Prédication du 25 février 2018 | Bertrand R. | « L’argent » (2 Co. 8.13-15)

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Troublante beauté

Pourquoi se méfie-t-on de la beauté ? C’est qu’elle rejoint et touche en profondeur, pour peu qu’on s’y ouvre. Réflexion.

L’émotion esthétique est insaisissable et, parfois, elle nous trouble, voire nous inquiète, pour des motifs que nous ne comprenons pas. Il est vrai que l’éducation protestante n’est pas une pédagogie très utile pour démêler les fils de ce que la beauté nous inspire. La Réforme a privilégié l’art le plus abstrait qui soit : la musique, en y adjoignant quand même la poésie dans la pratique du chant. Calvin craignait, par-dessus tout, les élans qui pourraient nous déstabiliser : « Il est nécessaire, écrivait-il, que Dieu nous tienne la bride serrée et nous maintienne dans quelque discipline, de peur que nous débordions avec pétulance. » (Institution chrétienne, 3, 8, 5). Un mennonite aurait pu écrire aussi cette phrase ! Comment ensuite déchiffrer les mouvements de nos cœurs ?

EN DEÇÀ DES MOTS

La beauté qui nous touche nous renvoie très souvent à quelque chose qui est en deçà du langage : le rythme d’une peinture ou d’une mélodie, une image évocatrice, les sons que forment les mots indépendamment de leur sens, une forme, une couleur, une vibration. Dans le Psaume 19, David contemple les cieux et, soudain, les mots lui manquent : « Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles … » (Ps 19.4). Or ce domaine d’en deçà des mots s’ancre dans une période très primitive de notre vie, où notre sens moral n’était pas encore formé, et où s’entremêlaient des élans aussi bien admirables qu’inquiétants. Revenir visiter ces territoires lointains n’est pas anodin. Mais c’est aussi là que l’Esprit nous rejoint par « des gémissements non verbalisables » (Rm 8.26).

Or c’est le propre de l’art de rendre communicable et partageable ce qui pourrait n’être qu’une fantaisie personnelle ou un magma indéchiffrable. Revenons à la poésie des Psaumes et à ce chant d’amour (Ps 45.1) du Psaume 45 : « Mon cœur bouillonne de belles paroles. Je dis : mes œuvres sont pour un roi. » (Ps 45.2). C’est le travail de l’artiste de passer du bouillonnement à une œuvre. Il nous propose une production cristallisée, qui nous reconnecte avec nos émotions, tout en entamant un dialogue avec nous. Il nous touche, il nous remue et, au sens étymologique, il nous inquiète (il ne nous laisse pas tranquilles), en mettant en scène une situation à laquelle il a été sensible.

Photo : www.pixabay.com – allanlau2000

FORCE PLUTÔT QUE BEAUTÉ D’UNE ŒUVRE

Il est plus clair, pour moi, de parler de la force d’une œuvre, plutôt que de sa beauté. La force d’une production artistique est de me rejoindre, de me conduire à jeter un nouveau regard sur le monde, de me permettre d’approfondir certaines de mes intuitions.

Je suis touché, depuis quelques années, par l’œuvre d’une artiste argentine, Liliana Porter, qui installe de toutes petites figurines dans des environnements de grandes proportions. On peut s’en faire une idée en visitant son site web.(http://lilianaporter.com/pieces/medium/installation) Ce sont souvent des personnes en train de travailler et qui semblent se livrer à une tâche qui les dépasse complètement. J’ai vu aussi, plus récemment, une de ses installations, où un homme muni d’une hache s’agite dans un environnement en ruine. Est-ce lui qui a provoqué cette destruction, par un enchaînement de circonstances imprévisibles ? Ou bien achève-t-il ce travail par désespoir ? Parfois, les situations sont moins explicites encore et les figurines semblent perdues dans leurs pensées face à d’immenses nuages. Je suis ému par ces mises en scène qui me parlent de notre juste place dans un univers où nous avons irrémédiablement tendance à nous donner trop d’importance, de notre perte de contrôle dans un monde que nous cherchons trop à contrôler. Je cite le commentaire du catalogue de la dernière Biennale de Venise : « Ses microcosmes sont le miroir de la condition humaine dans son ensemble, avec les doutes et les questions de chacun d’entre nous. » Libre à chacun de trouver ses installations belles ou laides, je leur trouve une force peu commune. La visualisation m’atteint plus que ne le ferait un discours articulé et le commentaire que j’en fais n’en donne qu’une idée fort partielle.

ÉMOTIONS PROFONDES

Il vaut donc la peine de se laisser troubler et d’apprendre à naviguer dans le champ de ces émotions profondes qui, parfois, nous égarent, mais qui, aussi, souvent, nourrissent notre empathie. Il est difficile de communiquer directement une émotion aux autres. C’est source de beaucoup de malentendus. Mais le détour de l’art et de la mise en forme restitue le dialogue sensible que nous pouvons nouer avec les autres. C’est là sa force et son intérêt.

 

Une Formation propose d’aborder les sujets chauds !

« Points chauds » : c’est le nom d’une nouvelle formation ouverte à tous proposée par le Centre de Formation du Bienenberg. On y abordera des sujets chauds ! Présentation.

En tant que chrétiens, nous croyons que la Bible fait autorité sur nos vies et notre foi. Loin de tous nous mettre d’accord, cela mène bien souvent à de grands débats entre chrétiens dont l’enjeu est de savoir qui a la vision la plus « biblique » sur tel ou tel sujet. Les discussions entre personnes ayant des positions différentes peuvent aller d’un désaccord un peu énergique à une division et une excommunication réciproque. Comment cela se fait-il, alors que toutes prétendent avoir le même texte pour fondement ?

Nos convictions les plus profondes sont le fruit de plusieurs facteurs personnels : l’éducation que nous avons reçue, les enseignants qui nous ont marqués, notre personnalité ; mais elles sont aussi le fruit de facteurs théologiques : accents sur certaines doctrines, sur certains textes ou certaines parties de la Bible, interprétation de certains passages, etc. Conscients qu’il nous faut avancer ensemble, en tant que peuple de Dieu, malgré les divisions, le Centre de Formation du Bienenberg propose la formation « Points chauds » à la rentrée prochaine, de manière délocalisée, dans les locaux de l’église mennonite de Pulversheim (68). « Points chauds » a deux objectifs :

1. Apprendre à interpréter les textes bibliques. L’interprétation n’est pas chose aisée et il est utile d’avoir quelques outils pour fonder une interprétation.

2. écouter les arguments opposés aux siens et apprendre à dialoguer au sein même du désaccord.

LES SUJETS CHAUDS !

La formation débutera par un premier week-end d’introduction (6-7 octobre 2018 au Bienenberg) aux principes d’interprétation biblique et à la communication non-violente. La base de cet enseignement fondera utilement les 11 samedis à thèmes « chauds » qui suivront : prédestination, homosexualité, œcuménisme, dons de l’Esprit, ministère pastoral féminin, sens de la mort du Christ, non-violence ou guerre juste, relation aux autres religions, Israël, écologie, et enfin prière, guérison et miracles. Tout un programme !

 

 

DÉROULEMENT

Chacun de ces thèmes sera traité sur une journée complète. Des théologiens et pasteurs compétents – mais vraiment pas d’accord – viendront animer le débat et expliquer pourquoi ils soutiennent « bibliquement » l’une ou l’autre position. La présentation des intervenants, ainsi que la position qu’ils défendent, figurent sur le site du Bienenberg (www.bienenberg.ch).

Chaque journée à thème débutera par une clarification des arguments personnels. Les personnes présentes seront invitées à participer à un exercice qui peut plus tard être réutilisé en église pour amorcer une discussion communautaire sur un sujet épineux. Ensuite, chacun des intervenants présentera la position qu’il défend, ainsi que ses arguments bibliques. Un échange aura lieu entre les intervenants, puis les participants pourront aussi leur poser des questions. à la fin de la journée, chacun pourra réfléchir aux arguments avancés : qu’est-ce qui a été convaincant ou pas ? à quel moment ai-je été bousculé par les arguments avancés ? Ai-je appris quelque chose qui peut m’aider dans la manière de débattre de ce sujet ?

TEXTE ET RELATIONS

L’interprétation de la Bible demande de l’humilité face à un texte ancien et complexe. Ces journées seront l’occasion de prendre le temps d’écouter les arguments bibliques de l’autre, mon frère ou ma sœur en Christ. Un luxe peu fréquent de nos jours et pourtant ô combien enrichissant pour l’église. Ensuite seulement, un tri devra être fait entre les différents arguments pour affermir sa position, l’ancrer davantage tout en se souvenant que l’autre, qui ne pense pas comme moi, est rarement un… abruti !

Tous ceux qui veulent prendre au sérieux le texte biblique ET les relations des uns avec les autres sont les bienvenus pour cette première édition de la formation « Points chauds ». Les inscriptions sont ouvertes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin…

https://fr.bienenberg.ch/points-chauds 

• La même formation est proposée à Tramelan en Suisse pendant la même période (automne 2018-printemps 2020).

La Bible dit-elle du bon de la beauté

Si la Bible n’est pas un manuel d’esthétique, qu’a-t-elle à dire sur la beauté, sa place, sa valeur, ses limites ? Exploration biblique.

Les mots hébreux et grecs qui peuvent être traduits par « belle », « beau » ou « beauté » sont loin de dominer le vocabulaire biblique. Ils parlent, la plupart du temps, de la beauté physique. Quelques exemples : ils décrivent des femmes (Sara, Rachel, Abigaël, les filles de Job, la reine Vasthi) et des hommes (Joseph, Moïse, les yeux et l’apparence de David, Absalom). Ils peuvent qualifier la ville de Jérusalem, Dieu, le roi de Tyr, la nature ou un bâtiment (la Belle Porte).

LA BEAUTÉ PHYSIQUE …

Cette beauté physique est un don gratuit, non mérité, qui nous dit quelque chose de Dieu. Elle incite à nous tourner vers Dieu, l’origine de la beauté, et suscite de la reconnaissance. Deux textes juifs deutérocanoniques, le Siracide et la Sagesse, le soulignent : « Vois l’arc-en-ciel et bénis celui qui l’a fait, il est si beau dans sa splendeur. » (Si 43.11) et « Car la grandeur et la beauté des créatures conduisent par analogie à contempler leur Créateur. » (Sg 13.1-5)

… ET SES PIÈGES

En même temps, la Bible nous avertit des pièges liés à la beauté. Nous sommes tentés de nous enorgueillir et de croire que nous sommes créateurs et propriétaires de cette beauté. Le danger est de ne pas la reconnaître comme un don de Dieu qui trouve sa source en Dieu. Ezéchiel souligne cette tentation en parlant du roi de Tyr (« Ton cœur s’est enorgueilli à cause de ta beauté. » (Ez 28.17) et aussi de la beauté de la femme infidèle, image du peuple de Dieu (Ez 16).

Un second piège est de nous arrêter à l’esthétique extérieure et de faire abstraction de ce qui est à l’intérieur. Les Proverbes parlent de la futilité de la beauté : « La grâce est trompeuse et la beauté futile ; la femme qui craint le Seigneur, voilà celle qui sera louée. » (Pr 31.30). Il ne faut pas se laisser séduire par la beauté d’une femme mauvaise, mais plutôt s’en méfier (Pr 6.24-25). Le Nouveau Testament rappelle aussi ce danger de ne voir que l’extérieur : « Quel malheur pour vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Vous ressemblez à des sépulcres blanchis qui paraissent beaux au dehors, et qui au dedans sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impureté. » (Mt 23.27). En d’autres termes, la Bible affirme le principe de ne pas être obnubilé par ce qui frappe les yeux en faisant fi de l’intérieur, car le Seigneur voit au cœur (1S 16.7).

BEAUTÉ MORALE …

Mais dans la Bible, l’adjectif « belle » ou « beau » ne s’emploie pas qu’au niveau de la beauté physique. Il peut aussi désigner la beauté morale, éthique. On en trouve un exemple en Esaïe 52.7 : « Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pas [les pieds] de celui qui porte la bonne nouvelle, qui proclame la paix… », verset repris par Paul en Romains 10.15. Ce texte ne parle pas de la beauté physique du pied, mais est à comprendre au sens moral.

Le Siracide parle aussi de la beauté morale, de ce qui est bon. « Il est trois choses… qui sont belles aux yeux du Seigneur et des hommes : la concorde entre frères, l’amitié entre voisins, une femme et un homme en parfait accord » (Si 25.1). L’unité et l’entente sont des valeurs et des comportements vus comme beaux.

Mais quand on parle de la beauté dans la Bible, faut-il se limiter aux versets qui emploient le mot ? La Bible ne raconte-t-elle pas des gestes beaux et des attitudes belles au sens moral, sans employer le mot « beauté » ?

… PAR DES GESTES

Prenons, par exemple, le geste de Jésus de toucher un lépreux. Jésus aurait pu le guérir en prononçant un mot, sans le toucher. Mais par ce geste gratuit, étonnant et inhabituel, le lépreux est sûrement « touché », rejoint profondément. Par ce toucher non intrusif et non possessif dont il était privé depuis longtemps, le lépreux est reconnu comme une personne. Ce geste manifeste le caractère de celui qui le pose et exprime son respect et son amour envers le lépreux.

Le lavement des pieds des disciples (Jn 13) est aussi un beau geste. Ce geste banal et quotidien dans la culture d’alors était pratiqué par un serviteur envers son maître. Cependant, ce geste de Jésus, le Maître, n’est pas un simple acte fonctionnel dont le but est d’enlever la poussière des pieds des disciples. Il est un geste inattendu, un don désintéressé et porteur d’une signification profonde. Il est chargé de sens et exprime une réalité au-delà des mots. Il révèle le pardon et la purification continuelle, qui est un bienfait de la vie du Christ offert, et aussi sa vie vécue dans l’humilité et le service des autres. Un beau geste, au sens moral, manifeste des vertus.

… PAR DES ATTITUDES

Dans la Bible, nous trouvons aussi des attitudes qui sont belles. Prenons l’exemple de David qui ne se venge pas en tuant Saül alors qu’il en a l’occasion. Ou encore la réaction de Marie à l’annonce de l’ange Gabriel disant qu’elle enfantera le Messie. à la question « Comment cela sera-t-il possible ? », l’ange répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » La réponse de Marie devant une « explication » si floue et imprécise est étonnante et inattendue. Face à l’incertitude de ce « oui », elle manifeste une attitude d’abandon confiant. Elle fait don d’elle-même et exprime des vertus d’amour, de confiance et d’espérance.

Au fond, la beauté physique et la beauté morale sont des dons gratuits qui révèlent quelque chose de la personne de celui qui l’offre et aussi de celui qui les reçoit.

Faire la guerre à la guerre pour mettre fin à la faim !

Chaque année, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publie un rapport sur « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde ». Le dernier en date est tout particulièrement instructif. Voici ses principaux enseignements…

LA FAIM DANS LE MONDE REPART À LA HAUSSE

Photo : www.pixabay.com – billycm

Depuis plus d’une décennie et l’année 2003 environ, la malnutrition connaissait un recul constant à travers le monde. À cette date, 14,9 % de la population étaient sous-alimentés. Dix ans plus tard, ce chiffre était descendu à 10,8 %. De nombreux progrès ont ainsi été réalisés, sous l’impulsion  des Objectifs du Millénaire pour le développement. Malheureusement, la faim dans le monde semble aujourd’hui repartir à la hausse. Selon les dernières estimations à notre disposition, le nombre de personnes sous-alimentées est passé de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016. Ces résultats rappellent que rien n’est jamais acquis et cette situation est d’autant plus révoltante que la quantité de nourriture produite sur Terre est suffisante pour que chacun puisse manger à sa faim.

LA GUERRE EN EST LA CAUSE PRINCIPALE

Le dernier rapport de la FAO ne se contente pas d’exposer « l’état de la faim dans le monde », il tente également d’expliquer pourquoi la situation s’est aggravée. Les conflits sont alors présentés comme étant la cause principale de cette dégradation, leur nombre ayant considérablement augmenté depuis 2010. Parmi les régions les plus en crise, on peut notamment citer le Soudan du Sud, le nord-est du Nigeria ou encore le Yémen. Sur les 815 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde, la grande majorité d’entre elles – 489 millions – vivent ainsi dans des pays touchés par la guerre. Plus préoccupant encore, 122 des 155 millions d’enfants souffrant de retard de croissance vivent dans des pays affectés par un conflit. La situation dans ces régions est en prime souvent aggravée par des bouleversements climatiques.

UNE ÉQUATION COMME SOLUTION : PAIX = PAIN

La Bible invite les chrétiens à se soucier des plus démunis et à ne pas délaisser ceux qui ont faim. Dans la réalisation de cette mission légitime et importante, continuons à être généreux, c’est-à-dire à être prêts à partager notre pain et nos ressources (Es 58.6-7 ; Lc 3.11). Mais ne nous en contentons pas ! La Bible relate aussi comment le retour à la paix peut s’accompagner de prospérité, les ressources à disposition étant consacrées à des activités plus profitables. Cherchons alors à être des artisans de paix et à transformer les épées en socs pour charrues et les lances en faucilles (Mi 4.3). C’est ainsi que reculera la faim dans le monde et que nous marcherons fidèlement à la suite de Christ !

 

Epître de Paul aux églises de postchrétienté

Qu’écrirait aujourd’hui l’apôtre Paul, dans le contexte de postchrétienté ? Essai de réponse, forcément partielle et hypothétique…

Grâce et paix à vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !

[…] Vous êtes confrontés à de nombreux défis : la soif de richesses est devenue une idole très populaire et j’entends dire que même les chrétiens n’y sont pas insensibles. Les tensions au sein des populations sont croissantes et il se raconte que les chrétiens ne sont pas toujours des artisans de paix dans ces conflits.

CONFUSION AUTOUR DE LA NATURE DE L’ÉVANGILE

Mais je voudrais m’arrêter plus particulièrement à cette situation particulière : être Eglise, plus de 2000 ans après la résurrection du Seigneur Jésus. Il règne une grande confusion dans vos sociétés sur ce qu’est l’Evangile. L’histoire de l’Eglise a été marquée par des périodes sombres : « évangélisation » par la contrainte des armes (un non-sens absolu !), imposition de la foi à tous (même remarque), alliance contre-nature entre l’Eglise et les pouvoirs politiques, déchirures de l’Eglise suivies de guerres abominables entre chrétiens… J’en passe et des pires ! Les habitants de vos pays pensent à ces horreurs quand ils entendent le mot « Evangile » et cela explique en grande partie qu’il y a aujourd’hui peu de disciples de Jésus. Votre monde méconnaît ce qu’est l’Evangile et parfois méprise ceux qui s’en réclament.

COURAGE !

Il n’y a pas de quoi perdre courage ! A mon époque, personne ne connaissait l’Evangile. Pour les juifs, l’Evangile était un scandale, pour les païens, une folie. Il en fallait de la pédagogie pour expliquer la bonne nouvelle en se faisant tout à tous. Nous, les apôtres, étions méprisés, considérés comme les déchets du monde.

N’ayez pas peur et ne vous repliez pas sur vous-mêmes. Soyez témoins dans votre vie communautaire et dans toutes vos relations de la grâce et de la paix que vous avez reçues. Ne vous laissez pas entraîner par le culte de la consommation et la crainte de manquer : ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréé et parfait.

Soyez centrés sur Jésus et son Evangile. Lisez-le, méditez-le, avec l’aide du Saint-Esprit, pour y rencontrer la personne du Seigneur et découvrir sa volonté pour vous.

Par-dessus tout, apprenez à vivre ensemble dans l’amour, dans toutes les circonstances de la vie, avec vos différences. Et rappelez-vous la parole du Seigneur : c’est à l’amour que vous avez les uns pour les autres que le monde verra que vous êtes des disciples de Jésus !

Pour aller plus loin…

Quand l’Eglise n’est plus au centre du village… par Stuart Murray

Dossier de Christ Seul 3/2017, Editions Mennonites, Montbéliard, 2018, 88 pages

« Ce livre parle du monde de la postchrétienté, où le christianisme n’a plus rien d’évident. L’auteur propose des voies pour une mission renouvelée à l’égard d’un monde que Dieu ne se lasse pas d’aimer. » (Frédéric de Coninck, 4e page de couverture)

De la chrétienté à la postchrétienté

Stuart Murray est un théologien britannique et implanteur d’église, d’origine baptiste, qui a découvert en la vision anabaptiste une ressource utile pour les églises aujourd’hui. Le prochain Dossier de Christ Seul, de sa plume, sur le thème de la postchrétienté, est un essai d’analyse du contexte occidental actuel, afin de renouveler la manière d’y être en mission. Interview.

Christ Seul : A quels signes peut-on dire que la chrétienté est en voie de disparition ?

Stuart Murray : Si la chrétienté signifie, parmi d’autres choses, un partenariat entre église et état, ce lien a été rompu dans la plupart des pays occidentaux. Si la chrétienté signifie que des nations sont identifiées comme « chrétiennes » et d’autres comme des « champs missionnaires », c’est une approche anachronique. Si la chrétienté signifie que l’Église exerce de manière claire une autorité morale et spirituelle sur la société, cela est en train de disparaître. Beaucoup de vestiges de la chrétienté resteront visibles dans un avenir proche, mais leur pouvoir a disparu.

CS : A quels signes peut-on dire que nous sommes en postchrétienté ?

Stuart Murray : Comme le montrent tous les indicateurs (croyances, fréquentation des églises, nombre de membres, pratiques), la communauté chrétienne est en déclin numérique et constitue aujourd’hui une minorité parmi les minorités, dans une société plurielle composée de sécularisme et de diverses spiritualités. Parmi les jeunes en particulier, une méconnaissance grandissante du christianisme, de son langage et de son imagerie, indique que nous avons changé d’ère. Le pluralisme de la plupart des sociétés occidentales et l’absence d’un grand récit de référence indiquent que nous sommes entrés dans une période nouvelle.

CS : Quels sont les dangers pour l’Eglise en postchrétienté ?

Stuart Murray : En tant que minorité qui était auparavant une majorité, l’Eglise fait face à la tentation du désespoir, du défaitisme, de la perte de courage, de l’introspection, de la plainte et de l’agressivité. Et puis, il serait suicidaire de mettre toute l’énergie sur la préservation des acquis et sur le fonctionnement interne plutôt que sur la mission. L’espoir à tout prix d’un « réveil » empêche aussi une réflexion approfondie et courageuse sur les nouvelles réalités. Le manque de partage des ressources conduit à l’épuisement de ce qui existe encore, alors que ces ressources pourraient être mieux utilisées. Penser que des changements superficiels rendant les Eglises plus attractives seront efficaces nous dispense d’avoir un engagement théologique et missionnel plus profond.

CS : Quelles sont les chances pour l’Eglise en postchrétienté ?

Stuart Murray : L’Eglise peut redécouvrir ce que cela signifie d’être une minorité créative et prophétique. Elle peut se mettre à expérimenter, à prendre des risques, à devenir résolument « bonne nouvelle pour les pauvres » et les sans-pouvoir, à retrouver le sens du discipulat en tant que disciples du Jésus radical que la chrétienté a rendu facilement acceptable. L’Eglise peut apprendre à collaborer avec des personnes d’autres religions ou sans religion, pour servir la population locale, être accueillie et accueillante, sans besoin de dominer. L’Eglise peut se débarrasser de pratiques qui ont défiguré l’Eglise de la chrétienté, comme par exemple le cléricalisme et une hiérarchie inutile, et elle peut renoncer aux compromissions avec la richesse, le pouvoir et un statut social. L’Eglise peut saisir l’occasion de devenir, sans besoin de se justifier, une « Eglise de paix » dans un monde violent et en conflit.

CS : En tant que membres d’Eglises mennonites ou évangéliques en France, nous sommes habitués au fait d’être une minorité et à la marge. La postchrétienté est-elle alors vraiment une question pour ces Eglises et si oui, en quoi ?

Stuart Murray : Les Eglises ayant une histoire en tant que minorités devraient être mieux préparées à vivre la postchrétienté que d’autres. Mais certaines sont trop marquées par ce qu’elles ne sont pas (pas une Eglise d’état, pas une Eglise majoritaire) et ont besoin de découvrir une identité positive en tant que minorité, si elles veulent fleurir dans cette nouvelle époque. Ceux qui ont expérimenté le fait d’être à la marge peuvent aider d’autres à gérer les défis et les possibilités qui sont devant nous. La vision anabaptiste peut être une ressource très utile, si nous avons le courage de la vivre pleinement et de faire face à cette situation de marginalité.

Traduction : Michel Sommer

Les mots pour le dire

Chrétienté : arrangement politique dans leque l’église et l’état se soutiennent et se légitiment, cherchant à rendre une société chrétienne par des lois ou par la contrainte. Cela peut devenir une idéologie et une vision de l’action de Dieu dans le monde.

Postchrétienté : culture qui émerge lorsque la foi chrétienne perd sa force de cohésion dans une société façonnée par l’histoire chrétienne et où décline l’influence des institutions qui exprimaient les convictions chrétiennes. La postchrétienté implique sept transitions pour les églises et les chrétiens :

– du centre vers les marges,

– de majoritaires à minoritaires,

– de colons à étrangers de passage,

– des privilèges accordés au christianisme au pluralisme social,

– du contrôle social au témoignage,

– de la préservation du statu quo à la mission,

– de l’institution au mouvement.

Pour aller plus loin…

Quand l’Eglise n’est plus au centre du village…  Par Stuart Murray

Dossier de Christ Seul 3/2017, Editions Mennonites, Montbéliard, 2018, 88 pages

« Ce livre parle du monde de la postchrétienté, où le christianisme n’a plus rien d’évident. L’auteur propose des voies pour une mission renouvelée à l’égard d’un monde que Dieu ne se lasse pas d’aimer. » (Frédéric de Coninck, 4e page de couverture)

Lire la Bible autrement

L’équipe ConnecT vous propose une manière un peu différente de vivre et de revivre une histoire de la Bible. Il s’agit d’une approche dite ignatienne. Le but n’est pas de montrer que l’on sait ou que l’on a compris quelque chose, mais de se rendre disponible à Dieu et d’écouter ce qu’il veut dire. Ci-dessous, la démarche expliquée par Laetitia Husser, et ci-dessous, la démarche appliquée par Paul Schlegel, nouveau membre de l’équipe de rédaction de ConnecT.

LA DÉMARCHE

Il vous faut un peu d’imagination, éveiller vos sens pour vous représenter la scène que vous découvrez : vous faites partie de la scène, vous êtes avec les personnages, l’un d’eux, vous voyez, vous sentez la chaleur des flammes par exemple…

Prenez votre Bible, votre carnet de notes, et posez-vous à un endroit calme, où vous pouvez vous retrouver seul(e) avec Dieu.

Remettez ce moment à Dieu, et laissez-vous inspirer par le Saint-Esprit.

Lisez le chapitre 3 de Daniel. Pour cette première lecture, prenez connaissance des lieux, des personnages, placez le passage dans son contexte (Daniel, Babylone, Nebucadnetsar, aussi connu sous le nom de Nabuchodonosor…).

Lisez encore ce passage, en imaginant réellement la scène, placez le décor, le palais, le roi furieux, les flammes de la fournaise… Qu’est-ce qui retient votre attention ?

Lisez encore le passage, et choisissez un personnage (sans trop réfléchir) : le roi, un des trois Hébreux, un soldat… Comment vivez-vous la scène ? Comment réagissez-vous ? Qu’est-ce que Dieu veut vous dire ? Quels sont vos sentiments ? à quoi cela vous fait-il penser dans votre vie ? Si un sentiment, un mot, une image retient votre attention, voyez si cela produit du bon fruit ; ne le chassez pas trop vite comme étant hors sujet ou comme un contresens ; restez un peu avec la chose qui a surgi, sans la cataloguer trop vite comme bonne ou mauvaise (sauf si c’est évident, dans un sens comme dans l’autre). Peut-être votre imagination dit-elle quelque chose d’important pour vous ? Peut-être l’Esprit Saint a-t-il été partie prenante dans ce cheminement imprévu ? à vous de le sentir. (Attention au vagabondage ou au contraire au contrôle !)

Terminez par la prière, remettez à Dieu ce que vous avez pu vivre par cette lecture.

Cette démarche peut être réalisée avec votre histoire préférée, celle que vous avez lue et relue : Dieu peut encore vous parler ; ou simplement avec un passage difficile à comprendre, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.

Laetitia Husser

LE POINT DE VUE D’ABED-NEGO

Cela faisait seulement trois jours que le roi Nebucadnetsar avait ordonné de se prosterner et d’adorer la statue, au moment du signal. On pensait, Shadrak, Méshak et moi, Abed-Nego, qu’il suffirait de se faire discrets les premiers temps, et que la loi tomberait dans l’oubli… Il a suffi de trois jours pour que des Chaldéens nous dénoncent. Aujourd’hui, des soldats de la garde royale sont venus chez moi et ce n’était pas pour rigoler… Ils nous ont amenés devant le roi. Mais qu’est-ce que l’on va devenir ? Nebucadnetsar lui-même a pris la parole :

« Pourquoi, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, ne servez-vous pas mes dieux ? Pourquoi n’adorez-vous pas la statue que j’ai érigée ? Maintenant, soyez prêts : quand vous entendrez le signal, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite, sinon vous serez brûlés vivants, et quel dieu pourra vous délivrer du feu ? » Il a l’air très sérieux, là, qu’est-ce qu’on fait ?

Alors d’une seule voix, nous avons répondu :

« Nous n’avons pas besoin de te répondre, si cela doit être, le Dieu que nous servons nous délivrera du feu et de ta main. Et même s’il ne le fait pas, JAMAIS nous n’adorerons et nous ne nous prosternerons devant ta statue. » Pourquoi ai-je dit ça ?! C’est la mort assurée ! Shadrak et Méshak ont l’air sûrs d’eux, mais Dieu va-t-il vraiment nous sauver ? Bon, j’espère que Dieu va venir au bon moment. Peut-être n’arriveront-ils pas à allumer le feu ? Ou les soldats feront-il semblant de nous jeter dans la fournaise ?

Le visage du roi s’est rempli de fureur. Je ne veux pas mourir. Il a ordonné que l’on chauffe la fournaise. Seigneur ! Les soldats nous ont liés. Ta volonté et non la mienne. Ils nous ont jetés au milieu du brasier. Aïe, aïe, aïe ! La flamme était tellement forte qu’elle a tué les soldats. Mais attends, je suis toujours en vie ! Le feu n’avait aucun effet sur nous. Nos liens avaient disparu. Un ange était avec nous. Le truc de ouf ! Dieu nous a sauvés ! Il nous a SAUVÉS !

Alors le roi Nebucadnetsar nous appela :

« Shadrak ! Méskak ! Abed-Nego ! Serviteurs du Dieu Très-Haut, venez ! »

Les gouverneurs, les intendants, les conseillers du roi se sont assemblés. Ils ont constaté que le feu ne nous avait pas atteints. Ils font une drôle de tête ! Le roi s’est alors exclamé :

« Béni soit le Dieu de Shadrak, Méshak et d’Abed-Négo, il a envoyé son ange et délivré ses serviteurs. Il n’y a aucun autre Dieu qui puisse délivrer comme lui. » Ah ben ça…

Qui est mon Nebucadnetsar ? Quel est mon brasier ? Pourrais-je passer par le feu pour ne pas me prosterner devant un autre dieu? Pourrais-je dire « Ta volonté Seigneur, et non la mienne » ?

Paul Schlegel

Il y a 50 ans, Martin Luther King était assassiné

 

Le 4 avril 2018, cela fera exactement un demi-siècle que le pasteur Martin Luther King a été assassiné.

Parmi divers événements autour de cette date-anniversaire, nous signalons un événement proposé par le Mouvement international de la Réconciliation.

 

Samedi 17 mars 2018 au temple protestant, 58 rue Madame, à Paris, à 14h30 : une conférence de Christian Delorme sur « Martin Luther King, la force d’aimer : une radicalité évangélique ».

Ensuite à 16h30, « Martin Luther King et ses liens avec le Mouvement international de la Réconciliation américain », par Christian Renoux.

A 17h30, « Les combattantes de la liberté », par Anniel Hatton.

De 18h15 à 20h30 : Veillée autour de textes de Martin Luther King, en compagnie du choeur Bantu Gospel et d’Alphone Nzindou.

Entrée libre, participation aux frais.

 

 

 

Marques d’amour généreux en pleine guerre en République Démocratique du Congo

À Kikwit, des survivants de la violence parlent avec (de gauche à droite) la représentante de la CMM pour l’Afrique de l’Ouest, Francisca Ibanda de la République Démocratique du Congo, le président de la Commission Diacres, Siaka Traoré de la Côte d’Ivoire, et Daniel Geiser de Suisse.

Aimer les gens généreux de la République Démocratique du Congo (RDC) n’est pas difficile, mais le mal présent dans la région rurale du Kasaï de ce pays verdoyant, est difficile à comprendre.

En décembre 2017, les survivants de la guerre civile racontèrent à une délégation de la Commission Diacres de la Conférence Mennonite Mondiale les attaques surprises de leurs villages par la milice en maraude. Avec des armes à feu ou des couteaux, ces groupes massacrèrent les hommes et les garçons et tout ceux qui étaient en lien d’une manière ou d’une autre avec le gouvernement.

Les victimes agonisèrent devant leur propre famille, devant des femmes et des enfants qui pouvaient eux-mêmes être agressés ou tués. Les villages sont en ruines ; des milliers de personnes ont fui à pied. Les survivants traumatisés ont tout perdu – leurs biens et leurs terres, leur famille, leur communauté. Certains ont des cicatrices à cause de la torture. La plupart ne retourneront jamais sur leur lieu de naissance.

Je faisais partie de la délégation qui s’est rendue sur place en visite pastorale, et je suis rentré chez moi rempli de gratitude pour les mennonites de la RDC qui nous ont recus avec tant de générosité et d’amour malgré leurs souffrances.

Dans un pays aux dificultés économiques et politiques écrasantes, les mennonites remplissent les lieux de culte avec des chants vibrants et un message d’espoir et de réconciliation. Nous avons vu des mennonites dans les villes de Kikwit et de Kinshasa s’occuper de personnes déplacées de n’importe quelle tribu dans un pays où il est courant de ne s’occuper que de ses propres parents ou des membre de sa propre tribu.

Un groupe de survivants traumatisés a rencontré notre délégation à l’ Église Frères Mennonites Nouvelle Jerusalem à Kikwit. Les histoires d’agonie qu’ils m’ont racontées m’ont donné envie de voir l’accomplissement de la vision de Jean : « Lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. » (Apocalypse 21).

Les causes du chaos dans certaines parties de la RDC sont due à la lutte pour le contrôle des mines de diamants et d’or, aux rivalités entre tribus, aux rébellions politiques, aux interventions étrangères et aux activités criminelles. Les personnes fuyant les soulèvements doivent endurer des semaines voire des mois de danger en parcourant des centaines de kilomètres jusqu’à Kikwit ou d’autres villes. Les femmes accouchent pendant ce trajet dangereux vers la sécurité.

Lors de notre visite, j’ai souvent pensé à Michael J. Sharp, un jeune mennonite de ma communauté d’origine aux États-Unis, qui a été assassiné dans la région du Kasaï l’an dernier lors d’une mission de paix des Nations Unies. La mort de Michael m’a touché profondément, moi et beaucoup d’autres personnes de la CMM. Que doivent sentirent nos frères et sœurs de la RDC qui subissent eux-mêmes d’innombrables pertes ?

Le Mennonite Central Committee et d’autres organisations anabaptistes réagissent à la crise en RDC, et la CMM a aidé à coordonner la communication entre les différentes agences. Dans un projet appelé Opération Bon Samaritain, les mennonites de Kikwit qui ont peu d’argent pour apporter des secours ont ouvert leurs maisons pour accueillir des survivants qu’ils ne connaissent même pas.

Nous avons rencontré un médecin congolais mennonite épuisé qui soigne des personnes déplacées à Kikwit et qui nous a raconté combien il était difficile ou impossible d’obtenir des médicaments de première nécessité.

Il y a plus de 400 tribus en RDC, ce qui crée des tensions même chez certains anabaptistes. Mais l’amour pour tous que nous avons vu à Kikwit est un modèle pour l’église mondiale. Francisca Ibanda, de Kinshasa, représentante régionale de la CMM pour l’Afrique de l’Ouest, a déclaré : « Ce n’est pas un problème d’avoir des tribus, parce que dans le Christ, les tribus peuvent travailler ensemble. Nous pouvons aimer même les personnes qui sont de tribus censées être ennemies. »

Communiqué de la Conférence Mennonite Mondiale écrit par le président J. Nelson Kraybill