune fille des Philippines qui a été prise dans un conflit difficile à surmonter. Dans son pays, les missionnaires ont créé deux Églises bien distinctes, une Église libérale et une Église conservatrice. Lenlen faisait partie de l'Église conservatrice qui paraissait parfaite. Des membres de sa famille ont quitté cette Église pour aller dans l'Église libérale. Des pressions ont été exercées sur elle pour qu'elle ne partage pas ses déceptions de peur que d'autres membres quittent l'Église. Pendant 6 ans, Lenlen a très mal vécu ces tensions, elle a finalement passé dans l'Église plus libérale.

Elle a alors posé cette question aux responsables de son Église: «Qui est à la tête de l'Église ? ». Si les responsables ne défendent que leurs intérêts, ils ne suivent pas le Christ. On entre dans des conflits, les jeunes s'en vont. «Chers leaders, ne vous étonnez pas de perdre les jeunes, vous devez prêcher l'Évangile» a-t-elle lancé avant de conclure: Lenlen, c'est moi... «Nos responsables ont besoin de notre pardon» a-t-elle encore ajouté.

Le temps de prédication du matin est suivi par un temps de partage en petits groupes pour répondre aux messages entendus; une manière de donner la parole à chaque participant.

L'après-midi est réservé à la visite du Village de l'Église mondiale, à des ateliers, des excursions, du sport ou encore à la Coupe du monde anabaptiste (tournoi de football).

Le Réseau mennonite s'est retrouvé en deux ateliers de 13h30 à 17h00. Des frères et sœurs du Burkina Faso, du Burundi, du Canada, du Congo, de Haïti, de France, de Suisse, etc. se sont rencontrés pour partager leurs joies et leurs peines. On paraît parfois si proches les uns des autres et parfois si éloignés. Un dialogue plein d'amour et de compassion continue entre les différents membres du Réseau, mais comment dépasser l'information, entrer dans la communication et l'action ?

Serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?

Le soir deux chorales africaines du Kenya et du Zimbawe ont exprimé de la plus belle des manières la diversité du corps du Christ. Le puissant message adressé par Nzuzi Mukawa du Congo a repris le thème du conflit et de la réconciliation à travers l'histoire de Nabal et Abigaïl dans 1 Samuel 25, 1-44 et 2 Corinthiens 5, 15-20. Cette histoire illustre bien le conflit à travers Nabal et la réconciliation avec Abigaïl. L'amabilité d'Abigaïl a sauvé David de la violence et de la vengeance:

« David répondit à Abigaïl: «Je remercie le Seigneur, le Dieu d'Israël, qui t'a envoyée en ce moment à ma rencontre. Je te remercie aussi, toi qui, avec bon sens, m'as empêché d'en venir au meurtre et de me faire justice moi-même. Vraiment, par le Seigneur vivant, le Dieu d'Israël qui m'a retenu de te faire du mal, je te jure que, si tu n'étais pas venue aussi rapidement à ma rencontre, demain à l'aube il ne serait plus resté un seul homme vivant dans la famille de Nabal.» David accepta ce qu'Abigaïl lui avait apporté, puis il reprit: «Retourne en paix chez toi. Tu vois, j'ai entendu ta supplication et je l'accueille favorablement» (1 Samuel 25, 32-35)

La question de l'orateur à la fin de son intervention était percutante: «Nous allons quitter ces lieux, serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?». Dieu nous a réconciliés avec lui par Jésus son fils (1 Corinthiens 5, 18). Nous chantons un dernier chant avec les chorales africaines réunies, le temps s'est arrêté, nos yeux, nos oreilles, nos esprits et nos cœurs vivent des signes du Royaume de Dieu. Nous connaissons bien cette tension entre le «déjà» et le «pas encore» du Royaume de Dieu, mais aujourd'hui, on était plus près du «déjà» que du «pas encore».

Une première navette nous ramène à l'hôtel vers 20h30, une deuxième vers 21h30, ah qu'il est doux pour frères et des sœurs de demeurer ensemble, dit le Psaume 133, 1.

Michel et Margrit Ummel avec les magnifiques personnes du Groupe Joie et Vie

Rencontre du Réseau mennonite francophone - Photo Lionnel Santini

Pennsylvania 2015 – Lenlen, c’est moi…

Photo Ruedy Nussbaumer

Le jour se lève.

Les quelque 50 personnes de France et de Suisse qui participent à la Conférence mennonite mondiale (CMM) sous les auspices de l'Association Joie et Vie prennent leur petit déjeuner. La première navette de 8h00 va emmener un premier groupe de l'hôtel au gigantesque complexe qui abrite le rassemblement. Les officiels se déplacent en trottinette amish pour rejoindre les différentes salles du centre d'exposition (la surface du complexe représente 24 terrains de football dont 10 sont sous toit, donc sous forme de halles et de maisons).

Le 23 juillet, même déroulement que les autres jours mais avec des accents différents. Début à 9h30 (ceux qui dorment plus longtemps peuvent prendre la navette de 9h00) avec un temps de chants de louange mené par un ensemble de chanteurs et de musiciens international. Certains chants sont devenus des «hits», la salle est en ébullition, frissons, larmes de joie, le ciel n'est plus très loin, quelle joie d'être ensemble dans la présence du Seigneur.

Chaque matin, chaque soir dans les assemblées plénières des salutations œcuméniques sont adressées de la part d'autres groupes d'Églises. Aujourd'hui, ce sont les Églises moraves, pentecôtistes, luthériennes et adventistes ainsi que le Conseil œcuménique des Églises qui expriment leurs vœux au rassemblement mennonite. Ensuite, Nancy Heisey des États-Unis, membre du Comité de la Paix nous apporte la prédication. Chaque matin, la prédication est donnée par une personne issue des 4 Comités de la Conférence (Foi et Vie, Paix, Diaconie et Mission). Le thème de la CMM est «En route avec Dieu», des sous-thèmes sont proposés quotidiennement en fonction des accents représentés par les 4 Comités de la CMM.

Le 23 juillet, le sous-thème est «En marche dans le conflit et la réconciliation» . L'oratrice reprend les paroles de l'apôtre Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens 5, 5-9 :

«Vous tous, en effet, vous dépendez de la lumière, vous appartenez au jour. Nous ne dépendons ni de la nuit ni de l'obscurité. Ainsi, ne dormons pas comme les autres; mais restons éveillés, sobres. Les dormeurs, c'est la nuit qu'ils dorment, et les buveurs, c'est la nuit qu'ils s'enivrent. Mais nous, qui appartenons au jour, nous devons être sobres. Prenons la foi et l'amour comme cuirasse, et l'espérance du salut comme casque. En effet, Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ».

Où en sommes-nous ? Sommes-nous entrain de dormir ou avons-nous revêtu la cuirasse de la foi et de l'amour, le casque comme espérance du salut ?

Remilyn Mondez des Philippines répond à Nancy Heisey. Les jeunes mennonites des différents continents adressent chaque jour une réponse à la prédication du matin. Ramilyn raconte l'histoire bouleversante de Lenlen, une jeune fille des Philippines qui a été prise dans un conflit difficile à surmonter. Dans son pays, les missionnaires ont créé deux Églises bien distinctes, une Église libérale et une Église conservatrice. Lenlen faisait partie de l'Église conservatrice qui paraissait parfaite. Des membres de sa famille ont quitté cette Église pour aller dans l'Église libérale. Des pressions ont été exercées sur elle pour qu'elle ne partage pas ses déceptions de peur que d'autres membres quittent l'Église. Pendant 6 ans, Lenlen a très mal vécu ces tensions, elle a finalement passé dans l'Église plus libérale.

Elle a alors posé cette question aux responsables de son Église: «Qui est à la tête de l'Église ? ». Si les responsables ne défendent que leurs intérêts, ils ne suivent pas le Christ. On entre dans des conflits, les jeunes s'en vont. «Chers leaders, ne vous étonnez pas de perdre les jeunes, vous devez prêcher l'Évangile» a-t-elle lancé avant de conclure: Lenlen, c'est moi... «Nos responsables ont besoin de notre pardon» a-t-elle encore ajouté.

Le temps de prédication du matin est suivi par un temps de partage en petits groupes pour répondre aux messages entendus; une manière de donner la parole à chaque participant.

L'après-midi est réservé à la visite du Village de l'Église mondiale, à des ateliers, des excursions, du sport ou encore à la Coupe du monde anabaptiste (tournoi de football).

Le Réseau mennonite s'est retrouvé en deux ateliers de 13h30 à 17h00. Des frères et sœurs du Burkina Faso, du Burundi, du Canada, du Congo, de Haïti, de France, de Suisse, etc. se sont rencontrés pour partager leurs joies et leurs peines. On paraît parfois si proches les uns des autres et parfois si éloignés. Un dialogue plein d'amour et de compassion continue entre les différents membres du Réseau, mais comment dépasser l'information, entrer dans la communication et l'action ?

Serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?

Le soir deux chorales africaines du Kenya et du Zimbawe ont exprimé de la plus belle des manières la diversité du corps du Christ. Le puissant message adressé par Nzuzi Mukawa du Congo a repris le thème du conflit et de la réconciliation à travers l'histoire de Nabal et Abigaïl dans 1 Samuel 25, 1-44 et 2 Corinthiens 5, 15-20. Cette histoire illustre bien le conflit à travers Nabal et la réconciliation avec Abigaïl. L'amabilité d'Abigaïl a sauvé David de la violence et de la vengeance:

« David répondit à Abigaïl: «Je remercie le Seigneur, le Dieu d'Israël, qui t'a envoyée en ce moment à ma rencontre. Je te remercie aussi, toi qui, avec bon sens, m'as empêché d'en venir au meurtre et de me faire justice moi-même. Vraiment, par le Seigneur vivant, le Dieu d'Israël qui m'a retenu de te faire du mal, je te jure que, si tu n'étais pas venue aussi rapidement à ma rencontre, demain à l'aube il ne serait plus resté un seul homme vivant dans la famille de Nabal.» David accepta ce qu'Abigaïl lui avait apporté, puis il reprit: «Retourne en paix chez toi. Tu vois, j'ai entendu ta supplication et je l'accueille favorablement» (1 Samuel 25, 32-35)

La question de l'orateur à la fin de son intervention était percutante: «Nous allons quitter ces lieux, serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?». Dieu nous a réconciliés avec lui par Jésus son fils (1 Corinthiens 5, 18). Nous chantons un dernier chant avec les chorales africaines réunies, le temps s'est arrêté, nos yeux, nos oreilles, nos esprits et nos cœurs vivent des signes du Royaume de Dieu. Nous connaissons bien cette tension entre le «déjà» et le «pas encore» du Royaume de Dieu, mais aujourd'hui, on était plus près du «déjà» que du «pas encore».

Une première navette nous ramène à l'hôtel vers 20h30, une deuxième vers 21h30, ah qu'il est doux pour frères et des sœurs de demeurer ensemble, dit le Psaume 133, 1.

Michel et Margrit Ummel avec les magnifiques personnes du Groupe Joie et Vie