Une année de volontariat à l’étranger : une expérience inoubliable

Bonjour, je m’appelle Simon et je rentre d’une année passée au Canada en tant que volontaire. Je viens de l’Église mennonite de la Prairie à Montbéliard et j’ai découvert ce programme de mission grâce à l’association « Joie et Vie ».

Je suis donc parti un an à Lethbridge, au sud de l’Alberta dans l’ouest canadien, anglophone.

Lethbridge, qui compte environ 95 000 habitants, fait partie des villes les plus dangereuses du pays.

L’usage de drogue y est très répandu et ces dernières années, le nombre d’overdoses a fortement augmenté en raison de la consommation de drogues de plus en plus dures.

Pour essayer de prévenir ces overdoses, la ville a construit, il y a un an, un centre d’injection. Les toxicomanes peuvent venir consommer leurs drogues dans un lieu sécurisé.

Cette nouvelle offre de prise en charge a contribué à une arrivée massive de drogués dans la ville. Ils vivent dans les rues de Lethbridge pour consommer de la drogue sans avoir de problèmes avec les autorités. De nombreux dealers sont également présents pour répondre à une demande croissante de drogue.

Quand je te parle de ces drogues, je ne parle pas de cannabis mais plutôt de cocaïne, d’héroïne, de fentanyl et de carfentanyl.

Pour te donner une idée, le carfentanyl, qui est la drogue la plus répandue dans les rues de Lethbridge, est 100 fois plus intense que le fentanyl et 10 000 fois plus intense que la morphine.

Mais pourquoi je te raconte tout ça ?

Parce que j’ai travaillé avec ces personnes, les drogués, les sans-abris, les prostituées, etc.

En tant que volontaire, j’ai servi dans l’association chrétienne « Street Alive Mission » qui se situe au cœur de la ville.

Cette association a pour but de venir en aide et donner espoir à ces populations.

Une journée de travail type

Le matin, gérer le stock et la distribution d’habits et de matériel de maison pour les personnes dans le besoin.

Tout ce qui est distribué provient des dons des citoyens de Lethbridge.

L’après-midi, plusieurs options

Activité bancaire : Le gouvernement canadien accorde une aide financière mensuelle aux démunis, et l’association offre à cette population une aide à la gestion de ces finances de façon individualisée pour être au plus près de leurs besoins.

Activité cuisine : Préparer des sandwiches pour la distribution alimentaire du lendemain.

Activité rencontre : Aller au contact des sans-abris dans les rues avec un van pour une distribution de boissons chaudes, nourriture, gants et autres articles permettant d’affronter le climat parfois rude (des températures de -40°C sont fréquentes en hiver) et tenter de leur apporter un peu de réconfort sur leur lieu de vie.

Le soir, un repas chaud est préparé par des équipes de volontaires venant des Églises de toute la ville et d’autres associations, et servi dans la salle de culte de « Street Alive ».

Ce qui m’a le plus marqué c’est de voir autant de personnes sans espoir, sans famille, se noyer dans l’alcool et la drogue pour essayer de combler leurs besoins et se sentir mieux…

Alors tu te demandes pourquoi j’ai fait ça ?

J’étais en BTS en mécanique agricole avant de partir et je ne me voyais pas continuer dans ce domaine. Je ne savais pas quoi faire et j’ai décidé tout simplement de me laisser guider par Dieu.

Je suis parti sans beaucoup d’anglais en poche et sans rien connaître de ce type de travail. Une fois là-bas, Dieu ne m’a vraiment pas déçu, je t’assure, j’ai vécu des moments de fou. Il m’a permis de découvrir la voie dans laquelle je veux maintenant travailler. Ces rencontres et discussions avec des personnes sans logement, sans argent m’ont permis de partager ma foi.

Sans compter un dépaysement total, une nature grandiose et des amitiés précieuses. Quel privilège ! Ce temps, loin de ma famille et de mon univers habituel, m’a permis de mieux savoir qui j’étais réellement. Je suis très reconnaissant envers Dieu pour tout ce que j’ai vécu pendant cette année.

Ce que je retiens de cette expérience, c’est de toujours faire confiance à Dieu, car même si nous ne voyons pas toujours la route à prendre, Lui la connaît et sait le plan merveilleux qui se cache derrière un détour.

Quelques encouragements pour t’engager dans un ministère quelconque ?

Même si ton appel demeure flou, il y a des signes ou des événements qui peuvent te guider dans ton choix. Le choix d’une vocation ne vient pas d’un seul coup (ou du moins rarement). Il faut laisser la grâce de Dieu t’habiter et grandir en toi. Suis toutes les formations que tu peux et surtout, dépose ton projet dans la prière, pour te poser humblement, en vérité, à l’écoute de Dieu, de toi-même et des autres… Dieu prépare le terrain depuis fort longtemps, fais-lui confiance !

Au commencement,Dieu

«Dieu considéra tout ce qu’il avait créé : c’était très bon. il y eu un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour. » Genèse 1 . 3 1

Alors que nous sommes à la fois dans un commencement (une nouvelle année), et dans la poursuite de quelque chose qui est déjà (la routine et sa course après le temps), arrêtons-nous. Posons-nous juste un peu, mais bien.

Ce n’est pas facile de se poser. Le travail et le bénévolat l’empêchent bien souvent. Alors quand on se pose, spirituellement et/ou physiquement, le support est essentiel. Vous avez choisi Christ Seul, je ne peux que vous
féliciter pour ce choix !

Plus sérieusement, quand on se « pause » pour réfléchir en début d’année, on peut se demander à quoi 2020 va ressembler. 2020 sera-telle une bonne année ? Ce numéro vous propose de voir de quoi l’année 2019 a été faite. Et voir de quoi le passé a été fait aide à faire confiance à Celui qui fait tout « très bon ».

Je veux contempler la parution de ce premier numéro de l’année comme un exaucement, un petit miracle. Je veux contempler ce qu’il contient comme le miroir qui reflète la beauté de l’Église, l’épouse que Jésus s’est choisie, à grand prix. Et pourtant, trop souvent, je vois d’abord ses défauts.

Dieu fait toute chose belle en son temps.  « Il a implanté au tréfonds de l’être humain le sens de l’éternité, sans toutefois que l’homme puisse appréhender l’oeuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin.» Ecclésiaste 3 . 1 1

Cette année, le numéro « patchwork » regroupe les contributions des assemblées et oeuvres sans qu’il y ait de thème imposé. Cela donne une idée, un reflet, de la vie des Églises, de ce que chacune est prête à partager. Joie et tristesse, projets et questionnements alternent au fil des pages : autant de situations à présenter au Seigneur.

Alors contemplez et priez, ou… priez et contemplez.

Il y a un article pour chaque jour de janvier, et même davantage, alors pourquoi ne pas utiliser ce numéro de Christ Seul comme calendrier de prière ?

Bonne année 2020, qu’elle soit… une belle année de prière !

BIOETHIQUE et début de vie : Ce livre … pas comme les autres !

BIOETHIQUE et début de vie : Témoignages commentés

(Les auteurs : Luc Olekhnovitch – John Wyatt, ainsi que plusieurs témoins)

Ce livre a été écrit pour « entendre » le vécu de plusieurs couples chrétiens, confrontés à ces problématiques de bioéthique dans la vie réelle.

L’attente d’une naissance, amène toutes sortes de questions. Parfois la réalité rattrape nos craintes et « ce qui n’arrive qu’aux autres » débarque dans notre vie. On n’a alors plus la possibilité d’esquiver les questions et il faut se positionner, prendre des décisions, et finalement répondre…

Des commentaires de spécialistes (médecin / éthicien) font échos à ces situations réelles et évitent ainsi un discours général théorique et abstrait sur ces sujets d’actualité, qui promettent de faire encore débat pendant les années à venir.

En effet, la législation en France et ailleurs est remise en question et des groupes de pensée, voir parfois des groupes de pression, orientent des prises de position qui influencent notre société et les politiques.

Pour y voir plus clair sur le fond du sujet, laissez-vous embarquer dans des parcours de vie, chacun particuliers et écouter l’apport de spécialistes souvent peu entendus dans le débat.

Un livre très utile pour comprendre ce thème et alimenter vos prochaines discussions sur ces sujets « chauds ».

Pour en savoir plus : détails ici !

Action de Noël 2019

La Caisse de Secours des Eglises mennonites de France propose, comme chaque année, une Action de Noël.

En partenariat avec l’ONG indienne Gilgal Mission Trust, la Caisse de Secours souhaite fournir l’accès à l’eau potable à une dizaine de villages dans la Sud de l’Inde.

Explications et renseignements disponibles ici.

Ils en parlent !

Une recension du Dossier La vieillesse en (20) questions est parue dans la revue Le Nouveau Messager de novembre-décembre 2019, p.26.

Pratique et porteur d’espoir

Mythe de la jeunesse étemelle, injonctions de la société de rester actif et d’être productif, notre société voit aujourd’hui la vieillesse comme une charge plutôt que comme une chance. La catégorisation des âges, qui fait qu’on est « Senior » ou « dans le grand âge », voire encore « dans le 4e âge », efface les réalités individuelles liées au patrimoine génétique, à la santé, à la situation familiale et celle, professionnelle, passée.

Les déficits sont vus comme étant uniquement négatifs et la personne âgée doit, souvent, être à tout prix stimulée, ce qui peut engendrer, par exemple, un interventionnisme médical exagéré qui épuise la personne au lieu de la stimuler.

Les auteurs de cet ouvrage, théologienne, psychologue, pasteurs aumôniers, responsables d’établissements spécialisés, etc. allient, en 20 questions, réflexions, points de vue, conseils pratiques et espoir. Les questions sont diverses et portent sur ce que dit la Bible, le lien avec l’Église, la manière de préparer et bien vivre sa retraite, les avantages de l’âge avancé, l’accompagnement d’un parent vieillissant et /ou dépendant, la fin de vie, la mort, etc. Cet essai est donc destiné à tous, aux personnes âgées et aussi à leur entourage.

Fabienne Delaunoy

Une femme aux côtés des déplacés du Kasaï

De mi-2016 à mi-2017, la région du Kasaï a été dévastée par un conflit armé. Des milices rebelles se sont rassemblées autour d’un chef traditionnel, Kamuina Nsapu, pour lutter contre le pouvoir central. Les rebelles, pour la plupart des jeunes hommes et des jeunes garçons, étaient profondément frustrés par les actions du gouvernement. Ils estimaient aussi que leur région avait été gravement négligée par le gouvernement national. Ils attaquaient des postes des forces de sécurité, et parfois aussi des écoles, des églises et des hôpitaux. On estime que 5000 personnes ont été tuées et 1,5 million ont été déplacées par les violences. Dans ce contexte, l’Église dans son ensemble – et les communautés mennonites en particulier – est très sollicitée et présente. Elle joue un rôle essentiel pour la survie de la population, notamment avec le soutien de MCC. Nous vous présentons ici le portrait d’une sœur en Christ qui s’implique fortement pour aider ses compatriotes.

UNE FEMME FORTE

Adolphine Tshiama est une femme forte. Cette force lui vient de l’intérieur. En dehors, elle est amicale, sans hâte, elle prend toujours le temps de saluer les gens. Mais rapidement vous verrez ses yeux briller comme des diamants et vous percevrez le niveau de persévérance et de détermination qu’elle possède. Elle est actuellement directrice d’une école primaire de 1400 élèves et supervise un effectif de 22 personnes. Elle est une professionnelle compétente avec une capacité de gestion considérable. Entre 2004 et 2007, son Église a connu un conflit intense et Adolphine est devenue cheffe de file. Elle a organisé régulièrement des rassemblements de prière informels de femmes de l’Église pour prier pour la fin du conflit. Elle est une femme de foi profonde, et elle n’hésite pas à nommer la prière comme l’activité la plus importante pour un croyant. Cela me pousse à m’interroger sur ma vie de prière… Adolphine a aussi été marquée par le chagrin. Elle a perdu son mari en 2011 après 33 ans de mariage. En mai 2017, dans ce contexte de violence, elle a appris que son frère ainsi que son épouse, le fils de son frère, sa femme et leurs deux enfants, avaient été massacrés par un groupe ethnique rival. Complètement écrasée, elle a envoyé des messages à ses amis plaidant pour leurs prières.

ACCUEILLIR LES DÉPLACÉS

Adolphine Tshiama avec Kanku Ngalamulume et Joseph Nkongolo, coordonnateur du Département de la Diaconie et du Développement pour la Communauté Mennonite au Congo. Crédit photo : Rod Hollinger Janzen

Le mois suivant, le MCC a sollicité son Église de Tshikapa pour aider à faire une évaluation des besoins du grand nombre de personnes déplacées qui a inondé la ville pour échapper à la violence. Adolphine, souffrant profondément de ses propres pertes, a été appelée à servir les autres. Et elle a trouvé la force de faire l’impossible. Elle s’est assise et a pleuré avec de nombreuses personnes déplacées, écoutant histoire d’horreur après histoire de souffrances incroyables. Elle a pu leur dire : « Oui, je sais, je vous crois, je comprends votre douleur… Je souffre aussi, cela m’est aussi arrivé. » Ces évaluations ont permis de lancer le projet de redressement du Kasaï auquel la Caisse de Secours a participé. Les fonds versés ont servi à fournir des vivres, du matériel scolaire et à mettre en route des projets générateurs de revenus pour de nombreuses familles déplacées. Un jour, Adolphine a reçu un appel téléphonique bouleversant. La femme de son frère, la femme de son neveu et les deux enfants ont été découverts miraculeusement vivants, dans une ville éloignée de plusieurs centaines de kilomètres à l’est de l’endroit où son frère et son neveu avaient été assassinés. Ce fut pour Adolphine comme une sorte de résurrection. Elle était inondée de joie. Cet événement l’a-t-il revivifiée pour faire encore plus ?

FAIRE BRILLER L’AMOUR DE DIEU

Les responsables du « comité de distribution » ont remarqué les difficultés d’un petit garçon, Kanku Ngalamulume. Comment cela a-t-il été possible alors que ce comité intervient pour aider 5000 personnes ? Qui leur a donné des yeux pour apercevoir ce petit garçon parmi toute cette foule ?! Kanku avait environ 10 ans lorsqu’il a vécu un événement terrible, semblable à un feu qui ne cessait de le brûler : il a vu ses parents, ses frères et sœurs, décapités par les rebelles Kamuina Nsapu. Ne sachant plus quoi faire, il a suivi un groupe de personnes qui fuyait vers Tshikapa. Là, il a été hébergé avec une famille qui avait accepté de le nourrir. Mais il continuait de maigrir. Alors Adolphine a proposé : « Je vais le prendre chez moi. » Aujourd’hui Kanku va à l’école, mange à sa faim, et il sourit parce que le Seigneur lui a donné une nouvelle maman, une nouvelle famille. Adolphine est au service de son Église en faisant face à la profonde obscurité du mal, et en prenant soin de ses victimes. L’amour de Dieu brille à travers elle car elle partage l’espérance avec les personnes vulnérables et désespérées.

 

 

« La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. »

S’il y a bien un lieu où cette parole de Jésus résonne en ce moment, c’est en France. Beaucoup d’Églises peinent à recruter des pasteurs et des responsables laïcs : le vieillissement du corps pastoral, la multiplication des lieux de culte créent des besoins qui ne peuvent être satisfaits.

Les Églises mennonites ne sont pas en reste, puisque toute une génération de pasteurs et d’enseignants arrive à l’âge de la retraite. Et le renouvellement des anciens et prédicateurs laïcs est parfois compliqué. La Commission des Ministères se préoccupe de cette situation et organise depuis plusieurs années une rencontre annuelle avec les personnes de nos Églises, surtout des jeunes, engagées dans une formation théologique, afin de les accompagner et de les aider à trouver leur voie.

Pourquoi se former en théologie ? Dans bien des services, la bonne volonté ne suffit-elle pas ? Dans le Grand angle de ce numéro, Christophe Paya souligne combien il est important que ceux qui veulent s’engager dans un ministère laïc ou à plein temps se donnent les outils nécessaires à son accomplissement.

Mais il ne faudrait pas avoir une vue purement utilitariste de ces formations. Nombreux sont les anciens étudiants à reconnaître que ce sont aussi des lieux qui permettent un enrichissement personnel. La vie communautaire, la rencontre d’étudiants d’horizons divers, le temps consacré à lire et étudier la Bible sont autant d’occasions de grandir en maturité. Et cette école de vie peut dessiner de nouveaux parcours.

Alors pourquoi ne pas mettre à part une ou plusieurs années pour se lancer dans une formation théologique ? Et si ce n’est pas possible, les formations ponctuelles offrent aussi de belles opportunités, qu’elles aient lieu le weekend, en semaine ou pendant le temps d’été.

Et justement, l’été, nous y voici. Même s’il n’est pas toujours synonyme de vacances, de nombreuses activités d’Église font une pause et libèrent du temps. Cette période est plus propice au repos, avec davantage de disponibilités. Il est parfois difficile dans le tourbillon du quotidien de lever le nez des occupations et voir plus loin.

Alors pourquoi ne pas profiter de ce temps d’été pour réfléchir à nos engagements, à nos orientations de vie ?

Qui sait, peut-être Dieu pourrait-il nous interpeller et nous ouvrir de nouveaux horizons.

Le plaidoyer pour la paix de Denis Mukwege

C’est par un discours puissant et alarmiste que le médecin congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, a ouvert le Forum mondial sur la paix le 4 juin dernier à Caen, à la veille des célébrations du 75e anniversaire du Débarquement.

Évoquant les millions de morts de la 2e guerre mondiale et l’injonction du « plus jamais ça », il note que  « nous constatons que les acquis si chèrement gagnés sont menacés. Ce qui semblait solide apparaît désormais comme fragile. » « Avec effroi, nous assistons en ce début du 21e siècle à une régression face à nos droits, à nos libertés fondamentales… ». Il est urgent de sortir de « cet état d’anesthésie dans lequel nous semblons plonger sans réagir ».
Le Monde

L’intégralité du discours est disponible en vidéo sur la chaine de la Région Normandie.

Le discours du Dr Mukwege commence à 33mn environ.

Affaire Vincent Lambert : un regard évangélique

L’affaire Vincent Lambert suscite bien des questions et des prises de position venant d’horizons très variés.

Des pasteur et des médecins de sensibilité évangélique ont publié une déclaration à lire sur le site de Réforme :

Affaire Vincent Lambert : un regard évangélique

Ma poutre et les autres

Frères et sœurs sensibles à la justice sociale, vous a-t-il déjà semblé plus simple d’aimer la requérante d’asile déboutée plutôt que le quasi fasciste du coin ? Peut-être avez-vous ressenti bien plus d’affinités avec l’écolo de votre potager communautaire qu’avec votre frère en Christ éperdu de tours à moto ?

INÉGALITÉS SOCIALES ET CLOISONNEMENTS

La persistance du mouvement des gilets jaunes en est une énième démonstration : tout ne tourne pas rond. Notre monde actuel comprend son lot d’incompréhensions et de révoltes, donnant matière à ériger des murs entre diverses catégories de personnes.

Le risque est grand de prendre les maux du siècle pour en faire un problème personnel. Face aux signes continuels d’inégalités frappant nos pays, prenons du recul et penchons-nous sur nos relations plus directes. Mesurons la portée de notre désir d’équité, là où l’on ne pense généralement pas en termes de « justice sociale ».

Il est tentant d’évaluer son prochain à l’aune de nos propres critères. Pourtant, en défendant les causes qui nous paraissent les plus respectables, nous avons toujours autant désespérément besoin du Dieu de miséricorde et de justice que la personne qui ne partage pas notre opinion.

Face à cette réalité, attardons-nous sur une vérité relationnelle de l’Évangile :

UN PREMIER GESTE DE CHARITÉ : ÔTER LA POUTRE DE SON ŒIL

À force de travailler le bois, Jésus le charpentier en retire une image fort bien sculptée : « Comment peux-tu dire à ton frère : ‘Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil’, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère. » (Lc 6.42)

C’est bien là le premier geste de charité à effectuer : savoir reconnaître ses torts. Avoir de belles idées et de bonnes valeurs ne nous dédouane jamais de la poursuite de l’humilité et de l’intégrité. Ces dernières nous invitent alors à interpeller l’autre sans arrogance, dans une démarche fructueuse pour les deux parties.

UN AMOUR RENVERSANT

Cet aspect est révolutionnaire, avant tout dans les petits détails de nos vies. L’amour mis en pratique ne comprend pas uniquement les actes de bravoure et de compassion retentissants, mais aussi toute forme d’honnêteté avec soi-même.

Alors que nous évoluons dans un climat de polarisation, de démesure et d’extrêmes, gardons-nous de mépriser autrui et agissons au contraire pour son bien, même lorsqu’il n’attire pas la sympathie. Jésus le souligne : nos engagements sociaux n’ont de valeur que s’ils sont enracinés dans un cœur et des relations transformés.

NOTE : Inspiré du livre de Tom Holladay, Les relations : le modèle de Jésus, Ourania, 2010, 320 p.