Prédication du 27 mars 2016 | Stephan N. | Dimanche de Pâques

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Prédication du 20 mars 2016 | Fritz G. | Dimanche des Rameaux, Marc 11.1-10

Prédication du 13 mars 2016 | Catherine G. | Culte de la paix

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Cheminer vers Pâques : boîte à idées

Les quelques jours qui mènent à Pâques sont extrêmement riches de sens. Voici quelques idées pour redécouvrir Pâques en famille ou en Église.

JEUDI SAINT

Lectures bibliques : Exode 12.1-14a Psaume 78.14-20,23-25 Jean 13.1-20

À LA MAISON

En famille ou à la maison, le jeudi soir peut être l’occasion de commémorer le dernier repas du Christ. Jésus et ses disciples célébraient ensemble le Seder, la fête juive de la Pâque. C’était une fête d’espérance, à la fois réjouissance et tristesse. En famille, vous pouvez décider d’expérimenter le Seder dans la tradition juive ou bien de l’adapter à votre culture de famille.

EN ÉGLISE
DieuANosPiedsL’Église peut se réunir régulièrement pendant la semaine sainte pour retracer le parcours de Jésus. Le jeudi soir est celui du dernier repas et du lavement des pieds. Partageons avec notre assemblée un repas simple, fait de pain et de soupe, dans une pièce éclairée à la bougie et décorée pour ressembler à une « chambre haute ». Après un temps de lecture biblique et de partage, nous pourrons vivre un moment de lavement des pieds. Cette expérience partagée permettra de construire un vécu d’Église fort et de mieux intérioriser le récit biblique. Ce moment, souvent intense, est parfois difficile à vivre pour certains et il est important de laisser la possibilité de ne pas y participer. On trouvera une liturgie du lavement des pieds en Église dans le livre de Linda Oyer, « Dieu à nos pieds – Une étude sur le lavement des pieds », Dossier de Christ Seul 4/2002, Éditions Mennonites, Montbéliard.

VENDREDI SAINT

Lectures bibliques : Esaïe 52.13-53.12 Psaume 22 Hébreux 10.1-25 Jean 18.1-40 ; 19.1-37

À LA MAISON

De très nombreuses oeuvres d’art dépeignent la Passion du Christ. Pensons par exemple au Christ quittant le prétoire de Gustave Doré, au Retable d’Issenheim de Grünewald, au Reniement de saint Pierre de Rembrandt… Pourquoi ne pas prévoir un temps de culte en famille incluant une visite au musée? Le texte biblique prendra alors de nouvelles formes et couleurs.

EN ÉGLISE

Prenons un temps de méditation communautaire autour des sept dernières paroles du Christ. Pour cela, nous nous asseyons en cercle autour de sept bougies allumées. L’un après l’autre, nous lisons l’une des sept paroles du Christ, dans Lc 23.34, Lc 23.43, Jn 19.26-27, Mc 15.34, Jn 19.28, Jn 19.30 et Lc 23.46. À chaque parole, nous écoutons une courte réflexion. Puis une bougie est éteinte et l’assemblée garde le silence pendant quelques instants. À la lecture de la dernière parole, toutes les bougies sont éteintes et le moment se clôt dans le silence. L’assemblée est invitée à partir sans un bruit. Nous nous retrouverons dimanche matin dans la joie.

SAMEDI SAINT

Lectures bibliques : Psaume 31.2-6 1 Pierre 4.1-8 Matthieu 27.57-66

Le samedi est un jour d’attente et de silence. Marquons par exemple ce silence en choisissant de ne pas allumer d’écran. Quel vide soudain !

DIMANCHE DE PÂQUES

Lectures bibliques : Actes 10.34-43 Psaume 118.1-2,14-24 1 Corinthiens 15.1-11 Jean 20.1-18

À LA MAISON

La résurrection du Christ est un mystère que l’on peut effleurer en contemplant la vie qui renaît autour de nous. Avec de jeunes enfants, on peut par exemple planter des semis et les voir pousser et sortir de terre après un temps d’enfouissement. Avec des plus grands, pourquoi ne pas fêter la résurrection en allant admirer le lever du soleil ? On pourra célébrer un culte familial en haut d’une colline ou emporter un pique-nique de petit-déjeuner avant d’aller à l’église.

EN ÉGLISE

Saluons-nous les uns les autres en disant : « Il est ressuscité ! », « Il est vraiment ressuscité ! »

Idées de JANIE BLOUGH (Église de Châtenay-Malabry) et de LINDA OYER (Église de Lamorlaye), rassemblées et mises en forme par SALOMÉ HALDEMANN (Église de Strasbourg-Illkirch, membre du comité de rédaction de Christ Seul).

La richesse qui nous perd

Le livre d’Osée nous parle d’émotions à vif. Il comporte des passages bouleversants où Dieu fait part, sans détour, de l’amour qu’il a pour son peuple ; un amour qui n’est nullement payé de retour. Il contient aussi des critiques, quant à l’injustice du peuple, formulées avec des images qui font mouche : « Le droit pousse comme une plante vénéneuse sur les sillons des champs », lit-on, par exemple au chapitre 10 (v. 4).

MÉRITE

Ayant eu l’occasion de lire ce livre tranquillement, chapitre après chapitre, pendant une quinzaine de jours, je suis finalement tombé en arrêt devant ce dialogue d’une actualité presque incroyable : « Éphraïm dit : À la vérité, je me suis enrichi, je me suis acquis de la fortune. Mais c’est entièrement le produit de mon travail : on ne trouvera chez moi aucune faute qui soit un péché. Mais moi, je suis le Seigneur, ton Dieu, depuis le pays d’Égypte. Je te ferai encore habiter sous des tentes, comme aux temps de notre rencontre. » (Os 12.9-10)

Ne retrouve-t-on pas ici le discours répétitif du riche qui considère que ce qu’il a acquis est le fruit de son mérite et qu’il n’y a aucune raison morale pour qu’il soit solidaire de ceux qui ont moins que lui ?

FRAUDEURS ET FRAUDEURS…

À la vérité, lisant l’ensemble du livre d’Osée, on peut penser que celui qui parle ici s’illusionne sur son excellence morale. Osée ne cesse de dénoncer les passe-droits et les ententes qui pourrissaient la société de son temps. Cette vision tronquée de la justice nous est, elle aussi, bien connue. Pour donner un exemple, il est courant de jeter un soupçon sur la fraude aux prestations sociales. De fait, la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) repère, chaque année, environ 200 millions d’euros de fraude sur l’ensemble des prestations (RSA compris). Pendant le même temps, les redressements pour fraude fiscale atteignent 10 milliards d’euros chaque année, soit 50 fois plus ! Et l’évasion réelle, estimée par les services de l’État, est de l’ordre de 60 à 80 milliards d’eu­ros. Voilà une actualisation dérangeante de la parabole de la paille et de la poutre : l’autre nous paraît toujours plus pécheur que nous. Alors essayons d’être un peu lucides sur nous-mêmes.

LA RENCONTRE OU L’ARGENT ?

Mais le plus triste, au fond, est que ce discours égoïste, fermé sur lui-même, ignore ce qui fait le sel et le sens de la vie : la rencontre de l’autre et la rencontre de Dieu. Là où le prophète parle d’amour, le peuple parle de son argent. Et la seule issue est de revenir aux temps du désert, à l’heure du dépouillement, là où la rencontre avec Dieu n’était pas obscurcie par les richesses matérielles.

« Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et d’Égypte j’ai appelé mon fils. C’est moi qui avais appris à marcher à Éphraïm, les prenant par les bras. Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour. J’étais pour eux comme ceux qui sou­lèvent un nourrisson contre leur joue et je lui ten­dais de quoi se nourrir. Mais ils n’ont pas reconnu que je prenais soin d’eux. » (Os 11.1,3-4)

Hélas …

Pour aller plus loin :

Marc Paré, Osée, c’est osé !, Dossier de Christ Seul 2/2013, Éditions Mennonites, Montbéliard, 80 pagescouv 2-2013.indd

Jouer avec le langage de Dieu

Godly Play ou jouer avec le langage de Dieu. Voici une méthode destinée aux enfants, pour les faire entrer dans une histoire de la Bible et y répondre de manière active. Une manière ludique de faire (re)découvrir la Bible aux enfants. Parents, moniteurs, monitrices d’école du dimanche : ça vous tente ?

Un enfant prend du plaisir à jouer et des liens se créent spontanément entre son jeu et la « vie réelle ». Cette capacité à apprendre et à intégrer en jouant a été illustrée maintes fois par Maria Montessori. Pourquoi ne pas s’en inspirer pour nos écoles du dimanche ? La méthode Godly Play, littéralement « jeu divin », est adaptée pour des enfants de 5 à 11 ans. Elle est actuellement en plein développement en francophonie et propose de créer un espace de jeu « sacré » où l’enfant peut évoluer et entrer dans l’histoire biblique en réalisant qu’il fait lui aussi partie du peuple de Dieu. Voici à quoi ressemble une leçon Godly Play.

1. SE PRÉPARER

Une salle est spécialement dédiée à la leçon avec un mobilier et des objets spécifiques. Il y a toujours deux personnes qui accompagnent une leçon : un portier et l’animateur. Le portier accueille l’enfant, au seuil de la pièce « sacrée », et lui demande s’il est prêt à vivre ce temps. Si l’enfant dit non, il attendra d’être prêt.

2. LA SÉANCE

C’est le temps où l’animateur ou le narrateur raconte une histoire biblique. Les enfants sont assis par terre et la séance se déroule d’une façon très précise selon une méthode et des codes linguistiques et gestuels pensés et précis.

3. TEMPS DE RÉPONSE

Après qu’on a posé quelques questions aux enfants, ces derniers sont invités à répondre à l’histoire. Ils peuvent le faire de plusieurs façons : en jouant, en bricolant, en dessinant, en ne faisant rien.

4. LE FESTIN

Il y a toujours un temps de festin pendant une séance Godly Play. C’est un temps où un ou deux enfants servent un biscuit et du sirop aux autres. C’est l’occasion de discussions informelles.

5. AU REVOIR – BÉNÉDICTION

Une bougie que l’on éteint de manière particulière marquera spécifiquement la fin de la leçon. Il s’agit de dire au revoir, mais également de permettre de vivre une forme de bénédiction finale. À travers une séance Godly Play, l’enfant joue avec le langage de Dieu et avec l’histoire de son peuple. Il se familiarise avec les récits saints, les paraboles, les rituels et les silences. Comme l’écrit Jerome W. Berryman : « À travers le jeu, l’enfant reçoit une invitation profonde : celle de venir jouer avec Dieu. »

Le matériel pour raconter l’histoire de Joseph . Photo : www.goldlyplay.uk

Le matériel pour raconter l’histoire de Joseph .
Photo : www.goldlyplay.uk

Pour aller plus loin…

La formation Godly Play est nécessaire pour bien connaître et appliquer cette méthode : www.godlyplayfoundation.orgwww.godlyplayresources.com

Une association est en train d’être créée pour la francophonie. Infos : godlyplay.geneve@coec.ch ou http://enfance.epg.ch/godlyplay

De Hesston à Pâques

Le 25 février 2016 à Hesston au Kansas (USA), un homme a tué trois personnes et en a blessé 14 autres dans une entreprise (tenue par des mennonites), avant d’être abattu par un policier (mennonite). D’après la compagne de Cedric Ford, celui-ci était alcoolique, violent et dépressif. Le geste du policier a peut-être sauvé la vie d’autres employés présents.

L’événement a suscité l’émotion dans cette petite ville paisible et au sein des Églises et de l’université mennonites du lieu. Dans les jours qui ont suivi, on a prié pour les victimes, mais aussi pour la famille du malfaiteur. Les survivants ont exprimé leur reconnaissance, tout en pensant à ceux qui ont été tués ou blessés. Le geste du policier, dans le cadre de ses fonctions, a pu empêcher pire encore, mais on a prié pour son vécu certainement douloureux. Selon une professeur de Hesston College, Michele Hershberger, il n’est pas suffisant de dire que justice a été faite, car la justice-shalom s’inquiète des personnes (toutes !) et non de ce qu’elles méritent. Elle a déclaré : « D’une certaine manière, les chrétiens de Newton et de Hesston n’avaient pas assez de relations avec Cedric Ford pour l’aider à trouver une autre issue. Je n’accuse personne. Mais c’est ainsi que nous aimerions vivre en tant que communauté. » Elle a aussi encouragé à ne pas s’enfermer dans la prison de la peur, mais à continuer à marcher en ville et à saluer tout le monde.

Cette situation suscite des émotions contrastées. À moindre échelle, on retrouve ce qui a pu être vécu et ressenti lors des attentats de Paris en novembre dernier. Les réactions des mennonites de Hesston montrent, sans gommer la complexité des choses, une volonté de s’interroger sur soi (plutôt que d’accuser tel ou tel), de nommer le mal commis et la réponse apportée (mais aussi de reconnaître le péché par omission), de prier pour tous (pour les victimes, mais pas seulement). Un chemin d’honnêteté et de paix.

Pour ne pas céder à la haine ou à la peur, notre secours est en Jésus- Christ. Consacrées à Pâques, nos pages « Grand angle » (8-12) nous orientent vers lui. Son chemin devient le chemin de ses disciples, lui qui a souffert du mal des hommes au point d’en mourir, tout en pardonnant. Mais il est ressuscité, en signe de vie nouvelle et d’espérance pour tous. Alléluia !

Les conflits dans l’Eglise

Voici un sujet qui fait plutôt fuir… Et si les conflits étaient l’occasion de progresser en maturité dans l’acceptation des différences normales et légitimes ? Point de vue d’un médiateur.

Dans toute vie collective apparaissent inévitablement des conflits. Pourtant, il y a une difficulté particulière à vivre cette réalité dans les communautés chrétiennes. Nous prendrons le mot « conflit » dans un sens très large, qui va de la tension non exprimée jusqu’au conflit ouvert.

NORMALITÉ DU CONFLIT

Le conflit n’est pas nécessairement l’expression du mal, du péché. Il est d’abord, et souvent, expression de la différence : nous n’avons pas les mêmes envies, les mêmes goûts, la même sensibilité, et ce dans tous les domaines : art, cuisine, réflexion, vie spirituelle. Et cette diversité peut amener toute sorte d’incompréhensions, de malaises, voire de frustrations.

Dans une collectivité, j’ai besoin d’exister et d’être reconnu pour moi-même : il me faut apprendre à me situer par rapport aux autres. Quand le fonctionnement collectif ne favorise pas cela, je vais trouver des stratégies pour répondre à ce besoin. J’utiliserai des circuits de communication informelle avec ceux dont je me sens proche, jusqu’à créer une sorte de clan avec eux. Peut-être prendrai-je la parole devant les autres, les rares fois où j’en ai l’occasion, avec une force, voire une agressivité hors de propos.

Certaines tensions naissent aussi à certains moments clés, par exemple quand il y a du changement. Le cas le plus évident est l’adolescence. L’ado change, ce qui déjà est perturbant. Mais surtout, il veut changer son rapport aux autres, se situer différemment par rapport à eux, quitter l’enfance pour autre chose. Il n’est pas facile pour son entourage, surtout ses parents, de s’adapter. Il y a souvent des tensions, des désaccords parfois violents, au moins dans leurs expressions.

Il y a aussi des conflits plus directement liés à des motivations et des attitudes mauvaises : lutte pour le pouvoir, conceptions chrétiennes erronées, jalousie… Cependant, de même que dans les conflits « normaux » il y a inévitablement influence du péché, il y a aussi des aspects non condamnables dans les attitudes a priori les plus négatives. On dit qu’un tel se bat pour le pouvoir, mais derrière, il y a un besoin de reconnaissance qui n’a jamais été pris en compte. Telle personne explose lors de l’Assemblée Générale, mais s’il y avait eu auparavant plus d’espace pour communiquer, les choses se seraient peut être passées différemment. Ici, comme en Actes 6, le conflit révèle un problème de fonctionnement et permet ainsi de le traiter.

Ce ne sont pas la tension et les conflits qui sont mauvais, ce sont la violence et le refus de laisser sa place à l’autre qui viennent pervertir le conflit.

Photo : www.freeimages.com

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LE REFUS «CHRÉTIEN» DU CONFLIT

Ce refus s’observe dans toutes les Églises. Partout l’on retrouve cette idée que la communauté chrétienne, si elle est fidèle, ne devrait pas connaître de conflits. La paix du Christ devrait régner dans les cœurs et dans les relations. Derrière l’expression de ces valeurs de paix, tout se passe comme si l’on projetait sur l’église une utopie d’harmonie, de chaleur, d’espace protégé…

Mais cette image d’harmonie correspond-elle à ce que nous lisons dans le Nouveau Testament ? En Actes 6 et 15, nulle part il n’est reproché aux Hellénistes ou à Paul et Barnabas d’être entrés en conflit. Bien au contraire, la protestation des Hellénistes fut acceptée et l’injustice commise à leur égard fut reconnue et traitée.

Mais que faire alors des condamnations de conflit présentes sous la plume de l’apôtre Paul, notamment dans 1 Co 1-3 ? D’abord, souligner que Paul n’affirme nulle part qu’il ne devrait pas y avoir de tensions, de désaccords, de conflits dans l’Église. Ce qu’il condamne, ce sont les clans, les factions qui s’organisent comme telles. Ce qu’il met en évidence n’est pas tant le péché que l’immaturité spirituelle (1 Co 3.1-5). Et qu’est-ce qui manifeste cette immaturité ? D’abord une certaine dépendance envers les médiations humaines (Paul et Apollos) au lieu d’être relié directement et de façon autonome à Dieu. Ensuite, une incapacité à accueillir positivement la différence et à la vivre ensemble. Les ministères de Paul et d’Apollos étaient différents (1 Co 3.6), et les Corinthiens, au lieu de discerner la diversité d’action de Dieu, se sont polarisés sur un seul de ces modes d’action, dévalorisant de fait les autres.

La capacité à accueillir et à vivre ensemble en paix dans la diversité des opinions est la marque des chrétiens « accomplis » ; ceci est fortement souligné en Ph 3,17 : la diversité des avis n’empêche pas les chrétiens mûrs spirituellement de marcher « d’un même pas ».

Quel titre !

Dans les coulisses de la nouvelle formule de Christ Seul que vous tenez en main, il a été question du titre du mensuel : le changer ou pas ? Comme vous le constatez, il a été maintenu.

L’expression « Christ seul » peut fonctionner comme un slogan arrogant, envers des personnes non-croyantes (« Vous êtes complèment à côté de la plaque ! ») ou entre chrétiens et Églises de diverses confessions (« Nous avons Christ, nous… »). L’arrogance est le péché d’orgueil, qui tend à mépriser les autres. Son remède est l’humilité, une attitude hautement volatile : la vie communautaire selon l’Esprit de Jésus, avec le pardon demandé et donné, est son terreau.

L’expression « Christ seul » peut aussi conduire à un refus de tout : refus de l’Ancien Testament, de la valeur du monde créé, des médiations humaines, de la culture, etc. Ce refus paraît pieux et louable, mais il se coupe de ce que Dieu a voulu, pour ce monde et pour son histoire. L’attachement fort et clair au Christ libère des peurs et des ghettos, et fournit un critère de discernement.

L’expression « Christ seul » exprime que le salut de nos personnes et du monde se trouve dans le Jésus des évangiles. Quand j’ai adhéré à Jésus il y a 40 ans, je voyais en lui le salut de mon âme, pour la vie après la mort. Cette espérance m’accompagne. Depuis, je vois en Jésus le salut du monde aussi : tous les dysfonctionnements et le mal à l’oeuvre dans le monde trouvent leur solution en Jésus. Ce qu’il a vécu et enseigné est la réponse sur le plan de l’éthique – si l’on y croit et si l’on s’y engage. Jésus est incomparable : si le monde le prenait au sérieux, tout changerait. Le croyons-nous assez, nous autres chrétiens ?

L’expression « Christ Seul » suggère la radicalité (de radix, racine) qui accompagne l’Évangile : le mal n’est pas d’abord chez l’autre, mais en soi ; la souffrance n’a pas le dernier mot ; le remède est unique et extérieur à l’être humain, dans le Dieu fait homme ; l’argent, le pouvoir et la sexualité sont remis à leur place. Et l’arrogance et la propre justice également. Où l’on arrive d’où l’on est parti…

Avec la nouvelle formule de Christ Seul, nous essayerons d’être fidèles à ce titre-programme, sans ses éventuels dévoiements. Merci de nous y aider !