« Martin Luther King, la force d’aimer » : un documentaire avec des mennonites comme témoins

A l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Martin Luther King, signalons un très bon documentaire intitulé « Martin Luther King : la force d’aimer », écrit et réalisé par Audrey Lasbleiz.

D’une durée de 30 minutes, il retrace le parcours de l’apôtre de la non-violence, avec des images d’archives, le point de vue de sa fille cadette Bernice King, la parole de spécialistes comme Serge Molla, Sylvie Laurent, Alain Foix, et de Jean-Claude Girondin et Frédéric de Coninck, tous deux engagés au sein des Eglises mennonites de France.

Le combat politique de MLK pour l’égalité raciale, contre les injustices économiques et la guerre du Viet-Nam est mis en perspective avec sa foi, ses interrogations et sa conviction que « l’univers penche du côté de la justice ».

Visionner le documentaire.

A paraître : Jean-Claude Girondin a écrit « Martin Luther King : le rêve de la « communauté bien-aimée », un livre à paraître dans les prochaines semaines aux Editions Mennonites dans la collection des Dossiers de Christ Seul.

CME 2018 : rendez-vous au stand des Editions Mennonites !

Lors de la Conférence Mennonite Européenne à Montbéliard (Axone) du 10 au 13 mai 2018, les Editions Mennonites tiennent un stand.

Venez y faire un tour pour rencontrer les personnes engagées à divers titres aux Editions Mennonites (Conseil d’administration, comité de rédaction, comité des Dossiers de Christ Seul), pour donner votre avis sur nos publications ou les découvrir, en profiter pour faire vos emplettes, pour vous, pour d’autres, pour votre Eglise !

A bientôt !

 

Prédication du 22 avril 2018 | Marc K. | « Qu’est-ce que cela change d’être chrétien ? » (Philémon 1-25)

L’Apocalypse – Les coulisses de l’Histoire, par Nicolas Farelly, est paru !

Aujourd’hui, beaucoup renoncent à la lecture du livre de l’Apocalypse parce qu’il leur apparaît hermétique. D’autres y puisent de quoi décoder sans fin les signes des temps, toujours réinterprétés…

De manière claire et pédagogique, Nicolas Farelly propose une autre approche, comme pour tout texte biblique : la prise en compte du genre littéraire et du contexte historique du 1er siècle apr. J.-C.. Il fournit des clés de compréhension de l’ensemble du livre et de ses nombreux symboles. Enfin, l’auteur propose de lire ce livre comme une pièce de théâtre en quatre actes : 1. Satan à l’offensive – 2. Le prophète parle – 3. Dieu juge – 4. Dieu renouvelle.

Où l’on découvre que, face au mal présent dans le monde, de manière dramatique ou subtile, Dieu est à l’œuvre dans les coulisses, victorieux par l’Agneau immolé, appelant ses disciples à sa suite.

Au final, le lecteur comprend que l’Apocalypse est « un livre pour tous les temps et tous les chrétiens, dans un monde aux principes asservissants. » (Claude Baecher, 4e page de couverture)

 

L’auteur

Nicolas Farelly est pasteur de l’Eglise Evangélique Baptiste de Compiègne, professeur associé de Nouveau Testament à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine, et rédacteur en chef des Cahiers de l’Ecole pastorale. Il intervient comme enseignant ponctuel au Centre de Formation du Bienenberg. Il est marié à Alison et ils sont parents de trois enfants.

 

Commandes

L’Apocalypse – Les coulisses de l’Histoire, Dossier de Christ Seul 1/2018, Editions Mennonites, Montbéliard, 88 pages, 9 €.

Un mois sans supermarché

Au mois de février 2018, Adèle et Priscilia ont observé un « mois sans supermarché ».

QUEL A ÉTÉ LE DÉCLENCHEUR DE CETTE ACTION ?

Priscilia : Cela faisait déjà environ deux ans que j’essayais d’aller plutôt acheter les aliments au marché, à la ferme urbaine ou à l’épicerie où tout est en vrac. Mais l’élément déclencheur a été un flyer avec des explications sur cette action. Cela m’a convaincue de tenter l’expérience.

Photo : www.pixabay.com

QUELS SONT LES DÉFIS ?TÉ

Adèle : Un des défis a été de trouver certains produits. Nous avons découvert que nous pouvions en trouver certains dans les magasins « acceptables » (par ex. le dentifrice), mais pas d’autres (cartouches d’encre).

Priscilia : J’ai aussi constaté qu’il me fallait être beaucoup plus organisée : penser à prendre des sacs en tissu par exemple ou des bocaux avant d’aller faire les courses en vrac ; faire un crochet par le marché le jeudi soir.

 

QUELLES SONT LES DÉCOUVERTES ?

Adèle : Sincèrement, je ne pensais pas que nous allions tenir un mois. Cela a été possible, entre autres, parce que nous avions certains produits en réserve.

Priscilia : Je me suis rendu compte qu’en cherchant, je trouvais beaucoup plus de produits que ce que j’avais imaginé au départ. Le fait de devoir anticiper les achats a été le coup de pouce pour recommencer à cuisiner, et de surcroît plus sainement…

COMMENT CETTE ACTION A INFLUENCÉ VOTRE MODE DE CONSOMMATION ?

Adèle : J’ai développé le réflexe de me dire : « C’est jeudi, il faut que j’aille au marché ». Je me pose aussi plus consciemment la question : à quoi je veux vraiment faire attention ? Pour moi, il est plus important de consommer local et de saison que de ne pas aller du tout au supermarché.

CETTE ACTION A AUSSI ÉTÉ UN LIEN AVEC VOTRE FOI…

Adèle : Pour moi, le croyant est responsable de ses actions. Ce mois m’a permis de prendre conscience de certains gestes quotidiens : peut-être que, sans m’en rendre compte, j’ai un mode de vie égoïste par rapport à des personnes vivant dans des pays du Sud…

Priscilia : Je crois que Dieu nous demande de prendre soin de sa Création, alors que notre mode de consommation détruit la planète. Cette action nous apprend à nous contenter de ce que nous avons, à être parfois un peu frustrés, à bousculer nos habitudes.

QUE RECOMMANDEZ-VOUS À DES PERSONNES QUI VOUDRAIENT SE LANCER ?

Adèle : Il faut… se lancer ! Mais tout faire pour se « forcer » : pour développer le réflexe de chercher certains produits ailleurs, il faut vraiment bannir les grandes surfaces. Avant de vous lancer, renseignez-vous sur les petits magasins, marchés, fermes à proximité. Un mois, ça passe si vite !

Priscilia : Parlez-en autour de vous : cela suscitera curiosité et enthousiasme, plus que l’on ne le pense. Et les gens vous questionneront : où en êtes-vous ? Cela vous encouragera à poursuivre le défi.

Propos recueillis par Samuel Ninck, ChristNet

Pour aller plus loin…

www.christnet.ch  (forum chrétien de réflexion sociale, économique et environnementale)

Pour la réconciliation dans une Europe divisée.

L’assemblée générale de Church and Peace aura lieu au nord de Londres du 21 au 24 juin 2018. Après les formalités d’usage des assemblées générales, le réseau européen proposera un temps de conférences, d’ateliers et d’échanges. Encouragés par la vision du psalmiste où « la justice et la paix s’embrassent » (Ps 85.11), les membres du réseau souhaitent approfondir leur réflexion théologique et politique autour du concept de la « paix juste ». Une Europe de plus en plus divisée a besoin de réconciliation et de paix, et chacun peut y jouer un rôle.

LA PAIX JUSTE PLUTÔT QUE LA GUERRE JUSTE

Illustration : Church & Peace

Le Conseil Œcuménique des Églises (COE), lors de ses rassemblements à Kingston en Jamaïque et à Busan en Corée du Sud, a impulsé un Pèlerinage de Justice et de Paix. Toutes les personnes de bonne volonté y sont invitées à agir pour la paix juste dans quatre contextes : dans la communauté (au niveau local), sur les marchés (au niveau économique), avec la Terre (au niveau écologique) et entre les peuples (au niveau international). C’est la théorie de la « guerre juste » qui prédomine dans l’ensemble des Eglises chrétiennes, y compris au sein des Eglises évangéliques et dans les Eglises du mouvement oecuménique : le Pèlerinage a pour but d’interroger ces dernières et de les réorienter vers la théorie de la « paix juste ». Church and Peace s’inscrit dans ce pèlerinage en tant que réseau œcuménique de communautés chrétiennes, d’Églises et d’organisations engagées en faveur de l’Église de paix.

Des personnes représentant différentes traditions chrétiennes de toute l’Europe se retrouveront lors de la conférence pour vivre des temps de célébration, approfondir la spiritualité et le langage de la non-violence, réfléchir aux défis de l’injustice et de la violence, et pour s’encourager les unes les autres à des actions concrètes.

ATELIERS PASSIONNANTS

Les ateliers du samedi après-midi couvriront des sujets passionnants et variés, comme la désescalade et le dialogue dans le conflit armé en Ukraine, la campagne pour le désarmement nucléaire, la transmission de l’art de la paix aux enfants ou encore la paix juste dans l’économie.

Cela vous intéresse ? Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 28 mai, et les curieux sont les bienvenus !

Pour aller plus loin…

Inscriptions sur www.church-and-peace.org/fr/assemblee-generale-et-conference-internationale

L’église, école de danse !

Je reconnais volontiers que qualifier l’Eglise d’école de danse est quelque peu audacieux, car la danse n’est pas vraiment une tradition très développée chez les mennonites. L’impulsion pour mes réflexions est venue d’une citation du théologien croate Peter Kusmic : « L’espérance, c’est écouter la musique de l’avenir. La foi, c’est danser sur cette musique. »

AU COMMENCEMENT…

Bien des années plus tôt, le théologien mennonite Vernon Eller, dans son livre War and Peace from Genesis to Revelation, avait décrit la condition de l’être humain créé en image de Dieu par la métaphore du danseur. Avec l’être humain, Dieu s’est créé un vis-à-vis invité à écouter la musique du ciel et à s’approprier harmonieusement le pas du Créateur. L’homme est en quelque sorte destiné à être le danseur de Dieu. C’est ainsi que la vie sera réussie. Ainsi pourra apparaître une qualité de vie nommée shalom dans la langue hébraïque. C’est très bon. Tout est dans le rythme. La vie est une danse en harmonie avec Dieu, mais aussi les uns avec les autres dans la communauté humaine.

CHUTE DU DANSEUR…

Mais, et ce n’est pas un secret, l’homme a décidé et décide toujours à nouveau de danser sur une autre musique et il s’est mis alors à trébucher. L’humanité a perdu le bon rythme. Au lieu de danser, l’humanité trébuche d’un scandale à un autre, d’une crise à une autre, d’une guerre à une autre et par là, d’un malheur à un autre.

SOUHAITS DE RELÈVEMENT

Photo :www.shutterstock.com

Mais le Créateur ne laisse pas ses créatures trébucher définitivement dans le malheur. « Dieu nous cherche. C’est la trame de la Bible »(« God seeking us is the drama of the Bible »), dit le missiologue mennonite David Shenk de façon pertinente. Pour rester dans notre comparaison, Dieu cherche l’être humain qui trébuche et aimerait le récupérer comme danseur. Si l’être humain se remettait à écouter la musique du ciel et à s’approprier le pas de son Créateur, il pourrait retrouver le shalom. L’auteur du Psaume 73 confesse dans sa prière : « Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien. » Il emploie le même mot – en hébreu – que celui du récit de la création qui dit : tout était très bon.

LE FONDATEUR DE L’ÉCOLE

Et finalement, Dieu vient lui-même, en Jésus-Christ, dans ce monde pour chercher ses créatures. Et que fait-il ? Il fonde une école. Il devient enseignant et appelle des élèves à le suivre. Est-ce trop osé de dire qu’il fonde une école de danse ? Il invite ses créatures à être tout près de lui (Mc 3.13-14) et à devenir ses amies (Jn 15). Auprès de lui, elles entendent la musique du ciel, par ex. dans le Sermon sur la Montagne, et son exemple leur montre comment on danse sur la musique du ciel dans ce monde. Cette danse n’est pas dénuée de risques dans un monde où d’autres rythmes battent la mesure.

L’ÉGLISE COMME ÉCOLE DE DANSE

Il ne reste maintenant qu’un pas à faire vers ma proposition de voir la communauté chrétienne comme une école de danse, un lieu où l’on perçoit la musique du ciel, une communauté qui s’entraîne à retrouver le rythme de Dieu. Nous en sommes encore à l’entraînement, cela s’avère évident dans la confrontation avec les réalités de nos communautés et de nos vies. Mais nous nous aidons les uns les autres. Et l’Esprit de Dieu veut diriger nos pas. Ensemble, nous progressons et notre marche trébuchante s’affermit pour devenir une danse sur la musique de Dieu.

AU DIAPASON

Tout cela vient éclairer le sens et le but de nos cultes. Ils doivent nous rendre capables d’écouter la musique du ciel dans notre quotidien et de danser sur cette musique. Ainsi nous deviendrons sel et lumière du monde, dit Jésus. à notre façon de danser, le monde reconnaîtra qui dirige la musique dans notre vie (Jn 13.34-35).

Bienvenue dans l’école de danse du Dieu trinitaire !

Traduction : Frieda Manga

Jeunes Européens : Le christianisme n’est plus la religion par défaut

LES CHIFFRES

Le fait le plus marquant du rapport est le pourcentage élevé de jeunes adultes affirmant n’avoir aucune religion­ – plus de 50 % dans la plupart des pays, avec 91 % en République tchèque. à l’exception de trois pays (Pologne, Portugal et Irlande), le pourcentage de jeunes assistant aux services religieux hebdomadaires ne dépasse pas 10 %. Moins d’un quart des jeunes disent prier au moins une fois par semaine. Dans la majorité des pays, plus de 50 % des personnes interrogées disent ne jamais prier.

La France ne fait pas figure d’exception ; elle se trouve aux côtés des pays les moins religieux d’Europe. Si 25 % des jeunes Français s’identifient encore au christianisme, 64 % ne revendiquent aucune appartenance religieuse. 56 % d’entre eux disent ne jamais aller aux offices religieux, et 65 % disent ne jamais prier. La fréquentation de l’Eglise n’est pas particulièrement élevée, même parmi les jeunes Français qui se déclarent chrétiens. Seulement 17 % des jeunes catholiques français disent assister à la messe une fois par mois ou plus.

PAS D’EXPLICATION SIMPLE

Photo : www.pixabay.com

Il est difficile d’expliquer ces résultats par les différences entre pays étudiés. Un demi-siècle de régime communiste a réussi à étouffer le christianisme en République tchèque, alors qu’en Pologne, le catholicisme est resté vivace. Dans les pays ayant connu le pluralisme religieux, on trouve une très faible pratique (Royaume-Uni, Pays-Bas) et ailleurs, une pratique plus élevée (Suisse). Là où une seule religion est traditionnellement dominante, la pratique peut être très faible (Suède, France) ou moins faible (Irlande).

TRANSMISSION

Pour ceux qui cherchent les signes d’un regain d’élan du christianisme en Europe, ce rapport ne rassure guère. On fera valoir que la pratique religieuse est toujours moins élevée chez les jeunes que chez leurs parents ou leurs grands-parents. Mais ce rapport témoigne d’un christianisme qui peine à se transmettre d’une génération à l’autre. Pour Stephen Bullivant, sociologue et auteur du rapport, « le christianisme comme religion par défaut est fini, probablement pour toujours, ou au moins pour le siècle à venir ».

Même si les Eglises mennonites résistent mieux que d’autres à ces tendances, nous ne sommes pas à l’abri. Notre foi est, plus que jamais, une anomalie dans une société sécularisée ; nos jeunes le ressentent de plus en plus. Ne prenons pas comme acquis la présence mennonite dans le paysage religieux de la France. A nous de parler de notre foi à nos enfants et à nos jeunes !

 

Pour aller plus loin…

Stephen Bullivant, Les jeunes adultes et la religion en Europe, Saint Mary’s University, Twickenham, mars 2018. Disponible ici.

 

Prophètes itinérants à l’heure d’internet

Les intervenants ponctuels dans une Église locale apportent aux auditeurs de la fraîcheur et suscitent une écoute accrue. Le prédicateur invité, lui, s’accorde une liberté de parole plus grande que parmi les siens, quant au contenu voire au ton. Les bénéfices apportés par une parole venue d’ailleurs sont indéniables. Les disciples de Jésus eux-mêmes sont invités à se faire messagers de paix et à se livrer à l’accueil accordé – ou pas (Mt 10.11-15).

L’intervenant invité dans une assemblée est appelé à respecter une déontologie : résister à susciter la fascination pour sa personne, à se faire des fans, renoncer à l’abus de pouvoir lié à son statut d’intervenant de passage ; soumettre sa parole au discernement de l’assemblée et en être redevable d’une manière ou d’une autre.

Une communauté à l’écoute d’un prédicateur de passage est appelée, elle, à « juger » (1Co 14.29) les paroles prononcées au fi ltre de l’enseignement du Christ, et à en repérer les fruits (Mt 7.15-20).

CRITÈRES

La problématique des « prophètes itinérants » est ancienne. On en trouve la trace dans la Didachè, un document datant peut-être de la fi n du 1er siècle. On y lit : « Que tout apôtre arrivant chez vous soit accueilli comme le Seigneur. Mais il ne restera qu’un jour, deux à la rigueur. S’il reste trois jours, c’est un faux prophète. À son départ, que l’apôtre ne reçoive rien, sinon le pain dont il a besoin pour la route. S’il réclame de l’argent, c’est un faux prophète. […] Tout prophète qui enseigne la vérité sans conformer ses actions à ses paroles est un faux prophète. »

À l’heure d’Internet, les prophètes itinérants et les prédicateurs de passage s’invitent… sur nos écrans et dans nos salons. Pratiquons- nous un discernement éclairé ? Ils pourraient être « déguisés en moutons » (Mt 7.15). Comment les recevons-nous ? Ils pourraient être envoyés par le Grand Patron.

Prédication du 15 avril 2018 | Michaël H. | « L’état de mes relations reflète ce qui domine ma vie » (Mt 18.21-35)