Eve, mère de tous les vivants

Lorsqu’on lit la première phrase d’Eve prononcée après la chute, on se dit que tout n’est pas perdu. Elle dit en Genèse 4,1 : « J’ai formé un homme avec l’aide de l’Eternel. ». Nous voyons bien que Dieu assiste ses enfants dès le commencement. Ce qui peut nous intéresser ici c’est que Eve soit consciente qu’il y a Dieu alors qu’elle est dans le péché originel ([1]). Que j’aimerais maintenant que ce sentiment fût plus fort et plus grand en nous !

 

La saine raison et la foi nous montrent que tout nous vient de Dieu puisqu’Il nous aide en tout. Quel Dieu bon ! Quand on y pense, il nous laisse collaborer à la vie en ajoutant sa bonté à nos efforts. Eve procrée et le Père la porte dans ses bras. En fait, sur terre, rien ne nous appartient. Nous croyons tout faire par nous-mêmes alors que Dieu nous aide à accomplir ce qui est bon et juste pour nous. Il n’est pas certain que nous réalisions pleinement cette évidence.

 

C’est tout de même un formidable espoir que de savoir que nous sommes nés grâce au soutien du Seigneur. Je me demande, en considérant ma vie, si j’ai été à la hauteur de la reconnaissance qui lui est due. Il est certain qu’elle restera toujours en-dessous de son infinie bienveillance. Mais le Père, heureusement pour nous, se satisfait de peu de bonne volonté de notre part. J’éprouve en outre un grand soulagement quand en méditant je découvre dans la Bible que Dieu seul peut venir soutenir le faible comme le fort (2 Chroniques 14,10). Comme quoi, tout différent que nous sommes, le Père ne lèse personne dans ses dons. Puis, dans le psaume 79,8 on lit : Lui seul peut oublier nos iniquités passées, que ses compassions viennent en hâte au-devant de nous, malheureux. Oh, sûrement qu’Eve était bien malheureuse aussi sur terre. Malgré sa faute, Dieu l’a néanmoins rejointe, animé par sa compassion. Ailleurs, Marc nous assure que Dieu vient au secours de notre incrédulité (Mc. 9,24). Décidément, nous voyons avec quels ménagements le Père nous supporte dans tous les cas de figures.

 

Il est extrêmement significatif et important de remarquer que la première créature aidée de Dieu après la chute est la femme. Première épaulée, première à sentir la présence divine, première à être reconnaissante envers Yahvé. Tous ces faits et d’autres font de la femme un catalyseur de l’amour divin. Autrement dit, surtout quand elle aime Dieu, elle diffuse les lumières surnaturelles dans son foyer.

 

J’aimerais terminer avec un regard particulier sur la comparaison entre Yahvé, Eve, Adam et Dieu, Marie, Joseph. Adam comme Joseph reste silencieux quasi effacé. Eve, dans l’enfantement, reflète le secours de Dieu telle la lune réverbère les ondes lumineuses du soleil. Par contre, Marie a accouché du Verbe-Jésus-Christ. Marie a mis au monde le soleil de notre Salut avec l’aide du Père !

 

 

Merci à Denis pour sa participation.

 

Dilige et quod vis fac (« Aime et fais ce que tu veux ! » Saint-Augustin)

Richard JOSELET – Eglise de « la Ruche » – Saint-Louis



[1] —- Denis KENNEL —————————————————

Le péché originel rend-il l’homme totalement inconscient de Dieu ?

Les anabaptistes au XVIe siècle ont insisté sur le fait qu’il est demeuré en l’homme, malgré la chute, l’image de Dieu. Celle-ci, abimée, enténébrée, n’a pas été complètement éteinte. Elle est restée, certes sans force, mais non anéantie. Elle a alors permis le maintien d’une conscience (limitée) de Dieu, d’une aspiration vers le bien. Tout dans l’homme n’était pas devenu mauvais ! Eve a ainsi pu, même après la chute, rester consciente de Dieu. La pleine libération, bien sûr, serait à venir encore ; nous savons aujourd’hui que le Christ, par son œuvre, l’a rendue possible.