Prédication du 23 septembre 2018 | Eric O. | « Devenir une belle résonance avec la non-perfection que je suis… » | Hébreux 9.1-4

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CME 2018 : les vidéos des plénières sont à nouveau disponibles !

Les vidéos des séances plénières de la Conférence Mennonite Européenne (CME) à Montbéliard du 10 au 13 mai 2018 sont à nouveau en ligne sur le site de la CME 2018.

Elles seront disponibles pour un temps limité. Si l’on souhaite les visionner ultérieurement ou les conserver, il faut donc les télécharger.

Par ailleurs, 576 photos de la CME 2018 sont disponibles ici.

Enfin, le spectacle d’ouverture, « Loin de chez nous », qui retrace 500 ans d’histoire anabaptiste-mennonite, est disponible en DVD. Plus de 200 personnes ont participé à la réalisation de ce spectacle. Commandes : contact@cme2018.com au prix de 20 €.

AEDE : un nouvel aumônier

Après le départ de Thierry Seewald, un nouvel aumônier, catholique, a pris le relais à l’AEDE (Association des établissements du Domaine Emmanuel), qui accueille des personnes en situation de handicap.

Christ Seul : Quelles sont les raisons vous ayant convaincu de vous engager comme aumônier au sein de l’AEDE ?

Frère Marc : Je suis en charge de la Pastorale des Personnes Handicapées du diocèse de Meaux depuis près de 10 ans, et dans ce cadre, j’accompagne déjà de nombreux résidents de l’AEDE. J’ai ainsi pu développer une relation de confiance avec le pasteur Thierry Seewald, dont j’ai toujours apprécié l’engagement et l’ouverture d’esprit. Il a permis une collaboration amicale et efficace qui a porté des fruits. Je lui en suis très reconnaissant.

L’AEDE est à ce jour la seule association de la région qui assure la présence de l’aumônerie au sein de tous ses établissements. J’ai conscience que c’est un trésor qu’il faut protéger et développer !

Par ailleurs, j’ai toujours apprécié le professionnalisme de l’association et de ses cadres, que j’ai pu fréquenter dans le cadre de mon travail de Directeur d’établissement.

C’est donc avec enthousiasme que je m’engage dans cette mission. Je sais pouvoir m’appuyer sur une belle équipe de bénévoles, dont je connais le dynamisme et la générosité, ainsi que sur le soutien des frères de ma communauté.

C.S. : Quel est le rôle d’une aumônerie auprès de personnes en situation de handicap ?

Frère Marc : Les personnes en situation de handicap sont capables d’une profonde vie spirituelle. Elles sont même souvent pour nous des modèles par la sincérité de leur foi ; mais cette foi a besoin d’être soutenue par une communauté de vie chrétienne, aussi bien dans le quotidien que lors des événements importants de la vie.

Dans les établissements, l’aumônerie doit jouer ce rôle, en proposant des temps de célébration, de partage, de prière ou de catéchèse. Elle doit également permettre aux résidents de développer des liens à l’extérieur de l’établissement, par les collaborations avec les Églises locales et les paroisses. Cette dimension paraît d’autant plus importante qu’un certain nombre de résidents n’ont que peu de relations avec leur famille.

C.S. : Vous êtes le premier aumônier catholique au sein d’une institution issue des églises mennonites de France. En quoi est-ce une chance et quels sont les écueils à éviter ?

Frère Marc : Je considère avant tout cela comme un honneur et une responsabilité. Je m’inscris dans l’histoire d’une institution et je veillerai à y être fidèle. Je compte pour cela sur le soutien et les conseils des membres de la Direction et du Comité d’aumônerie. Par un travail commun respectueux et attentif, nous aurons la grâce d’un véritable enrichissement mutuel.

Autour des personnes en situation de handicap, nous apprenons à abandonner nos certitudes, à dépasser les barrières et à nous émerveiller des dons donnés par Dieu à chacun. « Chacun reçoit le don de l’Esprit en vue du bien de tous » (1Co 12.7) : c’est, je le crois, ce qui est déjà vécu aujourd’hui au sein de l’aumônerie de l’AEDE, animée par des équipes de bénévoles issus de différentes traditions chrétiennes. Avec l’aide de l’Esprit, nous sommes ainsi appelés à faire communauté autour du Christ, qui seul fait notre unité.

Pour cela, il faut chercher à proposer non pas le plus petit dénominateur commun, mais une expression de la foi riche des dons et traditions de chacun, afin que tous les résidents puissent y trouver l’environnement favorable à l’épanouissement de leur vie spirituelle.

Propos recueillis par Michel Sommer

Présentation en bref

Marc de Maistre, 44 ans, Frère de Jésus Serviteur (communauté engagée au service des personnes en situation de handicap et de leur famille).

Études : polytechnicien, ingénieur des eaux et forêts.

Parcours professionnel : Groupe Suez Environnement, directeur opérationnel Groupe Sodexo et directeur de la Mission Handicap et Diversité, directeur d’Ehpad.

Lettre de Martin Luther King aux Églises du 21e siècle

 

Chers frères et sœurs en Christ,

J’ai longtemps espéré avoir le temps de vous visiter, mais les récents événements locaux me conduisent à repousser ce projet. C’est pourquoi cette lettre, en attendant de vous rencontrer à l’occasion de ma prochaine venue en Europe.

Ces derniers mois, mon bien-aimé pays, le fameux « Sweet Land of Liberty », ne fait plus rêver lorsque des gosses s’y voient séparés de leurs parents. Cela réveille en moi une mémoire enfouie, celle de ces enfants noirs vendus séparément de leur famille. Par ailleurs, je suis attentivement les développements de la crise migratoire à laquelle vous êtes confrontés.

Et à chaque fois, même constat, même stupeur, même incompréhension. Où sommes-nous, sur quel terrain agissons-nous puisque l’Évangile qui nous tient tant à cœur n’a pas l’air de concerner ces situations ? Que se passe-t-il en notre for intérieur ? Jusqu’à quand resterons-nous voyeurs de l’injustice au lieu d’en être les témoins ? Je vous l’avoue, j’ai mal à l’Église, tout comme dans les années 1960 où 11 h le dimanche m’apparaissait, sous un vernis religieux, comme l’heure la plus raciste de mon pays.

THERMOMÈTRE ou THERMOSTAT

J’ai beaucoup rêvé – on me l’a assez reproché –, mais rêve encore que l’Église chrétienne ne soit pas une simple société appelée à indiquer comme un thermomètre la température de notre monde. Elle doit jouer un rôle de thermostat et refuser de continuer à proférer de belles paroles qui ne lui coûtent rien. Qu’elle cesse de prier « Que ton règne vienne » tant qu’elle ne s’engage pas à donner corps et chair à ses intentions, jusqu’à ce que paix et justice s’embrassent.

Que l’Église arrête de débattre de foi et de politique, au lieu de relire les prophètes qui ne s’embarrassaient pas de telles arguties. « Que la justice coule comme un torrent » : voilà une parole limpide, qui exige, il est vrai, du courage de notre part pour que le message dépasse la rhétorique.

« Y A QU’À » ET « IL FAUT QUE »

Alors, plutôt que de servir aux instances politiques des « y a qu’à » ou des « il faut que », nous, Églises chrétiennes, devons appeler nos membres à laisser Dieu les bousculer pour qu’ils ne prononcent plus le mot amour tant que celui-ci n’infusera pas, concrètement et à grand prix, leur agir.

Le temps n’arrangera pas les choses. C’est un mythe. C’est au contraire notre devoir d’aider le temps et de comprendre que c’est toujours le bon moment d’accomplir le bien.

OÙ ÉTAIS-TU ?

L’Église ne vit que par la grâce étonnante de notre Dieu « capable d’ouvrir un chemin là où il n’y en a pas », comme le chante ma tradition. Aussi lui doit-elle obéissance et service, au risque de perdre son âme. Un jour, elle fera face au Dieu de l’Histoire. Elle mentionnera certainement ses campagnes d’évangélisation, se targuera d’avoir mis la Bible à portée de tous, se vantera de…, mais je crains fort qu’elle n’entende une voix lui répondre : « C’était insuffisant ! Où étais-tu lorsque Trayvon Martin se faisait descendre comme un lapin ? Lorsqu’Aylan s’est échoué sur le rivage de Bodrum ? Lorsque j’ai eu faim ? Lorsque je me suis retrouvé une fois encore sur les routes… ? Où étais-tu ? »

Mes bien-aimés en Christ, je vous le concède, je n’ai pas lu les dernières publications en théologie, mais je sais que ces gosses séparés de leurs parents, comme tous leurs grands frères et sœurs embarqués sur l’Atlantique, nous parlent. Qu’attendons-nous pour leur répondre ?

Fraternellement en Christ,

Martin

P.S Cette lettre de Martin Luther King (1929-1968) est bien sûr fictive et n’engage que son rédacteur, Serge Molla, pasteur réformé en Suisse romande et auteur de Martin Luther King, prophète (Genève, Labor et Fides, 2018).

Être Église à la campagne

Je suis un citadin, j’aime la ville et me voici à écrire sur les Églises dans le monde rural… Je crois à l’importance pour les Églises et leur stratégie missionnaire de penser aux villes, de s’y installer, de ne pas fuir les villes comme autant de lieux de perdition…

LE MONDE RURAL

Mais il est temps aussi de valoriser la présence et le témoignage des Églises dans le monde rural. Dans un article récent, Pierre Maignial, pasteur d’une Église évangélique de la Fédération baptiste à Mirecourt dans les Vosges, plaide pour une compréhension du contexte de ruralité profonde (à distinguer de la ruralité de surface) où les mentalités traditionnelles perdurent. Celles-ci se manifestent souvent par l’autodépréciation (ou alors à l’inverse la fierté), la méfiance envers la nouveauté et les influences extérieures, la puissance du qu’en-dira-t-on, le fonctionnement en temps long.

A cela s’ajoutent les caractéristiques générales du monde rural : vieillissement de la population, déclin économique, désengagement de l’État…. Si ce panorama est plutôt déprimant, il est surtout important de comprendre plus en profondeur ce qui s’y joue. Auteur d’un livre sur les Églises rurales, primé en 2018 par le magazine Christianity Today, Brad Roth, pasteur mennonite dans l’état du Kansas aux états-Unis, estime que « le mot «’’rural’’ ne désigne pas seulement une population. C’est une manière de voir le monde. »

SYNDROME DU BOCAL

Dans le monde monde rural en France, la majorité des Églises évangéliques sont d’implantation relativement récente (moins de 30-40 ans), selon Pierre Maignial. Certaines des Églises mennonites en France ou en Suisse en contexte rural font exception à cet égard, en raison de leur histoire. Les Églises de la ruralité forment souvent « de petites structures, qui pâtissent d’une faiblesse numérique chronique ». Lorsqu’on est 15 membres par exemple, le fonctionnement de l’Église est lourd, y compris financier si l’on paie un ministère même partiellement. Les jeunes quittent souvent la région. Le contexte ne permet guère d’espérer une croissance numérique substantielle… Ce qui peut donner lieu à ce que Pierre Maignial appelle le « syndrome du bocal » : un fonctionnement en vase clos, en circuit fermé, soit par la force des choses soit par fatigue.

Le pasteur baptiste souligne encore la modestie des moyens humains des Églises rurales : modestie financière, modestie des compétences humaines. Tout cela empêche ces Églises de fonctionner selon la culture d’entreprise, modèle implicite ou explicite fréquent de la croissance des Églises urbaines.

FAIBLESSES ET ATOUTS

Ces constats peuvent sembler décourageants. C’est vrai. Peut-être faut-il que les citadins en prennent d’abord la mesure, par compréhension et solidarité. Car il peut arriver que les Églises rurales souffrent d’acédie (mal-être, négligence, indifférence) selon Brad Roth : le sentiment que tout ce que l’on fait est insignifiant et sans but.

Mais les Églises rurales ont aussi des atouts : la forte mobilisation des membres, la réactivité dans l’urgence, la souplesse de fonctionnement, une « beauté morale » selon Brad Roth (ce qui n’exclut pas des « ombres morales »). Pour Pierre Maignial, peut-être faut-il considérer les Églises de la ruralité profonde comme des laboratoires de spiritualité profonde : de l’authenticité dans des relations vraies, un vécu commun à long terme, la priorité des relations sur les activités, la persévérance dans la durée, l’exposition de l’Église et des chrétiens au regard de tous…

APPRENDRE DES ÉGLISES RURALES

En fait, les Églises en contexte rural interrogent à leur manière certaines tendances actuelles : la culture d’entreprise débridée, les stratégies d’évangélisation ou d’implantations d’Églises basées sur les chiffres ou les fruits, la bougeotte en matière d’Églises, la mentalité de consommateurs, satisfaits ou remboursés, appliquée à la vie d’Église… Peut-être les chrétiens citadins ont-ils à apprendre des chrétiens ruraux, en matière de fidélité plutôt que de succès ou de résultats.

En ce sens, la présence d’Églises évangéliques et mennonites dans des lieux ruraux, comme aussi de paroisses catholiques ou protestantes, est un signe important.

AVENIR

Quel avenir pour les Églises en ruralité profonde ? Il peut arriver qu’il faille apprendre à mourir et à accompagner ce processus douloureux. L’histoire mennonite en sait un peu quelque chose. D’autres fois, l’invitation est à persévérer jusqu’au temps de Dieu. Pour Brad Roth, la croissance est possible en milieu rural, à son niveau, ce qui demande d’aimer son lieu, les gens de son lieu, de les écouter en profondeur, d’en devenir les amis, d’être ouvert aux nouveaux venus, d’oser du neuf par la créativité adaptée au contexte…

Il serait erroné de figer les différences entre monde rural et monde urbain, surtout à l’époque de la mondialisation. Mais peut-être pouvons-nous tous redécouvrir la promesse et l’engagement de Dieu d’être avec tous les peuples, partout, et de se tenir auprès de toute personne en tout lieu, même reculé. Pour la réconciliation des citadins et des ruraux, avec Lui et entre eux.

Pour aller plus loin…

• Pierre Maignial, « Le pasteur en milieu rural », in : Les Cahiers de l’Ecole pastoralen° 108, 2e trim. 2018, p.  61-77 ou en ligne : www.publicroire.com/cahiers-ecole-pastorale/ministere-pastoral/article/le-pasteur-en-milieu-rural

• Brad Roth, God’s Country – Faith, Hope, and the Future of the Rural Church, Harrisonburg, Herald Press, 2017.

Banians et Bananiers ou comment former des responsables

Quand j’entends l’expression « leader charismatique » à propos d’une personnalité de l’Église, je suis mal à l’aise. Serait-ce mon vieux fond anabaptiste… ? Mais, dans mes lectures, je note aussi que célébrité ne rime pas forcément avec authenticité évangélique.

FORMER DES DISCIPLES OU DES LEADERS ?

Christopher Wright, directeur de Langham Partnership¹, écrivait en 2015 à propos des leaders chrétiens : « Les Églises aiment se donner des dirigeants populaires, célèbres, pour pouvoir se vanter des retombées de gloire de leur renommé pasteur. C’est comme ça que l’idolâtrie du succès et de la célébrité peut devenir un cercle vicieux, sorte de connivence réciproque entre l’ambition d’autoglorification du leader et les fanfaronnades d’autosatisfaction de ceux qui le suivent². »

Wright le souligne : dans l’Église , le processus de formation semble plus axé sur la formation des leaders que sur celle des disciples. Pour lui, selon les Écritures, la priorité est de faire des disciples. Il incombe ensuite, parmi ceux qui montrent toutes les qualités du disciple, de reconnaître qui aura les qualités de leader. Toute autre démarche conduit à suivre les modèles de leadership du monde, alors que Jésus avait veillé à mettre ses disciples en garde.

FORMER POUR SON CLOCHER OU POUR L’ÉGLISE ?

Bananiers avec leurs pousses secondaires. Photo : 123RF – Jacek Sopotnicki

Plus de 20 ans auparavant, Paul Hiebert dénonçait un autre travers dans la mission, celui de former des disciples de sa propre cause, de son propre clocher, plutôt que de former des leaders pour l’Église. Missionnaire en Inde et fin observateur de la culture, Hiebert en avait retiré quelque sagesse³.

« Rien ne pousse sous un banian. » Ce proverbe de l’Inde du sud illustre les différents styles de leadership. Arbre immense, le banian étale ses branches très loin, il a des racines aériennes, il peut développer un tronc secondaire. Il y en a partout en Inde. Adulte, il peut couvrir un demi-hectare. Oiseaux, animaux, humains trouvent abri sous son ombre. Mais rien ne pousse sous son feuillage dense, et quand il meurt, le sol reste sec et stérile.

Le bananier est tout l’opposé : six mois après sa sortie de terre, de petits rejets surgissent tout autour de lui. À 12 mois, un second cycle de pousses apparaît à côté des premières qui ont maintenant six mois. À 18 mois, le tronc principal commence à donner des bananes qui nourrissent des oiseaux, des animaux et des gens, et puis il meurt. Mais les premières pousses secondaires ont assez grandi et dans six mois, elles porteront du fruit et mourront à leur tour. Et le cycle continue : de nouvelles pousses apparaissent tous les six mois, grandissent, donnent naissance à de nouvelles pousses, portent du fruit et meurent.

QUELS DISCIPLES ?

Beaucoup de leaders sont comme des banians. Ils ont un ministère formidable, spectaculaire, mais le jour où ils s’en vont, il n’y a pas de relève, car ils avaient formé des disciples de leur propre cause, des suiveurs et non des responsables.

Il est gratifiant de se faire des disciples. Leur admiration nous fait nous sentir importants. Ils imitent nos manies, ils ne remettent pas en question notre ligne de pensée et ne cherchent pas à aller au-delà de ce que nous enseignons.

Il est facile de former de tels disciples. Nous décidons de ce qu’ils doivent savoir et comment ils devraient l’apprendre. Nous les encourageons à poser des questions, mais nous leur donnons nos réponses. Nous leur enseignons à suivre nos directives et à deviner nos intentions…

Former de tels disciples procure un succès rapide. Il est facile d’en mobiliser plusieurs pour exécuter nos programmes. C’est une approche efficace.

FORMER DES RESPONSABLES

Former des responsables est moins gratifiant pour notre ego. Il faut enseigner à penser et à décider par soi-même, à remettre en question nos croyances et à discuter nos décisions. À la relève, ils nous dépasseront et s’attribueront le mérite de leur croissance et de leurs réussites.

Former des responsables est plus difficile. Il faut apprécier leur avis et les encourager à passer au crible toutes nos paroles. Nous devons les noter non selon leur degré d’accord avec nous, mais plutôt selon l’étendue de leur réflexion personnelle. Nous ne leur demandons pas d’aller au devant de nos vœux, nous évitons de les rabaisser, même si leurs opinions semblent naïves ou simplistes. Nous devons nous concentrer sur les problèmes qu’ils doivent résoudre, plutôt que sur des procédures toutes faites à appliquer.

Former des responsables est moins efficace à première vue. Il faut négocier les décisions, constamment changer les plans, revoir les emplois du temps et les objectifs. Mais c’est plus efficace à long terme. Notre récompense sera d’être entourés de jeunes responsables qui découvrent leurs propres capacités, assument de nouvelles responsabilités et n’attendent que le moment d’aller au-delà de ce que nous avons nous-mêmes atteint.

Paul écrit : « Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des gens dignes de confiance qui seront capables, à leur tour, de l’enseigner à d’autres. » (2Tm 2.2)

 

Notes

1. Christopher Wright, https://uk.langham.org, auteur aussi du récent La mission de Dieu, Charols, Excelsis, 2012.

2. « Humility, Integrity, and Simplicity », International Bulletin of Missionary Research, vol. 39, 2015, n° 4.

3. Paul Hiebert, Anthropological reflections on missiological issues, Grand Rapids, Baker Books, 1994, p. 173 à 175.

4. Figuier de l’Inde : ses branches émettent des racines aériennes qui descendent jusqu’au sol et s’y développent, fournissant à l’arbre soutien et nourriture (Larousse).

 

Prédication du 16 septembre 2018 | Denis K.

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Pourquoi suis-je psychologue ?

C’est une question que je me pose régulièrement à vrai dire… et qui me dérange, parce qu’avant d’être psychologue, je suis un chrétien né de nouveau (depuis avril 2006). J’aime reformuler cette question par l’interrogation suivante : pourquoi j’exerce la profession de psychologue… en tant que chrétien ?

Jeu de mots, titillage, esprit de contradiction du type « je n’aime pas faire comme tout le monde… », je vous laisse vous faire votre propre opinion à la fin de l’article.

PRÉSENTATION

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me présente. Ceux qui me connaissent n’apprendront rien de nouveau (je l’espère ^^). Ceux qui me connaissent sans me connaître vraiment en sauront plus sur moi. Ceux qui ne me connaissent pas apprendront un peu sur ma personne. Je suis chrétien psychologue, et j’insiste sur la place de chaque mot. Autrement dit, je suis un agent de Dieu au service de la psychologie.

J’exerce trois emplois différents : je travaille dans un Foyer d’Accueil Spécialisé à Lutterbach à 25 %, dans une Maison d’Enfants à Caractère Social (MECS) à Mulhouse à 43 % (ce n’est pas une blague je vous assure :D) ; le reste de mon temps, j’exerce en cabinet libéral à Colmar (groupe d’analyse de la pratique professionnelle, ateliers de groupe, thérapie de couple, thérapie familiale, thérapie brève, utilisation d’outils de la systémie, techniques cognitives et comportementales, approche intégrative… ces mots qui font beau et que l’on a du mal à comprendre et expliquer ; je vous épargne donc le verbiage pompeux et vous laisse vérifier ces termes dans le dictionnaire des sciences humaines et sociales). à côté de cela, je poursuis des études de théologie à la Faculté évangélique de Vaux-sur-Seine depuis septembre 2017.

POURQUOI CE MÉTIER ?

Pourquoi j’exerce la profession de psychologue… en tant que chrétien ? Eh bien, parce que c’est un des moyens (cette profession) que Dieu a permis (et qu’il utilise) pour que je puisse accompagner, écouter, garantir un cadre sécurisé, proposer un espace de parole respectueux pour mon prochain (patient, résident, personne suivie…), dans le respect de ses dimensions psychiques et physiques. Je remercie le Seigneur de m’avoir permis de trouver ma voie. Lui seul sait, ainsi que mes parents et ma sœur, combien mon parcours scolaire atypique et difficile au lycée ne me prédestinait pas du tout à me lancer dans cinq années d’études plus ou moins complexes, mais tellement enrichissantes au niveau spirituel, émotionnel et relationnel.

Pour moi, être psychologue ne veut rien dire, puisque je ne mets pas mon identité dans ma profession (il ne s’agit que d’une étiquette parmi d’autres), mais pratiquer la psychologie me permet d’être une personne avec sa sensibilité, sa capacité relationnelle de conseil et d’écoute, au service de Dieu à travers l’aide au prochain. Si je fais ce métier (je le crois), c’est également parce que je mesure l’importance de rendre gloire à Dieu au travers des dons, des capacités et charismes qu’il m’a donnés pour aider ceux qui rencontrent des difficultés, qui traversent des deuils, qui souffrent dans leur âme. La psychologie (étymologiquement « étude de l’âme ») est une discipline me permettant d’écouter les besoins, demandes et attentes de la personne, en lien avec son histoire de vie, ses traumatismes, les différentes sphères de vie dans lesquelles elle évolue, dans le respect, la bienveillance, la compassion en action et l’empathie.

Je suis un enfant de Dieu, sauvé et racheté par Christ qui, par sa seule grâce et dans sa grande compassion, m’utilise dans ma profession pour être un témoin, un relais, une personne ressource, un parfum de bonne odeur, sel et lumière, le tout pour la seule gloire de Dieu. J’ai besoin de me rappeler ma vraie identité de chrétien, pour exercer le plus justement mon travail.

Si je vis, c’est pour honorer Jésus à cause des talents qu’il m’a donnés, pour venir en aide aux personnes qu’il place sur ma route, pour faire connaître dans l’amour, la vérité et l’authenticité le nom de Celui qui peut sauver et régénérer l’âme de ceux qu’il a créés et qu’il aime. Quel privilège de pouvoir le faire dans mon travail en étant qui je suis, grâce à lui !

Piqûres de rappel

Quand vous lirez ces lignes, la « rentrée » sera déjà bien entamée. Le train-train ou l’effervescence occupent les journées. L’immensité d’un ciel étoilé, l’absence d’horaires, la découverte d’une nouvelle région, des moments de joie amicale ou familiale, une expérience particulière avec Dieu, tout cela semble loin…

Nos élans, nos bonnes résolutions, nos expériences spirituelles passent toujours à travers le crible de la durée. Car contrairement à ce que certains prétendent, on ne peut en permanence produire des feux d’artifice, y compris spirituels ! Comment dès lors garder une joie ordinaire devant la vie et un enthousiasme pour la vie avec Dieu, tout en faisant face aux réalités quotidiennes parfois usantes ?

L’usure peut être le résultat de circonstances extérieures qui s’imposent à nous. Mais nous pouvons aussi y avoir notre part… Dans ce cas, un ménage de printemps en automne s’impose.

USURE ET OUBLI

La piqûre de rappel d’un vaccin permet d’optimiser les défenses immunitaires en stimulant la production d’anticorps. Pour la vie spirituelle, les piqûres de rappel sont nécessaires. La piqûre de rappel de notre « oui » initial à Jésus-Christ qui a commencé à nous guérir par son Esprit. La piqûre de rappel de notre baptême. La piqûre de rappel d’une expérience marquante ou transformatrice avec Dieu – par exemple cet été.

La piqûre de rappel prend des formes différentes : le culte de l’Église, ses chants ou sa prédication, un groupe de partage, la méditation des Écritures et la prière seul, la lecture des pages Grand angle sur Martin Luther King dans ce numéro (p. 8-12). Parfois, parce que l’on est justement happé par le quotidien, ces piqûres de rappel ne fonctionnent que moyennement… Un temps délibérément et spécialement mis à part, comme lorsqu’on va chez le médecin, s’avère bénéfique.

Car si le besoin de piqûres de rappel spirituelles existe, c’est que nous sommes fondamentalement oublieux, aussi bien en ce qui concerne la mémoire longue que la mémoire courte. Et l’époque nous exhorte encore dans ce sens ! Malheur… Vive les piqûres de rappel !

Ou comme le dit le sage depuis longtemps (Ec 12.1): « Souviens-toi de ton Créateur. »

Culte du 2 septembre 2018 | Rentrée de l’Ecole du dimanche

Télécharger le culte

L’entier du culte est disponible en ré-écoute.

Le sketch de Bertrand R. & Co. est à env. 36 minutes et 2o secondes.