Exprimer la plainte au culte

Il arrive que les soucis et la souffrance semblent ne pas trouver de place dans les cultes. Ou que l’on ne sache pas comment leur permettre une expression, devant Dieu et en communauté rassemblée. Plaidoyer pour faire place à la « plainte » dans le culte et pistes pratiques.

Le monde est rempli de mal et de souffrance. De tout temps, les êtres humains se trouvent frappés en pleine figure par l’épreuve. Une foi honnête exige des expressions de lamentation. Que ce soit par la bouche de Job, de David ou des prophètes dans l’Ancien Testament, et de Jésus lui-même dans le Nouveau, la Bible est remplie de cris de souffrance.

L’absence de la « plainte » lors des cultes est un phénomène récent. En regardant de près l’Écriture, l’expression de la « lamentation » est largement présente lorsque le peuple de Dieu se réunit. Le meilleur exemple, ce sont les psaumes, qui occupent un rôle unique comme source de prière et de chant dans la liturgie du peuple de Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament. Utilisés dans le culte individuel et collectif, considérés comme indispensables, ils étaient lus, récités et chantés pour louer Dieu, pour progresser dans la foi, pour encourager face aux épreuves, et comme expressions  de reconnaissance.

Plus d’un tiers des 150 psaumes appartiennent à la catégorie de la complainte. Il s’agit de prières interpellant Dieu, venant de personnes qui subissent des difficultés de toute sorte. Les paroles, adressées à Dieu, comportent des expressions de douleur, de frustration, d’isolement, d’abandon, voire de colère. Ces psaumes permettent de dire « pourquoi ? », d’exprimer notre peine et déception, tout en affirmant que Dieu entend nos cris. Il ne s’agit pas de plaintes qui restent dans l’air. Non, elles amènent à la louange. L’assurance que Dieu agira est un élément essentiel des psaumes. Leur mouvement permet de crier la souffrance, d’exprimer la révolte, tout en aboutissant à la confiance en Dieu toujours avec nous. Voici quelques suggestions pour incorporer la « plainte » dans les cultes.

LA LECTURE DES PSAUMES

• Lire des psaumes de complainte (13, 22, 39, 51, 56, 92…) en entier, soit à l’unisson soit en voix alternées.

• Écouter une lecture « dramatique » d’un tel psaume.

• Prier les psaumes de complainte pour se préparer aux situations difficiles qui vont se produire ou qui risquent d’arriver.

• Prêcher sur la « plainte ».

LE CHANT

La foi chantée se fait ressentir autrement que la parole simple. Elle est souvent plus accessible à ceux qui souffrent.

La « plainte » est trop souvent absente de nos chants. Plutôt que de faire silence sur les situa­tions douloureuses personnelles, dans l’Église ou dans le monde, le chant offre un moyen de don­ner une voix collective aux difficultés de la vie. De tels chants peuvent exprimer la douleur tout en restant dans le contexte de la foi et de l’espérance. Se « lamenter » par le chant est l’expression d’une communion fraternelle profonde, qui affirme à ce­lui qui souffre qu’il n’est pas seul.

Deux exemples : « Béni soit ton nom » (732 JEM), dont le titre et une partie du contenu viennent du livre de Job, et « Au fort de ma détresse » (33 ATG), un chant basé sur le psaume 130.

Suggestion : accompagner ce genre de chant seu­lement avec une flûte à bec ou un saxophone.

LA PRIÈRE

• Utiliser un psaume de complainte comme modèle de prière d’intercession.

• Encourager à prier dans de tels moments en se servant des expressions d’interrogation telles que « pourquoi ? », « où ? », « jusqu’à quand ? ». L’expression « combien de temps ? » est utilisée plus de 20 fois dans les psaumes.

• Remplacer un moment de confession des péchés par un moment de « lamentation ». Cela permet de comprendre que notre péché personnel fait partie d’un monde brisé, plus largement. Terminer ce moment par une déclaration exprimant la souveraineté de Dieu (voir, par exemple, des extraits des psaumes 42 ou 43).

LE TÉMOIGNAGE

Avec discernement, on peut inviter des personnes à partager une souffrance du passé, déjà assumée, en commençant et terminant le partage par une phrase telle que : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pas pu la saisir » (Jn 1.5). Un moment de prière et/ou de chant peut suivre.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Redécouvrir les Psaumes, Actes du colloque de Vaux-sur-Seine 2012, Charols, Édifac & Excelsis, 2015
La spiritualité et les chrétiens évangéliques, vol. 2, Cléon d’Andran, Édifac & Excelsis, 1998.

 

Des réfugiés accueillis en région parisienne

Une institution active auprès de personnes en situation de handicap et un collectif créé pour l’occasion collaborent dans l’accueil de réfugiés en région parisienne. Récit.

LE POINT DE VUE DE L’INSTITUTION

Face à la tragédie de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la mort, à cause de la guerre et de la faim, et sont en marche vers une espérance de vie, l’Évangile nous appelle à ouvrir nos cœurs, nos emplois du temps, nos mains et nous demande d’être proches des plus petits et des laissés pour compte. Concernant la Syrie, Nicole Ferroni, dans sa chronique sur France Inter du 14 décembre, a dit : « La guerre avale toutes les couleurs et met du noir à la place. La guerre, c’est l’horreur ! »

C’est à nous de nous tenir debout et de re-badigeonner de couleurs le quotidien, malgré la guerre. C’est ce qui nous a motivés, à l’AEDE, pour répondre à cet afflux de réfugiés.

Réfugiés syriens à Zarqa en Jordanie Photo : © Albert Huber

Pour simplement essayer de mettre en pratique notre espérance chrétienne en nous mobilisant en faveur de nos prochains qui souffrent, nous avons proposé nos logements vacants. étant qualifiés pour la prise en charge de personnes en situation de handicap mental, mais pas à celle de l’accueil d’urgence, nous avons sollicité les églises voisines et les bonnes volontés pour gérer cet accueil. Un collectif s’est créé (AAA77, Accueil, Aide, Accompagnement), composé de quelques bénévoles de tous horizons et disponibles pour l’accompagnement.

 

 

Ensemble, dès septembre 2016, nous avons ainsi pu accueillir une maman (Souzan) et ses deux garçons (Zen et Amor, 16 et 11 ans) originaires d’Alep, puis en octobre sa sœur (Soulafah, jusque-là logée en foyer au Palais de la femme à Paris) et son conjoint (Nabih, arrivé depuis la Turquie le 23 octobre), et enfin en décembre 2016, une de leurs amies (Sana) dont le conjoint Laith, est arrivé le 26 décembre. Tous sont originaires d’Alep et musulmans, sauf Nabih (de l’église syrienne d’Orient).

Sans l’engagement de bénévoles bien investis et qui ne comptent pas leur temps, cela ne serait pas possible.

LE POINT DE VUE DU COLLECTIF

L’accueil ne consiste pas seulement à offrir un toit. Il n’est pas si évident de demander un branchement EDF sans compte en banque par exemple. Et pas facile d’ouvrir un compte en banque sans justificatif de domicile ni revenu, ni statut clair – avant l’obtention d’un titre de séjour.

Il s’agit donc d’accompagner dans tous les domaines de la vie : les démarches administratives, l’apprentissage de la langue, la découverte de la société française, l’accompagnement médical (décoder les besoins comme lorsque Souzan nous fait part d’un besoin de grand œil, comprenez un rendez-vous chez un ophtalmo, car elle devient presbyte), la scolarisation des enfants dont l’aide aux devoirs pour Zen par exemple. Il est en seconde, n’a pas été scolarisé pendant trois ans, c’est comme s’il n’avait pas été au collège. Il faut l’aider à décoder les cours qu’il note soigneusement, traduit en arabe, puis cherche à comprendre cet énoncé opaque. Malgré l’aide de plusieurs professeurs de notre collectif, les devoirs lui prenaient un temps fou. Nous avons donc fait le lien avec le lycée, expliqué la situation dans laquelle se trouvait ce jeune homme, demandé davantage de cours de français langue étrangère et un allègement de son emploi du temps.

L’administration française est complexe, les assistantes sociales débordées et les différents services pas toujours coordonnés, ce qui rend les démarches très compliquées. Et lorsque l’on ne lit ni ne parle le français, il est presque impossible de s’en sortir. Un exemple : l’extrait d’acte de naissance réclamé à Souzan en vue d’un numéro d’immatriculation définitif à la Sécurité sociale, et donc une carte vitale. Une troisième lettre vient de partir à la CPAM expliquant pourquoi elle était dans l’impossibilité d’obtenir ce papier en provenance d’Alep !

Accueillir, c’est aussi entrer dans une autre façon de voir, accepter, respecter que les réfugiés aient d’autres priorités, une autre façon de faire, de gérer leurs journées, qu’ils sont autres, se rappeler que nous sommes là pour eux, pour leur faciliter la vie en France. Il nous faut également répondre aux besoins financiers, compléter les rentrées d’argent insuffisantes, faire la jonction entre l’ADA (Allocation pour demandeur d’asile) et le RSA (Revenu de solidarité active). Nous gérons cela au travers de l’association culturelle AMIS77 rattachée à l’église mennonite de Villeneuve-le-Comte.

Notre objectif est que les personnes accueillies retrouvent au plus vite leur autonomie et puissent reconstruire leurs vies malmenées !

Post-Chrétienté

À l’arrière-plan de l’off re de certains candidats à l’élection présidentielle de 2017 se trouve la défense des racines et des valeurs chrétiennes de la France. Ils le font pour (souligner la bonne réponse) : attirer des suffrages, préserver un héritage, défendre certaines valeurs, empêcher l’immigration…

L’histoire de la France est liée à l’histoire du christianisme. Il s’est établi au fil des siècles une situation de chrétienté, un régime favorisant le christianisme (il faudrait dire un christianisme…). Depuis la Révolution française, la mise en place de la laïcité et mai 1968, il en reste des vestiges, inscrits dans la culture, certaines lois et mentalités, des bâtiments… Faut-il défendre ces vestiges par une appellation chrétienne ?

LE PROBLÈME

Le problème de la chrétienté et de l’état d’esprit qui en reste est le suivant : le mot « chrétien » est alors associé à un pouvoir et à des décisions « politiques », basés sur la contrainte et en définitive sur la violence. Le gouvernement « très chrétien » de Donald Trump ne laisse pas d’inquiéter à cet égard… Quand le mot « chrétien » est lié à la conduite d’un État, le risque est grand, sauf exception, de provoquer le contraire de ce qui est visé : le rejet de ce qui est chrétien. Mieux vaut une bonne politique non étiquetée chrétienne qu’une mauvaise politique estampillée chrétienne.

TRANSITIONS

Dans un Dossier de Christ Seul à paraître en 2017, Stuart Murray, théologien anabaptiste britannique, décrit le contexte européen à l’aide du mot « post-chrétienté », une situation qui cohabite avec les restes de la mentalité de chrétienté. Ce qui implique des transitions en cours. Par exemple : « En chrétienté, les chrétiens se sentaient à l’aise dans une culture marquée par leur récit, mais en post-chrétienté, nous sommes étrangers, exilés et pèlerins dans une culture où nous ne nous sentons plus à la maison. » Ou encore : « En chrétienté, les chrétiens bénéficient de nombreux privilèges, mais en post-chrétienté, nous sommes un groupe parmi beaucoup d’autres dans une société plurielle. »

Les protestants et évangéliques en France, minoritaires de longue date, n’ont pas à craindre la post-chrétienté, même si les inconnues sont nombreuses. Dans ce contexte, le témoignage courageux de communautés chrétiennes agissant par le bas, posant les signes du monde à l’envers évoqué par les Béatitudes, est (in)attendu. Comme aux premiers temps de l’Église, avant la chrétienté…

La Conférence mennonite européenne 2018 aura lieu à Montbéliard

Le 10 décembre 2016, le comité de pilotage de la Conférence mennonite européenne a décidé que la Conférence se tiendrait du 10 au 13 mai 2018 à Montbéliard, en Bourgogne-Franche-Comté, et non à Hautefeuille, en région parisienne, comme cela était initialement prévu.

Des facteurs de coûts et de dates ont rendu l’organisation en région parisienne complexe. Le comité a recherché des solutions alternatives et a choisi de se reporter sur le site bien équipé de la Roselière à Montbéliard. D’autres facilités se trouvent à proximité et seront disponibles pour les activités complémentaires de la Conférence.

Ce 10 décembre, le Comité de programme de la Conférence mennonite européenne (CME 2018) était réuni pour la deuxième fois à Altkirch, en Alsace. Ce Comité regroupe les coordinateurs mandatés par les unions d’Églises mennonites d’Europe, leurs responsables des jeunes et une personne mandatée pour les activités artistiques. 25 personnes de France, de Suisse, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Autriche et du Portugal ont défini ensemble le thème de la Conférence qui sera « TRANSMISSION – ce que tu ne peux pas garder pour toi ».

Elle donnera une large place aux jeunes, aux récits d’histoires vécues et à l’expression artistique sous diverses formes. Venant de France, de Suisse, d’Allemagne et des Pays-Bas, les coordinateurs des activités de jeunes présents à Altkirch fourmillaient déjà d’idées et de projets à mettre en place : musique, sketchs, spectacles, activités en ville, etc. Les organisateurs attendent 300 jeunes ; la proximité d’une salle de sports et d’un terrain de rugby permettra de leur proposer des activités. Plusieurs chorales et groupes de musique ont déjà confirmé leur participation.

Une exposition de quilts anciens offerts par le Mennonite Central Committee après la Seconde Guerre mondiale aura lieu dans l’une des salles annexes et sera aussi ouverte aux habitants de la région. Les participant(e)s à la Conférence pourront s’y installer pour coudre des couvertures qui seront destinées à l’aide aux réfugiés du Moyen-Orient.

Elisabeth Baecher, Comité de pilotage CME 2018

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Une série d’articles tout au long de 2017 sur les 500 ans des Réformes

L’année 2017 marque les 500 ans des Réformes au 16e siècle. A cette occasion, une série d’articles sur ce blog sera proposé tout au long de l’année 2017 par des auteurs faisant partie d’Eglises mennonites ou ayant des sympathies pour des convictions anabaptistes.

 

Le 31 octobre 1517, Martin Luther affichait 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg en Allemagne, pour dénoncer certaines pratiques de l’Eglise de son temps. C’est le début de ce qui deviendra la Réforme, ou mieux, les Réformes (luthérienne, calviniste, radicale, anglicane, catholique). Cela fait 500 ans en 2017.

Ce mouvement de réforme a déclenché ce que les historiens appellent la Réforme radicale. Le 21 janvier 1525 marque la date repère, avec le baptême d’adultes de « disciples » du réformateur zürichois Ulrich Zwingli. Leurs adversaires leur nommeront les anabaptistes, eux qui ont donné naissance aux Eglises mennonites. En 2025, cela fera 500 ans.

Parce l’ensemble des mouvements de réformes au 16e siècle appartiennent à la même période et sont à comprendre comme un phénomène global, il fait sens pour tous les chrétiens protestants et les évangéliques de marquer les 500 ans de la Réforme lancée par Luther.

 

Quelle(s) réforme(s) aujourd’hui ?

Les réformateurs protestants estimaient, de par leur compréhension de l’Evangile et des Ecritures, que l’Eglise d’alors devait changer à certains égards, qu’elle devait passer par une réforme profonde pour mieux répondre à sa vocation.

Karl Barth a en a fait un principe constant pour l’Eglise par la formule Ecclesia semper reformanda est [L’Eglise doit toujours être réformée].

Les auteurs de la série d’articles sur ce blog répondront aux questions suivantes : aujourd’hui, 500 ans après les Réformes du 16e siècle, selon votre compréhension des priorités de l’Evangile et de l’Ecriture, de quelle(s) réforme(s) l’Eglise a-t-elle besoin ? Qu’est-ce qui devrait changer ? Pourquoi ? Et quel est le premier pas à faire pour aller dans le sens de la ou des réformes mentionnée(s) ?

 

Rendez-vous donc sur ce blog tout au long de l’année 2017, avec lancement du premier article au courant du mois de janvier.

La lectio divina

Pour approfondir la foi personnelle au contact de la Bible, la Lectio divina [lecture divine] permet une attention et une méditation d’un texte biblique ensemble et seul, puis le partage et la prière ensemble. A découvrir.

Depuis longtemps, nous avons l’habitude à l’église de Lamorlaye de nous réunir pour des partages communautaires autour de textes bibliques que nous appelons Lectio divina.
Cette démarche se déroule en cinq étapes.

1. LA PRÉPARATION

Temps de silence, important pour nous rendre présents à Dieu, pour reconnaître sa présence en nous et au milieu de nous… afin d’accueillir la Parole qu’il désire nous adresser. Rassembler ce qui est dispersé en nous afin d’être disponibles à l’écoute attentive.

Photo : Jean-Thomas Reppel

2. L’ÉCOUTE

Une lecture lente et à haute voix permet de faire résonner le texte en chacun.

3. LA MÉDITATION

Chacun est face au texte biblique pendant 15 minutes afin de le relire, le laisser parler, l’accueillir au fond de lui et le méditer.

 

 

4. LE PARTAGE

Chacun est libre de partager courtement ce qui a résonné en lui, comment le texte l’a interpellé, parler d’un ressenti, d’une pensée, d’une image, d’un éclairage, d’une invitation à une mise en pratique. Ce temps est avant tout un temps d’écoute de l’autre, d’accueil de la parole de l’autre. On laisse l’autre parler en l’écoutant.
Tous, des plus jeunes aux plus anciens, prennent la parole. Il est impressionnant de voir que, pour un même texte, chacun peut apporter des idées et réflexions nouvelles, ce qui apporte enrichissement et approfondissement à l’ensemble de la communauté. Ces échanges permettent également à nos jeunes de s’exprimer en groupe, d’apporter leur pierre à l’édifice et ainsi de croître dans la connaissance de la Parole. Ces échanges riches sont de vrais moments de complémentarité à nos cultes et études bibliques pour l’approfondissement de la foi de chacun.

5. LA PRIÈRE

Le texte biblique est relu à haute voix une deuxième fois. Nous prions à partir de ce que cette parole a suscité en nous. Nous répondons d’une manière appropriée à la parole que Dieu nous a adressée… que ce soit directement par le texte biblique ou par la parole de quelqu’un dans le groupe.
L’ambiance conviviale autorisant le partage, les questionnements sans jugement, dans la liberté et le respect, permet l’éclosion de talents nouveaux et parfois insoupçonnés. Nous encourageons chaque communauté à s’exercer à ces partages.

 

Accompagnement personnalisé vers le baptême

Pour cheminer vers le baptême, il n’est pas bon d’être seul. Voici un exemple de démarche, en groupe d’abord, puis personnalisée, pouvant conduire des personnes à demander et à recevoir le baptême.

Début 2016, une dizaine de personnes qui fréquentent l’Église de Châtenay manifestent le désir d’être baptisées. Au cours de plusieurs rencontres, en groupe, elles approfondissent la question du baptême, de ses implications, et cherchent aussi à discerner si elles sont prêtes pour cet engagement. Au mois de juin, après les réunions en groupe, chacun des futurs baptisés rencontre « son » accompagnateur, c’est-à-dire la personne qui va l’accompagner individuellement, pour la suite du parcours vers le baptême.

Au sortir du baptistère : Félix (à g.) et son accompagnateur Brad
Photo : Manoa Rakotoarivony

AVANT LE BAPTÊME

Celui qui accompagne offre une écoute bienveillante, du temps, de l’attention, une présence fraternelle. Il accompagne l’autre sur son chemin, en respectant son rythme.

Dans cette relation duelle, celui qui est accompagné, le futur baptisé, se sent beaucoup plus libre de poser des questions, sur le baptême ou tout autre sujet, questions qu’il n’ose pas forcément formuler devant le groupe. Il peut confier ses doutes et se trouve encouragé par le fait que l’accompagnateur s’intéresse à qui il est, à sa relation avec Dieu. Il sait que celui qui l’accompagne prie particulièrement pour lui.

L’accompagnateur, quant à lui, propose des sujets de réflexion, entend les interrogations et peut parfois suggérer des pistes de réponse par le biais de passages bibliques médités ensemble. Il encourage à lire la Bible, à prier, individuellement et en communauté. Dans l’Église, un cycle de prédications sur les disciplines spirituelles a suggéré des pistes pratiques : la lectio divina, la relecture de vie, etc.

 

Ces temps d’échange privilégiés permettent de mieux se connaître et sont enrichissants pour tous. Assurément, ils favorisent la communion fraternelle en faisant se rencontrer des générations différentes ou des cultures différentes. Bien sûr, ces rencontres sont aussi possibles (et heureusement !) dans le cadre de la vie d’assemblée, mais la réalité montre que ce n’est pas si facile.

LE BAPTÊME ET APRÈS

Le jour du baptême, certains demandent à leur accompagnateur de poser la serviette sur leurs épaules, au sortir du baptistère, geste fraternel et bienveillant.

L’accompagnement peut bien sûr se poursuivre, après l’engagement du baptême et cela est très important une fois que chacun retrouve son quotidien, ses joies et ses difficultés. L’accompagnateur quant à lui continue à prier pour celui qu’il a suivi dans ce parcours.

Ce type d’accompagnement, en place depuis deux ans, favorise la croissance spirituelle des membres et contribue à édifier l’Église.

 

Vivre les groupes de croissance !

Pour s’entraider à pratiquer la discipline de la prière et de la lecture de la Bible, la solution peut passer par les groupes de croissance. Explications.

Deux éléments semblent incontournables pour une croissance spirituelle personnelle : la prière dans l’intimité avec le Père (Mt 6.6) et la lecture personnelle de la Parole de Dieu (2 Tim 3.16). Cependant, les agendas chargés conduisent insidieusement à ne laisser que trop peu de temps pour cela. C’est pourquoi, cultiver sa croissance spirituelle personnelle est un réel défi dans la réalité du quotidien… C’est pourtant essentiel de continuer à rechercher ces temps d’intimité avec Dieu. Alors, comment faire pour persévérer et rester motivé ? Un mot clef : la redevabilité. Il ne s’agit pas ici de « rendre des comptes », mais de « s’encourager » !

ENCOURAGEMENT MUTUEL

« Encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, […] afin qu’aucun d’entre nous ne se laisse tromper par le péché et ne s’endurcisse. […] Veillons les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement à l’amour et à la pratique du bien et ne pas prendre l’habitude de délaisser nos réunions. » (Hé 3.13 ; 10.24-25) Les chrétiens de l’église primitive pratiquaient ainsi une forme de redevabilité (veiller, encourager), en petit groupe (les uns aux autres, mutuellement), quotidiennement (jour après jour).

Comment l’église locale, aujourd’hui, peut-elle encourager cette dynamique de redevabilité dans le quotidien ?

Dans son livre Une Bible, du café… des disciples, Neil Cole développe cette notion de redevabilité au travers des « groupes de croissance ».

COMMENT ÇA MARCHE ?

Composé de trois personnes maximum, le groupe se retrouve une fois par semaine pendant une heure.

La semaine, le groupe s’engage à lire la Bible (programme à la convenance du groupe) et à prier (sujets définis lors de la précédente rencontre).

Lors de la rencontre, le groupe échange sur la lecture de la semaine ; est redevable, au travers d’un questionnaire, préalablement défini par le groupe ; prie pour les personnes du groupe et deux personnes de l’entourage.

Mettre en place ces « groupes de croissance » dans l’église locale est une idée intéressante à exploiter pour s’encourager les uns les autres et s’aider mutuellement à grandir dans la foi (1Th 5.11).

 
Pour aller plus loin…
Retrouvez trois modèles de questionnaire proposés dans le livre de Neil Cole sur www.editionscle.com

5 raisons de ne pas faire une retraite spirituelle en 2017

retraite-2016

  1.   Ça sonne bizarre…

Une « retraite spirituelle » : ces mots sonnent pieux et poussiéreux. Ils évoquent le repli sur soi voire l’enfermement. Et puis, la retraite fait penser au troisième âge… Il faudrait appeler cela autrement !

Pourtant… même si le mot n’est pas tel quel dans nos Bibles, la pratique y est bien présente ! Jésus se retirait  loin de la foule et loin de tout, pour prier son Père (Mt 14.22 ; Lc 9.28). Son action, très importante, s’accompagnait de moments de retrait, pour être en communion avec son Père. Il était dans l’action et en retrait de l’action. Retrait, retraite, une seule lettre s’ajoute.

Ce va-et-vient entre l’action et le retrait indique un modèle. L’engagement pour l’Église, l’engagement au travail, l’engagement dans une famille ou avec des amis doit s’accompagner de moments de dégagement – où l’on se dégage de tout ce qui fait la vie habituelle.

2. Ça fait peur…

Une retraite spirituelle fait peur. Que ce soit en rejoignant seul une communauté qui vit le silence et la prière des heures (offices) ou que ce soit en participant à une retraite organisée (voir tout à la fin de cet article).

En effet, c’est partir vers l’inconnu. Comment ça se passe ? Qu’est-ce qu’on y fait ? Faut-il parler beaucoup de soi, en public ou à un(e) accompagnant(e) ? C’est aller aussi vers soi, vers son intériorité, ses pensées et ses désirs, ses blocages et ses peurs, justement ! On risque de tourner en rond dans sa tête et de se perdre…  Enfin, le silence (ingrédient « obligatoire » d’une retraite) inquiète. Que va-t-il se passer ? Ne va-t-on pas s’ennuyer ?

Ces peurs et d’autres sont compréhensibles. Il faut du courage pour s’inscrire à une retraite ! Ce qui peut rassurer, c’est qu’on y vit la liberté. Liberté de s’exprimer ou pas. Liberté de descendre en soi, dans ses profondeurs, ou pas. Liberté de se dévoiler dans la confidentialité d’un entretien ou pas.

Et il s’agit en retraite de faire le choix d’avoir une attitude bienveillante envers soi-même. Aussi bienveillante que le regard de Dieu le Père qui veut le bien pour ses enfants. Alors le silence s’apprivoise, un silence qui n’est pas vide, mais caisse de résonance pour la Parole de Dieu.

  1. Ça sert à quoi ?

Voici un argument plutôt masculin ! A quoi sert tout ce temps à ne rien faire ou à se regarder le nombril ? Si on veut s’abîmer en contemplation, on peut le faire chez soi, librement, quand on veut. Et en plus, c’est gratuit !

Ok, mais qui le fait vraiment chez soi ? Qui parvient à s’arrêter et à se retirer suffisamment ? Et qui n’a fait l’expérience d’avoir constamment le nez dans le guidon et de s’épuiser à la longue ? Où de ne plus bien savoir où l’on va ?

Une retraite ne constitue pas une perte de temps, mais donne les moyens de durer… Une retraite permet de prendre du recul ou de la hauteur par rapport à sa vie, à ses priorités abandonnées et à revisiter, aux relations à clarifier, à ses désirs devant telle décision, etc.

Le contexte d’une retraite spirituelle rend davantage disponible à l’écoute de la Parole de Dieu, autrement et parfois plus clairement que dans le brouhaha du quotidien ou que lors des cultes.

Qui se souvient le lundi de la prédication du dimanche ? Le choix de consacrer de manière substantielle du temps à Dieu, le silence et le contexte sécurisé, tout cela permet souvent à la Parole de Dieu, lue, méditée, priée, de faire son chemin en soi de manière nouvelle, jusque dans les recoins de sa vie… Ou plus simplement de recevoir les forces, par le Saint-Esprit, de vivre la radicalité de l’Évangile au quotidien, dans le don de soi et jusqu’à l’amour des ennemis.

  1. Ce n’est pas prioritaire

Priorité à la famille ou aux amis, priorité à la formation, priorité à l’Église… Et ces priorités se renforcent : un engagement important pour l’Église demande de bénéficier de formation pour son service ou de consacrer du temps à sa famille.

Il est vrai que ces bonnes priorités ont toute leur place. Pourtant, n’y aurait-il pas une priorité aussi grande à accorder à la relation avec Dieu ? Et la « relation avec Dieu », qui inclut le cœur du croyant, passe par du repos, de la détente (au sens noble), une promenade dans la nature, des réflexions mises par écrit, la relecture du passé récent ou lointain, la méditation/rumination de textes bibliques, l’expression de sa prière, une peine ou un aveu à déposer, un engagement à prendre…

En ce sens, on ne s’ennuie pas dans une retraite spirituelle : il y a tant de paysages intérieurs à parcourir et tant de moyens de les visiter…

  1. Ce n’est pas des vacances…

Nous vivons dans un stress permanent. Nos jours et nos nuits sont remplis à ras bord. Il nous faut des pauses sous la forme de vacances relaxantes. Des moments où l’on vit sans horaires ni contraintes, des moments de liberté, de découverte, de plaisir. Ou alors des temps où l’on s’éclate par des activités hors du commun ou à forte sensation.

On peut comprendre, et les vacances sont un cadeau il est vrai. Pourtant, pourquoi ne pas glisser pendant les vacances une retraite spirituelle pour ralentir son mode de vie, son corps, ses pensées, son âme ?  Les vacances à la mode occidentale ressemblent furieusement au mode de vie consumériste quotidien. On y reste à la surface des choses et de sa vie. Une retraite spirituelle est un OVNI : un Objet Visant une Nouvelle Intimité…, avec Celui qui est la source de la vie.

Pour aller plus loin…

Retraite spirituelle au Bienenberg. « Viens et re-prends le chemin… ». Du 8 au 14 juillet 2017. Avec Madeleine Bähler, Claire-Lise Meissner-Schmidt, Jane-Marie Nussbaumer, Sabine Schmitt. Michel Sommer.