Accompagnement personnalisé vers le baptême

Pour cheminer vers le baptême, il n’est pas bon d’être seul. Voici un exemple de démarche, en groupe d’abord, puis personnalisée, pouvant conduire des personnes à demander et à recevoir le baptême.

Début 2016, une dizaine de personnes qui fréquentent l’Église de Châtenay manifestent le désir d’être baptisées. Au cours de plusieurs rencontres, en groupe, elles approfondissent la question du baptême, de ses implications, et cherchent aussi à discerner si elles sont prêtes pour cet engagement. Au mois de juin, après les réunions en groupe, chacun des futurs baptisés rencontre « son » accompagnateur, c’est-à-dire la personne qui va l’accompagner individuellement, pour la suite du parcours vers le baptême.

Au sortir du baptistère : Félix (à g.) et son accompagnateur Brad
Photo : Manoa Rakotoarivony

AVANT LE BAPTÊME

Celui qui accompagne offre une écoute bienveillante, du temps, de l’attention, une présence fraternelle. Il accompagne l’autre sur son chemin, en respectant son rythme.

Dans cette relation duelle, celui qui est accompagné, le futur baptisé, se sent beaucoup plus libre de poser des questions, sur le baptême ou tout autre sujet, questions qu’il n’ose pas forcément formuler devant le groupe. Il peut confier ses doutes et se trouve encouragé par le fait que l’accompagnateur s’intéresse à qui il est, à sa relation avec Dieu. Il sait que celui qui l’accompagne prie particulièrement pour lui.

L’accompagnateur, quant à lui, propose des sujets de réflexion, entend les interrogations et peut parfois suggérer des pistes de réponse par le biais de passages bibliques médités ensemble. Il encourage à lire la Bible, à prier, individuellement et en communauté. Dans l’Église, un cycle de prédications sur les disciplines spirituelles a suggéré des pistes pratiques : la lectio divina, la relecture de vie, etc.

 

Ces temps d’échange privilégiés permettent de mieux se connaître et sont enrichissants pour tous. Assurément, ils favorisent la communion fraternelle en faisant se rencontrer des générations différentes ou des cultures différentes. Bien sûr, ces rencontres sont aussi possibles (et heureusement !) dans le cadre de la vie d’assemblée, mais la réalité montre que ce n’est pas si facile.

LE BAPTÊME ET APRÈS

Le jour du baptême, certains demandent à leur accompagnateur de poser la serviette sur leurs épaules, au sortir du baptistère, geste fraternel et bienveillant.

L’accompagnement peut bien sûr se poursuivre, après l’engagement du baptême et cela est très important une fois que chacun retrouve son quotidien, ses joies et ses difficultés. L’accompagnateur quant à lui continue à prier pour celui qu’il a suivi dans ce parcours.

Ce type d’accompagnement, en place depuis deux ans, favorise la croissance spirituelle des membres et contribue à édifier l’Église.

 

Vivre les groupes de croissance !

Pour s’entraider à pratiquer la discipline de la prière et de la lecture de la Bible, la solution peut passer par les groupes de croissance. Explications.

Deux éléments semblent incontournables pour une croissance spirituelle personnelle : la prière dans l’intimité avec le Père (Mt 6.6) et la lecture personnelle de la Parole de Dieu (2 Tim 3.16). Cependant, les agendas chargés conduisent insidieusement à ne laisser que trop peu de temps pour cela. C’est pourquoi, cultiver sa croissance spirituelle personnelle est un réel défi dans la réalité du quotidien… C’est pourtant essentiel de continuer à rechercher ces temps d’intimité avec Dieu. Alors, comment faire pour persévérer et rester motivé ? Un mot clef : la redevabilité. Il ne s’agit pas ici de « rendre des comptes », mais de « s’encourager » !

ENCOURAGEMENT MUTUEL

« Encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, […] afin qu’aucun d’entre nous ne se laisse tromper par le péché et ne s’endurcisse. […] Veillons les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement à l’amour et à la pratique du bien et ne pas prendre l’habitude de délaisser nos réunions. » (Hé 3.13 ; 10.24-25) Les chrétiens de l’église primitive pratiquaient ainsi une forme de redevabilité (veiller, encourager), en petit groupe (les uns aux autres, mutuellement), quotidiennement (jour après jour).

Comment l’église locale, aujourd’hui, peut-elle encourager cette dynamique de redevabilité dans le quotidien ?

Dans son livre Une Bible, du café… des disciples, Neil Cole développe cette notion de redevabilité au travers des « groupes de croissance ».

COMMENT ÇA MARCHE ?

Composé de trois personnes maximum, le groupe se retrouve une fois par semaine pendant une heure.

La semaine, le groupe s’engage à lire la Bible (programme à la convenance du groupe) et à prier (sujets définis lors de la précédente rencontre).

Lors de la rencontre, le groupe échange sur la lecture de la semaine ; est redevable, au travers d’un questionnaire, préalablement défini par le groupe ; prie pour les personnes du groupe et deux personnes de l’entourage.

Mettre en place ces « groupes de croissance » dans l’église locale est une idée intéressante à exploiter pour s’encourager les uns les autres et s’aider mutuellement à grandir dans la foi (1Th 5.11).

 
Pour aller plus loin…
Retrouvez trois modèles de questionnaire proposés dans le livre de Neil Cole sur www.editionscle.com

5 raisons de ne pas faire une retraite spirituelle en 2017

retraite-2016

  1.   Ça sonne bizarre…

Une « retraite spirituelle » : ces mots sonnent pieux et poussiéreux. Ils évoquent le repli sur soi voire l’enfermement. Et puis, la retraite fait penser au troisième âge… Il faudrait appeler cela autrement !

Pourtant… même si le mot n’est pas tel quel dans nos Bibles, la pratique y est bien présente ! Jésus se retirait  loin de la foule et loin de tout, pour prier son Père (Mt 14.22 ; Lc 9.28). Son action, très importante, s’accompagnait de moments de retrait, pour être en communion avec son Père. Il était dans l’action et en retrait de l’action. Retrait, retraite, une seule lettre s’ajoute.

Ce va-et-vient entre l’action et le retrait indique un modèle. L’engagement pour l’Église, l’engagement au travail, l’engagement dans une famille ou avec des amis doit s’accompagner de moments de dégagement – où l’on se dégage de tout ce qui fait la vie habituelle.

2. Ça fait peur…

Une retraite spirituelle fait peur. Que ce soit en rejoignant seul une communauté qui vit le silence et la prière des heures (offices) ou que ce soit en participant à une retraite organisée (voir tout à la fin de cet article).

En effet, c’est partir vers l’inconnu. Comment ça se passe ? Qu’est-ce qu’on y fait ? Faut-il parler beaucoup de soi, en public ou à un(e) accompagnant(e) ? C’est aller aussi vers soi, vers son intériorité, ses pensées et ses désirs, ses blocages et ses peurs, justement ! On risque de tourner en rond dans sa tête et de se perdre…  Enfin, le silence (ingrédient « obligatoire » d’une retraite) inquiète. Que va-t-il se passer ? Ne va-t-on pas s’ennuyer ?

Ces peurs et d’autres sont compréhensibles. Il faut du courage pour s’inscrire à une retraite ! Ce qui peut rassurer, c’est qu’on y vit la liberté. Liberté de s’exprimer ou pas. Liberté de descendre en soi, dans ses profondeurs, ou pas. Liberté de se dévoiler dans la confidentialité d’un entretien ou pas.

Et il s’agit en retraite de faire le choix d’avoir une attitude bienveillante envers soi-même. Aussi bienveillante que le regard de Dieu le Père qui veut le bien pour ses enfants. Alors le silence s’apprivoise, un silence qui n’est pas vide, mais caisse de résonance pour la Parole de Dieu.

  1. Ça sert à quoi ?

Voici un argument plutôt masculin ! A quoi sert tout ce temps à ne rien faire ou à se regarder le nombril ? Si on veut s’abîmer en contemplation, on peut le faire chez soi, librement, quand on veut. Et en plus, c’est gratuit !

Ok, mais qui le fait vraiment chez soi ? Qui parvient à s’arrêter et à se retirer suffisamment ? Et qui n’a fait l’expérience d’avoir constamment le nez dans le guidon et de s’épuiser à la longue ? Où de ne plus bien savoir où l’on va ?

Une retraite ne constitue pas une perte de temps, mais donne les moyens de durer… Une retraite permet de prendre du recul ou de la hauteur par rapport à sa vie, à ses priorités abandonnées et à revisiter, aux relations à clarifier, à ses désirs devant telle décision, etc.

Le contexte d’une retraite spirituelle rend davantage disponible à l’écoute de la Parole de Dieu, autrement et parfois plus clairement que dans le brouhaha du quotidien ou que lors des cultes.

Qui se souvient le lundi de la prédication du dimanche ? Le choix de consacrer de manière substantielle du temps à Dieu, le silence et le contexte sécurisé, tout cela permet souvent à la Parole de Dieu, lue, méditée, priée, de faire son chemin en soi de manière nouvelle, jusque dans les recoins de sa vie… Ou plus simplement de recevoir les forces, par le Saint-Esprit, de vivre la radicalité de l’Évangile au quotidien, dans le don de soi et jusqu’à l’amour des ennemis.

  1. Ce n’est pas prioritaire

Priorité à la famille ou aux amis, priorité à la formation, priorité à l’Église… Et ces priorités se renforcent : un engagement important pour l’Église demande de bénéficier de formation pour son service ou de consacrer du temps à sa famille.

Il est vrai que ces bonnes priorités ont toute leur place. Pourtant, n’y aurait-il pas une priorité aussi grande à accorder à la relation avec Dieu ? Et la « relation avec Dieu », qui inclut le cœur du croyant, passe par du repos, de la détente (au sens noble), une promenade dans la nature, des réflexions mises par écrit, la relecture du passé récent ou lointain, la méditation/rumination de textes bibliques, l’expression de sa prière, une peine ou un aveu à déposer, un engagement à prendre…

En ce sens, on ne s’ennuie pas dans une retraite spirituelle : il y a tant de paysages intérieurs à parcourir et tant de moyens de les visiter…

  1. Ce n’est pas des vacances…

Nous vivons dans un stress permanent. Nos jours et nos nuits sont remplis à ras bord. Il nous faut des pauses sous la forme de vacances relaxantes. Des moments où l’on vit sans horaires ni contraintes, des moments de liberté, de découverte, de plaisir. Ou alors des temps où l’on s’éclate par des activités hors du commun ou à forte sensation.

On peut comprendre, et les vacances sont un cadeau il est vrai. Pourtant, pourquoi ne pas glisser pendant les vacances une retraite spirituelle pour ralentir son mode de vie, son corps, ses pensées, son âme ?  Les vacances à la mode occidentale ressemblent furieusement au mode de vie consumériste quotidien. On y reste à la surface des choses et de sa vie. Une retraite spirituelle est un OVNI : un Objet Visant une Nouvelle Intimité…, avec Celui qui est la source de la vie.

Pour aller plus loin…

Retraite spirituelle au Bienenberg. « Viens et re-prends le chemin… ». Du 8 au 14 juillet 2017. Avec Madeleine Bähler, Claire-Lise Meissner-Schmidt, Jane-Marie Nussbaumer, Sabine Schmitt. Michel Sommer.

Linda Oyer publie un livre sur la souffrance et la Présence

La souffrance, un chemin de vie ?

Un livre (de plus) sur la souffrance ? Oui, mais un livre qui fait une vraie place au ressenti douloureux de la souffrance, tout en ouvrant le lecteur à la présence de Dieu. L’auteur décrit  ces deux réalités en tension : la réalité de la souffrance, sans la relativiser ni la nier, et la réalité de la présence de Dieu, source de vie et d’espérance.

Cette approche spirituelle, illustrée par des exemples bibliques, est inspirée d’un tableau des pèlerins d’Emmaüs, reproduit en couverture et qui sert de fil conducteur. L’expérience de l’auteur face à la souffrance et dans l’accompagnement affleure discrètement dans les pistes proposées pour garder ensemble de manière authentique les deux réalités de la souffrance et de la Présence.

Chaque chapitre se termine par des questions d’appropriation qui jettent un pont jusque vers le lecteur et proposent d’ouvrir en soi un cheminement honnête et habité par plus grand que soi. Un livre qui fait du bien par les mots posés sur les maux et par l’expression d’une foi solidement arrimée au Dieu de la vie.

Public :

  • Toute personne ayant été ou étant confrontée à la souffrance physique, psychologique, morale, au handicap, au deuil…
  • Pour les accompagnant(e)s de personnes confrontées à la souffrance

 

Auteur

Linda Oyer est formatrice en accompagnement spirituel avec « Compagnons de route », ancien professeur associé de Nouveau Testament à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, membre de l’équipe pastorale de l’Église mennonite de Lamorlaye.

Elle a publié aux Editions Mennonites les ouvrages suivants : « Dieu à nos pieds, une étude sur le lavements des pieds » et « Cheminer avec Dieu, la foi au quotidien » (sous dir.).

 

Infos

La souffrance, un chemin de vie ? Par Linda Oyer. Dossier de Christ Seul 3/2016, Editions Mennonites, Montbéliard, 80 pages, 9 €.

Disponible dans les prochains jours dans la boutique.