Qu’est-ce que le handicap ?

Le handicap est défini par la loi comme « une altération durable ou définitive de la santé mentale, physique, psychologique, cognitive ou sensorielle ». Cette altération se traduit la plupart du temps par des difficultés de déplacement, d’expression ou de compréhension.

Le mot « handicap » vient de l’expression anglaise « hand in cap » (la main dans le chapeau), en référence à un jeu pratiqué au 16e siècle en Grande-Bretagne, et était un désavantage imposé aux concurrents (sens « sportif » du mot handicap). Le substantif « handicapé » apparaît en 1957, puis deviendra « personne handicapée » un peu plus tard.

QUELLE NORMALITÉ ?

Photo : www.unsplash.com- nathan-anderson

Aujourd’hui, nous parlons de « personne en situation de handicap », car ce qui crée la situation de handicap, c’est la différence avec la normalité que représente la majorité des gens dans un domaine précis. L’environnement inadapté pose davantage de problème que la déficience elle-même. Les déficients auditifs, les sourds gestuels, entre eux, ne sont pas en situation de handicap… Ils ont, entre eux, des relations normales, ils ne sont handicapés qu’avec des entendants à vrai dire¹.

Jésus a été interpellé sur cette question (Jn 9) lors de la guérison d’un aveugle de naissance. « Les disciples posèrent cette question à Jésus : Rabbi, qui a péché, pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ? Jésus répondit : Ni lui ni ses parents. Mais c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ! »

DIEU EN CHACUN

Ce passage nous dit tout du regard de Jésus sur la personne en situation de handicap ! Plutôt que de fouiller le passé à la recherche d’une ou plusieurs causes improbables, Jésus nous invite à prendre conscience de la réalité de Dieu en chacun. Si la parole de la personne en situation de handicap que je rencontre est limitée, la réalité de Dieu en chacun nous dit qu’il y a bien d’autres paroles que les mots… Si les gestes de la personne en situation de handicap n’ont pas cette cohérence à laquelle nous sommes habitués, la réalité de Dieu en chacun nous dit que le corps est beaucoup plus grand que les limites qu’il révèle.

INTERDÉPENDANCE

À la suite de Jésus, nous cherchons à exercer notre regard dans l’amour et le respect des gens qui vivent un mode d’existence différent, avec l’impossibilité pour les invalides d’accéder aux choses, à la dépendance, à l’indépendance, à l’interdépendance, comme le dit Kathy Black², pasteure et elle-même atteinte d’un handicap, qui a ressenti à quel point une communauté interdépendante peut être bienfaisante et réconfortante. Que les œuvres de Dieu se manifestent dans nos Églises, à travers notre vivre-ensemble, avec les personnes en situation de handicap qui les fréquentent !

Notes

1. Frédéric de Coninck, « Tout est relation – L’apport de la sociologie relativiste à la compréhension du handicap », in : Actes du colloque AEDE,Relativité et Handicap, 2005.

2. Kathy Black, Évangile et handicap – Une prédication pour restaurer la vie, Genève, Labor et Fides, collection Pratiques, 1999, p. 11.

L’affaire du siècle

Une vidéo dépassant 13 millions de vues sur Facebook, une pétition record signée par deux millions de Français en 15 jours, un courrier « ultimatum » transmis au gouvernement sous peine d’une action en justice sous deux mois… Tels sont les ingrédients de la campagne de justice climatique lancée en France par quatre ONG écologistes le 18 décembre 2018.

JUDICIAIRE CONTRE EXÉCUTIF

Concrètement, Greenpeace France, OXFAM, la Fondation pour la Nature et l’Homme et Notre affaire à tous, associations soutenues par divers collectifs et personnalités (voir laffairedusiecle.net), comptent attaquer l’état français en justice pour « inaction climatique » d’ici mars prochain, via un recours en « carence fautive » qui pourrait mener à un procès¹. Traités (ex : Accord de Paris), textes de lois et données climatiques à l’appui, elles espèrent que la justice établira que l’état est en faute, dans les retards déjà pris sur ses engagements, et la mise en danger de ses populations et territoires ; et qu’une injonction du tribunal contraindra l’exécutif à « rectifier le tir ».

UNE RESPONSABILITÉ EN DÉBAT

Photo : www.flickr.com- Takver

Récemment, les écologistes ont gagné des actions similaires à l’étranger (Pays-Bas, Colombie, Pakistan). Mais le manque de mécanismes de sanctions – autres que l’obligation morale pour les gouvernants de « faire mieux » – limite la portée concrète de ces victoires. Reste alors la pression citoyenne et électorale pour provoquer des changements de cap.

En France, la crise des gilets jaunes – et de la représentation politique – aidant, la transition écologique figure déjà au menu du Grand Débat National lancé début 2019. Au-delà du « buzz » et d’un effet fédérateur, l’action en justice contre l’état, dont l’issue est incertaine, reste-t-elle pertinente ou risque-t-elle de court-circuiter le dialogue avec les autorités et des concitoyens ayant d’autres priorités ?

COHÉRENCE

S’il me paraît légitime de demander des comptes à l’État dans cette affaire, suis-je aussi prêt à questionner l’impact de mon mode de vie sur l’environnement et sur mon prochain ? Comment agir, en conséquence, comme « gardien de la Création » (voir Ge 2.15), appelé à la justice du Royaume qui vient (2Pi 3.13) ?

« L’État ne peut pas tout », disait Lionel Jospin en 1999. A-t-il vraiment les leviers pour « inverser la vapeur » ou est-il accusé parce qu’il est une cible plus facile qu’une firme multinationale ? Qui sont aujourd’hui « ceux qui détruisent la Terre » (Ap 11.18) ?

Une citation un brin provocatrice à méditer : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance. »(Jacques Bénigne Bossuet, religieux et écrivain français, 1627-1704).

Note

1. Voir aussi : https://reporterre.net/L-Etat-attaque-en-justice-pour-inaction-climatique, 18-12-2018

Pour aller plus loin…

Michel Sommer (sous dir.),Gardiens de la création, Dossier de Christ Seul 3/2010, Éditions Mennonites, Montbéliard, 80 pages.

 

 

Actualiser l’Évangile : dangereux, légitime, possible ?

Cette thématique soulève plusieurs questions sujettes à controverses. L’Évangile est immuable. Avons-nous le droit de l’« actualiser » ? N’est-ce pas le travail du Saint-Esprit de le rendre actuel dans le cœur de ceux que Dieu appelle ? Comment actualiser ce qui est une annonce de la vérité divine pour ce monde ? Et puis, en cherchant à actualiser l’Évangile, ne courons-nous pas le danger de trop l’adapter à notre époque et d’en trahir la signification éternelle ?

EST-CE DANGEREUX D’ACTUALISER L’ÉVANGILE ?

Au fil de l’Histoire, les préoccupations des individus évoluent. À moins d’être vigilants, nous risquons d’accorder plus d’importance aux valeurs changeantes des êtres humains qu’aux valeurs immuables de Dieu.

Notre époque est tiraillée entre diverses valeurs qui sont parfois contradictoires (égoïsme et solidarité, indifférence et engagement, etc.). Mais en Occident, du moins, une des principales valeurs est l’individualisme. Notre façon d’exprimer la foi chrétienne reflète cette préoccupation. Nous articulons l’annonce de l’Évangile autour de la relation personnelle avec Dieu et des avantages qu’il apporte à l’individu. Or, même si Dieu nous aime personnellement et individuellement, l’Évangile est une histoire communautaire. Jésus est venu instaurer le royaume de Dieu. Il n’est pas venu principalement pour notre bien-être individuel. Aucune actualisation de l’Évangile ne doit tomber dans le piège d’une adaptation du message du salut pour le rendre plus acceptable. Notre évangélisation ne doit jamais perdre de vue la primauté de ce que Paul appelle « la folie » de la croix (1Co 1).

AVONS-NOUS LE DROIT D’ACTUALISER l’ÉVANGILE ?

Photo : 123RF3 – sergwsq : « L’art est un miroir des interrogations de l’âme humaine. »

La réalité centrale de l’Évangile est immuable. Ce sont nos manières de le communiquer que nous devons actualiser. Nous savons que le terme « Évangile » signifie « bonne nouvelle ». Mais quelle que soit notre façon de dire l’Évangile, si nos auditeurs ne l’entendent pas comme une bonne nouvelle, nous faisons fausse route. Non seulement nous avons donc le droit d’actualiser notre annonce de l’Évangile, mais nous en avons le devoir.

Dès qu’il s’agit de changer notre façon de dire l’Évangile, certains hésitent, car nous rechignons souvent à assumer l’inconfort de la nouveauté. Mais deux vérités peuvent être affirmées. Premièrement, la durée dans le temps n’a jamais fondé la légitimité d’une façon d’annoncer l’Évangile. Le changement dans ce domaine est toujours permis, parfois nécessaire. Deuxièmement, l’évolution des modes de communication puise sa légitimité dans le précédent biblique : Dieu n’a pas toujours communiqué de la même façon, mais a adapté son propos en fonction de l’époque et de la culture (Mt 5.21-22,26-28, etc., Mt 19.8). Dieu agit et communique dans l’Histoire et avec l’Histoire, et non pas en dépit de l’Histoire.

COMMENT POURRIONS-NOUS MIEUX ACTUALISER  L’ÉVANGILE ?

Il nous faut apprendre à écouter les vrais questionnements de ceux qui nous entourent. Nos prédications mettent-elles en lien le texte biblique avec l’actualité ? L’art est un miroir des interrogations de l’âme humaine ; savons-nous lire des livres, écouter des chansons ou visionner des séries télévisées en tant que chrétiens, avides d’y repérer les préoccupations communes avec le récit biblique ? Nos Églises accueillent-elles les gens sans se laisser désarçonner par les questions difficiles ?

Plusieurs pièges nous guettent lorsque nous cherchons à communiquer l’Évangile. Ce que nous appelons « évangélisation » se réduit souvent à l’annonce de certaines informations. Même si ces informations sont vraies, notre effort sera inefficace si nos interlocuteurs ne voient pas en quoi ils sont concernés. Seule une relation authentique leur donnera l’occasion de vérifier la véracité de nos propos. Nos interlocuteurs veulent des valeurs plus que des « vérités », des conversations plus que des annonces, du temps plus que des paroles.

POURQUOI DEVRIONS-NOUS ACTUALISER  L’ÉVANGILE ?

On rencontre parfois des chrétiens qui semblent croire qu’il suffit de proclamer la vérité, sans se préoccuper de la manière dont nos auditeurs la perçoivent. Or, même si nous n’avons aucune obligation de résultat, Dieu nous demande une communication qui soit aussi efficace que possible.

Nous devons actualiser notre manière de dire l’Évangile, car les interrogations profondes de nos contemporains ont changé. Il y a une centaine d’années, les questions profondes ne se posaient pas de la même manière. Dans une société majoritairement agricole ou industrielle, les questions s’articulaient plutôt autour du bonheur et du malheur, et moins autour du sens de la vie. Quand on doit lutter simplement pour vivre, les questions abstraites s’estompent. Dans la seconde moitié du 20e siècle, la culture des loisirs, des médias et de la consommation a provoqué une remise en question du sens de l’humain. Aujourd’hui, de nombreuses personnes doutent de leur valeur, si elles ne sont pas considérées comme suffisamment productives, séduisantes ou intéressantes.

L’Évangile propose des éléments de réponse à ce genre d’interrogation. Le message biblique est clair : nous avons été voulus par Dieu, nous sommes aimés par lui, et il a tout mis en œuvre pour rétablir de bonnes relations avec nous après l’intervention tragique du mal. Ce message est beau, vrai et valorisant. À nous de l’actualiser.

 

A l’écoute de Jésus

Nul n’est prophète en son pays, a dit en substance Jésus (Lc 4.24), le Prophète par excellence. Pourquoi un authentique porte-parole de Dieu serait-il moins bien accueilli chez les siens qu’ailleurs ? À cause de la loi sociologique selon laquelle tout groupe social tend au conformisme : les individus suivent les mêmes normes et adoptent les mêmes comportements, par besoin d’appartenance et/ou par sentiment de pression (douce) venue du groupe.

LA LOI DU CONFORMISME SOCIAL

Celui-ci tend à considérer un prophète comme incapable, farfelu ou présomptueux. Quand le Prophète déclare que les temps messia- niques ont commencé, liés à sa personne, lui avec qui on a joué et couru dans les ruelles poussiéreuses de Nazareth, les auditeurs se demandent comment ce Jésus peut raconter des choses pareilles ! Et quand le Prophète continue en suggérant malicieusement que les païens/étrangers accueillent mieux les prophètes que leurs concitoyens, il dérange au point d’apparaître comme un traître, à éliminer (cf. Lc 4.16-30). CQFD : la loi du conformisme social s’est vérifiée !

DOMESTICATION DE JÉSUS

Chrétiens, proches de Jésus pourrait-on dire par (longue) fréquen- tation née de la foi en lui, nous risquons de domestiquer Jésus et ses paroles : en lisant peu les textes qui les rapportent, en les connais- sant mal, en estimant les connaître déjà, en arrondissant leurs angles, en limitant leur autorité ou leur pouvoir de vérité. Lorsque Jésus est devenu trop comme l’un des nôtres, nous risquons de ne plus laisser ses paroles communiquer comme celles d’un prophète dérangeant.

« MENSONGE » BIENVENU !

Faisons mentir la loi sociologique ! Les Réformes au 16e siècle re- présentent un moment historique où les paroles de Jésus ont été reçues de manière plus directe. On pourrait dire la même chose d’autres mouvements de renouveau. Dans nos cultes, dans notre relation personnelle avec Dieu, recevons les paroles du Prophète comme proclamation et repères du monde nouveau, aujourd’hui ! Les Béatitudes et le Sermon sur la montagne (Mt 5-7) restent à cet égard incontournables… À bon entendeur !

Prédication du 17 février 2019 | Bertrand R. | Genèse 11.1-9 | « La tour de Babel »

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Prédication du 10 février 2019 | Culte Louange

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Prédication du 3 février 2019 | Denis K. | Romains 6.1-14 | « De la mort à la vie, Lève-toi et marche »

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