Prédication du 22 juillet 2018 | Fritz G. |

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Prédication du 15 juillet 2018 | Michael H. | « Déjà manger à notre table… »

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Une cène, plusieurs sens

Au centre du culte chrétien se trouvent le souvenir et la reconstitution de la façon dont Dieu en Jésus nous libère de l’esclavage et nous incorpore dans son Royaume. Cette histoire du salut est remémorée au moment de la cène depuis les origines de l’église. Le partage du pain, signe du corps du Christ, et du vin, signe de la nouvelle alliance en son sang, est un acte institué par le Seigneur lui-même.

La cène rappelle l’œuvre de rédemption et le salut opéré par Dieu en Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu. Par son acte de rédemption à travers la croix et la résurrection, Jésus donne un nouveau sens au repas de la Pâque juive. Il introduit ses disciples dans un nouvel exode hors de l’esclavage du péché et du mal.

Dans la théologie des premiers anabaptistes, la célébration de la cène est fondamentale pour renouveler l’alliance baptismale avec Dieu et les autres membres de l’église. Elle définit et façonne la vie des chrétiens en tant qu’individus et en tant que communauté. La manière dont les croyants comprennent et vivent la signification de cet acte dans leur vie individuelle et collective reflète la nature de leurs relations avec Dieu et les uns avec les autres. La cène n’est pas seulement le souvenir de la mort du Christ, mais aussi un repas de guérison, de rémission des péchés, de renouvellement et de transformation.

LES MOTS POUR LE DIRE

Cène à Protestants en fête, octobre 2017, Strasbourg

Les désignations différentes de cet acte peuvent nous aider à comprendre et à vivre les différentes significations de la cène.

Le repas du Seigneur (1Co 11.20 ; Ap 19.9) souligne le fait que Jésus est source et centre de la cène, l’hôte qui nous demande de la célébrer jusqu’à ce qu’il revienne (1Co 11.23-26).

La cène ou sainte cène (cena en latin, repas du soir) nous ramène au dernier repas pascal de Jésus avec ses disciples.

La communion évoque de manière forte notre relation avec le Seigneur qui nous fait la grâce de sa présence. C’est un signe visible par lequel nous célébrons la paix et la communion avec Dieu, ainsi que les uns avec les autres (Mt 26.20-22 ; Jn 15.1-8 ; 1Jn 1.1-7). Le mot « communion » rassemble la foi, la réconciliation, un réengagement individuel et communautaire, ainsi que la mission.

Le terme eucharistie vient d’un mot grec qui signifie « rendre grâce » (1Co 11.24), rappelant que notre première réponse à l’amour de Dieu en Christ est la reconnaissance (Mt 26.26-29 ; 1Co 11.24 ; Lc 17.11-19).

Bien que chaque nom suggère un aspect particulier du repas, ils sont tous centrés sur la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, qui renferment toutes les significations qui en découlent. Puisque la Bible n’ordonne pas une seule manière de célébrer la cène, n’hésitons pas à être créatifs et à varier les façons de la commémorer en utilisant ces aspects comme thèmes.

PASSÉ, PRÉSENT, FUTUR

La cène proclame la rédemption, la libération et le pardon procurés par le Seigneur. Elle rappelle le processus spirituel de la repentance, le renouvellement de notre alliance baptismale avec Dieu, notre engagement au sein de la communauté des croyants, et la nouvelle vie à la suite du Christ. Le pain partagé concerne non seulement la vie intérieure et spirituelle des croyants, mais aussi la vie extérieure, impliquant une « nouvelle façon radicale de vivre ». C’est un repas d’action de grâce, une célébration de la victoire du Christ sur le péché, la mort et le mal. Elle concerne le passé et le présent, mais elle fait également porter nos regards vers l’avenir et l’anticipation du retour de Christ (« jusqu’à ce qu’il vienne »), lorsque nous verrons la rédemption de toute la création. Nous y participons « déjà mais pas encore » par cet avant-goût du festin des noces de l’Agneau (Ap 19.7-9 ; 3.20). Que la fête commence !

Où est le Christ dans la cène ?

Où est le Christ dans la cène ? Les gens répondent parfois à cette question ou à d’autres types de questions théologiques par « selon la tradition mennonite…», comme si cette tradition impliquait une seule réponse concluante. Mais nous devrions être attentifs au fait que la question de savoir où est le Christ dans la cène peut appeler plus d’une seule réponse¹.

DANS L’AMOUR FRATERNEL

Par exemple, Balthasar Hubmaier († 1528) conceptualisa la présence du Christ comme étant immanente à l’amour entre frères et sœurs. Comme le Christ l’a promis, le partage du pain et du vin devient une réaffirmation visible de son amour, mais c’est dans la fraternité même de la communauté qu’il est présent – cette présence n’étant pas attachée au pain et au vin.

Ainsi la communauté devient le véritable signe de l’amour du Christ et doit vivre en accord avec cette essence eschatologique. La ligne de pensée de Hubmaier était très en vogue parmi les théologiens mennonites modernes après la Seconde Guerre mondiale (comme H. Bender, J.H. Yoder et D. Weaver) qui aspiraient à conceptualiser la communauté comme une société engagée à contre-courant.

DANS LE GESTE SYMBOLIQUE

D’un autre côté, Pilgram Marpeck († 1556) percevait la présence du Christ dans l’action même de partager le pain et le vin. Selon ce point de vue, la cène est un acte symbolique donné par Dieu exprimant l’amour inconditionnel du Christ. Tout comme un cadeau peut devenir un signe d’amitié, ainsi en est-il de la cène : quelque chose de celui qui donne vient avec le cadeau, et en même temps, lorsque ce cadeau est reçu avec amour, le cadeau devient l’expression symbolique d’un amour et d’une loyauté mutuels. Le point de vue de Marpeck est étonnamment similaire à la conception moderne du sacrement comme « échange symbolique²» (Louis-Marie Chauvet).

DANS UN BANQUET NUPTIAL

Vient ensuite l’apport de Menno Simons († 1561) sur la cène vue comme un banquet de mariage. D’aucuns prétendent que Menno Simons n’était pas un mystique³, mais nul doute qu’il adopte une vieille image mystique pour exprimer comment le corps commun (la communauté des croyants) célèbre son lien avec le divin époux (Christ).

Lorsque l’on veut mettre des mots sur les manières dont Christ est présent quand nous partageons le pain et le vin en son nom, ces trois conceptions « traditionnellement mennonites » de la cène nous indiquent, il me semble, que la présence du Christ peut être exprimée de différentes manières.

Traduction de l’anglais : Valentin dos Santos

Notes

1. John D. Rempel a montré la diversité des théologies eucharistiques parmi les premiers anabaptistes dans son étude, The Lord’s Supper in Anabaptism. A Study in the Christology of Balthasar Hubmaier, Pilgram Marpeck, and Dirk Philips, Scottdale, USA, 1993.

2. Louis-Marie Chauvet, Les sacrements : parole de Dieu au risque du corps, éd. Ouvrières, 1993.

3. Joel Z. Schmidt, « The Challenge of Menno Simons’ Symbolic View of the Lord’s Supper », CGR 24:3, 2006, p. 3-26, ici p. 13.

L’écriture des langues minoritaires et l’inclusion

Selon le bilan 2017 de SIL International publié ces derniers mois¹, notre monde serait riche de plus de 7 000 langues réparties sur tous les continents, 7 099 d’après des études récentes. On peut dès lors se livrer à différentes sortes d’arithmétique selon que l’on considère ces langues du point de vue de la traduction de la Parole de Dieu ou du point de vue de leur statut :

 

Quand on appartient à une communauté minoritaire, être inclus fait partie des interrogations quotidiennes : être inclus dans la société, dans l’éducation, dans la justice, le développement, les opportunités économiques…

QUE SIGNIFIE « ÊTRE INCLUS » ?

Photo : Rachel Wolverton – Alphabétisation en classe

C’est avec cette question que Michel Kenmogne introduit le bilan 2017 de SIL International. Ce bilan fait chaque année le point sur les progrès réalisés dans la traduction de la Bible et la situation des langues minoritaires dans le monde. Michel, notre nouveau directeur général depuis deux ans, a grandi dans les prairies de la région ouest du Cameroun. Sa langue, le ghomálá’, est l’une des 280 langues parlées dans le pays.

Il écrit : « Depuis mon enfance, cette langue m’a fourni les mots et les concepts qui exprimaient ma rencontre avec le monde et formaient ma personnalité. Aussi, le ghomálá’ est plus qu’un simple moyen de communication pour moi. Quand quelqu’un me parle dans cette langue, les mots transmettent un message, mais ont aussi le pouvoir de remuer en moi des émotions profondes en évoquant les expériences de mon enfance et en me rappelant qui je suis véritablement.

Mais au fil des ans, j’ai aussi expérimenté la douleur de devoir me renier, ainsi que la langue que je parlais à la maison, pour pouvoir accéder à l’éducation et jouir d’un meilleur statut socio-économique. C’est la tragédie des locuteurs de bien des langues minoritaires du monde. Certains se débrouillent pour maîtriser assez de compétences dans les langues dominantes et réussir dans la vie. Mais la plupart abandonnent en route le système scolaire et finissent aux marges de la société avec le sentiment de n’être que des citoyens de seconde zone…

Il est possible de commencer à corriger ces injustices en œuvrant pour une société où les locuteurs de toutes les langues soient inclus. Dans une telle société, les options pour l’utilisation des langues permettent à tous d’affirmer leur identité et leur dignité. Dans une telle société, le potentiel de chacun est libéré par un accès inclusif à l’éducation, aux ouvertures socio-économiques, ainsi qu’à un éventail de ressources pour une croissance spirituelle.

Je fais le rêve que le jour vient où tous seront inclus dans l’accès à une meilleure vie, quelle que soit la langue qu’ils parlent ou signent, quel que soit le système d’écriture qu’ils utilisent pour lire et écrire leur langue, quel que soit le support, écrit ou oral, qui répond à leurs besoins.

Merci de vous tenir aux côtés de SIL dans cet effort. »

VARIÉTÉ LINGUISTIQUE

SIL travaille depuis des décennies aux côtés des états sud-américains, asiatiques et africains pour développer des modèles éducatifs qui prennent en compte la variété linguistique. Certains pays en sont encore à une phase expérimentale. D’autres sont plus avancés. Au Burkina Faso, il y a encore du chemin à faire. Notre équipe SIL compte aujourd’hui dans ses rangs une spécialiste en éducation multilingue (EML) et nous avons bon espoir de pouvoir contribuer dans l’avenir aux efforts d’inclusion dans l’éducation.

Une spécialiste EML au Cameroun déclare : « Quand un enfant va à l’école dans sa propre langue, il continue à apprendre des concepts sur la base de ce que ses parents lui ont déjà enseigné à la maison. Maintenant si la langue qu’on parle à l’école est différente, tout ce que l’enfant a pu recueillir comme ‘‘bagage de connaissance’’ doit être vidé dès le premier jour d’école. »

Paul Solomiac, SIL Afrique de l’ouest, consultant en linguistique, directeur des services aux communautés linguistiques

Pour aller plus loin…

1. https://spark.adobe.com/page/c5RTGPKoDapgE

Sur les écoles bilingues en Corse : https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/corse/langue-corse-trois-ecoles-maternelles-mode-immersif-rentree-2018-1446553.html

 

Changer son Église ou la fuir ?

À tout âge, mais peut-être particulièrement lorsque l’on est jeune, on attend de notre Église qu’elle nous apporte un certain nombre de choses : un culte dynamique avec une prédication claire et pratique, des personnes authentiques auxquelles nous pouvons nous confier sans être jugés, des projets stimulants, etc.

Quelles que soient nos attentes, il peut arriver que notre Église ne les comble pas. Et après un certain temps, on peut se poser cette question : est-ce que ma place est bien ici ? Et ensuite : est-ce que je me bouge pour faire changer les choses ou est-ce que je m’en vais ?

Tu te poses cette question en ce moment ? Quelques pistes pour t’aider dans ta réflexion.

L’ÉGLISE PARFAITE N’EXISTE PAS

Peut-être que tu le sais déjà. Mais ça ne coûte rien de le rappeler.

Une Église est composée de personnes tellement différentes, avec des goûts, des parcours de vie, des convictions, des aspirations, des caractères tellement différents : on aurait tort de penser qu’une Église dans laquelle tout le monde est à 100 % satisfait existe.

Dans son livre De la vie communautaire, Dietrich Bonhoeffer note que « celui qui rêve de l’image idéale d’une communauté, exige de Dieu, des autres et de lui-même qu’elle se réalise. Il se présente dans la communauté des chrétiens avec ses exigences, érige une loi qui lui est propre et en fonction de laquelle il juge les frères et Dieu lui-même. […] Ce qui ne va pas selon sa volonté, il le considère comme un échec. »

Soyons réalistes et pas trop exigeants envers nos communautés.

Cela dit, aspirer à un idéal pour son Église n’est pas une mauvaise chose en soi.

LE DÉFI DU CHANGEMENT

Il y a peut-être des choses dans ton Église qui pourraient, selon toi, évoluer. Mais faire changer les choses demande de l’énergie, du temps. Et il y a des moments dans notre vie où l’on n’a pas tout cela à donner. Des moments où l’on a besoin de recevoir plus que de donner.

Car le chantier peut paraître impressionnant : comment faire évoluer ce qui est en place depuis si longtemps ? Est-ce à ma portée de changer la mentalité de certaines personnes ? Et dans le fond, est-ce que le changement auquel j’aspire est légitime ?

TA VOIX COMPTE

Il est important que tu fasses part de tes aspirations aux responsables de ton Église et aux autres membres pour au moins deux raisons : parce qu’en tant que membre de l’Église, tu as le droit de donner ton avis sur la manière dont les choses se passent et parce que tu es jeune et que tu es l’Église de demain.

Selon le changement auquel tu aspires, il y aura toujours des personnes qui te voleront dans les plumes. Peut-être que finalement les choses doivent être comme elles sont, parce que ça convient au plus grand nombre, que ça fait partie de l’identité de ton Église, etc.

Mais il est important de dire les choses. Et c’est là la différence entre fuir et partir. Si tu quittes ton Église sans avoir essayé d’apporter le changement auquel tu aspires, ou sans même en avoir parlé, ce sera complètement stérile.

De plus, peut-être que d’autres personnes aspirent au même changement que toi et attendent juste quelqu’un pour ouvrir la voie. Agis simplement avec humilité et équipe-toi de patience. Facile à dire, n’est-ce pas ?

L’HERBE PLUS VERTE AILLEURS ?

On aurait tort de l’affirmer, mais on aurait aussi tort de le nier. Il y a peut-être une Église quelque part où tu pourrais t’épanouir davantage.

Mais si tu partais, quelles seraient les conséquences pour ton Église ? Qu’est-ce qu’elle perdrait ?

Ton Église vaut la peine que tu t’y engages, que tu l’aimes malgré ses imperfections. Elle a une mission, et est appelée à rayonner là où elle se trouve et tu es invité à prendre part à cette mission.

Peut-être qu’on a tendance à sous-estimer la fidélité que l’on doit à son Église : « pour le meilleur et pour le pire » ?

Est-ce que tu aimes ton Église ? Suffisamment pour accepter que les choses soient comme elles sont ?

Je crois qu’il n’y a pas de mal à aller mettre son nez de temps en temps dans d’autres Églises ou rassemblements avec des styles ou des manières de faire qui te correspondent plus. Tu peux ainsi t’y ressourcer et t’inspirer pour continuer à t’engager dans ton Église.

QUE DIEU TE DIRIGE !

Jésus peut t’équiper et te précéder sur le changement auquel tu aspires, surtout si c’est aussi le changement auquel il aspire pour son Église. Peut-être souhaite-t-il t’utiliser ?

Mais si tu as essayé, si tu ne vois pas le bout, si tu sens que c’est peine perdue, ne te tue pas à la tâche. Tu as le droit d’être épanoui(e) dans ton Église.

Alors pars, mais en ayant fait le nécessaire pour ne pas avoir le sentiment de fuir.

« Fuir, c’est bon pour les robinets. » (Boris Vian)

A tous petits pas sur le chemin de l’Eglise verte

A Villeneuve-le-Comte (77), le temple est construit en périphérie du village, là où les maisons, blotties les unes contre les autres, laissent place à de vastes espaces cultivés.

Nous disposons d’un grand terrain sur lequel, grâce à la ténacité de sœur C, ont été plantés sept arbres fruitiers. Un beau jour, frère Jcq a sonné les matines et rassemblé les bonnes volontés. Les enfants surveillent l’apparition des premiers bourgeons tout en plantant des citrouilles dans un carré.

TRI SÉLECTIF

C’est une étape vers nos objectifs écologiques. Depuis quelque temps déjà, nous pratiquons le tri sélectif. Chacun sait que les bouteilles en verre rejoignent le bac vert. Pour le bac jaune, c’est compliqué. P extirpe en bougonnant les bouteilles plastiques de la poubelle pour les réorienter vers ce bac, mais il n’a toujours pas compris que, contrairement aux règles applicables chez lui, il ne faut y déposer ni papier, ni cartons. Le papier est stocké dans une caisse et quittera le temple par des voies mystérieuses et ignorées de tous, pour une destination inconnue.

Sœur R est en charge des achats. Elle se trouve confrontée à des choix difficiles : Kafépacher ou équitable ? Riz long ou brisures, selquicolle ou avec MgCO3, tisane bio ou tox…

VAISSELLE KICASS

Ch a encore trouvé de la vaisselle plastique dans un tiroir. Elle préfère le carton, qui se recycle. Ou bien sûr, la vaisselle kicass, qu’on lave au Quilavtout, à base de composés d’origine végétale. MN, qui tient les cordons de la bourse, n’apprécie pas trop le carton. Elle préfère aussi la vaisselle durable, à laver au Quidécap, dont six gouttes suffisent pour une vaisselle de 50 couverts.

COMPOST

Depuis peu, chacun est invité à déposer ses épluchures au compost. Mais pas les peaux de banane ni d’agrumes, ni rien pouvant être contaminé par un pesticide. J’ai appris qu’on pouvait y déposer certains papiers pour optimiser le mélange sec/humide, information qui reste confidentielle.

Je suis content de pouvoir faire un geste pour la planète. J’habite à 20 km et consomme 150 l /an de carburant pour les activités d’église. Il me faudrait planter 11 arbres pour absorber les 275 kg de CO2 ainsi produits.

HYBRIDE

Frère A et son épouse ont fait le bon choix. Ils roulent en hybride, ce qui leur permet de parcourir les 300 m qui les séparent du temple sans consommer une goutte de carburant.

Sur un tel sujet, nombreuses sont les occasions de disputes fraternelles. Tout ceci nous faisant progresser sur la voie de l’unité, à tout petits pas.

Faire et être

Faut-il plutôt être ou faut-il plutôt faire ?  « Les deux, mon capitaine ! »

Il est vrai que l’on peut se perdre dans le faire. Que l’on sur- fonctionne parfois ou que l’on se disperse d’autres fois. Que l’on peut n’exister que par (ou pour) son travail. Le faire peut faire faire le pire. Comme l’affirme Frédéric de Coninck dans l’ouvrage Agir, travailler, militer – Une théologie de l’action,« aucun travail ne doit nous absorber totalement ».

Mais le Dieu de la Bible est un Dieu créateur, un Dieu de l’action qui invite l’être humain à agir, comme lui et avec lui. Et les chrétiens ne peuvent s’en dispenser, eux qui suivent un Messie qui a comparé la mise en pratique ou pas (le faire) de son enseignement à la stabilité ou à la chute d’une maison (Mt 7.24-27).

Prendre soin de ses enfants ou de ses petits-enfants, mobiliser ses compétences intellectuelles et physiques, oeuvrer en faveur du bien commun par son métier, s’engager dans telle activité d’Église qui implique de nombreuses réunions parfois…, tout cela a sa place ! Ne dévalorisons pas le faire !

Mais une limite doit lui être posée. C’est le rôle du sabbat dans la Bible et dans le judaïsme jusqu’à ce jour. « Le message essentiel du sabbat porte sur la notion centrale de limite, dont il nous enseigne la positivité » (Benjamin Gross, Shabbat). On pourrait dire que, par le sabbat, l’être humain est invité à faire pendant six jours et à être le septième jour. Contre l’idolâtrie du monde et contre l’idolâtriede son propre travail, le sabbat est donné pour la justice, pour la liberté, pour retrouver en Dieu les sources de l’être. Il est bon en ce sens – parfois ou régulièrement – de s’arrêter, se (re)poser, couper tous les écrans, les sollicitations ou les asservissements technologiques, et d’être simplement et gratuitement devant Dieu. Tout cela a sa place ! Ne dévalorisons par l’être !

Alternons plutôt, comme une respiration : six jours pour faire, puis un jour pour être. 11 numéros de Christ Seul par an, puis la pause de l’été.

Bonnes vacances sabbatiques !

Prédication du 8 juillet | Bertrand R. | Marc 1.29-39

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Ils en parlent – Quand l’Eglise n’est plus au centre du village…, par Stuart Murray,

Le site « temoins.com – Pour une culture chrétienne émergente » a publié une longue recension du livre de Stuart Murray, Quand l’Eglise n’est pas plus au centre du village…, paru aux Editions Mennonites en 2017.

Sous la plume de Jean Hassenforder, l’intérêt du livre est mis en perspective, entre autres avec les travaux de Gabriel Monet, professeur à la Faculté de théologie adventiste de Collonges-sous-Salève, sur les Eglises émergentes, cela dans l’espace francophone.

« Témoins » avait invité Stuart Murray en 2003 en France pour une conférence dont on peut lire le compte-rendu ici.