Pennsylvania 2015 – Lenlen, c’est moi…

Photo Ruedy Nussbaumer

Le jour se lève.

Les quelque 50 personnes de France et de Suisse qui participent à la Conférence mennonite mondiale (CMM) sous les auspices de l'Association Joie et Vie prennent leur petit déjeuner. La première navette de 8h00 va emmener un premier groupe de l'hôtel au gigantesque complexe qui abrite le rassemblement. Les officiels se déplacent en trottinette amish pour rejoindre les différentes salles du centre d'exposition (la surface du complexe représente 24 terrains de football dont 10 sont sous toit, donc sous forme de halles et de maisons).

Le 23 juillet, même déroulement que les autres jours mais avec des accents différents. Début à 9h30 (ceux qui dorment plus longtemps peuvent prendre la navette de 9h00) avec un temps de chants de louange mené par un ensemble de chanteurs et de musiciens international. Certains chants sont devenus des «hits», la salle est en ébullition, frissons, larmes de joie, le ciel n'est plus très loin, quelle joie d'être ensemble dans la présence du Seigneur.

Chaque matin, chaque soir dans les assemblées plénières des salutations œcuméniques sont adressées de la part d'autres groupes d'Églises. Aujourd'hui, ce sont les Églises moraves, pentecôtistes, luthériennes et adventistes ainsi que le Conseil œcuménique des Églises qui expriment leurs vœux au rassemblement mennonite. Ensuite, Nancy Heisey des États-Unis, membre du Comité de la Paix nous apporte la prédication. Chaque matin, la prédication est donnée par une personne issue des 4 Comités de la Conférence (Foi et Vie, Paix, Diaconie et Mission). Le thème de la CMM est «En route avec Dieu», des sous-thèmes sont proposés quotidiennement en fonction des accents représentés par les 4 Comités de la CMM.

Le 23 juillet, le sous-thème est «En marche dans le conflit et la réconciliation» . L'oratrice reprend les paroles de l'apôtre Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens 5, 5-9 :

«Vous tous, en effet, vous dépendez de la lumière, vous appartenez au jour. Nous ne dépendons ni de la nuit ni de l'obscurité. Ainsi, ne dormons pas comme les autres; mais restons éveillés, sobres. Les dormeurs, c'est la nuit qu'ils dorment, et les buveurs, c'est la nuit qu'ils s'enivrent. Mais nous, qui appartenons au jour, nous devons être sobres. Prenons la foi et l'amour comme cuirasse, et l'espérance du salut comme casque. En effet, Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère, mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus-Christ».

Où en sommes-nous ? Sommes-nous entrain de dormir ou avons-nous revêtu la cuirasse de la foi et de l'amour, le casque comme espérance du salut ?

Remilyn Mondez des Philippines répond à Nancy Heisey. Les jeunes mennonites des différents continents adressent chaque jour une réponse à la prédication du matin. Ramilyn raconte l'histoire bouleversante de Lenlen, une jeune fille des Philippines qui a été prise dans un conflit difficile à surmonter. Dans son pays, les missionnaires ont créé deux Églises bien distinctes, une Église libérale et une Église conservatrice. Lenlen faisait partie de l'Église conservatrice qui paraissait parfaite. Des membres de sa famille ont quitté cette Église pour aller dans l'Église libérale. Des pressions ont été exercées sur elle pour qu'elle ne partage pas ses déceptions de peur que d'autres membres quittent l'Église. Pendant 6 ans, Lenlen a très mal vécu ces tensions, elle a finalement passé dans l'Église plus libérale.

Elle a alors posé cette question aux responsables de son Église: «Qui est à la tête de l'Église ? ». Si les responsables ne défendent que leurs intérêts, ils ne suivent pas le Christ. On entre dans des conflits, les jeunes s'en vont. «Chers leaders, ne vous étonnez pas de perdre les jeunes, vous devez prêcher l'Évangile» a-t-elle lancé avant de conclure: Lenlen, c'est moi... «Nos responsables ont besoin de notre pardon» a-t-elle encore ajouté.

Le temps de prédication du matin est suivi par un temps de partage en petits groupes pour répondre aux messages entendus; une manière de donner la parole à chaque participant.

L'après-midi est réservé à la visite du Village de l'Église mondiale, à des ateliers, des excursions, du sport ou encore à la Coupe du monde anabaptiste (tournoi de football).

Le Réseau mennonite s'est retrouvé en deux ateliers de 13h30 à 17h00. Des frères et sœurs du Burkina Faso, du Burundi, du Canada, du Congo, de Haïti, de France, de Suisse, etc. se sont rencontrés pour partager leurs joies et leurs peines. On paraît parfois si proches les uns des autres et parfois si éloignés. Un dialogue plein d'amour et de compassion continue entre les différents membres du Réseau, mais comment dépasser l'information, entrer dans la communication et l'action ?

Serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?

Le soir deux chorales africaines du Kenya et du Zimbawe ont exprimé de la plus belle des manières la diversité du corps du Christ. Le puissant message adressé par Nzuzi Mukawa du Congo a repris le thème du conflit et de la réconciliation à travers l'histoire de Nabal et Abigaïl dans 1 Samuel 25, 1-44 et 2 Corinthiens 5, 15-20. Cette histoire illustre bien le conflit à travers Nabal et la réconciliation avec Abigaïl. L'amabilité d'Abigaïl a sauvé David de la violence et de la vengeance:

« David répondit à Abigaïl: «Je remercie le Seigneur, le Dieu d'Israël, qui t'a envoyée en ce moment à ma rencontre. Je te remercie aussi, toi qui, avec bon sens, m'as empêché d'en venir au meurtre et de me faire justice moi-même. Vraiment, par le Seigneur vivant, le Dieu d'Israël qui m'a retenu de te faire du mal, je te jure que, si tu n'étais pas venue aussi rapidement à ma rencontre, demain à l'aube il ne serait plus resté un seul homme vivant dans la famille de Nabal.» David accepta ce qu'Abigaïl lui avait apporté, puis il reprit: «Retourne en paix chez toi. Tu vois, j'ai entendu ta supplication et je l'accueille favorablement» (1 Samuel 25, 32-35)

La question de l'orateur à la fin de son intervention était percutante: «Nous allons quitter ces lieux, serons-nous des Nabal ou des Abigaïl ?». Dieu nous a réconciliés avec lui par Jésus son fils (1 Corinthiens 5, 18). Nous chantons un dernier chant avec les chorales africaines réunies, le temps s'est arrêté, nos yeux, nos oreilles, nos esprits et nos cœurs vivent des signes du Royaume de Dieu. Nous connaissons bien cette tension entre le «déjà» et le «pas encore» du Royaume de Dieu, mais aujourd'hui, on était plus près du «déjà» que du «pas encore».

Une première navette nous ramène à l'hôtel vers 20h30, une deuxième vers 21h30, ah qu'il est doux pour frères et des sœurs de demeurer ensemble, dit le Psaume 133, 1.

Michel et Margrit Ummel avec les magnifiques personnes du Groupe Joie et Vie

Pennsylvania 2015 – Culture et convictions

Groupe de Mennonites Cheyennes lors d'un temps de louange - Photo Lionnel Santini

Nyanyikanlah nyanyian baru.

Non, ce n’est pas un problème de clavier ! C’est le titre d’un chant indonésien que nous avons entonné aujourd’hui. Après l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, l’Asie était à l’honneur.

Difficile de chanter ces mélodies du Japon ou de la Chine, avec leurs tons si différents des nôtres et si surprenants. Les rythmes indiens (native people) avaient animé l’ouverture. Résistance à la mondialisation des cantiques évangéliques ! Valorisation des cultures.

Quel rapport entre identité chrétienne et culture ? C’est aussi la question posée par Tigist, une jeune éthiopienne, représentant la 3ème génération de chrétiens dans sa famille. Au cours de ses études, elle a été ébranlée par cette phrase : « Quand les blancs sont venus, ils avaient la Bible et nous avions la terre. Ils nous ont appris à prier en fermant les yeux, et quand nous avons rouvert les yeux, nous avions la Bible et ils avaient la terre. » Elle en est arrivée à se demander si sa foi venait du colonialisme missionnaire. Comment concilier les traditions de sa culture avec la foi telle qu’elle est vécue dans sa communauté ? Parfois trop de contradictions. Et moi, est-ce que j’interroge suffisamment mes traditions ? Qu’est-ce qui constitue le « noyau dur » de mes convictions et qu’est ce qui se rapporte davantage à ma culture ?

La rencontre, l’écoute de l’histoire de l’autre, d’une culture, si étrange parfois, est toujours aussi intéressante et émouvante, même aux USA… Nos convictions anabaptistes communes nous unissent au-delà des différences de langues, de couleur de peau…

Je ne suis pas fan des grands rassemblements mais la Conférence mondiale est un moment exceptionnel de décentrement, de partage, de reconnaissance. Alors même si les USA n’ont pas, pour certains l’attrait exotique du Paraguay, quelle joie de célébrer d’un même cœur notre Seigneur ! En marche avec Dieu !

Silvie Hege

Pennsylvania 2015 – Culture et convictions

Nyanyikanlah nyanyian baru.

Non, ce n’est pas un problème de clavier ! C’est le titre d’un chant indonésien que nous avons entonné aujourd’hui. Après l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, l’Asie était à l’honneur.

Difficile de chanter ces mélodies du Japon ou de la Chine, avec leurs tons si différents des nôtres et si surprenants. Les rythmes indiens (native people) avaient animé l’ouverture. Résistance à la mondialisation des cantiques évangéliques ! Valorisation des cultures.

Quel rapport entre identité chrétienne et culture ? C’est aussi la question posée par Tigist, une jeune éthiopienne, représentant la 3ème génération de chrétiens dans sa famille. Au cours de ses études, elle a été ébranlée par cette phrase : « Quand les blancs sont venus, ils avaient la Bible et nous avions la terre. Ils nous ont appris à prier en fermant les yeux, et quand nous avons rouvert les yeux, nous avions la Bible et ils avaient la terre. » Elle en est arrivée à se demander si sa foi venait du colonialisme missionnaire. Comment concilier les traditions de sa culture avec la foi telle qu’elle est vécue dans sa communauté ? Parfois trop de contradictions. Et moi, est-ce que j’interroge suffisamment mes traditions ? Qu’est-ce qui constitue le « noyau dur » de mes convictions et qu’est ce qui se rapporte davantage à ma culture ?

La rencontre, l’écoute de l’histoire de l’autre, d’une culture, si étrange parfois, est toujours aussi intéressante et émouvante, même aux USA… Nos convictions anabaptistes communes nous unissent au-delà des différences de langues, de couleur de peau…

Je ne suis pas fan des grands rassemblements mais la Conférence mondiale est un moment exceptionnel de décentrement, de partage, de reconnaissance. Alors même si les USA n’ont pas, pour certains l’attrait exotique du Paraguay, quelle joie de célébrer d’un même cœur notre Seigneur ! En marche avec Dieu !

Silvie Hege

Pennsylvania 2015 – Première rencontre de l’Assemblée réunie

Photo : Lionnel Santini

Welcome to the USA ! Après 6 ans d'attente l'assemblée réunie de la CMM est enfin arrivée ! Nous nous sommes retrouvés dans la grande halle parmi des milliers de Mennonites venant de quasiment chaque coin de notre planète pour louer le Seigneur ! Nous étions accueillis chaleureusement (heureusement car la climatisation était à fond) par les leaders de la CMM. Puis nous avons chanté nos premiers chants ensemble, la plupart en espagnol. Et pour un Américain qui a consacré les trois dernières années à la langue française, je suis certain que j'ai complètement loupé la moitié des phrases ! Heureusement que Dieu comprend et accepte notre louange dans toutes les langues et mêmes avec nos accents.


Mais normalement je n’ai pas d'excuse parce qu'aujourd'hui n'est pas mon premier jour à la conférence. En fait pour beaucoup entre nous, la conférence a commencé il y a plusieurs jours à Messiah Collège où le Sommet Mondial de La Jeunesse a eu lieu. Nous étions 450 jeunes adultes du monde entier ! Brenna et moi avions assisté à la même rencontre au Paraguay, et cette semaine nous avons eu l'occasion de retrouver d’anciens amis, mais aussi de nous en faire de nouveaux ! Et cette fois nous avons eu le plaisir de voir les 11 jeunes Français avec nous faire de même. On attend la suite avec impatience !

Brad Graber

Résumé du premier message donné par César Garcia

Luc, les disciples sur le chemin d'Emmaüs

Jésus voulait que les disciples retournent à Jérusalem pour être des témoins. Leurs yeux se sont ouverts et les disciples sont rentrés dans l'unité. Marcher prend toute la vie. Qu'allons-nous laisser derrière nous, Qu'allons-nous emporter? Combien de personnes je retrouverai dans le ciel suite à mon témoignage ?
Il faut de la patience pour attendre ceux qui vont moins vite que nous. Mais en marche signifie s'engager dans ce cheminement ensemble. Marcher... ce qui est important, ce n'est pas ce qu'on découvre à la fin du chemin, mais ce que l'on construit en cheminant.
Cheminons avec Dieu cette semaine et les années à venir.

Lionnel Santini

Pennsylvania 2015 – Première rencontre de l’Assemblée réunie

Welcome to the USA ! Après 6 ans d'attente l'assemblée réunie de la CMM est enfin arrivée ! Nous nous sommes retrouvés dans la grande halle parmi des milliers de Mennonites venant de quasiment chaque coin de notre planète pour louer le Seigneur ! Nous étions accueillis chaleureusement (heureusement car la climatisation était à fond) par les leaders de la CMM. Puis nous avons chanté nos premiers chants ensemble, la plupart en espagnol. Et pour un Américain qui a consacré les trois dernières années à la langue française, je suis certain que j'ai complètement loupé la moitié des phrases ! Heureusement que Dieu comprend et accepte notre louange dans toutes les langues et mêmes avec nos accents.


Mais normalement je n’ai pas d'excuse parce qu'aujourd'hui n'est pas mon premier jour à la conférence. En fait pour beaucoup entre nous, la conférence a commencé il y a plusieurs jours à Messiah Collège où le Sommet Mondial de La Jeunesse a eu lieu. Nous étions 450 jeunes adultes du monde entier ! Brenna et moi avions assisté à la même rencontre au Paraguay, et cette semaine nous avons eu l'occasion de retrouver d’anciens amis, mais aussi de nous en faire de nouveaux ! Et cette fois nous avons eu le plaisir de voir les 11 jeunes Français avec nous faire de même. On attend la suite avec impatience !

Brad Graber

News juillet 2015

juillet-2015

Retour à la routine

Voilà plus d'un mois que nous sommes de retour à Ouaga ; temps de reprendre "la plume". Après 8 semaines dans le froid du printemps français, le plongeon dans l'étuve de la capitale du Faso nous a un peu surpris... mais peu à peu, le corps et l'esprit reprennent leurs habitudes...

Une saison qui tarde...

Les pluies de ces deux ou trois dernières semaines ont été un grand soulagement pour les Burkinabè ; avant cela, les regards tournés vers le ciel, on n'entendait que plaintes et murmures pour cette pluie qui tardait tant à venir. On dirait maintenant que la saison est bien amorcée.

Routine, vous avez dit routine ?

....

pdfLa news de juillet 2015128.24 Ko

News juillet 2015

juillet-2015

Retour à la routine

Voilà plus d'un mois que nous sommes de retour à Ouaga ; temps de reprendre "la plume". Après 8 semaines dans le froid du printemps français, le plongeon dans l'étuve de la capitale du Faso nous a un peu surpris... mais peu à peu, le corps et l'esprit reprennent leurs habitudes...

Une saison qui tarde...

Les pluies de ces deux ou trois dernières semaines ont été un grand soulagement pour les Burkinabè ; avant cela, les regards tournés vers le ciel, on n'entendait que plaintes et murmures pour cette pluie qui tardait tant à venir. On dirait maintenant que la saison est bien amorcée.

Routine, vous avez dit routine ?

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pdfLa news de juillet 2015128.24 Ko

Pennsylvania 2015 – Le Conseil Général, lieu exceptionnel de rencontres et de récits

Photo Jean-Paul Peterschmitt

102 conférences ou associations d’églises mennonites nationales réparties sur les cinq continents sont représentées au sein du Conseil Général de la Conférence Mondiale. L’Inde, à elle seule, en compte 9. J’ai eu le privilège hier de faire la connaissance de Paul et Suja Phinehas, Paul, 36 ans, est pasteur d’une église Mennonite à Pollachi, ville d’environ 100 000 habitants située dans l’Etat du Tamil Nadu au pied de la chaine de montagne des Gâts qui le sépare de l’Etat voisin du Kerala, à une distance de 40 km de Coimbatore dans le sud du pays.

L’église compte 120 membres et fait partie de Gilgal Mission Trust, conférence crée en 1979, qui réunit 27 églises sœurs au Tamil Nadu et une autre un peu plus au nord en Andrah Pradesh . En tout 1900 membres baptisés et 600 membres associés. En 2005, Paul Phinehas a fait la démarche de faire adhérer Gilgal Mission Trust à la Conférence Mennonite Mondiale via l’organisation faîtière Mennonite Christian Service Fellowship of India basée à Calcutta dont Paul est également vice-président.

L’agriculture, la filature et les industries textiles au sens large sont les activités majeures de cette région du district de Tirupur. Située dans un environnement pittoresque mais économiquement faible, elle attire les pèlerins hindous visitant le site d’Anaimalai. La population locale est constituée de groupes variés divisés par castes ; Brahmanes, Adi Dravidis, Nadars et Dalits. Ces derniers, plus communément appelés « intouchables » sont majoritaires. La cohabitation de ces groupes et castes en Inde est souvent difficile. Discriminations, exploitations de toutes sortes, corruption, persécutions religieuses caractérisent leurs relations empruntes de rapports de force souvent malsains. Les Dalits, en sont les principales victimes et les chrétiens, pour la majorité d’entre eux, en font partie.

Dans l’Inde d’aujourd’hui, le gouvernement central est entre les mains du parti BJP, prônant ouvertement le retour à une société hindoue. Les tensions prennent des formes diverses et l’église de Paul, tout en poursuivant un travail d’évangélisation par des voies classiques, met en œuvre depuis quelques années avec le soutien financier partiel de MCC un programme de développement social dit de « Justice et de Paix » qui porte ses fruits, y compris spirituels.

Celui-ci touche les habitants de dix villages situés à la périphérie de la ville. Orienté prioritairement vers les familles monoparentales, il se décline en plusieurs composantes : création d’activités génératrices de revenus par la fournitures de matières premières pour diverses activités artisanales en particulier textiles, programme de santé pour la mère, l’enfant et les personnes âgées, scolarisation et suivi scolaire des enfants, repas de midi pour les moins de 5 ans, formation et sensibilisation à l’hygiène et aux questions de santé pour les adultes.

Ce travail, mené au nom de Christ par des volontaires et encadré par les deux pasteurs qui secondent Paul s’est traduit par des résultats tangibles ; amélioration de la qualité de vie des personnes ayant bénéficié du programme et qui à leur tour le subventionnent, meilleure compréhension des valeurs chrétiennes qui sous-tendent cette activité et intérêt pour le message de l’amour de Christ. Une plus grande autonomie économique affranchit les plus faibles de la dépendance des groupes qui auparavant les exploitaient.

Les membres de l’église sont largement impliqués dans ce travail, apportent un soutien financier déterminant en dépit de la modestie de leurs ressources propres et tissent des liens dans la durée avec ces personnes.

Jean-Paul Peterschmitt

PS : Avec mon épouse Emma nous avons ont vécu à Bangalore, dans le sud de l’Inde entre 1999 et 2004. Incidemment, Paul Phinehas a été nommé aujourd’hui même au Conseil Exécutif de la Conférence Mondiale. Il y sera l’un des deux représentants pour l’Asie dans cette instance pour les six années à venir.

Pennsylvania 2015 – Le Conseil Général, lieu exceptionnel de rencontres et de récits

102 conférences ou associations d’églises mennonites nationales réparties sur les cinq continents sont représentées au sein du Conseil Général de la Conférence Mondiale. L’Inde, à elle seule, en compte 9. J’ai eu le privilège hier de faire la connaissance de Paul et Suja Phinehas, Paul, 36 ans, est pasteur d’une église Mennonite à Pollachi, ville d’environ 100 000 habitants située dans l’Etat du Tamil Nadu au pied de la chaine de montagne des Gâts qui le sépare de l’Etat voisin du Kerala, à une distance de 40 km de Coimbatore dans le sud du pays.

L’église compte 120 membres et fait partie de Gilgal Mission Trust, conférence crée en 1979, qui réunit 27 églises sœurs au Tamil Nadu et une autre un peu plus au nord en Andrah Pradesh . En tout 1900 membres baptisés et 600 membres associés. En 2005, Paul Phinehas a fait la démarche de faire adhérer Gilgal Mission Trust à la Conférence Mennonite Mondiale via l’organisation faîtière Mennonite Christian Service Fellowship of India basée à Calcutta dont Paul est également vice-président.

L’agriculture, la filature et les industries textiles au sens large sont les activités majeures de cette région du district de Tirupur. Située dans un environnement pittoresque mais économiquement faible, elle attire les pèlerins hindous visitant le site d’Anaimalai. La population locale est constituée de groupes variés divisés par castes ; Brahmanes, Adi Dravidis, Nadars et Dalits. Ces derniers, plus communément appelés « intouchables » sont majoritaires. La cohabitation de ces groupes et castes en Inde est souvent difficile. Discriminations, exploitations de toutes sortes, corruption, persécutions religieuses caractérisent leurs relations empruntes de rapports de force souvent malsains. Les Dalits, en sont les principales victimes et les chrétiens, pour la majorité d’entre eux, en font partie.

Dans l’Inde d’aujourd’hui, le gouvernement central est entre les mains du parti BJP, prônant ouvertement le retour à une société hindoue. Les tensions prennent des formes diverses et l’église de Paul, tout en poursuivant un travail d’évangélisation par des voies classiques, met en œuvre depuis quelques années avec le soutien financier partiel de MCC un programme de développement social dit de « Justice et de Paix » qui porte ses fruits, y compris spirituels.

Celui-ci touche les habitants de dix villages situés à la périphérie de la ville. Orienté prioritairement vers les familles monoparentales, il se décline en plusieurs composantes : création d’activités génératrices de revenus par la fournitures de matières premières pour diverses activités artisanales en particulier textiles, programme de santé pour la mère, l’enfant et les personnes âgées, scolarisation et suivi scolaire des enfants, repas de midi pour les moins de 5 ans, formation et sensibilisation à l’hygiène et aux questions de santé pour les adultes.

Ce travail, mené au nom de Christ par des volontaires et encadré par les deux pasteurs qui secondent Paul s’est traduit par des résultats tangibles ; amélioration de la qualité de vie des personnes ayant bénéficié du programme et qui à leur tour le subventionnent, meilleure compréhension des valeurs chrétiennes qui sous-tendent cette activité et intérêt pour le message de l’amour de Christ. Une plus grande autonomie économique affranchit les plus faibles de la dépendance des groupes qui auparavant les exploitaient.

Les membres de l’église sont largement impliqués dans ce travail, apportent un soutien financier déterminant en dépit de la modestie de leurs ressources propres et tissent des liens dans la durée avec ces personnes.

Jean-Paul Peterschmitt

PS : Avec mon épouse Emma nous avons ont vécu à Bangalore, dans le sud de l’Inde entre 1999 et 2004. Incidemment, Paul Phinehas a été nommé aujourd’hui même au Conseil Exécutif de la Conférence Mondiale. Il y sera l’un des deux représentants pour l’Asie dans cette instance pour les six années à venir.

Pennsylvania 2015 – Premières impressions du Conseil Général

Photo Max Wiedmer

Deux heures n’étaient pas de trop pour parcourir la distance séparant l’entrée du gigantesque Terminal 2E de Roissy et le siège accueillant du Boeing de Delta Airlines qui devait m’emmener à New-York ce 15 juillet. Après un enregistrement self-service à la borne dédiée à cet effet, moult contrôles de sécurité et trois étapes en train magnétique jusqu’à la porte M45, parcours qui ressemblait à une véritable épreuve physique, le vol transatlantique et l’arrivée sur le sol américain se sont déroulés sans problème. Le voyage de New-York à Harrisburg en train n’a en revanche pas été une expérience mémorable sauf peut-être pour le fait qu’à chacun des nombreux arrêts, le conducteur remerciait les passagers qui en descendaient d’avoir choisi ce moyen de transport pour rejoindre leur destination. Un français habitué au confort et à la vitesse de notre train fétiche a fini par trouver une explication à la manifestation de cette reconnaissance maintes fois répétée : un Amtrak n’est en rien comparable à un TGV.

Une nuit de repos et me voici installé dans la salle qui accueillera pendant cinq jours les réunions du Conseil Général.

Délégué par l’Association des Eglises Evangéliques Mennonites de France, je me trouve en compagnie de collègues représentant une centaine de conférences d’églises mennonites des cinq continents. Armé du dossier de travail et du dossier de référence (246 pages en tout) l’outil indispensable dont je ne me séparerai que pour dormir et manger, j’étais prêt à me laisser instruire, édifier, surprendre.

Le programme débuta par « Prières et devotional » terme anglais couvrant à la fois méditation et louange. Ce moment fut animé par Nelson Kraybill président élu qui prendra ses fonctions à la fin du Grand rassemblement et par Danisa Ndlovu de nationalité Zimbabwéenne, Président sortant. Commentant Jean17, il a souligné l’importance de l’unité de l’Eglise, témoignage que Dieu a envoyé Jésus-Christ dans le monde. Cette prière était destinée à des responsables tels que nous. Sommes-nous des réponses à ce que Dieu nous demande ?

Suivirent une session plénière sur le rôle, le but et le fonctionnement du Conseil Général.

Celui-ci se rencontre tous les trois ans. Loin d’être des business meetings, ces réunions sont conçues pour « laisser la place à la rencontre de Dieu dans la plénitude de son Esprit en communion avec son peuple et avec le don de l’unité au milieu de la diversité théologique et culturelle de notre église mondiale » pour reprendre les termes de César Garcia, le secrétaire général qui a pris ses fonctions à bras le corps.

Information et rapports d’activités, il y en aura beaucoup, débats sans doute aussi et prises de décision ponctueront le programme des journées à venir.

Sur le thème de la vie dans l’église mondiale se sont succédés des témoignages poignants à l’exemple de celui d’un pasteur de l’église des Frères en Christ de Katmandou décrivant la manière dont il s’est retrouvé seul dans son église agrippé à un poteau , les membres ayant fui, terrorisés par les secousses du tremblement de terre vécu en plein culte. Le traumatisme est toujours présent dans la population. Les églises et les agences qui en dépendent, telles que MCC font un travail remarquable pour faire face à l’urgence et aider à la reconstruction des parties sinistrées du pays.

La clôture de la journée de travail fut assurée par deux représentantes de la commission « Foi et Vie », invitant à prier et à partager en petits groupes le vécu de nos églises dans nos pays d’origine. Fin d’une première journée au programme dense et riche et marquée de nombreuses rencontres qui le furent tout autant.

Jean-Paul Peterschmitt