Prédication du 27 septembre 2020 | Eric O. | Ecclésiaste 3.11 (et autres) | « Dieu fait toutes choses bonnes »

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Conférence du 26 septembre 2020 | Jean-François Mouhot | Suite interview et questions-réponses (2/2)

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Conférence du 26 septembre 2020 | Jean-François Mouhot | Partie interview (1/2)

 

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Prédication du 20 septembre 2020 | Anna V. | Genèse 1.1-2.3 | Récit de la Bible en 7 étapes, 1/7 : la création.

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T comme Tabernacle

Selon le livre de l’Exode, Dieu avait donné à Moïse, sur le Sinaï, des instructions précises pour construire le Tabernacle, une tente qui servirait de sanctuaire mobile aux enfants d’Israël jusqu’à leur entrée en Terre promise. C’est là que Moïse rencontrait l’Éternel. Ce temple provisoire permettait au Seigneur de demeurer avec son peuple. Plus tard, Salomon fit construire le Temple de Jérusalem sur le même modèle. « Ma demeure sera auprès d’eux ; je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. » (Ez 37.27)

UN NOUVEL ACCÈS

L’épître aux Hébreux fait remarquer que Jésus a ouvert « une voie nouvelle et vivante » qui nous permet désormais « d’accéder au sanctuaire par le sang de Jésus » (Hé 10.19-20). Jésus était la « Parole faite chair » qui avait «établi sa tente (« tabernaclé ») parmi nous » (Jn 1.14). Lui-même laissait entendre que son corps deviendrait le Temple nouveau après sa résurrection (Jn 2.21-22). Au moment de sa mort, « le voile du sanctuaire – symbole de la présence inaccessible de l’Éternel – se déchira en deux du haut en bas » (Mt 27.51). Dieu ouvrait à tous un accès direct à sa présence. « Demeurez en moi comme je demeure en vous » (Jn 15.4), disait Jésus. Grâce au don de son Esprit, ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur deviennent « tabernacle, temple du Dieu vivant » (1Co 3.16 ; 2Co 6.16). L’expression désigne alors l’Église ou le croyant individuel.

LE LIEU DE LA RENCONTRE

Les anabaptistes Michaël Sattler (v.1490-1527), Menno Simons (1496-1561) et Peter Riedemann (1506-1556) préféraient insister sur la dimension communautaire de la nouvelle « Maison de Dieu ». C’est l’Église, la communauté des disciples de Jésus régénérés par la foi et le Saint Esprit, qui est le « tabernacle de Dieu avec les hommes » (Ap 21.3). Avec le piétisme, l’image du tabernacle s’est davantage appliquée à l’individu. Le pasteur Jean-Frédéric Nardin (1687-1728), promoteur du piétisme dans le pays de Montbéliard, prêchait que l’homme reçoit, en Christ, « le privilège de loger Dieu en soi ». La nouvelle naissance prépare l’âme du chrétien à être « un tabernacle et un palais plaisant à son Roi, de sorte qu’elle devient le temple du Saint-Esprit, le palais royal de Jésus, et une maison d’oraison dans laquelle le Dieu vivant est adoré et servi en Esprit et en vérité. »

UNE DEMEURE FRAGILE

La théologienne américaine Marva Dawn (née en 1948) préfère évoquer l’humilité, la fragilité. Selon elle, c’est surtout dans les faiblesses, physiques, morales, que le croyant devient tabernacle (cf. 2Co 12.9) : « Par notre union avec le Christ, avec la puissance de l’Esprit dans notre faiblesse, nous manifestons la gloire de Dieu. » Cette faiblesse était un thème récurrent chez Menno Simons, au point de devenir une marque de l’Église – Tabernacle du Seigneur.

 

« VOUS ÊTES LE TEMPLE DE DIEU, ET L’ESPRIT DE DIEU HABITE EN VOUS. »

1 CORINTHIENS 3.16

C’est la rentrée

Septembre 2020. Jour de rentrée, sous le signe de la particularité. Ma première rentrée en tant qu’enseignante est encore plus particulière que celles rencontrées auparavant.

La rentrée depuis toujours est synonyme de nouveautés, un mélange d’inconnu excitant pour certains, stressant pour d’autres. Une page qui s’ouvre vers de nouveaux apprentissages, de nouvelles rencontres, des découvertes, des victoires, parfois des chutes. Le début d’une vie loin des parents, un nouveau lieu de vie, de nouveaux défis… Les ressentis sont propres à chacun, mais la découverte et la nouveauté sont presque universelles.

Cette année, la rentrée est dictée par des règles identiques pour tous et nouvelles pour tous également. La nouveauté peut vite faire place à la crainte.

N’oublions pas dans ces chamboulements la parole de Dieu qui, elle, reste toujours la même, inchangée. Qu’importent les saisons et les nouveautés, elle nous accompagne et demeure un pilier solide sur lequel trouver du repos. Pendant ces temps de changements, rechercher Dieu apporte la paix.

Que cette année qui s’ouvre devant nous nous permette de nous approcher toujours plus de Dieu, de connaître sa paix qui surpasse toute intelligence, et de la partager autour de nous.

« C’est dans le calme et la tranquillité que sera votre force ! » Esaïe 30.15

Un cours de religion à l’école publique !

Lors de la séparation entre les Églises et l’État en 1905, l’Alsace-Moselle était allemande depuis 1871 : la loi Falloux de 1850 instaurant l’enseignement religieux dans les écoles publiques n’a pas été abrogée par les lois de Jules Ferry; le concordat et le régime de cultes reconnus par l’État restent donc en vigueur dans les trois départements. Dans les emplois du temps des élèves du CP au CM2, une heure hebdomadaire est ainsi dédiée à l’enseignement religieux. Les parents ont le choix d’inscrire leur enfant au cours « protestant », « catholique » ou « israélite ». Un enseignement moral est proposé à ceux qui ne souhaitent pas suivre ce cours.

QU’Y APPREND-ON ?

À la découverte de la Bible.
Crédit photo : Catherine Ulrich

Soyons clair : il ne s’agit pas d’un éveil à la foi, ni de catéchisme paroissial, ni d’un strict enseignement du fait religieux. Avec des méthodes pédagogiques actives, et de manière adaptée à leur âge, les élèves sont invités à :

• Découvrir, avec curiosité et respect, la diversité des traditions religieuses, en priorité la leur, avec la juste distance qui permet la construction d’une pensée personnelle.

• Partir à la rencontre du patrimoine religieux, des œuvres d’art, du sens des traditions festives, de tout ce qui fait l’aspect visible du religieux dans nos sociétés.

• Apprendre à argumenter autour de questions éthiques.

• Participer à un dialogue, à partir des observations ou de la spiritualité vécue, dans la liberté d’expression, l’écoute et le respect.

Bref, il s’agit bien de donner aux élèves des clés de compréhension d’une société multiculturelle et de favoriser une réflexion personnelle dans les domaines éthique et existentiel. Un tel enseignement participe aux finalités de l’école dans le sens où il contribue à la formation de la personne de l’élève et à son insertion citoyenne. L’institution religieuse contribue ainsi à la construction d’une culture partagée et du lien social.

ET MA FOI PERSONNELLE, DANS TOUT CELA ?

Enseigner et faire apprendre, ceci dans différents contextes, est pour moi une mission passionnante depuis presque 40 ans, à côté de mon insertion ecclésiale à l’Église évangélique Perspectives de Brumath (67). Participer à l’éducation et l’instruction des enfants, discerner en chacun d’eux des trésors, encourager par un regard ou un sourire, voilà une belle vocation. Ma foi dans le Dieu de Jésus-Christ me motive, me porte, stimule en moi l’espérance et la confiance. Au-delà des dispositifs pédagogiques que je mets en place comme tout professionnel de l’éducation, je suis intimement convaincue, et parfois, dans un moment de grâce, témoin, qu’une Autre présence se propose avec délicatesse au cœur des enfants.

Pour en savoir plus : http://acteurs.uepal.fr/services/enseignement-religieux

MCC : 100 ans de service « au nom du Christ »

L’année 2020 marque pour le Mennonite Central Committee (MCC), ministère mondial des Églises anabaptistes, cent ans de secours, de développement et de service pour la paix au nom du Christ. Fondé en 1920 comme moyen pour les mennonites des États-Unis et du Canada de répondre aux besoins des mennonites et autres personnes confrontés à la famine et à la guerre dans l’actuelle Ukraine, le MCC s’est développé au cours du siècle dernier, devenant une organisation mondiale engagée dans plus de cinquante pays à travers le monde.

TÉMOIGNAGE EN FAVEUR DE LA PAIX

Damaris Guaza Sandoval, participante colombienne du programme YAMEN 2017-2018, anime un atelier sur l’estime de soi dans une école au Honduras. (MCC photo/Ilona Paganoni)

Créé au lendemain de la Première Guerre mondiale, le MCC a attiré de jeunes objecteurs de conscience mennonites qui considéraient le service de secours chrétien comme une alternative au service militaire et un témoignage engagé en faveur de la paix face au caractère destructeur de la guerre. Dans le cadre du programme de service public civil du MCC aux États-Unis pendant la seconde Guerre mondiale, de jeunes hommes et femmes mennonites ont combattu des feux de forêt et travaillé dans des hôpitaux psychiatriques. Après la seconde Guerre mondiale, d’autres jeunes mennonites ont servi dans le cadre du programme « Pax » dans l’Europe de l’après-guerre, apportant une aide d’urgence aux réfugiés et participant aux efforts de reconstruction. Dans les années 1960 et 1970, les participants au programme « Enseignants à l’étranger » ont enseigné dans des écoles en Afrique et ailleurs.

ENTRAIDE ET ACTION HUMANITAIRE

Au cours des premières décennies du MCC, ses collaborateurs ont souvent cité l’appel de Paul à travailler à la fois pour le bien de la « famille de foi » et pour le bien de tous les peuples (Galates 6.10). Ce double appel – à l’entraide au sein de l’Église et à l’action au-delà de l’Église – a caractérisé le travail du MCC pendant un siècle. Le MCC a accompagné les Églises anabaptistes du monde entier dans leur partage de l’amour et de la compassion de Dieu par des actes pratiques de service, notamment les ministères diaconaux de l’Église Meserete Kristos en Éthiopie, l’action humanitaire des Églises anabaptistes en Inde et en République démocratique du Congo, ou les efforts de consolidation de la paix des Églises anabaptistes colombiennes. Le MCC se joint également à d’autres Églises qui se mettent au service de leurs communautés, des pentecôtistes et des baptistes en Ukraine aux Églises orthodoxes en Syrie et en Égypte. Par l’intermédiaire de l’Église, le MCC cherche à faire du bien à tous.

DES LIENS TISSÉS ENTRE LES ÉGLISES

Au fil des décennies, les collaborateurs du MCC ont également découvert que le service chrétien ne s’étend pas de manière unidirectionnelle du Canada, des États-Unis et de l’Europe vers le reste du monde. Au contraire, dans le cadre du service chrétien, des partenariats de collaboration se forment à travers l’Église mondiale, les Églises partageant entre elles leurs dons et leurs fardeaux. Le partenariat du MCC avec la Conférence Mennonite Mondiale, qui dure depuis des décennies, incarne cet esprit de partage et de fraternité à l’échelle mondiale.

LES DÉFIS D’AUJOURD’HUI

Beaucoup de choses ont changé depuis la création du MCC en 1920. Le changement climatique a perturbé les moyens de subsistance des communautés les plus vulnérables du monde. La menace de Covid-19, quant à elle, a rendu la vie plus précaire pour ces populations marginalisées. Pourtant, beaucoup de choses restent inchangées, avec des millions de personnes dans le monde entier déracinées de leurs foyers par la guerre. Dans un contexte de continuité et de changement, l’appel du MCC à partager l’amour et la compassion de Dieu à travers l’aide, le développement et la paix au nom du Christ reste plus pertinent que jamais.

ALAIN EPP WEAVER

Traduction : Valentin dos Santos

Alain Epp Weaver dirige la planification stratégique du MCC. Il vit en Pennsylvanie.

Pour aller plus loin…

https://mcc.org/centennial/100-stories#!

 

Dans les pas du MCC

Le Mennonite Central Committee occupe une place à part dans le monde mennonite. Lors de la préparation de ce numéro, j’ai été frappée par le rapport quasi affectif que beaucoup de mennonites français entretiennent avec le MCC. Le souvenir des « Pax boys » venus aider à la reconstruction après la guerre est ancré. La reconnaissance pour l’aide reçue se transmet dans les familles. Certains travaillent ou ont travaillé dans l’une des « maisons » fondées par le MCC en France. D’autres ont servi une année à l’étranger avec le programme Trainee, IVEP ou YAMEN. Ce sont des expériences qui marquent et qui relient.

Plus largement, c’est le monde mennonite français dans son ensemble qui a été transformé, en grande partie sous l’influence du MCC, après 1945. Les fruits en sont l’engagement dans le travail social et la construction de la paix, des liens forts avec les Églises des autres pays et continents, mais aussi un renouveau théologique, voire une nouvelle conscience (géo)politique. La conviction s’est enracinée que l’anabaptisme a quelque chose à dire et un rôle à jouer dans le monde.

Le centenaire du MCC intervient pourtant dans un contexte contrasté. Si les raisons de se réjouir et d’être reconnaissant pour ce qui a été construit sont nombreuses, la crise sanitaire aura cruellement rappelé qu’aucune situation n’est acquise. La baisse des ressources liée au confinement a conduit le MCC, en juillet dernier, à fermer sa représentation en Europe de l’Ouest. Suite à l’épidémie de Covid-19, l’association SERVIR, gestionnaire des établissements de Valdoie, est fragilisée et son avenir incertain.

Le regard en arrière offert par cet anniversaire nous interroge collectivement : quelles orientations faut-il prendre ? Comment, à la suite de nos aînés, manifesterons-nous la compassion du Christ à ceux qui, au près ou au loin, sont dans le besoin ou la détresse ?

Découvrez le nouveau site Internet de l’AFHAM

L’Association Française d’Histoire Anabaptiste Mennonite a un nouveau site Internet :

https://histoire-menno.net/

Découvrez l’incroyable histoire du mouvement anabaptiste, mennonite et amish, en France, depuis l’origine jusqu’à nos jours ! Une mine d’informations et de ressources documentaires mis à votre disposition grâce au travail méthodique des nombreux historiens, sociologues, théologiens et autres amateurs de l’histoire originale du mouvement qui gèrent l’association. Consultez les actualités pour découvrir les manifestations et les contacts pour approfondir vos recherches et rencontrer des membres du mouvement. Une occasion unique pour comprendre ce qui a fait et fait encore la force de ce mouvement singulier.

 

Menno Simons (1496-1561)