Des médias envahissants : peut-on y faire quelque chose ?

Les médias et les réseaux sociaux exercent aujourd’hui une grande influence sur la vie, le temps et l’attention des individus, menaçant parfois les relations dans la vie réelle. Peut-on y faire quelque chose ? Conseils d’un spécialiste en éducation aux médias.

Une étude¹ indiquait en 2009 déjà qu’un Américain voit ou entend 100 000 mots par jour et consomme 11,8 heures d’informations, soit un total de 34 Go de contenus. Les médias et les réseaux sociaux enrichissent les possibilités de découverte et de communication des usagers, mais ils peuvent aussi disperser leur attention. On a constaté une diminution de la durée d’attention aux contenus : de 12 secondes en 2000 à 8 secondes en 2014, soit moins que celle d’un poisson rouge (9 secondes) !

Combien de temps passe-t-on à consulter les écrans ? Combien de supports différents utilise-t-on ? Peut-on se passer de connexion pendant une ou deux journées, sans signaux négatifs (stress, manque) qui pourraient indiquer une pratique excessive ?

Aux USA, un utilisateur passe en moyenne 1 h 45 sur les réseaux sociaux chaque jour, recherchant les like et autres retours qui font plaisir et renforcent les habitudes. En Suisse, les élèves de 11 à 15 ans passent 4,4 heures chaque jour devant un écran. En France, Ipsos indiquait en 2015 que les enfants de 4 à 14 ans passent 3 heures par jour devant les écrans.

LA RELATION AUX AUTRES REMPLACÉE ?

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« Je te partage ma vie au lieu de la vivre », chante Soprano, qualifiant le téléphone portable de « précieux » et dénonçant la perte d’interactions réelles. Pour le théologien Jean-Claude Larchet, smartphones, réseaux sociaux et jeux vidéo « disloquent la famille, détruisent lʹesprit critique, et asservissent lʹindividu²». A l’opposé, ces mêmes technologies permettent parfois de belles rencontres (divertissement partagé ensemble, découvertes, débats…). Pour vivre un équilibre entre rejet absolu et utilisation trop peu critique des écrans, il est bon de prendre de la distance. « Qui gagne quoi » permet de questionner d’importants enjeux, et la maxime « si c’est gratuit, c’est vous le produit » ouvre à une salutaire réflexion…

LE VIVRE ENSEMBLE MENACÉ ?

Le libre accès à une information de qualité est un fondement de la vie en société démocratique, d’où l’importance de soutenir les médias de service public et de défendre l’indépendance rédactionnelle. Dans le cadre de médias commerciaux, il faut se demander quels retours sont visés et quels moyens sont donnés aux journalistes pour qu’un fait de société soit observé, décrit avec des mots, des images et des sons, puis traduit en une information dont la véracité et les sources devraient être vérifiées avant diffusion.

L’exposition aux écrans peut avoir des effets indirects mais considérables. Par exemple, les programmes violents ne transforment pas leurs usagers en monstres d’incivilités, mais le grand nombre de mauvaises nouvelles diffusées peut accentuer la peur de vivre ensemble. Selon une étude³, les grands consommateurs de télévision estiment le risque d’être victimes de violence physique à 52 %, les téléspectateurs occasionnels l’estiment à 39 %, alors que le risque réel est de 1 % seulement.

POUR MIEUX GÉRER MÉDIAS ET RÉSEAUX SOCIAUX

Comment identifier les pièges et maximiser les apports constructifs des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Prendre du recul, échanger avec d’autres, choisir un cadre, puis l’évaluer après usage. Exemple: la règle des 3 6 9 12 proposée par Serge Tisseron : pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeux avant 6 ans, pas d’Internet avant 9 ans et pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

Et (se) poser la « question du bon souvenir » : réfléchir à quelque chose qui a procuré du plaisir… puis considérer que la plupart des bons souvenirs ne sont pas liés à l’usage solitaire d’écrans, mais à quelque chose de vécu, souvent avec d’autres… Un appel à soigner les relations IRL, in real life (dans la vraie vie, non médiatisée).

Notes

www.journaldunet.com

www.rts.ch

maitrechat.com

CHAQUE HUMAIN DANS SA PROPRE BULLE ?

Une étude¹ dans 26 pays en 2016 relève que 51 % des répondants utilisent les réseaux sociaux (Facebook en tête) pour accéder à l’information. Ce ne sont plus des journalistes qui trient ce qui est important pour un certain public : des algorithmes adaptent ce qui est envoyé à chaque usager en fonction de ses intérêts particuliers. Ainsi, les humains se trouvent dans des bulles qui ne laissent passer que des contenus spécifiques, avec l’objectif de plaire à l’usager afin de capter son attention, d’augmenter le temps passé devant les écrans et de maximiser les rentrées publicitaires (on vend de l’audience aux annonceurs). Ce filtrage individualisé risque d’augmenter les clivages, enfermant chacun(e) dans une bulle d’informations qui confirment ses convictions.

Les réseaux sociaux prennent une place croissante dans l’accès à l’information

Pour aller plus loin…

Le blog de Pierre-André Léchot (https://medialogue.online) propose des pistes utiles pour questionner les écrans et leurs contenus. Pierre-André Léchot est disponible pour des actions d’éducation aux médias dans les églises (pierre.andre.lechot@gmail.com).

 

 

 

Dire Dieu : Il est question d’amour

Se plonger dans le regard d’amour de Dieu conduit vers le prochain, en dépassant la peur de paraître vulnérable et avec de la joie au coeur. Réflexion spirituello-missiologique, par Jane Maire.

Avant de considérer le « comment parler de Jésus-Christ ? », et le contenu de ce que nous voulons dire, je propose de commencer avec le « qui est Jésus-Christ pour moi ? » et « qui suis-je, moi ? ». C’est ce que j’ai découvert durant une vingtaine d’années de cheminement avec Jésus. Cela a commencé avec une redécouverte de Jésus au travers des Évangiles. Comment cela ?

GAGNÉS PAR L’AMOUR

De retour en Europe après 15 ans en Afrique, je me suis retrouvée sur un continent très différent de celui que j’avais connu. Peu à peu, un cri du cœur s’est formé en moi : « Seigneur, au secours ! J’aimerais tellement parler de toi aux autres, mais ma bouche reste fermée. » La réponse m’est venue alors que je préparais une étude biblique sur le fils prodigue. Comme c’était mon habitude, j’ai examiné le contexte dans lequel Jésus a raconté cette parabole. J’avais depuis peu commencé à intégrer la méditation imaginative ignacienne¹ et quand je me suis plongée dans la scène qui nous est dépeinte par Luc au début du chapitre 15, je suis restée bouche bée. Jésus était entouré de personnes peu convenables, et pourtant il était à l’aise avec elles. C’était le monde à l’envers ! Je me suis trouvée alors aspirée par le désir de vouloir être comme lui, accueillante envers les gens, au lieu de les juger ou de les fuir.

TRANSFORMÉS PAR L’AMOUR

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Quand le regard d’amour que Jésus pose sur nous donne envie de le faire connaître, nous ne sommes plus dans le « je devrais », mais dans le « j’aimerais ». Ce changement d’attitude et de regard nous permet de prendre le pas sur la peur et d’oser faire des choses qu’on n’arrivait pas à faire auparavant.

Le regard accueillant de Jésus nous permet de prendre conscience de notre humanité faillible sans crainte. Nous avons tant besoin de nous voir comme Lui nous voit, de nous laisser aimer et accueillir comme nous sommes, tout simplement ; d’expérimenter l’amour de Dieu, Père, Fils et Saint- Esprit, sans conditions. Son regard nous construit, nous permet de nous accepter, de nous aimer et même de rire de nous-mêmes ! Ainsi, nous devenons plus spontanés, de plus en plus à l’aise quand nous sommes pris « en flagrant délit d’humanité » ! Nous osons répondre, par exemple, « je ne sais pas, mais je vais y réfléchir » sans nous sentir mal à l’aise.

PROPULSÉS ET ACCOMPAGNÉS PAR L’AMOUR

Cet accueil de moi-même par Jésus, puis par moi-même, m’a permis de remarquer les gens autour de moi, de les voir vraiment : dans la rue, dans le train, dans le parc, à la plage, à la caisse du supermarché et de les écouter attentivement. J’ai commencé à prendre plaisir à découvrir mes semblables. Au lieu d’être focalisée sur moi-même, mon attention s’est portée sur eux. Je suis descendue de mon piédestal chrétien et j’ai découvert combien nous avons en commun. N’est-ce pas pour cela que Jésus est devenu humain, pour être vraiment comme nous ?

Un jour, après avoir médité sur Jésus, je suis sortie de chez moi pour acheter à manger. J’ai vu une connaissance de l’autre côté du carrefour et une pensée m’a traversé l’esprit : « Va vers elle. » J’ai obéi, et me suis trouvée en face d’une personne en larmes, désespérée. Dès ce moment, sans m’en rendre compte, je suis partie à la découverte d’un chemin d’incarnation, à la suite de Jésus, qui a planté sa tente en plein milieu de notre pétrin. En somme, ce fut une vraie école de faire par amour.

J’ai commencé à prendre conscience aussi que je n’étais pas seule, que le Saint-Esprit était déjà en train de travailler autour de moi, dans mon entourage, mon quotidien, comme Jean nous le rappelle dans son évangile (Jn 16.5-11). Comme coéquipière, j’étais bien plus détendue, et j’ai trouvé cela génial !

« Prenez mon joug sur vous, et vous trouverez le repos, car mon joug est doux et mon fardeau léger », nous dit Jésus. Quelle merveilleuse image que celle de se voir travailler avec lui en tandem win-win [gagnant-gagnant] ! Il fait sa part, moi je fais ce que je comprends être la mienne, et c’est reposant, car c’est lui qui guide et qui porte la responsabilité finale.

QUESTIONS À SE POSER POUR ALLER PLUS LOIN

• Qui est Jésus pour moi ? Qu’est-ce qui me passionne en lui ? Ai-je besoin de le redécouvrir ?

• Est-ce que j’ose suivre la pensée, l’impulsion que je reçois, sachant qu’il est permis de se tromper ? Entamer une conversation avec le voisin de palier, le collègue de travail ; offrir des fleurs de son jardin. Cultiver ainsi l’art de faire des petits pas.

• Est-ce que j’ai l’habitude de revoir mes journées et de m’encourager en regardant ce que j’ai fait ?

• Qu’est-ce que je fais quand je pense avoir fait tout faux ? Débriefer avec le Seigneur et repartir ?

• Qui sont mes connaissances ou amis hors de l’Église ? Quels petits pas pourrais-je faire pour les rejoindre ?

Jane Maire, retraitée de Wycliffe Suisse, Eglise évangélique de l’Abri, La Neuveville (CH)

 

Note

1. Ce qui est au cœur de cette méditation, c’est la rencontre avec le Seigneur au travers d’un texte des évangiles. Grâce « aux yeux de mon imagination », je vais entrer dans le récit en question, contempler le Seigneur en action, en m’ouvrant à lui, et en me laissant rencontrer par lui. Dans un deuxième temps, je discerne l’effet en moi qu’a eu cette rencontre. Pour la pratiquer, voir mon livret, Atelier Saveurs, Section II.

Pour aller plus loin…

Jane Maire, Atelier Saveurs, Communiquer la saveur du Christ, disponible en ligne ici

C’est un rempart que notre Dieu

En cette période de 500e anniversaire de la Réforme, voici un cantique qui fait partie des représentants les plus connus de l’hymnologie protestante.

C’est l’assurance chantée par tout un peuple au psaume 46 qui a servi d’inspiration à Martin Luther pour son célèbre choral. L’intention du réformateur est claire. La communauté des croyants a besoin d’être rassurée : avec l’aide de Dieu, nul doute que le Bien triomphera du Mal.

Les mots « rempart » et « invincible armure » (str. 1) ancrent en Dieu une défense sans faille et une délivrance certaine, quelles que soient la nature et la violence des assauts que pourraient subir les croyants.

Face à la menace, la communauté reconnaît sa faiblesse (str. 2) et confesse l’identité de son défenseur : « C’est Toi, divin Sauveur » (« Jésus-Christ » dans la version originale). Les paroles du choral relient ainsi la puissance du Dieu de l’univers du psaume 46 et l’action libératrice du Christ.

Les forces du mal liguées contre l’Église (str. 3) seraient-elles une allusion aux visions qui tourmentaient parfois Luther ?

Le choral termine par une certitude : un mot du Dieu fort assurera la victoire. Sa grâce est la plus forte, son Royaume est pour les siens.

REPRISES

Malgré son vocabulaire guerrier et un brin désuet pour nos oreilles modernes, la force de ce choral n’est certainement pas étrangère à l’usage qu’en ont fait de nombreux compositeurs, tels Mendelssohn dans sa symphonie n° 5 Réformation ou, plus proche de nous, Marius Constant dans son Éloge de la Folie où cette mélodie, jouée au grand orgue, succède avec puissance aux bruits de bataille. Un message pour notre temps ?

 

 

C’EST UN REMPART QUE NOTRE DIEU

1. C’est un rempart que notre Dieu :

Une invincible armure,

Notre délivrance en tout lieu,

Notre défense sûre.

L’ennemi contre nous

Redouble de courroux,

Vaine colère !

Que pourrait l’adversaire ?

L’Éternel détourne ses coups.

 

2. Seuls, nous bronchons à chaque pas,

Notre force est faiblesse ;

Mais un héros, dans les combats,

Pour nous lutte sans cesse.

Quel est ce défenseur ?

C’est Toi, divin Sauveur !

Dieu des armées,

Tes tribus opprimées

Connaissent leur libérateur.

 

3. Que les démons forgent des fers

Pour accabler l’Église ;

Ta Sion brave les enfers,

Sur le rocher assise.

Constant dans son eff ort,

En vain avec la mort,

Satan conspire ;

Pour saper son empire,

Il suffit d’un mot du Dieu fort.

 

4. Dis-le, ce mot victorieux,

Dans toutes nos détresses ;

Répands sur nous du haut des cieux

Tes divines largesses.

Qu’on nous ôte nos biens,

Qu’on serre nos liens,

Que nous importe !

Ta grâce est la plus forte

Et ton royaume est pour les tiens.

PAROLES ET MUSIQUE : MARTIN LUTHER,

TRADUCTION DE A. H. L. LUTTEROTH (1845)

 

Pour aller plus loin…

• Partition : Alléluia 37-01 ou JEM 86

Version audio (interprétation du Jurassic Praise Band)

• Félix Mendelssohn-Bartholdy, Symphonie No 5 Réformation (1829-30) Le choral est annoncé par la flûte au 4e mouvement.

• Marius Constant, Éloge de la Folie  (1966) L’orgue s’impose vers 30:45.

500 ans après

Si vous lisez cet éditorial le 31 octobre 2017, sachez que c’est le jour anniversaire de la publication des 95 thèses de Martin Luther, événement déclencheur des Réformes protestantes, 500 ans après !

Sans Luther, son oeuvre et ses conséquences, vous et moi serions peut-être catholiques romains ou agnostiques aujourd’hui. Sans Luther, vous ne seriez pas en train de lire le mensuel des Églises mennonites de France, qui n’existeraient pas ! Chrétiens protestants et évangéliques aujourd’hui, nous dépendons historiquement de l’événement Luther. C’est l’une des raisons de s’intéresser à cet héritage, à l’occasion des 500 ans des Réformes. Nous l’avons fait en y consacrant quelques pages dans Christ Seul en 2016 et en mars 2017, ainsi que par des articles sur le blog des Éditions Mennonites portant sur les réformes à envisager aujourd’hui.

Réformes au pluriel, car comme l’ont montré les historiens ces dernières décennies, ce développement au 16e siècle a été multiple : réforme luthérienne, réforme radicale (anabaptiste), réforme calviniste, réforme anglicane, réforme catholique (ou Contre-Réforme).

2017 marque donc le 500e anniversaire de la Réforme luthérienne et des réformes qui ont suivi. La Conférence Mennonite Mondiale a mis en place une décennie d’événements, de 2017 à 2027, appelée Renouveau 2027, pour commémorer les 500 ans du mouvement anabaptiste. Se souvenir est capital, mais bien se souvenir aussi !

En ce sens, il est heureux que des commémorations actuelles prennent en compte la diversité des réformes protestantes et la présence des autres Églises aujourd’hui. Se souvenir ensemble, avec les catholiques par exemple, ne signifie pas gommer les divergences séparatrices subsistantes. Mais c’est favoriser un climat qui permet d’en parler et, dans la mesure du possible et du souhaitable, d’avancer ensemble. Vers 500 nouvelles années ?

Prédication du 15 octobre 2017 | Michaël H.

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Prédication du 8 octobre 2017 | Anna N. | Trouver sa place dans l’église

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Septembre 2017

septembre

FRANCE

Les 4 camps d’été (Proclam’ Ride, Proclam’ Ussel, City Station Bethoncourt et Action France) ont été des lieux
de formation et de service réunissant plusieurs dizaines de participants !
La vie communautaire avec des personnes d’arrière-plans différents, la collaboration avec les églises et la gestion
des imprévus ont été autant de défis à relever que de jalons posés pour croître dans la foi et développer une vie
de prière et d’engagement au service du prochain !

La suite du Flash309.18 Kopdf

Journée de sensibilisation à l’accompagnement

« Grandir ensemble dans la foi » : c’est l’intitulé d’une journée de sensibilisation à l’accompagnement proposée le 2 décembre 2017 à l’église mennonite de Colmar-Ingersheim.

Sur le même modèle que d’autres journées de sensibilisation (à la mission et à l’implantation d’Eglises, aux ministères…), cette journée a pour but de découvrir comment l’Eglise peut accompagner le processus de devenir disciple du Christ.

Au programme : Comment former des disciples ? S’accompagner les uns les autres ? Quelles sont les formes possibles ? Par exemple : accompagnement pastoral, accompagnement spirituel, mentoring, coaching, relation d’aide, groupe de croissance…

Il y aura plusieurs intervenants, dont Alain Stamp et Marie-Noëlle Yoder, et la journée s’adresse aux anciens, prédicateurs et diacres, responsables de groupes de jeunes et toute personne intéressée par l’accompagnement d’autres personnes.

Cette journée est organisée par l’Association des Eglises évangéliques mennonites de France, le Comité de Mission Mennonite Français et le CeFor Bienenberg.

Plus d’infos sur le flyer.

Prédication du 1er octobre 2017 | Sam W. | Josué 22.9-34

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