R comme Rêver

Lorsque nous dormons, nous rêvons, dans un état que nous ne contrôlons pas. Quelle place accorder aux rêves, si l’on s’en souvient ? Dieu pourrait-il nous y parler ?

Dieu parle par des songes et des visions nocturnes,
quand un profond sommeil accable
les humains endormis sur leur couche.
Job 33.15

Comme l’écrit la poétesse Marianne Moore, il y a « des jardins imaginaires avec de vraies routes qui les traversent ». Les rêves nocturnes peuvent être bizarres, grisants, surprenants ou terrifiants, mais ils sont traversés par de « vraies routes », c’est-à-dire la réalité qui habite le rêveur. Du début à la fin de la Bible, Dieu parle à des hommes et à des femmes au sein des « jardins imaginaires ». Une fois allongé et abandonné, chaque humain est plongé dans une disposition particulière d’écoute : seul face à lui-même et face à Dieu. Pour de nombreux grands théologiens, les rêves sont essentiels à l’écoute de Dieu. Tertullien disait même que l’on n’avait pas vraiment rencontré Dieu, si on ne l’avait pas rencontré en rêve. Ces derniers siècles, les rêves sont malheureusement devenus le souci quasi exclusif de la psychologie et la théologie a cessé de s’en préoccuper, à tort me semble-t-il.

TOUT LE MONDE RÊVE !

Crédit photo : www.flickr.com – Risto Kuulasmaa

Crédit photo : www.flickr.com – Risto Kuulasmaa

Au fil de l’histoire et jusqu’à aujourd’hui, les rêves ont joué un rôle clé dans de nombreuses conversions, de grandes découvertes et ont influé sur les événements de l’histoire de l’humanité : c’est dire qu’ils sont traversés par des routes réelles. Lorsque nous entrons dans la phase de sommeil dite « paradoxale », nous entrons dans une intériorité comparable à celle d’une prière intense, ou une méditation profonde. Alors que tous les humains ne prient et ne méditent pas forcément, tous rêvent environ 20 minutes toutes les heures et demie de sommeil. L’Esprit de Dieu peut murmurer à tous les cœurs !

QUESTIONS À SE POSER

La fonction du rêve est de mettre de l’ordre dans nos états d’âme et de nous garder sain(t)s d’esprit. Si nous croyons que l’Esprit de Dieu nous accompagne sur nos chemins de vie, nous pouvons croire avec confiance qu’il nous accompagne aussi pendant nos nuits et qu’il s’y révèle. De ce fait, comment être sûrs que nous entendons la voix de Dieu, et non pas uniquement la nôtre ? Cela demande du discernement et quelques questions peuvent nous guider : le rêve me dirige-t-il dans la même direction que la Bible ? Cela me rendra-t-il davantage semblable à Jésus ? Qu’en pensent mes frères et mes sœurs en Christ ? Est-ce que ce rêve est cohérent avec ma réalité ? Le rêve est un moyen parmi d’autres pour approfondir la connaissance de soi et, avec ses luttes et ses fardeaux, se mettre humblement en route à la suite du Christ. L’intériorité vécue lors du rêve peut se transformer en prière où l’on exprime ce qui nous charge, trouble ou blesse et en méditation avec des textes bibliques qui encouragent ou réorientent.

R COMME RÊVER

Lorsque nous dormons, nous rêvons, dans un état que nous ne contrôlons pas. Quelle place accorder aux rêves, si l’on s’en souvient ? Dieu pourrait-il nous y parler ?

 

Dieu parle par des songes et des visions nocturnes,
quand un profond sommeil accable
les humains endormis sur leur couche.
Job 33.15

 

Comme l’écrit la poétesse Marianne Moore, il y a « des jardins imaginaires avec de vraies routes qui les traversent ». Les rêves nocturnes peuvent être bizarres, grisants, surprenants ou terrifiants, mais ils sont traversés par de « vraies routes », c’est-à-dire la réalité qui habite le rêveur. Du début à la fin de la Bible, Dieu parle à des hommes et à des femmes au sein des « jardins imaginaires ». Une fois allongé et abandonné, chaque humain est plongé dans une disposition particulière d’écoute : seul face à lui-même et face à Dieu. Pour de nombreux grands théologiens, les rêves sont essentiels à l’écoute de Dieu. Tertullien disait même que l’on n’avait pas vraiment rencontré Dieu, si on ne l’avait pas rencontré en rêve. Ces derniers siècles, les rêves sont malheureusement devenus le souci quasi exclusif de la psychologie et la théologie a cessé de s’en préoccuper, à tort me semble-t-il.

TOUT LE MONDE RÊVE !

Crédit photo : www.flickr.com – Risto Kuulasmaa

Crédit photo : www.flickr.com – Risto Kuulasmaa

Au fil de l’histoire et jusqu’à aujourd’hui, les rêves ont joué un rôle clé dans de nombreuses conversions, de grandes découvertes et ont influé sur les événements de l’histoire de l’humanité : c’est dire qu’ils sont traversés par des routes réelles. Lorsque nous entrons dans la phase de sommeil dite « paradoxale », nous entrons dans une intériorité comparable à celle d’une prière intense, ou une méditation profonde. Alors que tous les humains ne prient et ne méditent pas forcément, tous rêvent environ 20 minutes toutes les heures et demie de sommeil. L’Esprit de Dieu peut murmurer à tous les cœurs !

 

QUESTIONS À SE POSER

La fonction du rêve est de mettre de l’ordre dans nos états d’âme et de nous garder sain(t)s d’esprit. Si nous croyons que l’Esprit de Dieu nous accompagne sur nos chemins de vie, nous pouvons croire avec confiance qu’il nous accompagne aussi pendant nos nuits et qu’il s’y révèle. De ce fait, comment être sûrs que nous entendons la voix de Dieu, et non pas uniquement la nôtre ? Cela demande du discernement et quelques questions peuvent nous guider : le rêve me dirige-t-il dans la même direction que la Bible ? Cela me rendra-t-il davantage semblable à Jésus ? Qu’en pensent mes frères et mes sœurs en Christ ? Est-ce que ce rêve est cohérent avec ma réalité ? Le rêve est un moyen parmi d’autres pour approfondir la connaissance de soi et, avec ses luttes et ses fardeaux, se mettre humblement en route à la suite du Christ. L’intériorité vécue lors du rêve peut se transformer en prière où l’on exprime ce qui nous charge, trouble ou blesse et en méditation avec des textes bibliques qui encouragent ou réorientent.
Crédit photo : www.flickr.com – Risto Kuulasmaa

POURQUOI FAUT-IL TRAVAILLER ?


Dieu a-t-il voulu le travail et si oui, pourquoi ? Eléments de réponse à partir de Genèse 1 à 3.

Beaucoup pensent que le travail est une conséquence de la rébellion contre Dieu au début de l’humanité. Il est vrai que le péché a rendu le travail pénible : c’est à la sueur de son front qu’il faut maintenant gagner son pain (Gn 3.17-19). Mais le travail faisait partie de la vocation humaine originelle, dès avant la Chute. Dans Genèse 1, les humains reçoivent l’ordre de dominer la terre : « Soumettez-la et dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre » (Gn 1.28). Les verbes employés expriment l’exercice actif de l’autorité. C’est le contraire du sommeil du paresseux dont parlent les Proverbes. Dans Genèse 2, le paradis n’est ni la forêt vierge ni le pays de cocagne. Dès l’origine, l’homme est un être de civilisation qui façonne son environnement et lui imprime sa marque. Si les éléments nécessaires sont déjà en place (le sol cultivable et l’eau), ils ne produisent des fruits qu’au prix de la culture.

L’HOMME – IMAGE DE DIEU QUI TRAVAILLE

pourquoi-faut-il-travaillerPourquoi Dieu a-t-il créé le monde de telle sorte que nous devons travailler pour nous nourrir ? La réponse est certainement à chercher dans la dignité de l’homme d’être en image de Dieu : en travaillant, l’homme imite son Créateur. Par le règne que l’homme exerce sur la création non-humaine, il est le représentant de Dieu sur la terre, appelé à imiter la créativité et le soin exercés par le Seigneur. Il est significatif que le terme « profession » désigne, en français, à la fois la déclaration publique de sa foi et le métier que l’on exerce. Loin d’être un simple pis-aller pour subvenir à ses besoins matériels, le travail fait partie de la bénédiction que le Créateur accorde à l’humanité ― bénédiction qui est à la fois mission et privilège. C’est pourquoi les allocations sont une réponse insuffisante au chômage, car l’inactivité empêche l’individu d’exprimer ses talents par le travail. Certes, le « travail » rémunéré n’est pas le seul cadre dans lequel répondre à la vocation créationnelle : la mère qui élève ses enfants ou le bénévole dans une association travaillent tout autant. Mais nos Églises devraient aussi être des lieux dans lesquels des personnes sont encouragées à prendre des risques en créant des emplois (en se mettant à leur compte ou en assumant chrétiennement la charge de chef d’entreprise).

« Je suis passé près du champ d’un paresseux […]
Les orties y poussaient partout,
les mauvaises herbes en couvraient la surface […]
Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement,
un peu croiser les bras en se couchant…
et la pauvreté, qui rôde, te surprendra ;
la misère arrivera comme un soudard. »
Proverbes 24.30-34

Pour aller plus loin…
Lydia Jaeger, Vivre dans un monde créé, Marne-la-Vallée/Nogent-sur-Marne, Farel/Éditions de l’Institut Biblique, 2007, 123 p.

POURQUOI FAUT-IL TRAVAILLER ?


Dieu a-t-il voulu le travail et si oui, pourquoi ? Eléments de réponse à partir de Genèse 1 à 3.

Beaucoup pensent que le travail est une conséquence de la rébellion contre Dieu au début de l’humanité. Il est vrai que le péché a rendu le travail pénible : c’est à la sueur de son front qu’il faut maintenant gagner son pain (Gn 3.17-19). Mais le travail faisait partie de la vocation humaine originelle, dès avant la Chute. Dans Genèse 1, les humains reçoivent l’ordre de dominer la terre : « Soumettez-la et dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre » (Gn 1.28). Les verbes employés expriment l’exercice actif de l’autorité. C’est le contraire du sommeil du paresseux dont parlent les Proverbes. Dans Genèse 2, le paradis n’est ni la forêt vierge ni le pays de cocagne. Dès l’origine, l’homme est un être de civilisation qui façonne son environnement et lui imprime sa marque. Si les éléments nécessaires sont déjà en place (le sol cultivable et l’eau), ils ne produisent des fruits qu’au prix de la culture.

L’HOMME – IMAGE DE DIEU QUI TRAVAILLE

pourquoi-faut-il-travaillerPourquoi Dieu a-t-il créé le monde de telle sorte que nous devons travailler pour nous nourrir ? La réponse est certainement à chercher dans la dignité de l’homme d’être en image de Dieu : en travaillant, l’homme imite son Créateur. Par le règne que l’homme exerce sur la création non-humaine, il est le représentant de Dieu sur la terre, appelé à imiter la créativité et le soin exercés par le Seigneur. Il est significatif que le terme « profession » désigne, en français, à la fois la déclaration publique de sa foi et le métier que l’on exerce. Loin d’être un simple pis-aller pour subvenir à ses besoins matériels, le travail fait partie de la bénédiction que le Créateur accorde à l’humanité ― bénédiction qui est à la fois mission et privilège. C’est pourquoi les allocations sont une réponse insuffisante au chômage, car l’inactivité empêche l’individu d’exprimer ses talents par le travail. Certes, le « travail » rémunéré n’est pas le seul cadre dans lequel répondre à la vocation créationnelle : la mère qui élève ses enfants ou le bénévole dans une association travaillent tout autant. Mais nos Églises devraient aussi être des lieux dans lesquels des personnes sont encouragées à prendre des risques en créant des emplois (en se mettant à leur compte ou en assumant chrétiennement la charge de chef d’entreprise).

« Je suis passé près du champ d’un paresseux […]
Les orties y poussaient partout,
les mauvaises herbes en couvraient la surface […]
Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement,
un peu croiser les bras en se couchant…
et la pauvreté, qui rôde, te surprendra ;
la misère arrivera comme un soudard. »
Proverbes 24.30-34

Pour aller plus loin…
Lydia Jaeger, Vivre dans un monde créé, Marne-la-Vallée/Nogent-sur-Marne, Farel/Éditions de l’Institut Biblique, 2007, 123 p.

JOUER, JOUONS !

Le philosophe Aristote recommandait : « Joue et tu deviendras sérieux ! » Le jeu permet d’apprendre sur soi, et, dans le cas des jeux de coopération, d’apprendre à collaborer et à être solidaire dans une tâche à accomplir. A découvrir en famille, à l’école du dimanche ou au groupes de jeunes, pour un week-end d’Eglise…

Jouer est essentiel ! Jouer pour découvrir son corps et ses limites, son environnement, développer son imagination, apprendre à communiquer ; pour expérimenter sans trop de risque, « pour de semblant » ; jouer est formateur… Et ce n’est pas réservé aux enfants : le jeu peut être formateur aussi dans un groupe d’adultes – sans oublier les richesses des jeux où adultes et enfants jouent ensemble.

Et parce que jouer est fondamental, il est bon de mesurer les enjeux des jeux.

QU’APPREND-T-ON VRAIMENT EN JOUANT ?

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération
Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Beaucoup de jeux sont fondés sur la rivalité, conduisent à la compétition : à la fin, il y a un gagnant… et des perdants.

Gagner stimule… mais conduit à l’envie de faire perdre les autres. Et l’orgueil n’est jamais loin ! On peut penser que gagner ensemble, dans un jeu collectif, soude le groupe… Quel groupe ? Et à quel prix ? Mépris pour ceux qui ont perdu (quand on a gagné), fermeture du groupe sur lui-même, et l’enchaînement va vite vers le chauvinisme, l’esprit de clocher. Et le public est pire que les joueurs.

Mais perdre est une épreuve terrible. Certains diront que c’est une école de la vie. Pas très fraternelle, comme vie, où les échecs conduisent à l’exclusion. Perte, parfois irrémédiable chez un enfant, de l’estime de soi. Manque de confiance, repli, inquiétude. En groupe, c’est encore pire ! Rancœur envers ceux qui ont gagné, agressivité envers ceux, dans le groupe, qu’on accuse d’avoir fait perdre, désirs de vengeance, course au dopage, à la fraude, quand ce n’est pas la violence envers les arbitres et les juges ! Nous n’inventons rien, repensez aux commentaires après un match.

Alors , que faire ?

JEUX COOPÉRATIFS

Il y a d’autres façons de jouer : les jeux coopératifs.

Ce sont des jeux sans perdants ni gagnants : tous les joueurs gagnent ensemble – ou perdent ensemble. Le jeu est un défi à relever, ensemble. Face à des difficultés extérieures, les idées et les compétences de tous sont indispensables, ainsi qu’une bonne communication dans l’équipe.

Personne n’est exclu… ni le faible, ni le petit, ni la personne avec un handicap, ni..

Et donc, on peut toujours adapter les règles suivant le public !

Il y a des jeux coopératifs de toute sorte, sportifs, remuants, silencieux, verbaux… et des jeux de table, avec des cartes ou un plateau et des pions. Et on peut aussi apprendre à transformer un jeu compétitif en jeu coopératif !

On joue donc pour le plaisir de jouer ! Alors le jeu développe la créativité, enrichit les relations, ouvre des portes et des cœurs. Et l’excellence (parce qu’il y a des fois où on joue mieux, ou moins bien…) n’est jamais une victoire sur un adversaire, mais seulement un dépassement de soi, et l’aboutissement d’un effort commun.

Et au-delà des jeux, on se prépare alors à la vie, la vraie, celle qui est communautaire, coopérative, solidaire. On réalise à quel point aider le plus faible à avancer, c’est faire progresser et arriver tout le groupe. On expérimente l’amour fraternel.

 

Exemples de jeux de coopération

Les chaises musicales coopératives

Vous connaissez ce jeu : une chaise de moins que de joueurs, et quand la musique s’arrête, chacun essaie de s’asseoir, celui qui reste debout est éliminé. On enlève une chaise, et on recommence, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une chaise et un gagnant ! Jeu cruel… C’est une bonne image de la pire cruauté humaine. Dans les chaises musicales coopératives, quand la musique s’arrête, tout le monde doit s’asseoir. Alors… on se serre, on s’assied sur les genoux, chaque groupe trouve ses solutions, même quand il ne reste plus qu’une chaise pour dix joueurs… à l’image d’une société solidaire.

Le noeud

Les joueurs, debout, se rapprochent, se serrent comme dans le métro à 18 h. Lèvent les mains, et chacun attrape deux autres mains, mais surtout pas celles de ses voisins ! Ensuite, sans se lâcher, on démêle l’écheveau, jusqu’à obtenir… une grande ronde, ou deux ou trois cercles enlacés, plus ou moins tordus. C’est parfois long, c’est toujours drôle !

Les aveugles et les paralytiques

La moitié des joueurs ont les yeux bandés. Ce sont les aveugles. Ils portent sur leur dos, ou leurs épaules, les autres, qui ne peuvent pas marcher. Et chaque équipe part à la découverte du local ou du jardin, va goûter, cueillir des fleurs ou des groseilles (avec les mûres, c’est plus délicat). Fou rire garanti, école de confiance.

Ressources

– Jouons ensemble, 40 jeux de groupe, Editions Non-Violence Actualité. Excellent petit fichier, très pratique.
– Jeux coopératifs pour bâtir la paix, Mildred Masheder, Université de paix, Editions Chroniques Sociales. Présente plus de 300 jeux et sports coopératifs, un peu de réflexion théorique.
– Je coopère, je m’amuse. 100 jeux coopératifs à découvrir, Christine Fortin, Editions Chenelière/Pirouette. Livre québécois, avec un peu de matériel reproductible.
– Site : www.nonviolence-actualite.org

JOUER, JOUONS !

Le philosophe Aristote recommandait : « Joue et tu deviendras sérieux ! » Le jeu permet d’apprendre sur soi, et, dans le cas des jeux de coopération, d’apprendre à collaborer et à être solidaire dans une tâche à accomplir. A découvrir en famille, à l’école du dimanche ou au groupes de jeunes, pour un week-end d’Eglise…

Jouer est essentiel ! Jouer pour découvrir son corps et ses limites, son environnement, développer son imagination, apprendre à communiquer ; pour expérimenter sans trop de risque, « pour de semblant » ; jouer est formateur… Et ce n’est pas réservé aux enfants : le jeu peut être formateur aussi dans un groupe d’adultes – sans oublier les richesses des jeux où adultes et enfants jouent ensemble.

Et parce que jouer est fondamental, il est bon de mesurer les enjeux des jeux.

QU’APPREND-T-ON VRAIMENT EN JOUANT ?

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération
Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Beaucoup de jeux sont fondés sur la rivalité, conduisent à la compétition : à la fin, il y a un gagnant… et des perdants.

Gagner stimule… mais conduit à l’envie de faire perdre les autres. Et l’orgueil n’est jamais loin ! On peut penser que gagner ensemble, dans un jeu collectif, soude le groupe… Quel groupe ? Et à quel prix ? Mépris pour ceux qui ont perdu (quand on a gagné), fermeture du groupe sur lui-même, et l’enchaînement va vite vers le chauvinisme, l’esprit de clocher. Et le public est pire que les joueurs.

Mais perdre est une épreuve terrible. Certains diront que c’est une école de la vie. Pas très fraternelle, comme vie, où les échecs conduisent à l’exclusion. Perte, parfois irrémédiable chez un enfant, de l’estime de soi. Manque de confiance, repli, inquiétude. En groupe, c’est encore pire ! Rancœur envers ceux qui ont gagné, agressivité envers ceux, dans le groupe, qu’on accuse d’avoir fait perdre, désirs de vengeance, course au dopage, à la fraude, quand ce n’est pas la violence envers les arbitres et les juges ! Nous n’inventons rien, repensez aux commentaires après un match.

Alors , que faire ?

JEUX COOPÉRATIFS

Il y a d’autres façons de jouer : les jeux coopératifs.

Ce sont des jeux sans perdants ni gagnants : tous les joueurs gagnent ensemble – ou perdent ensemble. Le jeu est un défi à relever, ensemble. Face à des difficultés extérieures, les idées et les compétences de tous sont indispensables, ainsi qu’une bonne communication dans l’équipe.

Personne n’est exclu… ni le faible, ni le petit, ni la personne avec un handicap, ni..

Et donc, on peut toujours adapter les règles suivant le public !

Il y a des jeux coopératifs de toute sorte, sportifs, remuants, silencieux, verbaux… et des jeux de table, avec des cartes ou un plateau et des pions. Et on peut aussi apprendre à transformer un jeu compétitif en jeu coopératif !

On joue donc pour le plaisir de jouer ! Alors le jeu développe la créativité, enrichit les relations, ouvre des portes et des cœurs. Et l’excellence (parce qu’il y a des fois où on joue mieux, ou moins bien…) n’est jamais une victoire sur un adversaire, mais seulement un dépassement de soi, et l’aboutissement d’un effort commun.

Et au-delà des jeux, on se prépare alors à la vie, la vraie, celle qui est communautaire, coopérative, solidaire. On réalise à quel point aider le plus faible à avancer, c’est faire progresser et arriver tout le groupe. On expérimente l’amour fraternel.

 

Exemples de jeux de coopération

Les chaises musicales coopératives

Vous connaissez ce jeu : une chaise de moins que de joueurs, et quand la musique s’arrête, chacun essaie de s’asseoir, celui qui reste debout est éliminé. On enlève une chaise, et on recommence, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une chaise et un gagnant ! Jeu cruel… C’est une bonne image de la pire cruauté humaine. Dans les chaises musicales coopératives, quand la musique s’arrête, tout le monde doit s’asseoir. Alors… on se serre, on s’assied sur les genoux, chaque groupe trouve ses solutions, même quand il ne reste plus qu’une chaise pour dix joueurs… à l’image d’une société solidaire.

Le noeud

Les joueurs, debout, se rapprochent, se serrent comme dans le métro à 18 h. Lèvent les mains, et chacun attrape deux autres mains, mais surtout pas celles de ses voisins ! Ensuite, sans se lâcher, on démêle l’écheveau, jusqu’à obtenir… une grande ronde, ou deux ou trois cercles enlacés, plus ou moins tordus. C’est parfois long, c’est toujours drôle !

Les aveugles et les paralytiques

La moitié des joueurs ont les yeux bandés. Ce sont les aveugles. Ils portent sur leur dos, ou leurs épaules, les autres, qui ne peuvent pas marcher. Et chaque équipe part à la découverte du local ou du jardin, va goûter, cueillir des fleurs ou des groseilles (avec les mûres, c’est plus délicat). Fou rire garanti, école de confiance.

Ressources

– Jouons ensemble, 40 jeux de groupe, Editions Non-Violence Actualité. Excellent petit fichier, très pratique.
– Jeux coopératifs pour bâtir la paix, Mildred Masheder, Université de paix, Editions Chroniques Sociales. Présente plus de 300 jeux et sports coopératifs, un peu de réflexion théorique.
– Je coopère, je m’amuse. 100 jeux coopératifs à découvrir, Christine Fortin, Editions Chenelière/Pirouette. Livre québécois, avec un peu de matériel reproductible.
– Site : www.nonviolence-actualite.org

L’INFLUENCE DU JEUNE LUTHER SUR L’ANABAPTISME

En vue de l’année 2017 qui marquera le 500e anniversaire des Réformes protestantes, voici le troisième article historique sur le 16e siècle et sur la naissance du courant anabaptiste, ancêtre des mennonites.

Après avoir vu à quel point les réformes protestantes ont été préparées depuis des générations, après avoir examiné l’élément déclencheur en 1517 autour des indulgences, nous voulons dans ce dernier article montrer la façon dont certaines idées du jeune Luther ont contribué à la naissance de l’anabaptisme en 1525. Il sera ici question de trois intuitions théologiques reprises par les futurs anabaptistes.

JUSTIFICATION PAR LA FOI ET BAPTÊME

influence-luther-sur-anabaptisme

Des anabaptistes au 16e siècle sont morts au bûcher pour hérésie… Ici, Levina et David à Gand en 1554. Crédit photo  : Gravure du Miroir des martyrs, par Jan Luiken

D’abord, la mise en question des indulgences par Luther a contribué à une nouvelle formulation de la justification par la foi. En découle rapidement une critique des sacrements et une insistance sur la nécessité d’une foi consciente. Dès 1520, Luther critique la messe et la théologie de l’eucharistie.

« [..] La messe est une promesse de Dieu qui ne peut être utile à personne, qui ne peut être appliquée à personne, qui ne peut secourir personne, qui ne peut être communiquée à personne, si ce n’est au croyant lui-même et à lui seul, en vertu de sa propre foi. Car qui peut accepter à la place d’un autre ou lui appliquer la promesse de Dieu, alors que Dieu exige la foi propre de chacun¹ ? »

 

Si Luther restait profondément attaché au pédobaptême, certains de ses écrits ont néanmoins contribué à une mise en question du baptême obligatoire de tous. Sans le vouloir, il participe à la naissance de l’anabaptisme avec des phrases comme la précédente et comme celle-ci.

« La force du baptême, en effet, n’est pas tant située dans la foi de celui qui le confère que dans la foi de celui qui le reçoit, ou dans l’usage qu’il fait du baptême². »

Ainsi, la pensée anabaptiste partagera avec Luther l’importance fondamentale de la justification par la foi. Cependant, la compréhension différente de la foi consciente dans l’anabaptisme aboutira à une tout autre logique sur le baptême. C’est à partir d’une foi suscitée par la prédication de l’évangile et d’une réponse personnelle à la grâce de Dieu que le baptême doit être administré.

 RÔLE DE L’ÉGLISE LOCALE

Une deuxième impulsion luthérienne reprise par l’anabaptisme concerne la manière de concevoir l’église. Pour échapper à l’autorité des évêques et pouvoir mettre en place des pasteurs partageant une « saine théologie », Luther propose une doctrine de l’église qui attribue à la paroisse locale le droit de juger de la théologie qui y est enseignée et de choisir elle-même son pasteur. Cette pensée se répand rapidement par un pamphlet rédigé en 1523³.

Cette perspective, largement partagée à l’époque, sera l’une des inspirations pour ce qui deviendra le soulèvement paysan en 1524-1525. Les paroisses campagnardes avaient envie de gérer leur propre vie religieuse⁴. Luther changera d’avis, mais l’anabaptisme suisse de Schleitheim (1527) maintiendra cette perspective dans sa conception de l’église : « […] (le pasteur) doit être soutenu là où il aurait des besoins, par l’assemblée qui l’a choisi […] »⁵. Luther lui-même ne suivra pas ses recommandations de jeunesse et retournera à un système plus hiérarchique.

COMMENT TRAITER L’HÉRÉSIE ?

Un troisième exemple d’influence concerne la question de l’hérésie. Ayant été désigné hérétique très tôt, Luther formule en 1523 sa conception de la façon dont l’église devrait y faire face, c’est-à-dire sans recours à la punition temporelle.

« L’hérésie est une réalité d’ordre spirituel qu’on ne peut frapper avec le fer, ni brûler avec le feu, ni noyer dans l’eau. Seule la Parole de Dieu est à la disposition, elle seule y réussit⁶. »

Cette même position trouve écho chez l’anabaptiste Balthasar Hubmaier lorsqu’il cherche asile à Schaffhouse en 1524 et rédige son propre traité sur l’hérésie.

« Un Turc ou un hérétique ne peut être vaincu ni par nos actes, ni par l’épée ou le feu. C’est seulement avec patience et supplication, en attendant patiemment le jugement de Dieu⁷. »

Ce positionnement sera celui des anabaptistes. La discipline ecclésiale ne relève ni de l’état ni de la punition corporelle, mais de la mise en pratique de la procédure indiquée dans l’évangile de Matthieu (18.15-20). Malheureusement, Luther changera d’avis et prônera même la mise à mort d’anabaptistes

À cause de ces intuitions du jeune Luther, qui datent toutes d’avant 1525, les premiers anabaptistes voyaient souvent en lui une source importante de leur théologie. Cependant, Luther a plutôt été considéré comme quelqu’un qui a « bien commencé » pour ensuite trop souvent changer d’avis. Il a fallu attendre notre époque pour qu’un véritable dialogue ait lieu⁸

Notes
1. Martin Luther, Prélude sur la captivité babylonienne de l’Eglise, Marc Lienhard, Matthieu Arnold (sous dir.), Luther – Œuvres, Gallimard, 1999, p. 744.
2. Martin Luther, Prélude, p. 761.
3. Qu’une assemblée ou communauté chrétienne a le droit et le pouvoir de juger toutes les doctrines, d’appeler, d’installer et de destituer des prédicateurs : fondements et raisons tirés de l’écriture, M. Luther, Œuvres, t. IV, Genève, Labor et Fides, 1958, p. 79-89.
4. Le premier des Douze articles des paysans (mars 1525) concerne le choix local du pasteur.
5. Entente fraternelle de Schleitheim, dans Claude Baecher, Michaël Sattler, éditions Excelsis, 2002, p. 62.
6. Martin Luther, De l’autorité temporelle et des limites de l’obéissance qu’on lui doit, dans Œuvres, t. IV, p. 38.
7. Balthasar Hubmaier, Von ketzern vnd iren verbrennern. G. Westin – T. Bergsten (sous dir.), Balthasar Hubmaier. Schriften, p. 95-100.
8. Guérir les mémoires : se réconcilier en Christ. Rapport de la Commission internationale d’études luthéro-mennonite, Fédération luthérienne mondiale et Conférence mennonite mondiale, 2010.

 

L’INFLUENCE DU JEUNE LUTHER SUR L’ANABAPTISME

En vue de l’année 2017 qui marquera le 500e anniversaire des Réformes protestantes, voici le troisième article historique sur le 16e siècle et sur la naissance du courant anabaptiste, ancêtre des mennonites.

Après avoir vu à quel point les réformes protestantes ont été préparées depuis des générations, après avoir examiné l’élément déclencheur en 1517 autour des indulgences, nous voulons dans ce dernier article montrer la façon dont certaines idées du jeune Luther ont contribué à la naissance de l’anabaptisme en 1525. Il sera ici question de trois intuitions théologiques reprises par les futurs anabaptistes.

JUSTIFICATION PAR LA FOI ET BAPTÊME

influence-luther-sur-anabaptisme

Des anabaptistes au 16e siècle sont morts au bûcher pour hérésie… Ici, Levina et David à Gand en 1554. Crédit photo  : Gravure du Miroir des martyrs, par Jan Luiken

D’abord, la mise en question des indulgences par Luther a contribué à une nouvelle formulation de la justification par la foi. En découle rapidement une critique des sacrements et une insistance sur la nécessité d’une foi consciente. Dès 1520, Luther critique la messe et la théologie de l’eucharistie.

« [..] La messe est une promesse de Dieu qui ne peut être utile à personne, qui ne peut être appliquée à personne, qui ne peut secourir personne, qui ne peut être communiquée à personne, si ce n’est au croyant lui-même et à lui seul, en vertu de sa propre foi. Car qui peut accepter à la place d’un autre ou lui appliquer la promesse de Dieu, alors que Dieu exige la foi propre de chacun¹ ? »

 

Si Luther restait profondément attaché au pédobaptême, certains de ses écrits ont néanmoins contribué à une mise en question du baptême obligatoire de tous. Sans le vouloir, il participe à la naissance de l’anabaptisme avec des phrases comme la précédente et comme celle-ci.

« La force du baptême, en effet, n’est pas tant située dans la foi de celui qui le confère que dans la foi de celui qui le reçoit, ou dans l’usage qu’il fait du baptême². »

Ainsi, la pensée anabaptiste partagera avec Luther l’importance fondamentale de la justification par la foi. Cependant, la compréhension différente de la foi consciente dans l’anabaptisme aboutira à une tout autre logique sur le baptême. C’est à partir d’une foi suscitée par la prédication de l’évangile et d’une réponse personnelle à la grâce de Dieu que le baptême doit être administré.

 RÔLE DE L’ÉGLISE LOCALE

Une deuxième impulsion luthérienne reprise par l’anabaptisme concerne la manière de concevoir l’église. Pour échapper à l’autorité des évêques et pouvoir mettre en place des pasteurs partageant une « saine théologie », Luther propose une doctrine de l’église qui attribue à la paroisse locale le droit de juger de la théologie qui y est enseignée et de choisir elle-même son pasteur. Cette pensée se répand rapidement par un pamphlet rédigé en 1523³.

Cette perspective, largement partagée à l’époque, sera l’une des inspirations pour ce qui deviendra le soulèvement paysan en 1524-1525. Les paroisses campagnardes avaient envie de gérer leur propre vie religieuse⁴. Luther changera d’avis, mais l’anabaptisme suisse de Schleitheim (1527) maintiendra cette perspective dans sa conception de l’église : « […] (le pasteur) doit être soutenu là où il aurait des besoins, par l’assemblée qui l’a choisi […] »⁵. Luther lui-même ne suivra pas ses recommandations de jeunesse et retournera à un système plus hiérarchique.

COMMENT TRAITER L’HÉRÉSIE ?

Un troisième exemple d’influence concerne la question de l’hérésie. Ayant été désigné hérétique très tôt, Luther formule en 1523 sa conception de la façon dont l’église devrait y faire face, c’est-à-dire sans recours à la punition temporelle.

« L’hérésie est une réalité d’ordre spirituel qu’on ne peut frapper avec le fer, ni brûler avec le feu, ni noyer dans l’eau. Seule la Parole de Dieu est à la disposition, elle seule y réussit⁶. »

Cette même position trouve écho chez l’anabaptiste Balthasar Hubmaier lorsqu’il cherche asile à Schaffhouse en 1524 et rédige son propre traité sur l’hérésie.

« Un Turc ou un hérétique ne peut être vaincu ni par nos actes, ni par l’épée ou le feu. C’est seulement avec patience et supplication, en attendant patiemment le jugement de Dieu⁷. »

Ce positionnement sera celui des anabaptistes. La discipline ecclésiale ne relève ni de l’état ni de la punition corporelle, mais de la mise en pratique de la procédure indiquée dans l’évangile de Matthieu (18.15-20). Malheureusement, Luther changera d’avis et prônera même la mise à mort d’anabaptistes

À cause de ces intuitions du jeune Luther, qui datent toutes d’avant 1525, les premiers anabaptistes voyaient souvent en lui une source importante de leur théologie. Cependant, Luther a plutôt été considéré comme quelqu’un qui a « bien commencé » pour ensuite trop souvent changer d’avis. Il a fallu attendre notre époque pour qu’un véritable dialogue ait lieu⁸

Notes
1. Martin Luther, Prélude sur la captivité babylonienne de l’Eglise, Marc Lienhard, Matthieu Arnold (sous dir.), Luther – Œuvres, Gallimard, 1999, p. 744.
2. Martin Luther, Prélude, p. 761.
3. Qu’une assemblée ou communauté chrétienne a le droit et le pouvoir de juger toutes les doctrines, d’appeler, d’installer et de destituer des prédicateurs : fondements et raisons tirés de l’écriture, M. Luther, Œuvres, t. IV, Genève, Labor et Fides, 1958, p. 79-89.
4. Le premier des Douze articles des paysans (mars 1525) concerne le choix local du pasteur.
5. Entente fraternelle de Schleitheim, dans Claude Baecher, Michaël Sattler, éditions Excelsis, 2002, p. 62.
6. Martin Luther, De l’autorité temporelle et des limites de l’obéissance qu’on lui doit, dans Œuvres, t. IV, p. 38.
7. Balthasar Hubmaier, Von ketzern vnd iren verbrennern. G. Westin – T. Bergsten (sous dir.), Balthasar Hubmaier. Schriften, p. 95-100.
8. Guérir les mémoires : se réconcilier en Christ. Rapport de la Commission internationale d’études luthéro-mennonite, Fédération luthérienne mondiale et Conférence mennonite mondiale, 2010.

 

RÉSILIENCE

L’été qui s’achève laisse derrière lui un goût amer, lorsque l’on repense à l’horrible tragédie de Nice ou au meurtre choquant d’un prêtre célébrant la messe. Si les victimes s’invitent dans nos pensées et leurs proches dans notre prière, nous résistons à la tentation de l’oubli.

Les réactions des personnes et de la population traumatisées peuvent être schématiquement décrites ainsi. On continue comme si de rien n’était, en vaquant au consumérisme ambiant. On tombe dans la peur et la psychose et on se calfeutre au mieux. On verse dans la colère et l’appel à la vengeance contre les djihadistes voire l’ensemble des musulmans. Et on votera pour l’homme ou la femme politique qui fait le plus écho dans ses discours à ces états d’esprit.

Ces attitudes sont compréhensibles. Les attentats en France nous rappellent si besoin ce que vivent au quotidien tant de personnes ailleurs. Ils nous réveillent – douloureusement certes – à la réalité d’un monde fragile et dangereux que nos modes de vie aseptisés et assurés font oublier et auquel nous serons encore confrontés. Si ces attitudes sont compréhensibles, sont-elles légitimes et porteuses d’avenir ?

À partir de l’observation des survivants de camps de concentration, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a popularisé le concept de résilience. Cette capacité, après un grave traumatisme, à résister au choc, à ne pas sombrer dans la victimisation et à pouvoir même rebondir. Parmi les conditions favorisant la résilience, la présence de « tuteurs de développement » autour de la personne traumatisée est importante.

Au chevet de la population de la France, où sont ceux et celles qui accueillent sans démagogie, qui favorisent la reconstruction et invitent à mettre l’énergie du pays au service d’une cause digne de ce nom ? Car il s’agit, après un traumatisme, de retrouver une raison d’être et un engagement.

François montre la voie en recevant le 24 septembre des victimes de l’attentat de Nice et leur famille. Au coeur de la foi chrétiennne se trouve un traumatisme surmonté, la mort du Messie ressuscité par son Dieu. Les croyants dans le Dieu de Jésus peuvent être pressés mais non écrasés, désemparés mais non désespérés, persécutés mais non abandonnés, abattus mais non perdus (cf. 2 Co 4.8-10).

Et si les communautés chrétiennes diffusaient dans le pays un parfum de résilience, l’autre nom de ce que la Bible appelle le courage ?

RÉSILIENCE

L’été qui s’achève laisse derrière lui un goût amer, lorsque l’on repense à l’horrible tragédie de Nice ou au meurtre choquant d’un prêtre célébrant la messe. Si les victimes s’invitent dans nos pensées et leurs proches dans notre prière, nous résistons à la tentation de l’oubli.

Les réactions des personnes et de la population traumatisées peuvent être schématiquement décrites ainsi. On continue comme si de rien n’était, en vaquant au consumérisme ambiant. On tombe dans la peur et la psychose et on se calfeutre au mieux. On verse dans la colère et l’appel à la vengeance contre les djihadistes voire l’ensemble des musulmans. Et on votera pour l’homme ou la femme politique qui fait le plus écho dans ses discours à ces états d’esprit.

Ces attitudes sont compréhensibles. Les attentats en France nous rappellent si besoin ce que vivent au quotidien tant de personnes ailleurs. Ils nous réveillent – douloureusement certes – à la réalité d’un monde fragile et dangereux que nos modes de vie aseptisés et assurés font oublier et auquel nous serons encore confrontés. Si ces attitudes sont compréhensibles, sont-elles légitimes et porteuses d’avenir ?

À partir de l’observation des survivants de camps de concentration, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a popularisé le concept de résilience. Cette capacité, après un grave traumatisme, à résister au choc, à ne pas sombrer dans la victimisation et à pouvoir même rebondir. Parmi les conditions favorisant la résilience, la présence de « tuteurs de développement » autour de la personne traumatisée est importante.

Au chevet de la population de la France, où sont ceux et celles qui accueillent sans démagogie, qui favorisent la reconstruction et invitent à mettre l’énergie du pays au service d’une cause digne de ce nom ? Car il s’agit, après un traumatisme, de retrouver une raison d’être et un engagement.

François montre la voie en recevant le 24 septembre des victimes de l’attentat de Nice et leur famille. Au coeur de la foi chrétiennne se trouve un traumatisme surmonté, la mort du Messie ressuscité par son Dieu. Les croyants dans le Dieu de Jésus peuvent être pressés mais non écrasés, désemparés mais non désespérés, persécutés mais non abandonnés, abattus mais non perdus (cf. 2 Co 4.8-10).

Et si les communautés chrétiennes diffusaient dans le pays un parfum de résilience, l’autre nom de ce que la Bible appelle le courage ?