Noël autour du monde

Les chrétiens partout dans le monde célèbrent Noël en même temps, mais chaque culture observe ses propres traditions. Ici, des frères et sœurs anabaptistes de différents endroits du monde racontent comment ils célèbrent cette fête.

LUMIÈRE

Les Pays-Bas

Noël est mon moment préféré de l’année. Je l’associe à la musique de Noël, à la lumière des bougies et aux bons moments passés en famille et entre amis. Mais plus encore, Noël est un moment où je me souviens de la lumière que Jésus a apportée au monde.

Aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et dans le nord de la France, nous célébrons le jour de la Saint Nicolas (le 6 décembre) en faisant des cadeaux. La plupart des familles avec des jeunes enfants célèbrent Sinterklaas. Nous donnons les cadeaux un autre jour que Noël, car Noël c’est célébrer le cadeau de Dieu : la naissance de Jésus. Séparer les deux nous permet de prendre le temps pour nous concentrer sur le message de Noël, tout en partageant des cadeaux avec la famille et les amis un soir différent.

Jantine Huisman, membre du comité YABs, représentante de l’Europe

UGAHARI

Indonésie

Les membres des églises GKMI jouent des histoires bibliques dans le style du wayang orang. Photo : berita GKMI

En Indonésie, Noël est synonyme de moussons, la saison la plus humide de l’année. Mais il fait chaud ! Notre tradition à Gereja Kristen Muria Indonesia / GKMI (Église Chrétienne Muria d’Indonésie), une des églises mennonites d’Indonésie, est de faire des activités sociales : nous rendons visite à des orphelinats ou des maisons de retraite, partageons du riz enveloppé de feuilles de bananier avec des sans-abri, et nous présentons des histoires de la Bible au travers du wayang kulit (marionnettes d’ombre) ou du wayang orang (danse théâtrale).

Notre tradition spéciale est de fabriquer des sapins de Noël à partir de matériaux recyclés comme des bouteilles en plastique, des CD, des parapluies, des sacs en plastique, de vieux journaux ou des fruits et des légumes. Ces activités sont des symboles de « ugahari », ce qui signifie simplicité, frugalité et humilité, ainsi que la plénitude de la création. De cette façon, nous marchons dans les pas du Seigneur à Noël.

Mark Ryan, éditeur du magazine « berita GKMI », à Java Centrale

Suite de l’article sur la page de la Conférence Mennonite Mondiale : Noël autour du monde

Le Bienenberg a un nouveau site Internet !

Le Centre de Formation du Bienenberg a un nouveau site Internet depuis peu.

La navigation est plus facile et le graphisme rajeuni en accord avec les autres publications du Bienenberg. On y trouve l’ensemble de l’offre de formations, séminaires et séjours, proposés par le Bienenberg, sous le slogan « Se former pour être transformés ».

Une nouveauté est à signaler : la formation Points chauds, qui débutera à l’automne 2018, de manière délocalisée en France (Eglise mennonite de Pulversheim) et en Suisse (Eglise mennonite du Sonnenberg, à Tramelan). Pendant 11 samedis après un week-end d’introduction au Bienenberg, on y traitera de sujets chauds, tels que l’homosexualité, l’oecuménisme, les dons de l’Esprit, le ministère pastoral féminin, Israël, etc. A chaque fois, deux personnes, porteuses d’avis différents sur le sujet, montreront pourquoi leur compréhension des textes bibliques les conduit à telle position et elles dialogueront entre elles et avec les participants. Car la formation cherchera aussi à donner des outils pour favoriser un dialogue respectueux.

Le Bienenberg est une institution de formation des Eglises mennonites de Suisse, de France et d’Allemagne, au service de tous.

Action de Noël 2017 : un espoir pour Camp Luka à Kinshasa

L’Action de Noël 2017, proposée par le Caisse de Secours des Eglises mennonites de France, est destinée au soutien d’une oeuvre chrétienne dans un quartier très défavorisé de la capitale de la République démocratique du Congo.

Cette oeuvre, Le Bon Berger, comprend un hôpital, une mutuelle d’épargne proposant des microcrédits, un lieu d’alphabétisation, etc. Le projet en cours de réalisation est un centre de formation à la menuiserie.

Les dons pour l’Action de Noël 2017 permettront de financer l’aménagement intérieur de ce centre de formation et son équipement.

Plus d’infos sur le flyer ou sur le site de la Caisse de Secours, pour soutenir cette oeuvre portée par un médecin Frère Mennonite dans l’un des quartiers les plus pauvres de l’une des capitales les plus pauvres de la planète…

Bientôt : un manuel sur l’éducation à la paix pour les enfants et les ados !

Le prochain Dossier est sous presse. Il s’agira d’une banque d’activités pour l’éducation à la paix qui aura pour titre : « Paix ! mes brebis… Activités d’éducation à la non-violence ».

 

 

Ce livre est écrit par Silvie Hege, pasteure à l’Eglise mennonite de Châtenay-Malabry. Elle a travaillé comme professeur des écoles et à ce titre à mis en oeuvre un programme de résolution des conflits en milieu scolaire.

Ce livre est s’adresse en particulier aux moniteurs/monitrices d’école du dimanche ou de groupes d’ados, aux parents et aux grands-parents ayant à coeur le vivre-ensemble de leurs enfants et petits-enfants, ou encore aux animateurs/animatrices de colonies et de camps.

La couverture, des pictos aidant à se repérer et des illustrations agrémentent ces pages, ces visuels étant l’oeuvre de Splatt, bien connue des lecteurs du magazine Christ Seul.

A paraître bientôt !

500 ans des réformes – Retour aux sources

Voici le 11e article de cette série écrit par Marie-Noëlle von der Recke, théologienne d’origine française vivant depuis de nombreuses années en communauté en Allemagne. Pour elle, une réforme de l’Eglise aujourd’hui passe par un retour aux sources des Ecritures, de la radicalité du message et de la pratique de Jésus et des premières communautés chrétiennes. 

 

En mennonite convaincue que le lieu de la réflexion chrétienne est la « communauté herméneutique », j’ai pensé que plutôt que d’écrire mon seul point de vue sur le sujet, il serait intéressant et judicieux d’en faire le thème d’une discussion. Lors de vacances avec des amis de tous bords, une soirée a été fixée à cet effet. Mais la soirée en question venue, les membres du groupe se sont un à un excusés : les plus âgés étaient trop fatigués, les autres, chrétiens engagés pour la plupart, pensaient ne rien avoir à dire sur le sujet… Déception… Signe en tout cas que le thème n’est pas vraiment brûlant pour nos contemporains, même pas pour des personnes prêtes d’habitude à discuter de tout.

Les célébrations de la Réforme de Luther ont permis pendant des mois d’évoquer son importance pour l’évolution de l’histoire et de la société occidentales, mais cela ne suffit pas pour faire du thème de la réforme de l’Église aujourd’hui une question stimulante pour les esprits. Certaines raisons de cet état de faits sont exposées dans la contribution de Frédéric de Coninck à cette série (5e article, posté le 21 juin 2017).

Une récente invitation à parler à Marburg de la Réforme radicale devant un public de chrétiens engagés dans un parti politique de gauche m’a cependant amenée à reprendre la réflexion. J’ai été interpelée en fouillant dans l’histoire des anabaptistes. La naissance de leur mouvement, contemporaine des bouleversements subis par l’Église et la société du début du 16e siècle, ne peut être comprise que dans ce contexte bien particulier.

 

Constantinisme politique

Les célébrations de ces derniers mois ont mis en scène les luttes de Luther, sa théologie et sa contribution au changement irréversible du paysage ecclésial occidental. Je me demande si elles ont suffisamment souligné le fait que, sans soutien politique, il n’aurait pas emporté la victoire qu’il a emportée. Je vois ici un parallèle avec la situation de l’Église à la fin du 4e siècle de l’ère chrétienne. L’Église persécutée n’a pu que se réjouir de la fin des persécutions sous l’empereur Constantin. Le soutien de l’État a été cependant lourd de conséquences pour la suite de l’histoire de l’Église.

Aujourd’hui, les Églises ne sont qu’autant d’options parmi d’autres dans un monde où le pluralisme est roi. Dans les régions où l’Église est restée un interlocuteur attitré de l’État, réduisant trop souvent son message à un consensus sociétal sans contours distincts, on pourrait souhaiter qu’elle renonce enfin à ce statut privilégié pour réfléchir avec réalisme à son avenir en tant que minorité dans un monde sécularisé. On pourrait souhaiter qu’elle se pose les questions qui correspondent à cette réalité et qu’elle repense sa mission dans ce contexte.

 

Constantinisme économique

Quant aux Églises qui ne sont pas les otages du constantinisme politique, elles auraient elles-aussi une tâche importante : se libérer de ce qu’on pourrait appeler le constantinisme économique[1]. Les descendants des persécutés d’autrefois, de ces oubliés de la Réforme dont les convictions remettaient trop profondément en question les structures de la société d’alors pour être prises au sérieux [2] sont aujourd’hui bien souvent des gens qui ont réussi matériellement et ne sont pas forcément prêts à remettre sérieusement en question les structures économiques actuelles.

 

Retour aux sources

Dans les deux cas, c’est un retour aux sources qui me semble s’imposer. Les prophètes de l’Ancien Testament plaidaient pour l’application de la Torah. Jésus reprit leur message. L’Église primitive fut portée par la vague formidable, mise en mouvement par sa vie, son enseignement, sa mort et sa résurrection. Une Église qui souhaite se renouveler est appelée à relire cette histoire pour la faire sienne et à trouver les mots et les actes qu’il faut pour la traduire à ses contemporains. Ainsi pourrait-elle redevenir le mouvement subversif qu’elle a été.

Marie-Noëlle von der Recke, Laufdorf (D), Laurentiuskonvent

 

Notes

[1] Expression de Wilfried Warneck dans une critique aux Églises de paix traditionnelles, présentée lors d’un colloque tenu au Bienenberg en juillet 2001.

[2] Voir l’article de Neal Blough, La Réforme, un regard nouveau : villes, paysans et anabaptistes

Artisans de paix dans la situation présente, par Claude Baecher

Dans cette conférence donnée lors du Congrès de la Fédération des Églises évangéliques baptistes à Mulhouse en mai 2017,  Claude Baecher nous enjoint à rechercher et vivre en toute chose l’initiative de la réconciliation, la culture du shalom, celle de la paix juste.

Pour lui, il y a différentes manières d’assassiner quelqu’un. Dès lors, il s’agit de veiller d’abord à ce qui se passe en nous. Il nous parle de l’impérative nécessité de nous présenter devant Dieu en bonnes relations, et de l’importance fondamentale de travailler à être un peuple de la réconciliation. À cela nous serons reconnus comme le peuple du Royaume de Dieu.

Jésus est le prince de la paix, et depuis qu’il est venu, cela a commencé. Cela, c’est son règne, mais aussi son mode inimaginable, pour nous humains, et tellement particulier, de conquête des relations perturbées.

Au début de son Discours sur la montagne Jésus s’est écrié : « Heureux les faiseurs de paix[1] » ou « Heureux ceux qui font œuvre de paix. » Et il a poursuivi : « Ils seront appelés fils de Dieu. » C’est à dire qu’on reconnaîtra dans leurs actes de faiseurs de paix les marques de famille de Dieu lui-même. Jésus, dans son œuvre, ses paroles et ses actes est le portrait d’un faiseur de paix. Et à travers lui, la grâce nous est faite d’exprimer aujourd’hui encore quelque chose du Dieu aimant et passionné de réconciliation. La paix, c’est le shalom, c’est collectif, c’est la paix juste. La paix n’est pas seulement quelque chose d’individuel, mais cela a à faire avec le vivre ensemble dans la bienveillance. La paix à faire (notez le verbe) n’est pas qu’intérieure ou pour l’au-delà, ou encore réservée à un charisme qui serait particulier. Le Christ est intervenu pour que cette dimension nous touche également de notre vivant, nous, membres de l’Église de Jésus-Christ, dans l’attente de sa pleine réalisation.

Je me souviens de ces paroles de ce chirurgien chrétien, le Dr. Hans Bernath, qui avait travaillé durant 42 ans à l’hôpital de Nazareth en Israël, dont 20 ans comme directeur de cet établissement. Il disait en l’an 2000 : « En 42 ans, je n’ai jamais entendu prêcher sur la réconciliation. » C’est tout de même incroyable, non ? C’est aussi lui qui a dit ces paroles lourdes de sens, ayant assisté durant 42 ans aux événements autour de Nazareth : « Avec des armes on gagne des guerres, mais on ne gagne pas la paix. »

L’un des objectifs des cultes chrétiens est certes la prière et l’adoration, ainsi que la communion avec le Christ et les uns avec les autres, mais c’est aussi l’écoute de la Parole du Christ. Et par conséquent la formation du caractère chrétien. La formation à l’action juste. Pour cela nous comptons sur l’assistance de l’Esprit promis pour nous accompagner dans cette démarche.

La réception initiale de l’Esprit dans nos vies, vous l’aurez constaté, ne nous délivre néanmoins pas magiquement de nos anciens schémas de comportement. Et c’est vrai surtout devant l’agression. Nous sommes comme tous nos compatriotes sujets à la peur, à la colère et nous avons à faire avec nos propres violences intérieures. Nous sommes catéchisés par nos peurs de l’insécurité, plus que nous ne le croyons. Et c’est vrai pour chacun d’entre nous. Les attentats de New-York, de Paris et de Bruxelles et l’incertitude sécuritaire nous catéchisent, nous également.

Nous nous projetons volontiers dans celles de victimes potentielles : leur sentiment de colère, d’outrage, d’insécurité. Le réflexe ancien, et largement promu par les politiques de nos pays, est le désir de les éliminer de son monde : l’exclusion de l’autre qui me menace, par la déportation, la liquidation, la pulvérisation. Mais ce droit-là appartient à Dieu ! Et exclure nous-même le prochain, n’est-ce pas quelque part exclure Dieu qui cherche à gagner les situations ?

Les policiers, les gendarmes sont là aussi pour assurer un minimum de sécurité ; merci à eux, et nous nous devons tous d’être vigilants ! En tous les cas pour traiter de notre thème, il nous faut partir de la réalité des convictions, des situations et des sentiments. Et je découvre que c’est ce que Jésus le Christ a fait, tenant compte à la fois des sentiments en moi, des sentiments en l’autre, et préconisant des actes pour viser ce qu’il a appelé la réconciliation.

Le Christ nous dit, vous l’entendrez dans la lecture d’Évangile qui va suivre, de ne pas laisser les conflits s’enliser. Mais il nous invite à les traiter. Laisser les conflits s’enliser, c’est s’assurer que la qualité des relations se détériore, chacun ayant raison contre l’autre. Il nous faut pourtant revenir à ce qui nous habite tout profondément, dans nos mythes à nous. Au fond n’avons-nous pas une conviction bien ancrée en nous-même qui dirait quelque chose du genre :

Ah Jésus, la belle histoire… Mais l’engagement à la paix ce n’est pas réaliste, cela ne marche pas ! Le 11 septembre 2001, les attentats de Paris et de Bruxelles ont démontré que le monde est un lieu violent. Parler de la paix semble bien dérisoire devant le déchaînement de la haine et de la violence. La paix, c’est bien en théorie, mais en pratique cela ne marche pas. Ce qui marche, ce qui vraiment change les choses, c’est la force et la violence. Ce n’est peut-être pas joli à dire, mais l’expérience humaine le montre.
Ensuite s’engager pour la paix, c’est trop élevé pour moi. C’est fait pour des hommes et des femmes exceptionnels, des gens qui ont un pouvoir spécial et des aptitudes extraordinaires. Ce n’est pas pour des gens ordinaires comme moi.
Et puis, j’ose à peine vous le dire, au fond de moi, j’ai aussi de la violence. Il m’arrive d’envoyer autrui paître (du moins mentalement), et me sentir capable de bien des violences dans certaines circonstances.
Il faut entendre ces voix des nombreuses personnes qui trouvent la paix problématique. Et quand même le Christ me dit : « Chiche tout de même, je vais te montrer une voie que tu ne soupçonnes même pas ! » Alors si nous voulons faire de la place à Dieu en nous, il y a un certain nombre de cailloux qu’il faut nommer et débarrasser hors de nous, « au fond du Rhin », comme le disait le prédicateur alsacien Tauler au XIVe siècle.

Nous le verrons, Jésus nous enseigne à être les témoins d’un amour qui va plus loin que l’amour des personnes de son propre clan, plus loin que la réplique ou la vengeance. Pour cela je lirai un extrait de son enseignement dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 5.21-26 :

« 21Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal. 22Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère : “Imbécile” sera justiciable du Sanhédrin ; celui qui dira : “Fou” sera passible de la géhenne de feu. 23Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, 24laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. 25Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire, tant que tu es encore en chemin avec lui, de peur que cet adversaire ne te livre au juge, le juge au gendarme, et que tu ne sois jeté en prison. 26En vérité, je te le déclare : tu n’en sortiras pas tant que tu n’auras pas payé jusqu’au dernier centime. »

Si j’avais été le Messie (plaise à Dieu que ce ne fut pas le cas !), j’aurais choisi d’autres moyens pour gagner les relations et faire œuvre de paix. J’aurais choisi à coup sûr un système qui en impose, utilisant des projecteurs ultrapuissants du haut des cieux pour imposer la paix. Mais je suis également sûr que tous les hypocrites de la terre auraient courbé les genoux non de leurs cœurs, mais de leurs intérêts, et du coup la paix n’aurait été que superficielle. Celle d’un régime totalitaire. Il en faut donc plus pour convaincre les cœurs et c’est ce qu’a fait l’œuvre de Jésus le Messie, et c’est de lui que nous voulons apprendre.

Que nous communique Jésus selon l’Évangile ? Des principes simples que nous allons maintenant étudier.

 

1. Il y a différentes manières de tuer
Cette disposition de la Loi est bien connue : « Tu ne commettras pas de meurtre ! » (Exode 20.13). Mais Jésus nous enseigne en Matthieu 5 le sens profond de la loi interdisant le meurtre. Car il y a différentes manières d’assassiner quelqu’un, c’est sa démonstration. Il ne dit pas simplement que ce n’est pas à nous de faire justice, mais il va plus loin. L’homicide est interdit : tu ne tueras pas. Ce qui inclut à mon sens tu ne te tueras pas et tu ne laisseras pas tuer en ton nom. La raison biblique en est simple : la vie appartient à Dieu. Elle n’appartient ni à un groupe, ni à une famille, même pas à soi-même. La vie, d’où qu’elle soit, appartient à Dieu qui lui confère sa dignité. C’est vrai, selon ma compréhension de la Bible, de la conception au dernier souffle. Cela nous fait frères et sœurs en l’humanité.

S’il nous fallait transposer, il y a certes la colère entretenue et les insultes qui sont des manières de tuer. Jésus aujourd’hui aurait aussi probablement inclus d’autres comportements assimilables à ses yeux au meurtre, et dans lesquelles nos sociétés baignent facilement. Parmi ceux-ci :

Le commerce international des armes sans discrimination, très lucratif, et qui ne mène qu’à une surenchère de la violence. Les armes ne tombent en effet pas du ciel !
La traite des êtres humains, les réduisant à la prostitution et à l’esclavage en profitant indécemment de leur précarité.
Les spéculations boursières sur des denrées alimentaires qui affament tant de gens en les frustrant du nécessaire pour survivre dans les pays les plus pauvres.
L’insensibilité aux équilibres écologiques dans une création faite pour le bonheur de tous les humains.
Sans nommer l’insensibilité au sort de pères et de mères aînés, et inversement vis-à-vis des enfants.
Nous pourrions bien sûr donner d’autres exemples. Tu ne tueras pas, on peut aussi le faire en diabolisant autrui sans le rencontrer. Tu ne tueras pas, normalement c’est à notre portée à tous. Mais Jésus est revenu sur la question pour donner le plein sens au commandement de ne pas tuer. Il va plus loin que nous ne l’imaginons communément.

Il y a différentes manières de tuer. Notre langage (Jésus le souligne) révèle souvent nos hostilités. Il y a des mots effectivement qui tuent. Que révèle notre manière de parler ?

Ne dit-on pas en allemand todtschweigen… ? Littéralement : taire quelqu’un comme s’il était mort, c’est dire l’ignorer comme s’il n’existait pas. Il s’agit là aussi d’une manière de tuer.

Les paroles comptent aussi. Jésus nous a ordonné (fin du chapitre 5 de Matthieu) de saluer, souhaiter le shalom à tout le monde. J’ai été, à mes heures, animateur socio-culturel en milieu fortement immigré. Et je sais combien le simple fait de saluer les enfants d’immigrés a une portée importante (et l’inverse également, mais avec des résultats néfastes). Les chrétiens doivent le faire, prenez l’initiative de saluer tout le monde. C’est par là que commence le fait de faire la paix. D’autres soutiendront des initiatives plus pédagogiques, socio-éducatives ou d’aides aux devoirs lorsque les parents ne parlent pas la langue, d’aide à remplir les documents administratifs dans certains quartiers, ou même participeront à ces fêtes de quartier.

Nous l’avons vu, il y a pour Jésus des attitudes qui tuent : la colère entretenue, car elle tue déjà dans le cœur. Il y a aussi les petits noms d’oiseaux. Pour Jésus ces attitudes, apparemment plus anodines, sont aussi coupables que les meurtres. C’est ce qu’il dit explicitement. C’est pourquoi leur peine est déclarée aussi sévère (passible du tribunal au Sanhédrin, le tribunal de Jérusalem, et même de la géhenne, lieu de perdition éternelle pour des mots dévalorisants…). La leçon que Jésus tire des insultes est la suivante : prends au sérieux ce qui se passe en toi dans ton rapport avec autrui. Il nous montre comment traiter sa violence intérieure en changeant son regard sur autrui. C’est urgent, car on ne sait jamais quand une personne offensée se vengera d’une autre, lorsque s’installe le ressentiment.

Je sais que nos mécanismes naturels d’autojustification nous font nous retrouver tous rapidement dans la catégorie de victime, et l’autre dans celle de l’offenseur, de l’envahisseur, de preneur de pain et de travailleur à bon marché. Et facilement on pense : il n’est pas bien ; il est en colère ; c’est son affaire ! Chacun est persuadé d’avoir raison, raison contre l’autre, et commence alors une sorte de guerre de tranchées, qui peut facilement dégénérer car on ne se parle plus. Le jugement, nous rappellera pourtant l’épitre de Jacques (2.13), sera sans pitié pour qui n’aura pas exercé la miséricorde. Pourtant Jésus ne se borne pas à avertir du jugement et donne des directives pour y remédier. Et le Notre Père ne dit rien de moins fort (pardonne-nous comme…).

 

2. Être attentifs aux déclencheurs : « Si là tu te souviens… tant que tu es en chemin avec lui »
Là, juste au début du culte au temple de Jérusalem, prêt à adorer le Dieu unique, créateur du ciel et de la terre (qui peut devenir aussi mon juge, et pas seulement mon sauveur) … Tu te souviens… Ta mémoire réactive une conscience de quelque chose de pas net.

Jésus en son temps envisage la situation d’un pèlerinage classique où les juifs de Palestine à son époque se rendaient au temple de Jérusalem trois fois par an. Ils le font pour rencontrer Dieu et célébrer les œuvres de libération divine[2]. Ils rencontrent Dieu.

Pour ces pèlerinages, ils se mettent en chemin en groupes, en grappes, par clans et villages. Et ils arrivent dans les temps pour rendre un culte à Dieu. Et là, in extremis, avant d’adorer Dieu le créateur, mais également le créateur du prochain, de tous les prochains, in extremis avant de rencontrer le juge de nos relations, le défenseur du prochain et le passionné de relations bonnes, in extremis : « Si là tu te souviens… »

Nos cerveaux se souviennent facilement (si nous ne les embrumons pas trop par nos ivresses) qu’il y a des situations d’antagonismes, de distances, d’aliénation : un problème relationnel qui dure, une dette non payée, une dureté non confessée, l’évitement. Nos cerveaux se souviennent de ce que l’autre a fait contre soi, ou de ce que l’autre n’a pas fait pour soi… Mais ici ce n’est même pas le sujet, Jésus insiste ! Remarquez en effet l’ordre du Christ : « Si tu te souviens qu’il (l’autre) a quelque chose contre toi. » Celui qui est en colère, c’est l’autre dans ce cas. On pourrait dire c’est son problème, il n’a qu’à s’expliquer, et il doit pardonner… Mais non, pour le Christ, c’est ton problème si l’autre est en colère !

Le cerveau a des indices, du fait que l’autre en a contre soi-même :

·         Je ressens du malaise en sa présence.

·         Il ou elle m’égratigne.

·         Ne me salue plus ou m’ignore, change de trottoir.

·         Répand des paroles pas gentilles à votre égard… Bref il en a « contre toi ».

« Si là tu te souviens… tant que tu es en chemin avec lui… » Avec qui sommes-nous en chemin de nos jours ? Toutes sortes de personnes dans nos Églises et dans la société, et même sur le plan international, à l’heure de la mondialisation. Aimer la paix, c’est d’abord aimer les relations restaurées, plus que d’avoir raison contre l’autre.

Qu’il ou elle en a contre toi… Claquent alors trois verbes très précis :

 

3. « Laisse » ; « va » ; « te réconcilier »
Trois ordres clairs :

Laisse : priorité à la relation à restaurer ! Il faut se détourner des choses non prioritaires, même religieuses.
Va : prends l’initiative ! Déplace-toi pour cela.
Te réconcilier : c’est à dire viser d’être à nouveau bien disposés l’un envers l’autre. Pour cela, il faut se rencontrer, se parler et avant cela considérer autrui et refuser de le diaboliser. Si possible, autant que cela dépend de vous, ajoutera l’apôtre Paul au sujet de la vie en paix (Rm 12.18) … Et cela dépend beaucoup de nous ! Toutefois pas uniquement, car il faut être deux. Mais il faut que ces démarches aient lieu, absolument.
Nous, membres d’Église, et l’Église collectivement, n’avons pas été toujours bons en cela ! Nous avons davantage été des pourvoyeurs de bonne conscience, parfois à bon marché, au lieu d’être des artisans de réconciliation. Si l’autre en a contre vous, ce n’est pas pardonner qu’il faut, c’est aller le trouver avec une volonté de réconciliation !

Jésus donne des ordres applicables dans tous les domaines de la vie : voisinage, famille, travail, commerce, relations interethniques et linguistiques, entre les générations, sur le plan local et international, religieux et économique ; même si les situations sont compliquées comme souvent.

« Va te réconcilier ». Le but visé est le changement dans la nature de la relation entre deux parties, la bienveillance, parfois l’harmonie, en lieu et place de l’antagonisme.

La réconciliation a lieu lorsque deux personnes sont à nouveau bien disposées l’une envers l’autre. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’on est d’accord sur tout, mais qu’on est à nouveau en bons termes. On n’est plus hostiles. Alors que nous étions ennemis, Dieu a pris l’initiative de la réconciliation en envoyant son propre Fils. Jésus veut que nous fassions de même avec nos vies à nous.

J’ai eu la grâce d’être témoin de réconciliations profondes aux larges implications : celle de deux personnes dans une Église, mais aussi celle entre deux unions d’Églises : la fédération luthérienne mondiale et la conférence mennonite mondiale (descendante de certains anabaptistes qui, au courant des siècles, ont été maltraités). À ces moments-là, on pouvait dire que la terre sur laquelle on se trouvait était sainte. Dieu était glorifié.

Jésus nous dit de prendre l’initiative de la réconciliation ! Pourquoi ?

1.    D’abord parce que nous sommes faits pour bien nous entendre, nous qui sommes à son image. La sécurité vient d’une bonne entente, pas d’une superpuissance armée. Pour Dieu, il n’y a rien de plus religieux à faire que d’aller se réconcilier. « Va te réconcilier » puis « apporte ton offrande ». Il y a clairement un d’abord puis un ensuite.

2.    Parce que n’étant pas en colère moi-même, je suis mieux placé que lui pour prendre l’initiative. Si l’autre est en colère, il vaut mieux que ce soit vous qui preniez l’initiative que quelqu’un en colère. Vous devinez bien pourquoi : il s’agit d’éviter d’ajouter le mal au mal. Nous serions tenus comme responsables d’une initiative malheureuse d’autrui.

Ici on peut réfléchir à la colère d’autrui. Jésus, le prince de la paix, nous donne des ordres simples et trop clairement transposables : allez trouver pour ne pas laisser pourrir les relations, les agressions ou les malentendus. C’est vrai partout où il y a du vivre ensemble, en famille, en entreprise, dans le quartier, en société.

Les démarches que Jésus nous invite à suivre visent la réconciliation. Nous l’avons vu, la réconciliation advient lorsque deux personnes anciennement hostiles redeviennent bienveillantes l’une envers à l’autre. Toutefois quelqu’un en prend l’initiative, c’est-à-dire pose la base de la construction d’un pont, un pont qui rejoint l’autre pour améliorer les rapports. Pouvoir être les témoins des libérations de forces de vie que la réconciliation opère à différents niveaux procure une joie sans pareille. On pourrait avoir un culte où on raconte ces belles histoires.

Sur le plan des relations simples, on peut très bien imaginer ce que signifie allez le trouver et dites : « Je voudrais retrouver ton amitié ; y a-t-il quelque chose entre toi et moi ? ». Pas la peine d’en ajouter, surtout pas prêcher, attendre la réponse. S’il dit « non… » c’est parce que j’avais ceci ou cela, poursuivez votre route. Si par contre il nomme certaines choses vous concernant, examinez votre cheminement. Il se peut que vous ayez, là, sur place, à demander pardon pour des choses que vous avez faites ou des choses que vous n’avez pas faites. Peut-être est-ce un malentendu, cela existe et il est bon de se parler.

Chercher à comprendre les racines de la colère, celle qui est chez elle à la base de son sentiment d’être menacé dans son identité. Il faut l’entendre. Mais ce qu’il convient de détruire, c’est le mensonge. C’est la non-considération. Il faut de l’humilité pour aller dans le sens de la réconciliation. Mais aussi une volonté déterminée, de l’amour et sans doute aussi être prêt à exposer sa propre vulnérabilité. Peut-être suis-je concerné, et devrais-je aussi réparer quelque chose. Si je doute que Jésus l’exige de moi, son disciple, sans doute ne le ferais-je pas. Mais son règne s’étend par ce genre de rencontre, plus qu’on ne l’imagine communément.

« Allez trouver », c’est considérer le prochain, lui dire qu’il a de la valeur à vos yeux. L’autre va entendre que vous prenez du temps et que la relation est plus importante pour vous que le film de la soirée ou telle réunion spirituelle.

Peut-être vous racontera-t-il une histoire dont vous ignoriez la composante offensante. Peut-être aussi vous dira-t-il « mais non, tout va bien… » Peut-être aurez-vous à lui demander pardon, après avoir réalisé une offense individuelle ou collective. Peut-être ne sera-ce même pas nécessaire. Mais allez trouver la personne, puis présentez votre offrande.

Ce qui me frappe dans l’actualité, chez les djihadistes, c’est leur âge relativement jeune et le fait qu’ils ont généralement habité dans le pays dont ils veulent détruire la culture. La rage ou la colère qui est en eux ne s’arrêtera a priori pas par la force militaire. On peut sans doute dévaster des camps d’entraînements, contrôler les sources de financements, mais il y a, en même temps que les frappes, les nombreux dommages dits collatéraux sur des civils vulnérables. Cela constitue à tous les coups des pépinières pour de futurs djihadistes. La violence frontale, avec volonté de détruire, crée au contraire le terreau dans lequel le recrutement grandit, inévitablement. Ce faisant, on ne fait que confirmer le mythe que nous, Occidentaux, sommes méchants, et donc à détruire. John Paul Lederach utilisait la comparaison suivante : utiliser la violence, c’est comme si on voulait éliminer les pissenlits en pleine floraison en prenant un club de golf et en frappant la fleur de pissenlit. Débusquer dans leurs recoins, détruire les villages pour les sauver juste parce qu’ils ont accueilli les djihadistes. La destruction pour nous libérer du problème, c’est souvent la solution préconisée. La résolution du conflit ne se situe pourtant pas sur le plan géographique ou géopolitique, mais ailleurs, comme nous l’avons vu, dans le discours et la pratique de Jésus et des apôtres. Une autre attitude que celle de vaincre la violence par la violence… Lederach ajouta que « Lorsqu’un peuple ressent un sens profond de menace, d’exclusion, et expérimente sur des générations une violence directe, leur plus grand effort est placé sur la survie », et « À maintes reprises, ces mouvements ont montré une capacité extraordinaire pour régénérer des mythes choisis et renouveler la lutte[3]. »

Il y a des éléments de notre culture qui font horreur à d’autres personnes vivant parmi nous ou ailleurs : la manière de traiter les personnes âgées, la manière de diffuser des images pornographiques, de déconsidérer les personnes de races différentes, de cautionner des politiques internationales, la présence française intéressée en Afrique, le contrôle sur les pays ayant du pétrole ou d’autres denrées et matières précieuses, pour n’en citer que quelques-uns… Tous ces éléments pèsent dans la balance de la colère et montrent que ce qui est en jeu est compliqué. Mais ce n’est pas parce que c’est compliqué que nous n’avons pas à vivre une présence fidèle au Christ et montrer inconditionnellement de la considération pour les personnes.

Je ne sais pas vers quelle société on va si on ne tient pas compte de ce qui motive la colère d’autrui. Une société saine est basée sur le respect de tous, ainsi que sur l’attitude envers le faible, le pauvre et le marginal, l’immigrant – c’est un héritage du christianisme. Sans doute, allons-nous vers des sociétés hyper-surveillées et contrôlées, et c’est à se demander si une société ne va pas revenir de plus en plus basée sur le pouvoir. Il est évident que nous sommes devant une situation qui va durer. Et l’Église de Jésus-Christ a besoin de gens qui ont vaincu leur peur et leur insécurité, en se souvenant que la vie appartient au Dieu souverain d’une part, et en développant l’amour du prochain, de tous les prochains y compris ceux que l’on range dans la catégorie des ennemis d’autre part. Seul, ce type de personnes peut développer le service de la paix.

Les conflits ne sont pas seulement rationnels mais aussi très émotionnels comme le montrent l’ex-Yougoslavie ou l’Irlande du Nord. Et il est important que les chrétiens rendent ces services de créer des lieux multiples où l’on assure la sécurité de tous les partis antagonistes. Pour cela, il faut des lieux de rencontres, des gens qui confrontent le mal, certes, mais en rencontrant les gens.

Cette volonté pratique de vivre réconciliés nous libère pour l’adoration du seul vrai Dieu, créateur de tout ce qui vit. Et s’applique alors la promesse de Jésus que l’on retrouve en Matthieu 18.18-21 : « Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel » … Mais :

Accorde-toi : trouve une solution, fais-en un ami. Il est vrai qu’il est difficile de tuer en se parlant (directement ou indirectement) ou d’entretenir de la haine envers une personne que l’on a rencontrée…
Évite que la situation ne s’envenime.
Trouve une solution acceptable (voir également Éphésiens 4.26 et suivants). L’Esprit de réconciliation, le jubilé des relations, la volonté d’un nouveau commencement doit inspirer nos actions. C’est cela la grâce. C’est cela d’abord la gloire de Dieu.
Faites cela, tant que vous êtes en chemin avec lui. Il y a pour Dieu urgence en la matière. Il faut remplacer nos j’aurais dû par aujourd’hui, je prends la décision de me réconcilier avec lui, avec elle ou de poser un acte de vraie rencontre avec une personne de confession musulmane ou autre. Certes il faut être deux pour que cela ait lieu, mais j’en prends l’initiative et prierai pour que cela se passe bien et qu’il en résulte une amélioration dans la relation. Ces petits moments comptent plus que toute autre chose dans la vie, libèrent des énergies et procurent de la joie profonde. Faire cela, c’est être sel et lumière.

L’un des drames en théologie est que les Églises ont cru que le Christ était venu pour le pardon des mauvaises actions et non pour l’éducation aux justes actions. Il en résulte alors une sorte de paganisation de fait du message évangélique que la méditation de l’Évangile heureusement nous révèle.

 

Conclusion
Avons-nous entendu par cette actualisation de l’enseignement de Jésus-Christ, dans nos esprits, une invitation à entreprendre une démarche de réconciliation ?

La paix est comme la guerre, elle doit être menée. Voyez les investissements, les préparations, les stratégies, les moyens mis en œuvre pour mener une guerre. Il en va de même pour la paix.

Que Dieu fasse que nos cultes et adorations soient ceux d’un peuple réconcilié, mais aussi formé pour être artisan de paix et de fraternité, car Dieu est passionné de bonnes relations.

Nous n’avons pas abordé les cas dramatiques des démarches à entreprendre après les génocides passés (Rwanda, Cambodge, Nigéria, ex-Yougoslavie, Syrie, sans oublier que nous sommes aussi en Europe sur l’un des plus vastes champs de bataille du monde avec ses cicatrices, etc.), car c’est à petite échelle que Jésus veut commencer et nous ne sommes crédibles ailleurs que si nous-mêmes nous prenons cet ordre au sérieux à l’échelle individuelle.

Si à la Pentecôte chacun a pu entendre parler des merveilles de Dieu dans sa langue, il est probable que les merveilles du Dieu qui réconcilie soient, en allemand, en hébreu, en arabe, en swahili ou Lingala, en chinois, les langues de nos voisins, les nouvelles merveilles que Dieu est en train d’accomplir. Chacun et chacune de nous est dans une situation particulière, et là peut s’étendre la paix de Dieu.

La question pour nous est dès lors la suivante : sommes-nous disponibles pour faire passer la bénédiction que Dieu veut étendre au monde qu’il aime en commençant par notre propre périmètre de vie ? Si le chrétien n’échappe pas à la souffrance du monde, il peut en être vecteur de la paix s’il veut mériter le beau nom qu’il porte. Nous sommes les enfants de Dieu : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… » (Jean 3.16). Il l’a fait alors que nous étions ennemis. Grâce extraordinaire qui nous est faite !

Et qui sait ? Cela créera les conditions d’attractivité puissante pour à leur tour leur expliquer l’amour de Dieu pour lui, pour elle, par l’œuvre de Jésus le Messie. Les gens, pensant alors : j’aimerais aussi faire partie de ce peuple engagé pour vivre la réconciliation.

Que de cette manière son règne vienne. Et que l’Esprit de grâce et de paix nous accompagne tous.

Claude Baecher, pasteur de la FREE à Meyrin, implanteur d’Eglise à Genève (Convergences)

Notes

[1] Matthieu 5.9
[2] Les allusions à ce pèlerinage sont nombreuses : l’autel (v. 23), à l’époque il n’y en avait qu’un ; l’offrande (v. 23, Dt 16.16s) ; le sanhédrin (v. 22) ; le juge (v. 25) : Mal. 3.1-5, à Jérusalem ; la Géhenne (v. 22) symbolisée par la vallée des ordures de Jérusalem ; « en chemin » (v. 25) ; dernier quadrant/centime : le prix de 2 passereaux pour le sacrifice (v. 26).
[3] John Paul Lederach, Reconcile: Conflict Transformation for Ordinary Christians, Harrisonburg VA, Herald Press, 2014, p.161.

 

Texte paru dans Les Cahiers de l’Ecole pastorale, n° 105, 3e trim. 2017, p. 7-21, repris avec autorisation.

Un conte de Noël : voir l’invisible

Un conteur, qui est aussi pasteur, propose en exclusivité un conte de Noël inspiré par les bergers dans le récit de la Nativité. Installez-vous confortablement et et laissez-vous emporter…

C’était la nuit. Le feu crépitait, nerveux. Deux bergers brûlaient de colère. Au-dessus des pâturages de Bethléem, le ciel était dégagé, les étoiles semblaient proches, comme si elles s’étaient intéressées au débat qui faisait rage entre les deux hommes.

– Cette peau de bélier me revenait de droit, c’est moi l’aîné !

– Arrête de ressasser cette affaire ! Déjà avant de mourir, notre père me l’avait confiée.

Les autres bergers se tenaient à l’écart, lassés d’entendre ces deux rancuniers batailler sans cesse pour un héritage bien modeste. Leur père, le vieux Baruk, avait gardé comme un précieux trésor la peau d’un bélier qui était né le même jour que lui. Un animal robuste, le chef du troupeau, capable d’écarter plus d’un prédateur. Et puis, il avait fallu abattre le bélier trop vieux. L’enfant avait protesté, mais finalement, c’est la magnifique toison de l’animal qui avait séché ses larmes. Dès ce moment, cette peau était devenue pour lui comme un porte-bonheur, une protection contre les malheurs. Quand le jeune Baruk veillait le troupeau la nuit, il s’enveloppait de cette peau. Rassuré, il se sentait la même ardeur que son vieux bélier. Et puis, au fil des années, quand l’expérience de la vie avait rendu le vieux berger moins superstitieux, cette peau était devenue la relique d’heureux souvenirs : sa jeune épouse s’y était réchauffée ; leurs deux petits garçons y avaient reposé, paisibles ; frissonnants de fièvre, c’est dans cette peau qu’ils guérissaient. Le vieux père y avait caché ses larmes au décès de son épouse. Et finalement, rassasié d’années, le faible Baruk avait vu comme une évidence de laisser cette peau au préféré de ses fils, le cadet.

L’aîné n’avait rien dit, mais la rancœur couvait, comme des braises cachées sous la cendre. Après le temps du deuil, puis des règlements de comptes, voilà bien dix années que leur mésentente lassait la compagnie des bergers. Dix années qu’ils s’évitaient rageusement.

Mais cette nuit-là, ils n’avaient pas eu le choix : manque de main d’œuvre, troupeau trop grand, prédateurs aux aguets, fauves ou voleurs. Les retrouvailles suintaient entre eux comme une vilaine blessure infectée.

Les deux frères étaient donc là, près du feu tremblant entre leurs deux colères. L’aîné écœuré avisait la peau de bélier que son cadet portait fièrement sur les épaules. Et l’amertume leur faisait comme une ivresse, un tourment qui les isolait des autres. Si bien que les deux bergers maussades n’avaient pas vu la nuit s’illuminer au son des chants angéliques. Ils n’avaient pas entendu l’hymne à la paix. Par contre, ils avaient retenu qu’un roi de justice était apparu dans la région. La belle aubaine !

– Allons lui présenter notre litige, tu verras qu’il jugera ma cause totalement légitime, tempêtait l’aîné qui s’estimait spolié de l’héritage paternel. Cette peau, tu me la dois !

– Ah oui ! Tu verras, il te rira au nez, raillait le cadet. Ce roi, s’il est vraiment juste et intelligent, il confirmera que la peau du vieux bélier m’appartient de plein droit ! C’est toi qui vas recevoir une belle correction !

Ils s’étaient donc mis en chemin, avec la compagnie des bergers.

La surprise étouffa leurs jacassements quand ils découvrirent que le roi les attendait dans une misérable étable. Ils tombèrent à genoux quand ils comprirent que leur justicier était ce nouveau-né grelottant dans les bras de sa petite mère épuisée. Les deux frères ennemis se tenaient maintenant coude à coude, pétrifiés de honte devant le désarroi du jeune père incapable de réchauffer l’endroit.

L’impensable alors se produisit. Le cadet ôta la chaude peau de ses épaules. L’aîné se redressa. Chacun retenait son souffle. Ensemble ces deux grondeurs s’avancèrent, la peau était assez large pour envelopper la mère et l’enfant. D’un geste unanime, ils l’offraient !

C’est alors qu’un second miracle eut lieu : l’espace d’un instant, ils virent la grotte illuminée du scintillement de dizaines d’anges qui entraient et sortaient, pressés de voir ce nouveau-né. Les bergers levèrent les yeux au ciel, ils en virent des milliers, comme si les myriades d’étoiles dans le ciel dansaient de joie. Les bergers tendirent l’oreille : le vent faisait comme un chant puissant et rassurant.

C’est ce geste de bonté qui leur avait ouvert les yeux sur l’invisible.

Olivier Fasel, Eglise évangélique de Bourguillon (CH), pasteur, et conteur (www.olivierfasel.ch)

Photo : Wikimedia.org

[Légende :] L’adoration des bergers, Bartolomé Estaban Murillo, 1650

Que pensent les riches des pauvres ?

« Je ne céderai rien aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes… » Ces quelques mots, formulés en septembre dernier par le Président français à l’adresse des opposants à sa réforme du droit du travail, ont choqué l’opinion publique. Emmanuel Macron a expliqué que ses propos, contrairement à l’interprétation qui en avait été faite, ne visaient nullement les syndicalistes, ni les travailleurs. Soit. Toutefois, le président français n’en est pas à sa première phrase du genre. N’a-t-il pas dit qu’« une gare était un lieu où se croisaient des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien »… ? N’a-t-il pas qualifié « d’illettrés » des ouvriers d’une usine dont les portes menaçaient de fermer ? Ou encore de « chômeurs récidivistes » les personnes ayant connu plusieurs périodes de chômage ?

DE QUOI CHOQUER

Le dédain face aux pauvres véhiculé par ces propos a de quoi choquer. Ils sont pourtant plus répandus qu’on ne pourrait le penser. Dans son dernier ouvrage Ce que les riches pensent des pauvres, le sociologue Serge Paugam révèle que la tendance à la ségrégation sociale grandit, avec une mise à distance physique, sociale des classes pauvres, jugées « dangereuses », légitimée pour partie par le « mérite ». Les privilèges financiers, sociaux, culturels seraient « mérités », car « gagnés ». Corollaire à cela, la pauvreté serait également « méritée » : les pauvres n’auraient, en effet, pas suffisamment « mouillé la chemise ». « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler » déclarait, à ce propos, Emmanuel Macron, alors qu’il était encore Ministre de l’économie. Cette façon de légitimer, en la normalisant, sa situation – et par-delà celle des « autres » – contribue à neutraliser – anesthésier – tout sentiment de compassion vis-à-vis de la souffrance d’autrui, remarque Serge Paugam.

JÉSUS PROCHE DES MARGES

Choqué ? Le Christ ne l’est probablement pas, car il connaît le fond du cœur de l’être humain (Jn 2. 25). Attristé ? Il l’est sans doute de voir que, dans le monde d’opulence qui est le nôtre, les pauvres continuent de s’appauvrir, que la « misère chasse la pauvreté » (Majid Rahnema, 2004) et que le cœur des hommes est toujours aussi étanche – anesthésié – à la souffrance d’autrui. Toutefois, certitude bienfaisante, il est plein d’amour pour nous pécheurs et n’a de cesse de nous rappeler nos responsabilités à l’égard de notre prochain. « Va et désormais ne pèche plus. » (Jn 8.11)

Que l’exemple du Christ, qui a prêché, prôné et vécu l’abolissement des frontières – géographiques, sociales, morales – édifiées par les hommes, pour se rapprocher de corps et de cœur avec ceux qui souffrent et sont exclus, puisse continuer de nous inspirer, de servir de fil conducteur à nos existences ; et que l’Esprit Saint nous inspire pour incarner cet exemple dans le quotidien de nos réalités de vie respectives.

Pour aller plus loin…

www.christnet.ch (forum chrétien de réflexion sociale, économique et environnementale)

 

« Joy to the world »

Pour le temps de l’Avent et pour Noël, un chant traditionnel plein d’entrain est proposé, qui invite à la joie en raison de la venue du Messie. Joie pour le monde entier !

Voici un cantique de Noël qui a gardé tout son dynamisme depuis 180 ans ! Est-ce dû à l’auteur des paroles, Isaac Watts (1674-1748), appelé le père de l’hymnologie anglaise, considéré comme un pasteur non-conformiste qui avait à cœur d’actualiser le langage de la Bible pour son époque ? Il aimait reprendre les textes de l’Ancien Testament et leur donner un parfum de Nouveau Testament.

Ou est-ce parce que le compositeur américain Lowell Mason (1792-1872), qui a mis les paroles en musique, a composé la musique d’après Haendel ? On y trouve des lignes mélodiques tirées du Messie : œuvre on ne peut plus inspirée qui a rarement trouvé son pareil en expression de louange pour l’avènement de Jésus.

Les paroles elles-mêmes sont impérissables et vont bien au-delà de tous les temps et époques… Elles sont inspirées du psaume 98 :

«Poussez vers l’Éternel des cris de joie, vous tous, habitants de la terre !

Faites éclater votre allégresse, et chantez !

Chantez à l’Éternel avec la harpe ; avec la harpe, chantez des cantiques !

Avec les trompettes et au son du cor, poussez des cris de joie devant le roi, l’Éternel !

Que la mer retentisse avec tout ce qu’elle contient, que le monde et ceux qui l’habitent éclatent d’allégresse,

Que les fleuves battent des mains, que toutes les montagnes poussent des cris de joie devant l’Éternel !

Car il vient pour juger la terre ; il jugera le monde avec justice, et les peuples avec équité. »

DIEU ENTRE EN SCÈNE !

L’arrivée de Jésus dans ce monde – la réalisation du plan du salut prévu et préparé depuis le début des temps – s’est passée dans l’humilité, dans la discrétion, dans un coin perdu, constatée par quelques personnes comme toi et moi. Mais il y a eu tout de même – en plus de la venue de quelques sages de pays lointains – cet instant extraordinaire où les bergers ont pu apercevoir ce qui se passait dans les cieux à ce moment-là : dans les cieux, tous étaient au courant ! Enfin, Dieu lui-même entrait en scène ! Ils étaient fous de joie !

Essayons d’imaginer et de voir l’ensemble du tableau avec eux ! Joie pour le monde ! Le Seigneur est arrivé !

Pour aller plus loin…

Partition d’une version en français: recueil Alléluia 32-37

Partition d’une version en anglais

Audio : version Héritage (en français) 

Audio : interprétation classique 

Audio : version Oslo Gospel Choir

 

 

Est-ce que je peux parler au Saint-Esprit ?

Je la trouve importante cette question, à la fois parce que tu peux trouver sur Internet ou parfois autour de toi quelques rares chrétiens t’interdisant de prier le Saint-Esprit, mais avant tout parce que c’est de notre relation avec lui qu’il est surtout question ici. Et malheureusement, cette relation avec le Saint-Esprit, on la néglige parfois (moi le premier).

Alors, la réponse à cette question posée en titre est assez simple :

Photo : www.pexels.com

OUI, MÊME S’IL N’Y A QU’UN SEUL EXEMPLE DE PRIÈRE DANS LA BIBLE.

Dans le Nouveau Testament, les prières sont généralement adressées au Père. Pourquoi ? Parce que la plupart de ces prières sont celles de Jésus lui-même, l’exemple le plus connu étant la prière du Notre Père (Mt 6.9-15 ; Lc 11.1-4). Quelques prières sont aussi explicitement dédiées à Jésus (Ac 7.59 ; Ap 22.20…). Mais tu ne trouveras aucune prière adressée au Saint-Esprit dans la Bible, à la seule exception d’Ez 37.9, où le prophète Ezéchiel parle à l’Esprit, dans la vallée des ossements.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il t’est interdit de prier le Saint-Esprit !

Dans ce cas-là, il faudrait aussi retirer les chants de tous les cantiques de ton Église (des Ailes de la Foi au JEM 3) dans lesquels on interpelle directement le Saint-Esprit.

OUI, PARCE QUE LE SAINT-ESPRIT EST UNE PERSONNE.

Il n’est pas seulement une puissance ou un souffle. Il ne se limite pas à un symbole, comme la colombe. Il est une personne qui est pleinement Dieu, comme le Père et comme Jésus.

La Bible nous montre clairement que le Saint-Esprit est une personne. Voici quelques exemples :

• Il possède des sentiments (Es 63.10 ; Ep 4.30).

• Il aime (Rm 15.30).

• Il possède une volonté (Ac 15.28, 1Co 12.11).

• Il parle (Ac 8.29,13.2 ; Hé 3.7)… donc pourquoi ne pas lui répondre !

Ne pas prier le Saint-Esprit signifie ne pas lui parler, ne pas avoir beaucoup de relation avec lui. Ce n’est pas ce que la Bible nous recommande. Au contraire, tu es invité à être en communion avec lui (2Co 13.13).

Le Saint-Esprit n’est pas qu’un réservoir de dons en toi, il est une personne divine à laquelle tu dois obéir et que tu dois aimer, avec qui tu peux dialoguer, comme avec le Père et comme avec Jésus.

OUI, ET ÇA SERAIT DOMMAGE DE T’EN PRIVER  !

Parce que le Saint-Esprit a un rôle important dans la prière (Ep 6.18). Tu peux t’adresser à lui dans de nombreuses circonstances :

• Quand tu te sens seul et abandonné.
Parce qu’Il te console de l’absence de Jésus, en attendant son retour (Jn 14.16-18).

• Quand tu es perdu avec ton identité et que tu ne sais plus vraiment qui tu es.
Parce qu’Il veut te conduire vers le Père et te dit que tu es son enfant (Rm 8.16 ; Ga 4.6 ;
Ep 2.18).

• Quand tu galères avec la lecture de la Parole de Dieu et que tu as besoin de mieux la comprendre.
Parce qu’Il enseigne et rappelle les enseignements de Jésus (Jn 14.26 ; 16.13 ;
1Co 2.13).

• Quand tu ne sais plus quoi et comment prier.
Parce qu’Il vient alors à ton secours et intercède pour toi (Rm 8.26-27).

• Quand tu témoignes de ta foi autour de toi et que tu aimerais que tes amis croient aussi.
Parce que c’est lui qui convainc de péché et qui touche les cœurs (Jn 16.8 ; 1Co 2.10-11).

• Quand tu dois défendre ta foi.
Parce qu’Il t’enseignera ce qu’il faudra dire (Lc 12.12).

Dans toutes ces circonstances, quand tu es dans le service ou dans l’adoration, tu peux dire au Saint-Esprit : « Aide-moi, guide-moi, conseille-moi. »

OUI, MAIS ÇA NE DOIT PAS ÊTRE TA SEULE MANIÈRE DE PRIER

Les disciples ont demandé à Jésus comment prier, et Jésus leur a appris à s’adresser au Père.

Notre principale façon de prier devrait être : « Au Père, dans le nom de Jésus, par le Saint-Esprit » (Ep 2.18).

« Dans le nom de Jésus » : nous ne pouvons nous approcher du Père que grâce au sacrifice de Jésus, et certainement pas par nos propres mérites.

« Par le Saint-Esprit » : nous sommes le temple du Saint-Esprit ! Quel magnifique cadeau qui vit pour toujours en nous ! Nous pouvons nous approcher du Père, parce que c’est le Saint-Esprit qui nous y pousse.

Ta principale façon de prier ne signifie pas ta seule façon de prier. Je t’invite à ne pas te priver de cette communion que tu peux avoir avec le Saint-Esprit. Si jusqu’à présent, tu l’as ignoré, parfois négligé ou tu lui as même résisté, il n’est pas trop tard pour lui parler.

 

Pour aller plus loin…

Francis Chan, Dieu oublié, BLF éditions, 2013.

Confession de foi dans une perspective mennonite, Editions Mennonites, 2014, article 3, « Le Saint-Esprit »